CHAPITRE XXXVI. - L'ABBAYE.
L'abbaye de Saint-Quentin, située non loin d'Abbeville et presque à l'embouchure de la Somme, possédait les plus belles propriétés de la province de Picardie; chaque semaine, ses nombreux tenanciers lui payaient en nature une partie de leurs redevances.
Pour représenter l'abondance, un peintre aurait pu choisir le moment où cette dîme énorme était apportée au couvent.
A la fin du mois de novembre 1708, environ dix-huit ans après les événements dont nous avons parlé, les tenanciers étaient réunis par une brumeuse et froide matinée d'automne, dans une petite cour située à l'extérieur des bâtiments de l'abbaye et non loin de la loge du portier.
Au dehors on voyait les chevaux, les ânes, les charrettes qui avaient servi à transporter l'immense quantité de denrées destinées à l'approvisionnement du couvent.
Une cloche sonna, tous les paysans se pressèrent au pied d'un petit escalier de quelques marches, situé sous un hangar qui occupait le fond de la cour. Le perron de cet escalier était surmonté d'une voûte en ogive par laquelle on sortait de l'intérieur du cloître.
Le père cellerier, accompagné de deux frères lais, parut sous cette voûte.
La figure grasse, rubiconde, animée du père se détachait à la Rembrandt sur le fond obscur du passage à l'extrémité duquel il s'était arrêté; de crainte du froid, le moine avait rabattu sur sa tête le chaud capuce de son camail noir. Une moelleuse soutanelle de laine blanche se drapait largement autour de son énorme obésité.
Un des frères lais portait une écritoire à la ceinture, une plume derrière l'oreille et un gros registre sous son bras; il s'assit sur une des marches de l'escalier, afin d'inscrire les redevances apportées par les fermiers.
L'autre frère lai classait les denrées sous le hangar à mesure qu'elles étaient déposées, tandis que le père cellerier, du haut du perron, présidait solennellement à leur admission, ses mains cachées dans ses larges manches.
Il est impossible de nombrer et de dépeindre cette masse de comestibles déposés au pied de l'escalier.
Ici, c'étaient d'énormes poissons de mer, d'étang ou de rivière, qui frétillaient encore sur les dalles de la cour; là, des chapons magnifiques, des oies monstrueuses, des dindons énormes couplés par les pattes s'agitaient convulsivement au milieu de montagnes de beurre frais et d'immenses paniers d'oeufs, de légumes et de fruits d'hiver. Plus loin étaient garrottés deux de ces moutons engraissés dans les prés salins qui donnent tant de haut goût à leur chair succulente; les pêcheurs roulaient de petits barils d'huîtres sortant du parc; plus loin, c'étaient des coquillages de toute espèce, puis des homards, des langoustes, des écrevisses qui soulevaient les clayons d'osier où ils étaient renfermés.
Un des gardes de l'abbaye, à genoux devant un daim d'un an, en pleine venaison et tué de la veille, en soupesait un quartier, afin d'en faire admirer la pesanteur au père cellerier; auprès du daim gisaient deux chevreuils, bon nombre de lièvres et de perdreaux, tandis qu'un autre garde dépaillait des bourriches remplies de toute espèce de gibier de marais et de passage, tels que canards sauvages, bécasses, sarcelles, pluviers, etc.
Enfin, dans un autre coin de la cour s'étalaient des offrandes plus modestes, mais non moins utiles, telles que des sacs du plus pur froment, des légumes secs, des chapelets de jambons fumés, etc.
Un moment ces richesses gastronomiques s'entassèrent tellement qu'elles atteignirent le niveau de l'escalier où se tenait le père cellerier.
En voyant ce moine replet, au visage enluminé, au vaste abdomen, debout sur ce piédestal de comestibles qu'il couvait d'un oeil gourmand, on eût dit le génie de la bonne chère.
Selon la qualité ou le choix de sa redevance, chaque tenancier, après avoir reçu un blâme ou un éloge du père cellerier, se retirait après une légère génuflexion.
Le révérend daignait même quelquefois tirer de ses longues manches sa main rouge et grasse pour la donner à baiser aux plus favorisés.
L'appel que faisait le frère lai touchait à sa fin...
On venait d'apporter au père cellerier un savoureux chaudeau dans une écuelle d'argent portée sur une assiette du même métal. Le révérend avait avalé ce consommé, parfait spécifique contre la froidure et la brume du matin. A ce moment le frère lai se plaignit d'avoir en vain appelé par deux fois Jacques, tenancier de la métairie de Blaville, qui redevait six poulardes, trois sacs de blé et cent écus pour son terme de fermage.
--Eh bien! dit le père cellerier, où est donc Jacques? Il est ordinairement... exact. Depuis quinze ans qu'il tient la métairie de Blaville, il n'a jamais manqué à ses échéances.
Les paysans appelaient encore Jacques...
Jacques ne parut pas.
De la foule des fermiers sortirent deux enfants, un jeune garçon et une jeune fille âgés de treize à quatorze ans; tremblants de confusion, ils s'avancèrent au pied de l'escalier, redoutable tribunal, en se tenant par la main, les yeux baissés et gros de pleurs.
La petite fille roulait un des coins de son tablier de grosse toile bise, qui recouvrait sa jupe de laine blanchâtre à larges raies noires; le jeune garçon serrait convulsivement son bonnet de laine brun.
Ils s'arrêtèrent au pied de l'escalier.
--Ce sont les enfants du métayer Jacques, dit une voix.
--Eh bien! et les six poulardes, et les trois sacs de blé, et les cent écus de votre père? dit sévèrement le révérend.
Les deux pauvres enfants se serrèrent l'un contre l'autre, se poussèrent le coude pour s'encourager à répondre.
Enfin le jeune garçon, ayant plus de résolution, releva son noble et beau visage, que la grossièreté de ses vêtements rendait plus remarquable encore, et dit tristement au religieux:
--Notre père est bien malade depuis deux mois, notre mère le soigne... il n'y a pas d'argent à la maison... nous avons été obligés de prendre le blé de la redevance pour nourrir un journalier et sa femme qui ont remplacé mon père dans les travaux de la métairie; et puis il a fallu vendre les poulardes pour payer le médecin.
--C'est toujours le même refrain lorsque les tenanciers manquent à leurs redevances, dit brusquement le religieux. Jacques était bon et exact fermier, voilà qu'il se gâte tout comme les autres; mais, dans l'intérêt de l'abbaye comme dans le sien, nous ne le laisserons pas s'égarer dans la mauvaise voie.
Puis s'adressant aux enfants, il ajouta sévèrement:
--Le père trésorier avisera... attendez là.
Les deux enfants se retirèrent dans un coin obscur du hangar.
La jeune fille s'assit en pleurant sur une borne; son frère se tint debout auprès d'elle, appuyé au mur, en regardant sa soeur avec une morne tristesse.
L'appel achevé, les moines rentrèrent dans l'abbaye, les paysans regagnèrent les chevaux et les charrettes qui les avaient amenés, les deux enfants restèrent seuls dans la cour... attendant avec une douloureuse inquiétude la résolution du trésorier à l'égard de leur père.
Un nouveau personnage parut à la porte de la petite cour.
C'était un grand vieillard à larges moustaches blanches et barbe négligée, il marchait péniblement à l'aide d'une jambe de bois, et portait un vieil habit uniforme vert à collet orange; un sac de peau attaché sur son dos contenait son modeste bagage; il s'appuyait sur un gros bâton de cornouiller, et était coiffé d'un gros bonnet hongrois, d'une fourrure noire et râpée, qui, descendant jusque sur ses sourcils, lui donnait l'air du monde le plus sauvage; ses cheveux, aussi blancs que sa moustache, rattachés par un noeud de cuir, formaient une longue queue qui lui tombait au milieu des épaules; son teint était hâlé, ses yeux vifs, et l'âge avait courbé sa haute taille.
Ce vieillard entra dans la cour sans voir d'abord les enfants, il regardait autour de lui comme un homme qui cherche à s'orienter; apercevant les deux petits paysans, il alla droit à eux.
La jeune fille, effrayée de cette figure étrange, ou plutôt de cet énorme bonnet de poils tout hérissés, jeta un cri de frayeur; son frère lui prit la main pour la rassurer, et, quoique la pauvre enfant voulût la retirer, il s'avança résolument au-devant du vieillard.
Celui-ci s'était arrêté, frappé de la beauté de cet deux enfants, et surtout des traits délicats de la jeune fille, dont le visage, d'une finesse, d'une régularité parfaite, était couronné de deux bandeaux de cheveux blonds à demi cachés sous un pauvre petit béguin d'indienne de couleur brune; elle portait, comme son frère, de gros sabots et des bas de laine.
--Vous avez donc peur de moi, mordioux! vous ne voulez donc pas m'enseigner où est l'abbaye de Saint-Quentin? dit le vieux soldat.
Quoiqu'il fût loin de vouloir intimider ces enfants, le ton de ses paroles effraya davantage encore la jeune fille, qui, se serrant contre son frère, lui dit à demi-voix:
--Réponds-lui, Jacques, réponds-lui, vois comme il a l'air méchant.
--N'aie pas peur, Angèle, n'aie pas peur, dit le jeune garçon; puis il dit au soldat:
--Oui, monsieur, c'est ici l'abbaye de Saint-Quentin; mais si vous voulez entrer, la loge du frère portier est de l'autre côté, en dehors de cette cour.
L'enfant aurait pu parler longtemps encore sans que le soldat fît attention à ses paroles.
Lorsque la jeune fille avait appelé son frère Jacques, le vieillard avait fait un mouvement de surprise; mais lorsque Jacques, à son tour, appela sa soeur Angèle, le vieillard tressaillit, laissa tomber son bâton, et il eut besoin de s'appuyer au mur, tant son saisissement fut violent.
--Vous vous appelez Jacques et Angèle... mes enfants? dit-il d'une voix tremblante.
--Oui, monsieur, répondit le jeune homme tout à fait rassuré, mais assez étonné de cette question.
--Et vos parents?
--Nos parents sont tenanciers de l'abbaye, monsieur.
--Allons, se dit le soldat, que le lecteur a sans doute déjà reconnu, je suis un vieux fou... mais aussi, mordioux! la réunion de ces deux noms... Jacques... Angèle... Allons, allons, Polyphème, vous perdez la tête, mon ami; parce que vous rencontrez deux petits paysans en sabots, vous vous imaginez... et il haussa les épaules; c'est bien la peine d'avoir cette large barbe blanche au menton pour donner dans de pareilles visions! Si c'est pour faire de telles découvertes que vous revenez de Moscovie, Polyphème, vous auriez tout aussi bien... fait... de...
En se parlant ainsi à lui-même, Croustillac avait examiné la jeune fille avec une avide curiosité; de plus en plus frappé d'une ressemblance qui lui semblait incompréhensible, il attachait sur Angèle des regards étincelants.
La jeune fille, effrayée de nouveau, dit à son frère en cachant sa tête derrière son épaule:
--Mon Dieu, voilà qu'il me fait encore peur.
--Pourtant ces traits, disait Croustillac en sentant son coeur battre à la fois de doute, d'anxiété, de crainte et d'espoir, ces traits charmants me rappellent... mais non... c'est impossible... impossible! Quelle probabilité? décidément, je suis un vieux fou... des fermiers?... Allons, le coup de sabre que j'ai reçu sur la tête au siége d'Azof m'a dérangé la cervelle. Après cela, il y a des hasards si étranges (et certes, plus que personne, j'ai le droit de croire aux bizarreries du hasard. Je serais un ingrat d'en médire); oui, le hasard, peut faire que des paysans donnent à leurs enfants certains noms... plutôt que d'autres, mais le hasard ne fait pas de ces ressemblances... Allons, c'est impossible... Après tout, je puis bien leur demander, et en vérité en leur demandant, je ris de moi-même; c'est stupide...--Mes enfants, dites-moi comment s'appelle votre père?
--Jacques, monsieur.
--Oui... Jacques... mais... Jacques... quoi?
--Jacques, monsieur.
--Jacques, tout court?
--Oui, monsieur, répondit l'enfant en regardant Croustillac avec surprise.
--Voilà qui est de plus en plus étrange, dit Croustillac en réfléchissant.
--Et il y a longtemps qu'il est en France?
--Mais il y a toujours été, monsieur.
--Allons, j'étais fou, décidément j'étais fou. Est-ce que votre père était soldat, mes enfants?
Angèle et Jacques se regardèrent encore avec étonnement.
Le jeune garçon répondit:
--Non, monsieur, il a toujours été fermier.
A ce moment la porte qui communique dans l'abbaye s'ouvrit, l'un des frères lais parut du haut de l'escalier.
Ce frère était le type du moine ignoble, sensuel, grossier... Il fit un signe aux enfants, qui s'approchèrent tout tremblants.
--Viens ici, la petite, dit-il.
La pauvre enfant, après avoir jeté un regard craintif sur son frère, qu'elle ne pouvait se décider à quitter, monta timidement les marches de l'escalier.
Le moine lui prit insolemment le menton dans sa grosse main, lui redressa la tête qu'elle tenait baissée, et lui dit:
--La belle enfant, tu préviendras ton père que s'il ne paye pas, d'ici à huit jours, sa redevance en nature et cent écus qu'il doit, il y a un fermier plus solvable que lui qui demande la métairie et qui l'obtiendra. Comme ton père est un bon sujet, on lui donne huit jours... Sans cela, on l'aurait mis dehors aujourd'hui.
--Mon Dieu, mon Dieu, dirent les enfants en pleurant et en joignant les mains, il n'y a pas d'argent chez nous. Notre pauvre père est malade, hélas! comment ferons-nous?
--Vous ferez comme vous pourrez, dit le moine, c'est l'ordre du prieur, et il fit signe à la jeune fille de descendre.
Les deux enfants se jetèrent dans les bras l'un de l'autre en sanglotant et en disant:--Notre père en mourra... mon Dieu, il en mourra...
Croustillac, à demi caché par un pilier du hangar, avait été à la fois touché et indigné de cette scène.
Au moment où le moine allait fermer la porte de l'ogive, le Gascon lui dit:
--Mon révérend, un mot... c'est ici l'abbaye de Saint-Quentin?
--Oui, après? dit le frère d'un ton brutal.
--Vous voudrez bien, n'est-ce pas, me donner un gîte jusqu'à demain?
--Hum... toujours des mendiants, dit le moine... Eh bien! va sonner à la porte du portier, on te donnera une botte de paille et on te trempera une soupe. Puis il ajouta:--Ces vagabonda sont la plaie des maisons religieuses.
L'aventurier devint cramoisi, redressa sa grande taille, enfonça d'un coup de poing son bonnet de fourrure jusque sur ses yeux, frappa la terre de son bâton et s'écria d'une voix menaçante:
--Mordioux! mon révérend, connaissez un peu mieux votre monde, au moins.
--Qu'est-ce que c'est que ce vieux porte-besace? dit le moine irrité.
--Parce que je porte besace, il ne s'ensuit pas que je vous demande l'aumône, mon révérend, s'écria Croustillac.
--Que veux-tu donc alors?
--Je demande à souper et un abri, parce que votre riche couvent peut bien donner du pain et un abri aux pauvres voyageurs. La charité le commande à votre abbé. D'ailleurs, en hébergeant les chrétiens... vous ne donnez pas... vous restituez. Votre abbaye est assez engraissée par les dîmes.
--Veux-tu te taire, vieil hérétique, vieil insolent!
--Vous m'appelez vieil insolent! Eh bien! apprenez, dom Bourru, que j'ai encore un écu dans ma besace, et que je puis me passer de votre paille et de votre soupe, dom Ribaud.
--Qu'entends-tu par dom Ribaud, drôle que tu es? dit le frère lai en s'avançant sur le perron. Prends garde que j'aille un peu secouer tes guenilles.
--Puisque nous nous tutoyons, dom Biberon, prends garde à ton tour, dom Glouton, que je te fasse tâter de mon bâton de cornouiller, dom Bedaine, tout infirme que je suis, dom Brutal...
Le vigoureux moine fut au moment de descendre pour châtier le Gascon, mais il haussa les épaules et dit à Croustillac:
--Si tu as jamais l'audace de te présenter à la loge du frère portier, tu seras étrillé d'importance. Voilà l'hospitalité que tu recevras désormais à l'abbaye de Saint-Quentin.
Puis s'adressant aux enfants:
--Et vous, dites bien à votre père que dans huit jours il ait à payer ou à sortir de la métairie, car, je vous le répète, il y a un fermier plus solvable qui la demande.
Et le moine ferma brusquement la porte.
--Je ne puis dire cela à ces enfants, reprit l'aventurier, en se parlant à lui-même, ce serait d'un mauvais exemple pour cette jeunesse; mais j'avais comme un petit remords d'avoir contribué à la rôtisserie d'un couvent dans la guerre de Moravie... Eh bien! je me plais à me figurer que les rôtis ressemblaient à cet animal dodu et pansu, et je me sens tout allègre... Le drôle!... traiter si durement ces pauvres enfants. Il est bizarre combien je m'intéresse à eux... si j'avais moins de raison, je me laisserais aller à des espérances. Après tout, pourquoi ne pas éclaircir mes doutes? Qu'est-ce que je risque... j'ai un excellent moyen.--Ah ça! mes enfants, dit-il aux jeunes paysans... votre père est malade et pauvre? il ne sera pas fâché de gagner une petite aubaine; quoique je porte la besace, j'ai un boursicot... Eh bien! au lieu d'aller coucher et dîner à l'auberge... (que la foudre m'écrase si je mets jamais les pieds dans cette abbaye, que Dieu confonde), j'irai dîner et coucher chez vous! Je ne vous gênerai pas, j'ai été soldat, je ne suis pas difficile; un escabeau au coin du feu, un morceau de lard, un verre de cidre, et pour la nuit une botte de paille fraîche, à la douce chaleur de l'étable; voilà tout ce qu'il me faut... ça sera toujours une pièce de vingt-quatre sous qui entrera dans votre ménage... Qu'est-ce que vous dites de ça?
--Mon père n'est pas hôtelier, monsieur, répondit le jeune garçon.
--Bah... bah... mon enfant, si le bonhomme a du sens, si la bonne mère est ménagère, comme elle doit l'être, ils ne regretteront pas ma venue, cette aubaine fera toujours bouillir votre marmite pendant un jour... Allons!... conduisez-moi à la métairie, mes enfants; votre père ne vous grondera pas de lui amener un vieux soldat.
Malgré la rudesse apparente et sa figure hétéroclite, le chevalier inspira quelque confiance à Jacques et à Angèle; les deux enfants se prirent par la main, marchèrent devant l'invalide, qui les suivait absorbé dans une profonde rêverie.
Au bout d'une heure de route, ils arrivèrent à l'entrée d'une longue avenue de pommiers qui conduisait à la métairie.