‹ Le Pays de l'InstarChapitre 3 sur 19 · II.--POUR RENDRE LES PREMIÈRES VISITES

II.--POUR RENDRE LES PREMIÈRES VISITES

--Monsieur est sans doute le nouvel inspecteur des contributions?...

--Nous étions dans les meilleurs termes avec votre prédécesseur, quel homme charmant!

--Je sais que je prends une succession difficile.

--Il est certain qu’il sera très regretté...

--C’est ce que tout le monde veut bien nous dire.

--Quel dommage que sa pauvre petite femme était toujours malade!...

--Je crois que l’air du pays ne lui convenait pas.

--Pourtant on s’acclimate généralement;--vous êtes en famille?

--Nous avons eu le malheur de perdre un petit garçon...

--Ah!...

--Et vous êtes complètement installés dans la maison Taupin?

--C’est bien difficile pour trouver exactement ce qu’on voudrait...

--Nous avons beaucoup de meubles: la bibliothèque de mon mari...

--Trois déménagements valent un incendie.

--C’est l’ennui de cette vie de fonctionnaires...

--Ne m’en parlez pas!--A qui le dites-vous!

--Vous étiez à Gap? Je me souviens que, quand je me suis mariée, mon mari fut sur le point d’y être nommé...

--A Gap? Attendez donc: ne connaissez-vous pas là-bas un médecin, qui est conseiller d’arrondissement, qui a deux grandes filles à marier... un nom en eau...

--Le docteur Camus?...

--Précisément; c’est un bon ami d’Adolphe!

--Voyez, nous nous retrouvons presque en pays de connaissance.

--La ville n’est pas très gaie, mais il y a la montagne.

--La ville n’est pas très gaie, mais il y a la mer...

--La ville n’est pas très gaie, mais il y a la proximité de Lyon...

--D’ailleurs, ce qui fait qu’on s’attache à une ville, ce sont plutôt les relations.

--Quand on peut trouver un petit noyau de gens aimables...

--L’important est de se créer un petit noyau.

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