L'AVOCAT RAISONNABLE
Un Avocat, revenant dans son logis après deux ans d'absence, y retrouva un gros garçon qu'il ne croyoit pas avoir laissé; au lieu de s'emporter contre sa femme, il fit l'in-promptu suivant:
IN-PROMPTU
Air: _Du Vaudeville de la Rosière._
Sur cet article délicat, Un autre courroit au grimoire; Mais moi, comme un franc Avocat, C'est la loi que je veux en croire; Or si je consulte la Loi, L'enfant de ma femme est à moi.
Je sais bien qu'avant mon départ, Madame écoutoit les fleurettes, Et qu'elle avoit sa bonne part Du foible qu'on donne aux coquettes; Mais si je consulte la Loi, L'enfant de ma femme est à moi.
Plus je regarde le poupon, Moins je trouve qu'il me ressemble: Il a la bouche de Cliton, Ses yeux, son nez: aye! aye! je tremble; Mais si je consulte la Loi, L'enfant de ma femme est à moi.
Sur un doute pareil au mien, Rondon plaida sa ménagère, A cela que gagna-t-il? Rien. Le juge dit au pauvre hère: «Va-t'en donc consulter la Loi, »L'enfant de ta femme est à toi.»
Tous les jours, j'en suis convaincu, Le plus galant homme peut être Ce que l'on appelle cocu; Mais, sans chercher à le paroître, Il dit: «N'écoutons que la Loi, »L'enfant de ma femme est à moi.»
COUPLET A MADEMOISELLE ***
Air: _Du Vaudeville d'Epicure._
C'est peu d'être jeune et jolie: Sans l'amour, que sert la beauté? Pour être une fille accomplie, Il faut un peu de volupté. Victoire, soyez moins sévère, Le plaisir n'est que dans vos yeux: Si vous voulez me laisser faire, Je le logerai beaucoup mieux.