‹ Le rire du Mouron RougeChapitre 33 sur 83 · 7.1

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Sir Percy demeura quelques minutes sans bouger, fixant le feu d’un regard pensif. Il lui fallait maintenant surmonter une première difficulté, et non des moindres, et qui était comme le lourd tribut à payer pour ces nouvelles aventures, vers lesquelles le Mouron Rouge allait s’élancer.

Il voyait dans la flamme rayonner le doux visage de Marguerite, sa femme adorée, dont les yeux bleus et le triste sourire semblaient le supplier de ne pas s’exposer de nouveau à de mortels dangers. Elle avait tant d’amour à lui donner, tant de trésors d’affection, n’était-il pas ce à quoi elle tenait le plus au monde ? Il sentait ses bras se nouer autour de son cou et sa voix lui murmurer : « Ne partez pas ! Ne suis-je donc rien pour vous que les autres passent toujours avant moi ? Vous leur avez déjà tant donné, n’est-ce pas mon tour maintenant ? »

Cependant malgré son état d’émotion intense, Sir Percy savait qu’il partirait, qu’il devait partir. Il s’arracherait à la douce étreinte de sa chère épouse et resterait sourd à ses supplications, quoi qu’il lui en coûtât.

Il avait choisi cette voie. Ce qui au début n’avait été que le goût de l’aventure et du risque était devenu maintenant une obligation : aider les autres, aider ceux qui comptaient sur lui, réparer les injustices. Ce qu’il avait fait une fois, dix fois, vingt fois, il le referait encore aussi longtemps qu’il y aurait des malheureux, d’innocentes victimes du cataclysme révolutionnaire.

Et aujourd’hui, c’était son ami qui était venu à lui dans sa détresse. Il fallait sauver sa jeune femme, l’arracher des mains d’un homme sans pitié qui, poussé par son désir effréné de vengeance, ne reculerait devant aucune infamie. Il ferma les yeux un instant et soupira, puis se dirigea lentement vers les appartements de Lady Blakeney.

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