Scène XII.
THOMAS, puis SÉRIGNY.
THOMAS, se promenant.
Hum ! hum ! hum ! tout ça pourrait encore être un peu plus clair… Cette Camille que je retrouve… à ce qu’il paraît… ce frère compromis… à ce qu’ils disent… et par dessus tout, mon estomac qui crie… mais qui crie !… Ah ! je mangerais bien quelque chose de solide !… car, enfin, ce n’est pas juste…
AIR de Joseph.
On restaur’ les vieilles peintures,
On restaure les monumens,
On restaure aussi les figures,
Et même les gouvernemens ;
On restaure habit et doublure,
On restaur’ tout c’ qu’est délabré,
Moi seul, hélas ! dans la nature,
Je n’ puis pas être restauré !
SÉRIGNY, entrant par le fond, et apercevant Thomas.
J’arrive à temps !
THOMAS.
Qui vive ?
SÉRIGNY.
C’est moi, monsieur de Poissy. Vous ne me remettez pas ?
THOMAS.
Tiens !
SÉRIGNY, regardant Thomas de plus près.
Mais, comment !… cette livrée… un valet !… Mon habit, malheureux ! où est mon habit ?
THOMAS.
J’en étais sûr vous vous repentez du troc ?… J’en suis fâché !… mais quand on troque on troque !… Votre habit est en ce moment avec mon maître et la petite ; ils se promènent tous les trois.
SÉRIGNY.
Ton maître le porte ? Je l’attendrai ! (À part.) Il me faut à tout prix ces papiers si compromettans.
THOMAS.
Eh bien ! ne vous gênez pas ! Qu’est-ce qu’il faut vous servir ?
(Trémolo à l’orchestre jusqu’à la fin de l’acte.)
SÉRIGNY, qui entend du bruit à la porte.
Chut !… écoute !
LE SERGENT DU GUET, du dehors.
Gardez cette porte, messieurs, et que personne ne sorte !
SÉRIGNY.
Le guet !… que faire ?… Oh ! dans cette chambre !
(Il entre à gauche, et se tient derrière la porte entr’ouverte.)
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