Scène III.
DUMARSAY, un Huissier, FRONTIN.
L’HUISSIER, entrant par la droite.
Monsieur le rapporteur, c’est un prisonnier qu’on amène… Il a été arrêté par ordre de M. le duc de Villeroi, sur ce rapport du lieutenant de police.
(Il le lui donne.)
DUMARSAY, à part.
M. de Villeroi !… un personnage si puissant !… un seigneur que le régent ménage… qu’il craint même ! (À l’huissier.) Faites entrer cet homme.
L’HUISSIER, à Frontin.
Par ici !
(Frontin entre par la droite.)
DUMARSAY.
C’est bon ! (L’huissier sort. — À Frontin.) Attends… (Lisant, pendant que Frontin se chauffe les pieds à la cheminée.) « Rapport du 25 février. Cette nuit, un joueur, qui passait pour M. le comte Arthur de Bethmont, a triché au brelan des Petites-Écuries. On a reconnu plus tard que cet homme n’était autre que le nommé Frontin, valet du comte, qui avait pris son nom et ses habits. » Et au bas : « Je recommande cet homme à toute la sévérité de M. Dumarsay. Signé, de Villeroi. » (Jetant un coup d’œil sur Frontin.) Ah ! mon gaillard !… Ici !… (Frontin reste dans le fond.) Ici donc !
(Il dépose le message de Villeroi sur le bureau.)
FRONTIN, s’approchant.
Pardon… C’est à moi que monsieur faisait la grâce ?…
DUMARSAY, le regardant en face.
Mais je te connais !… Tu es une de nos pratiques… un coquin !… Eh bien ! mais ton logement est vacant, mon garçon !
FRONTIN.
Comment ! vous allez me mettre en prison !… moi qui appartiens à M. le duc de Villeroi ?
DUMARSAY.
C’est précisément sur sa recommandation…
FRONTIN.
Comment ! c’est ?…
DUMARSAY.
Ah ! mon coquin !… il paraît que tu exerces tes petits talens la nuit ?…
FRONTIN.
Moi ?… Dame ! les journées sont si courtes ! (À part.) Que veut-il dire ?
L’HUISSIER, rentrant par la gauche.
Mde Sérigny attend dans le cabinet de monsieur le rapporteur.
DUMARSAY, à part.
La sœur du prisonnier… (Haut.) C’est bien… Annoncez-moi… (À Frontin.) On prépare ton logement, mon drôle… Attends ici.
(Il sort à gauche.)
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