Scène II.
FRONTIN, seul, après avoir regardé sortir son maître.
Le drôle a de l’esprit… mais, pas le sou !… Allons, allons, il faut décamper… Mais comment ?… Le comte est vif, emporté ; il me retrouverait… j’en suis sûr… Nous ferions quelque éclat, et M. le lieutenant de police qui m’en veut… Ô police, ma mie !… si j’obtiens une fois cette place qu’on me promet chez M. le duc de Villeroi, je pourrai alors, grâce à ce protecteur puissant… Mais, présentement, il s’agit de me donner un successeur… (Regardant autour de lui.) C’est que la succession est minable… Où diable trouver un homme d’esprit qui veuille prendre la suite de mes affaires ?… Je ne vois qu’un confrère de province…
THOMAS, criant dans la rue.
Cannes ! cannes ! cannes ! canards !
FRONTIN, à la fenêtre de gauche.
Hein !… Oh la bonne figure !… Quelle idée !… Ma foi !… essayons !… Ohé ! l’homme !… l’homme aux canards !… par ici !… Oui !… c’est ça !… (Quittant la fenêtre.) Si je pouvais endoctriner ce paysan, l’engager à me remplacer ici… Il vient ! Attention !
· · ·