Scène VII.
Les Mêmes, FAYENSAL.
FAYENSAL, entrant vivement.
C’est encore moi !
DUMARSAY, à part.
Fayensal ! il ne manquait plus que ça !
FAYENSAL, à Dumarsay.
Vous ne savez pas ce qui me ramène ?… En rentrant, je trouve une lettre de Lambert, mon avocat… Il est malade, très malade, Lambert… à la mort !
THOMAS.
Ah ! le gaillard !
FAYENSAL, à Dumarsay.
Il avait le dossier…
THOMAS, à part.
Le dos scié ! Ça ne m’étonne plus, alors… On atteint rarement un âge avancé avec cet inconvénient.
FAYENSAL, à Dumarsay.
J’ai repris les pièces… Mais la cause est pour aujourd’hui, dans une heure. Jugez de mon embarras, mon ami ; il faut absolument que vous me trouviez un avocat.
DUMARSAY.
Eh bien ! laissez-moi vos papiers… je connais un jeune praticien… homme de talent qui se chargera de l’affaire.
FAYENSAL.
Mais tout de suite ?
DUMARSAY.
Trouvez-vous à deux heures au bas du petit escalier, près de la salle d’audience, et la première robe noire qui descendra…
FAYENSAL.
Mon homme sera dedans ?… Ah ! vous me rendez à la vie ! (Il remonte.) Dites donc… (Revenant.) est-ce heureux que je sois connu dans le quartier ?… Lambert qui m’écrit vingt-sept, quai de la Ferraille, quand c’est trente-sept.
THOMAS.
Tiens ! vous demeurez aussi quai de la Ferraille, vous ?
DUMARSAY, toussant de loin pour faire taire Thomas.
Hum ! hum !
FAYENSAL.
Certainement… Trente-sept… la maison du perruquier… à la Renommée.
THOMAS.
Hein ?… vous êtes marié ?
DUMARSAY, même jeu.
Silence !
THOMAS.
Tiens ! tiens ! tiens ! (Allant à Dumarsay.) Permettez-moi, monsieur, de vous en féliciter… c’est un beau brin de femme !… mais, là, ce que les amateurs appellent un beau brin de femme !
FAYENSAL, à Thomas.
Mais vous vous trompez… c’est moi… c’est moi qui suis le mari.
THOMAS.
Ab ! c’est vous qui l’êtes ?… Eh bien ! ça me fait plaisir… C’est un beau brin de femme !
DUMARSAY, à part.
Le pendard !
FAYENSAL.
Vous connaissez ma femme ?
THOMAS.
Oui, je l’ai entrevue… Elle est assez volumineuse… elle me rappelle Pomone.
FAYENSAL.
La déesse ?
THOMAS.
Oui… une déesse… de Poissy.
(Il remonte.)
DUMARSAY.
Mais, mon cher Fayensal, partez donc !… vous n’avez pas un instant à perdre !
FAYENSAL.
Allons, adieu !… j’ai encore une heure de carrosse à dépenser… Je me sauve… Ainsi, à deux heures, au bas du petit escalier.
DUMARSAY.
Soyez tranquille.
TOUS TROIS.
AIR : Amour d’un jour. (Arthur.)
Plaideur,
Rageur,
SMa vie
Est toujours bien remplie !
Bercé d’espoir,
IlJe courts du matin jusqu’au soir !
FAYENSAL.
Moment
Charmant !
D’une sentence,
En espérance,
Au vieux lutteur
Vous rendez toute sa vigueur !
TOUS TROIS.
Plaideur, etc.
(Fayensal sort par le fond.)
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