‹ Le Roi des FrontinsChapitre 21 sur 32 · Scène VII.

Scène VII.

Les Mêmes, FAYENSAL.

FAYENSAL, entrant vivement.

C’est encore moi !

DUMARSAY, à part.

Fayensal ! il ne manquait plus que ça !

FAYENSAL, à Dumarsay.

Vous ne savez pas ce qui me ramène ?… En rentrant, je trouve une lettre de Lambert, mon avocat… Il est malade, très malade, Lambert… à la mort !

THOMAS.

Ah ! le gaillard !

FAYENSAL, à Dumarsay.

Il avait le dossier…

THOMAS, à part.

Le dos scié ! Ça ne m’étonne plus, alors… On atteint rarement un âge avancé avec cet inconvénient.

FAYENSAL, à Dumarsay.

J’ai repris les pièces… Mais la cause est pour aujourd’hui, dans une heure. Jugez de mon embarras, mon ami ; il faut absolument que vous me trouviez un avocat.

DUMARSAY.

Eh bien ! laissez-moi vos papiers… je connais un jeune praticien… homme de talent qui se chargera de l’affaire.

FAYENSAL.

Mais tout de suite ?

DUMARSAY.

Trouvez-vous à deux heures au bas du petit escalier, près de la salle d’audience, et la première robe noire qui descendra…

FAYENSAL.

Mon homme sera dedans ?… Ah ! vous me rendez à la vie ! (Il remonte.) Dites donc… (Revenant.) est-ce heureux que je sois connu dans le quartier ?… Lambert qui m’écrit vingt-sept, quai de la Ferraille, quand c’est trente-sept.

THOMAS.

Tiens ! vous demeurez aussi quai de la Ferraille, vous ?

DUMARSAY, toussant de loin pour faire taire Thomas.

Hum ! hum !

FAYENSAL.

Certainement… Trente-sept… la maison du perruquier… à la Renommée.

THOMAS.

Hein ?… vous êtes marié ?

DUMARSAY, même jeu.

Silence !

THOMAS.

Tiens ! tiens ! tiens ! (Allant à Dumarsay.) Permettez-moi, monsieur, de vous en féliciter… c’est un beau brin de femme !… mais, là, ce que les amateurs appellent un beau brin de femme !

FAYENSAL, à Thomas.

Mais vous vous trompez… c’est moi… c’est moi qui suis le mari.

THOMAS.

Ab ! c’est vous qui l’êtes ?… Eh bien ! ça me fait plaisir… C’est un beau brin de femme !

DUMARSAY, à part.

Le pendard !

FAYENSAL.

Vous connaissez ma femme ?

THOMAS.

Oui, je l’ai entrevue… Elle est assez volumineuse… elle me rappelle Pomone.

FAYENSAL.

La déesse ?

THOMAS.

Oui… une déesse… de Poissy.

(Il remonte.)

DUMARSAY.

Mais, mon cher Fayensal, partez donc !… vous n’avez pas un instant à perdre !

FAYENSAL.

Allons, adieu !… j’ai encore une heure de carrosse à dépenser… Je me sauve… Ainsi, à deux heures, au bas du petit escalier.

DUMARSAY.

Soyez tranquille.

TOUS TROIS.

AIR : Amour d’un jour. (Arthur.)

Plaideur,
Rageur,
SMa vie
Est toujours bien remplie !
Bercé d’espoir,
IlJe courts du matin jusqu’au soir !

FAYENSAL.

Moment
Charmant !
D’une sentence,
En espérance,
Au vieux lutteur
Vous rendez toute sa vigueur !

TOUS TROIS.

Plaideur, etc.

(Fayensal sort par le fond.)

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