‹ Le Roi des FrontinsChapitre 25 sur 32 · Scène XI.

Scène XI.

THOMAS, ARTHUR, SÉRIGNY, CAMILLE, MARINETTE.

SÉRIGNY, s’avançant.

M. de Bethmont l’époux de ma sœur !… jamais !

CAMILLE.

Mon frère !

THOMAS, à part.

Celui-là, c’est pas de ma faute… je ne l’ai pas demandé.

ARTHUR, à Sérigny.

Daignez m’entendre !…

CAMILLE, à son frère.

Lui ! qui vient de se dévouer pour vous !

SÉRIGNY, à Arthur.

Je reconnais, monsieur, que vous vous êtes conduit en gentilhomme… Je sais tout ce que je vous dois… je ne l’oublierai pas… Monsieur de Bethmont, je vous remercie !

ARTHUR.

Vous consentez ?…

SÉRIGNY, froidement.

Je le voudrais, monsieur, mais il y a entre nous un obstacle insurmontable !

ARTHUR.

Ma fortune ?… mais elle dépend d’un procès…

SÉRIGNY.

Fi ! monsieur… Le comte de Sérigny ne vend pas sa sœur !

ARTHUR.

Mais, alors, expliquez-vous.

SÉRIGNY.

Avec vous ?… impossible !… Après ce que je vous dois… Aller, en face… Jamais ! jamais !

ARTHUR, vivement.

Monsieur, je suis en droit de vous demander…

SÉRIGNY, embarrassé.

Monsieur…

ARTHUR.

D’exiger même…

SÉRIGNY.

C’est vous qui le voulez ?… soit… Alors, faites choix d’un ami, d’un ami discret… et… à lui… je promets de tout révéler.

CAMILLE.

Quel est ce mystère ?

THOMAS, à part.

Je n’ai plus rien à faire ici… je m’en vas.

(Fausse sortie.)

ARTHUR, l’arrêtant.

Un instant !… (À part.) Au fait, ici, je n’ai pas le choix… (Haut.) Frontin, reste avec monsieur le comte et retiens fidèlement toutes ses paroles.

SÉRIGNY.

Ypensez-vous !… un valet !

ARTHUR.

Un ami, monsieur, qui a toute ma confiance !

THOMAS, affectueusement.

Je reste, bon ami.

SÉRIGNY, à Arthur.

Encore une fois, monsieur, ne me forcez pas à cette explication… inutile.

ARTHUR.

Frontin est à vos ordres, monsieur le comte.

ENSEMBLE.

AIR : Ô bonté nouvelle. (Rebecca.)

ARTHUR.

Fortune ennemie !
Elle m’est ravie !
Pour moi, dans la vie,
Non ! plus de bonheur !

CAMILLE.

Fortune ennemie !
Quelle tyrannie !
Pour moi, dans la vie,
Non ! plus de bonheur !

SÉRIGNY.

Oh ! ma sœur chérie,
Si je contrarie
L’espoir de ta vie
C’est pour ton bonheur !

MARINETTE et THOMAS.

Fortune ennemie !
Quelle tyrannie !
Pour elle, la vieN’a plus de bonheur !

(Camille et Marinette sortent par la gauche ; Arthur, par la droite.)

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