3.1
Pierre quitta Pétersbourg le 24 juin, se rendant à Oranienbaum. Il y avait eu le 22 un souper de cinq cents couverts et un magnifique feu d’artifice, tiré après le souper, toujours en l’honneur de la paix conclue avec la Prusse. Le 23, on festoya encore, et les banquets continuèrent à Oranienbaum même, dans un cercle plus intime. Le séjour de l’empereur dans sa résidence d’été devait d’ailleurs être de courte durée. Pierre se proposait de rejoindre prochainement son armée, en Poméranie, et d’aller tailler des croupières aux Danois, en attendant qu’il illustrât son nom sur quelque champ de bataille plus vaste où l’appellerait le nouvel allié qu’il s’était donné. Il comptait s’embarquer à la fin de juillet. La flotte n’était pas très en mesure de mettre à la voile. Des maladies avaient réduit l’effectif des matelots. Pierre ne s’en embarrassait pas. Il signa un ukase qui ordonnait aux matelots malades de se bien porter.
Ces projets belliqueux n’étaient pas sans inquiéter ses amis, à commencer par Frédéric lui-même. Les envoyés de Sa Majesté Prussienne, le baron de Goltz et le comte Schwerin, n’avaient pas épargné des représentations à ce sujet. Était-il prudent que l’empereur quittât sa capitale et son empire avant d’avoir pris le temps d’y asseoir et d’y affermir son règne, avant même d’avoir été couronné ? Frédéric insista personnellement sur ce dernier point. Préalablement à toute entreprise, Pierre aurait dû aller à Moscou pour y mettre sur sa tête le diadème des tsars. Dans un pays comme la Russie, cette question de forme avait une importance extrême. Pierre n’avait voulu rien entendre. « Qui sait prendre les Russes est sûr d’eux », répondait-il. Il croyait posséder ce savoir.
Il croyait aussi tenir en main les mécontents et les conspirateurs possibles. On lui avait désigné les Orlof. Un de leurs intimes, le lieutenant Perfilef, se mit aux ordres du tsar et se chargea de surveiller les cinq frères, en les jouant. Ce fut lui qu’on joua et qu’on amena à tromper Pierre. Les Orlof se méfièrent et au dernier moment se moquèrent du traître confident.
Le 29 juin, Catherine, que Pierre avait eu l’imprudence de laisser à Pétersbourg, dut à son tour prendre ses quartiers d’été. Elle reçut l’ordre d’aller à Peterhof. À Oranienbaum, c’était Élisabeth Vorontsof qui régnait, Paul resta à Pétersbourg sous la garde de Panine. Pierre comptait cependant revoir sa femme avant son départ pour la campagne projetée. Il avait reculé la date de ce départ pour célébrer le 10 juillet (29 juin) la fête de son nom. Il voulut la célébrer à Peterhof. Le 9 juillet au matin, il se mit en route pour cette dernière résidence, où un grand dîner devait lui être offert le lendemain par l’impératrice. Pierre voyageait lentement, traînant avec lui une nombreuse suite, dans laquelle il y avait dix-sept dames. Il n’arriva à Peterhof qu’à deux heures de l’après-midi. Une surprise l’y attendait : le château était vide. Pierre ne vit que quelques serviteurs au visage bouleversé par la frayeur.
— Et l’impératrice ?
— Partie.
— Où ?
Personne ne savait ou ne voulait répondre. Un paysan s’approcha et remit un papier à l’empereur. C’était un billet de Bressan, l’ancien valet de chambre français de Pierre. Celui-ci l’avait nommé à la direction de la manufacture des Gobelins. Ainsi se faisaient alors les carrières en Russie ! Bressan écrivait que l’impératrice était depuis le matin à Pétersbourg, et s’y était fait proclamer souveraine absolue et unique. Pierre n’en voulut pas croire ses yeux. Il se précipita comme un fou à travers les appartements déserts, fouilla tous les recoins, parcourut les jardins, réclama l’impératrice à tous les échos. La foule des courtisans le suivait, effarée, dans cette poursuite inutile. Il fallut enfin se rendre à l’évidence.
Qu’était-il arrivé ? Nous ne le savons pas au juste. Les incertitudes, les contradictions qui nous ont embarrassé déjà au cours de ce récit reparaissent au point où nous sommes arrivés. La narration de la princesse Dachkof semble suspecte à beaucoup d’égards, et celle de Catherine supporte mal l’examen. Dans la nuit du 8 au 9 juillet, l’amie de Catherine aurait été réveillée par un des Orlof, lui annonçant l’arrestation d’un des conjurés, le capitaine Passek. C’était la découverte du complot et la perte certaine de ceux qui y avaient pris part. La princesse Dachkof n’hésita pas. Elle donna l’ordre d’alarmer aussitôt le régiment Ismaïlovski, celui dont on était le plus sûr, de le préparer à recevoir l’impératrice, et d’envoyer en même temps à Peterhof chercher celle-ci. Ainsi fut fait. Il y eut cependant une certaine hésitation de la part des Orlof. Le cadet de la famille, Théodore, revint au bout de quelques heures pour soumettre à la princesse leurs objections. N’était-il pas trop tôt pour risquer ce coup hardi ? Elle laissa éclater sa colère. On n’avait perdu que trop de temps déjà ! Il s’inclina, et tous obéirent. Voilà la version de l’amie dévouée. Celle de Catherine est tout autre. Dans sa lettre à Poniatowski, nous la voyons s’indigner contre Ivan Chouvalof, « le plus bas et le plus lâche des hommes », qui a osé écrire à Voltaire « qu’une femme de dix-neuf ans avait changé le gouvernement de Russie ». À coup sûr, affirme-t-elle, les Orlof avaient mieux à faire que de se mettre aux ordres d’une petite écervelée. Jusqu’au dernier moment, au contraire, « on lui déroba (à la princesse Dachkof) la connaissance des choses les plus essentielles ». Tout s’est fait sous la direction « très particulière » de Catherine, et d’elle seule, en vertu de mesures combinées et arrêtées « depuis six mois » entre elle et les chefs du complot. Depuis six mois ! Est-ce bien sûr ? Et Catherine n’a-t-elle pas dit plus haut qu’elle n’avait écouté les propositions qui lui furent faites pour détrôner son mari qu’après avoir été insultée publiquement par lui, c’est-à-dire trois semaines seulement avant le 9 juillet ?
Tout cela est fort obscur. Les querelles entre femmes jalouses le sont communément. Au surplus, toutes deux ont pu être de bonne foi, en évoquant à distance des souvenirs que l’émotion avait rendus troubles, et en s’attribuant un rôle imaginaire dans des événements qu’elles croyaient avoir conduits et qui les conduisirent vraisemblablement l’une et l’autre. Ce qu’il y a de probable, c’est que l’arrestation de Passek, due, à ce qu’il semble, à une circonstance fortuite, a précipité les choses en poussant les conjurés à risquer la partie pour sauver leurs têtes, qu’ils voyaient menacées de toute façon. Ce qu’il y a de certain, c’est que le 9 juillet, à cinq heures du matin, Alexis Orlof se présenta brusquement à Oranienbaum et emmena l’impératrice pour la conduire à Pétersbourg.
Catherine dormait profondément, c’est d’elle que nous tenons ce détail, quand le jeune officier entra dans sa chambre. Rien n’était donc convenu, et elle n’était préparée à rien 1. Pour comprendre la scène qui se produisit alors, selon le récit qu’elle en a fait, il faut avoir été en contact avec des natures primitives comme devait être celle de cet Orlof. On en rencontre aujourd’hui encore de semblables en Russie. La pensée chez des gens ainsi faits n’ayant aucune complication, l’expression de cette pensée est toujours simple. L’art des préparations leur est absolument inconnu, comme celui des nuances. Ils disent uniment ce qu’ils ont à dire en allant droit au but par le plus court chemin. Ils disent de la même manière et sur le même ton les choses les plus banales comme les plus inattendues. Leur langage tient en quelque façon du monocorde. La lune tomberait du ciel qu’un paysan des environs de Moscou vous l’annoncerait en disant : « La lune est tombée », du même air qu’il prendrait pour vous faire part de la naissance d’un veau. Alexis Orlof dit simplement à l’impératrice en l’éveillant :
— Il est temps de vous lever. Tout est préparé pour vous proclamer. Elle voulut avoir des explications. Il dit encore : « Passek est arrêté. Il faut partir. » Ce fut tout. Elle se vêtit à la hâte, « sans faire toilette », et monta dans le carrosse qui avait amené Orlof. Une de ses femmes, la Chargorodskaïa, prit place à côté d’elle. Orlof grimpa sur le siège, le fidèle Chkourine derrière la voiture, et l’on se lança au triple galop sur la route de Pétersbourg. Chemin faisant, on rencontra Michel, le coiffeur français de Sa Majesté, qui venait à l’ordinaire pour faire son service. On l’emmena aussi.
Il y avait une trentaine de kilomètres à faire ; les chevaux, qui venaient de fournir une fois cette course, eurent quelque peine à la recommencer. Mais on n’avait pas songé à organiser un relais. Tout faillit être compromis par cette négligence. Les deux chevaux d’une charrette de paysan qui vint à passer sauvèrent peut-être Catherine (s’il faut en croire un témoin) et lui gagnèrent une couronne. À cinq verstes de la ville, on rencontra Grégoire Orlof et le prince Bariatinski déjà inquiets ; on passa d’une voiture à l’autre et on arriva enfin devant les casernes du régiment Ismaïlovski.
« Ainsi, a écrit Rulhière, pour régner despotiquement sur le plus vaste empire du monde, arriva Catherine, entre sept ou huit heures du matin, partie sur la foi d’un soldat, menée par des paysans, conduite par son amant, accompagnée de sa femme de chambre et de son coiffeur. »
Une douzaine d’hommes seulement étaient là. En réalité, là encore rien n’était sérieusement préparé, quoi qu’en eût dit Alexis Orlof. On allait toujours à l’aventure. On battit du tambour. Les soldats à demi nus et à moitié endormis se précipitèrent. On leur dit de crier : « Vive l’impératrice ! » Ils devinèrent une distribution de vodka et crièrent tout ce qu’on voulut. On en envoya deux chercher un prêtre, qu’ils amenèrent aussitôt en le tenant sous les bras. Le prêtre fit pareillement tout ce qu’on lui demanda. Il leva la croix, marmotta une formule de serment, les soldats s’inclinèrent : c’était fait, l’impératrice était proclamée.
« Le trône de Russie n’est ni héréditaire ni électif, a dit le Napolitain Caraccioli, il est occupatif. »
La proclamation ne faisait aucune mention de Paul. Elle rendait Catherine souveraine unique et absolue, autocratrice (samodierjitsa). Cela ne faisait pas l’affaire de Panine. Mais où était Panine à cette heure, et qui s’inquiétait de lui ?
« Un tas d’oligarches, a dit encore Herzen, d’étrangers, de pan-dours, de mignons, conduisaient nuitamment un inconnu, un enfant, une Allemande, l’élevaient au trône, l’adoraient et distribuaient en son nom des coups de bâton à ceux qui trouvaient à y redire. » Des autres régiments de la garde, un seul, le Préobrajenski, montra une velléité de résistance. Simon Vorontsof, un frère de la favorite, qui y commandait une compagnie, n’entendait pas trahir une cause qui pouvait passer pour celle de sa sœur. C’était d’ailleurs, il le prouva depuis, un homme de devoir et d’honneur. Il harangua ses hommes ; le major Voieïkof lui prêta main-forte, et le régiment, enlevé, marcha résolument au-devant de la troupe mutinée qui suivait Catherine. Les deux petites armées se rencontrèrent devant l’église de Notre-Dame de Kazan. Catherine avait pour elle la supériorité du nombre, mais ce n’était que celle d’une foule en désordre. Le Préobrajenski, au contraire, tenu en main par ses officiers, gardant ses rangs, présentait un front de bataille imposant : il pouvait encore décider du sort de la journée.
Mais la fortune de Catherine se prononça. Au moment où rebelles et fidèles s’arrêtaient à quelques pas les uns des autres, frémissants et prêts à en venir aux coups, un des collègues de Simon Vorontsof, qui marchait en serre-file, cria soudain : « Hourra ! Vive l’impératrice ! » Ce fut une traînée de poudre. Le régiment tout entier répéta le cri et se débanda en un clin d’œil, les soldats se jetant au-devant de leurs camarades, les embrassant, puis tombant à genoux, demandant pardon à la tsarine d’avoir tardé à la reconnaître, accusant leurs officiers. Voieïkof et Vorontsof brisèrent leurs épées. On les arrêta. Catherine leur pardonna plus tard, mais n’oublia jamais. Vorontsof dut quitter l’armée, où ses mérites et ses services éclatants ne lui valaient que des dégoûts. Nommé ambassadeur à Londres, il y vécut en une sorte d’exil honorifique.
Ce fut maintenant à qui pénétrerait le plus vite dans l’église de Notre-Dame de Kazan, où Catherine se rendit pour recevoir les serments de fidélité de ses nouveaux sujets. Panine y parut bientôt. On prétend que dans le carrosse qui l’amena se trouvait le petit Paul, coiffé d’un bonnet de nuit. L’enfant aurait ainsi assisté à sa propre déchéance, car c’était bien sa déchéance, au moins provisoire, qui se consommait. Après le temple vénéré, le palais d’hiver, qui avait été témoin naguère des humiliations de Catherine, la vit entourée d’une foule empressée à lui offrir ses hommages. Le Sénat et le synode s’y présentèrent. Ces deux grands corps avaient pris déjà l’habitude de marcher à la suite des régiments de garde. Survint un personnage que Catherine n’attendait guère : le chancelier Vorontsof. Il ne comprenait rien encore à ce qui se passait et demanda naïvement à l’impératrice pourquoi elle avait quitté Peterhof. Pour toute réponse, elle fit signe de l’emmener. On lui dit d’aller à l’église prêter serment. Il y alla. Enfin, jouant des coudes pour se frayer passage, essoufflée, effarée et déjà légèrement désappointée, arriva la prétendue organisatrice de tout ce triomphe : la princesse Dachkof. Son carrosse n’avait pu parvenir jusqu’au perron du palais, mais, à l’en croire, les héros du jour, les officiers et les soldats qui en entouraient les abords, l’avaient soulevée de terre et portée sur leurs bras. Sa robe et sa coiffure eurent à en souffrir, mais son amour-propre y trouva une compensation des déboires qui allaient commencer pour elle. Car son entrevue avec la souveraine fut plus courte et moins solennelle qu’elle ne l’avait rêvée. L’heure n’était pas aux tendres épanchements, ni aux grandes cérémonies. On avait à s’occuper sérieusement. On avait tout d’abord à donner une forme sérieuse à ce qu’on venait d’improviser dans un élan d’énergie juvénile et de victorieuse audace. Un manifeste était nécessaire. Ce fut un obscur employé de la chancellerie, Tieplof, qui fut chargé de le rédiger. Pourquoi pas Panine ? Divers bruits ont reçu créance à ce sujet. Le gouverneur du petit Paul aurait-il vraiment jugé à propos, même à ce moment, et eu le courage de faire valoir son idée favorite, en prenant la défense de son pupille ? D’après une version, les officiers du régiment Ismaïlovski se seraient opposés à la signature d’une reversale portant engagement de la part de Catherine de ne régner que jusqu’à la fin de la minorité de Paul. D’après une autre version, la reversale dictée par Panine et imposée par lui à la volonté de l’impératrice aurait été signée et déposée aux archives du Sénat, mais les Orlof, au dire des uns, le chancelier Vorontsof, au dire des autres, auraient retiré ensuite le document pour le livrer à Catherine. L’aventure est peu vraisemblable. Panine n’était pas homme à prendre confiance en des compromis de ce genre et à se méprendre sur la valeur illusoire d’une semblable garantie. Il savait l’histoire de son pays. L’impératrice Anne y était montée sur le trône sous la caution d’une véritable charte constitutionnelle. Six semaines après, il n’en était plus question. Le futur Premier ministre pouvait avoir d’autres raisons pour ne pas figurer dans la rédaction du manifeste.
Ce que Tieplof écrivit fut mis sous presse et lu au peuple, qui cria : « Vive l’impératrice ! » comme il avait entendu crier les soldats ; Catherine passa en revue les troupes qui l’acclamèrent une fois de plus, et le nouveau règne fut fondé : la journée n’avait pas coûté une goutte de sang. Quelques scènes isolées de désordre s’étaient produites. La maison du prince Georges de Holstein avait été envahie et pillée. Lui-même et sa femme eurent à subir de mauvais traitements. La princesse eut ses bagues arrachées par des soldats. Ceux-ci enfoncèrent encore quelques devantures de boutiques en demandant à boire. Un marchand perdit pour 4 000 roubles de vin. Les indemnités réclamées par les victimes de ces excès s’élevèrent en tout à 24 000 roubles : c’était vraiment pour rien. Seulement, le soir venu et le premier moment d’enivrement passé, quand Catherine et ses compagnons se retrouvèrent dans le palais d’hiver pour faire le bilan de la situation, un souffle d’inquiétude ne laissa pas de passer sur leur imagination échauffée. Si à un point de vue, en effet, tout était fait pour l’établissement du nouveau régime, à un autre point de vue tout était encore à faire. Rien n’était fait, si Pierre voulait résister.
Était-il en mesure de s’y résoudre ?
La réponse ne pouvait être douteuse pour un homme de réflexion. Et peut-être Panine était-il précisément en train de réfléchir. Pierre avait avec lui environ quinze cents Holsteinois, troupe excellente et disposée selon toute apparence à le défendre jusqu’au bout, en se défendant elle-même contre une disgrâce certaine. Il avait pour commander cette petite armée le premier homme de guerre de la Russie et un des premiers de l’époque : le feld-maréchal Münich. Rappelé par le nouvel empereur du fond de la Sibérie, celui-ci n’abandonnerait également pas son bienfaiteur. Or, Catherine elle-même ne disposait guère que des quatre régiments qui l’avaient acclamée. Le gros des troupes russes était en Poméranie, n’appartenait encore à personne, ou plutôt appartenait toujours à l’empereur, n’avait d’ordres à recevoir que de lui. Si Pierre résistait, s’il gagnait du temps, s’il mettait en avant le nom et le prestige de son maréchal victorieux, cette armée poméranienne n’obéirait-elle pas à sa voix, n’accourrait-elle pas à son secours ? Il était l’empereur, et il se préparait à ouvrir une nouvelle campagne : perspective généralement agréable aux gens de guerre, surtout au lendemain d’une suite d’éclatants succès. Il n’avait, jusqu’à présent, mécontenté que la garde seule, dont les autres armes jalousaient volontiers la situation privilégiée. Les Orlof, de leur côté, n’avaient pas poussé au-delà leur œuvre de séduction. Il y avait là un problème redoutable.
Mais où en était, à quoi pensait et que faisait Pierre en ce moment ?