IMPASSIBILITÉ DU SAGE
Un fou (se fondant) sur ce qu’il avait entendu dire que le principe de la conduite du bienheureux Buddha était essentiellement la compassion et l’amour et que, en conséquence, les outrages avaient pour unique résultat de le faire redoubler d’amour, vint auprès de Bhagavat et l’injuria ; mais Bhagavat resta sans rien dire : « C’est un homme stupide, sans lumière, un fou » pensa-t-il, par l’effet de sa grande compassion.
Les outrages finis, Bhagavat lui dit : « Mon fils, quand tu vas offrir ton hommage à quelqu’un et que cet hommage n’est pas agréé, qu’y a-t-il à faire ? » — « À le remporter », répondit l’homme. — Bhagavat reprit : « Mon fils, les outrages que tu viens d’adresser au Tathâgata, il ne les a pas pris pour lui ; remporte-les donc, la douleur sera pour toi ».
Il en est comme de l’écho qui suit la voix, de l’ombre qui suit le corps ; ainsi le fruit n’abandonne pas l’acte (non plus que celui qui l’a fait).
Qu’on s’abstienne donc des actes pervers et coupables.