‹ Le triomphe du Mouron RougeChapitre 78 sur 87 · 32.1

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Quarante noms ! On avait trouvé une liste de quarante noms dans la poche de l’habit de Robespierre ! Chacun de ces noms était celui d’un opposant avoué à ses plans de dictature : Tallien, Barère, Vadier, Cambon et les autres. Des gens influents, membres importants de la Convention, meneurs du peuple, mais des opposants. Il était facile d’en tirer les conséquences, la panique fut générale. Cette nuit, la nuit du 8 Thermidor, ces hommes parlèrent de s’enfuir, de se soumettre, d’en appeler, Dieu me pardonne, à l’amitié, à la camaraderie, à l’humanité… Il n’y avait ni amitié, ni camaraderie, ni humanité dans le cœur de Robespierre. On mit en avant toutes les solutions, sauf celle de défier le tyran, car il eût été folie même d’en parler.

On ne pouvait défier le tyran qui d’un mot ébranlait la Convention, les Comités, la foule, les soumettait à sa volonté, les faisait marcher au pas comme un dompteur mène ses bêtes avec un claquement de fouet. Aussi, les hommes menacés parlaient et tremblaient, ne pouvaient plus dormir. Tallien, qui aurait dû être à leur tête, était introuvable. On savait que sa fiancée, la belle Theresia Cabarrus, avait été brusquement arrêtée. Depuis il avait disparu et les autres restaient sans chef, mais cela n’avait guère d’importance. Tallien avait toujours été un être pusillanime et ne pensait qu’à temporiser. On n’avait plus le temps d’hésiter. Robespierre allait devenir dictateur. Il serait dictateur malgré l’opposition des quarante personnages dont le nom était marqué sur la liste. Ses amis le criaient sur les toits et sotto voce ajoutaient que ceux qui s’opposaient à la dictature étaient des traîtres à leur patrie. On devrait les punir de mort.

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