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CHAPITRE IV

LE SORCIER BLANC

Au pied du Timotakem, c’était toujours la forêt, mais éclaircie et presque praticable, sur un terrain étrangement inégal, raviné et souvent pierreux.

Pendant deux jours, les voyageurs cherchèrent en vain un gros rocher «en forme de chien couché» qui était le point de départ des mesures données par le schéma du forçat.

Bien que toujours aussi brûlante, la température s’était faite plus sèche et conséquemment plus supportable. Cependant, horriblement fatigué, Georges Kerbrat allait crier grâce, quand Chang, désignant une masse de rocs ensevelis dans les frondaisons et les broussailles, s’écria:

--Ça est peut-être le locher en chien couché, une fois débloussé.

Il voulait dire «débroussé».

Diény, qui refusait de croire aux dires des évadés, haussa les épaules:

--Nous ferions mieux de gagner mes filons. Ils ne donnent pas des kilos d’or au mètre cube, mais, au moins, ils sont là, eux!

--Un peu de patience, Diény, pria Kerbrat. Vous voyez s’il m’en faut, dans l’état où je suis!

Et, d’une voix faible, se retournant vers les noirs, il commanda doucement:

--Allons! du courage... Débroussez-moi ça, garçons!

Ces hommes lui étaient dévoués, puis ils souhaitaient une belle trouvaille, dont ils auraient leur part.

Une fois de plus, ils empoignèrent leurs sabres d’abatis et attaquèrent la brousse enragée qui semblait pousser à vue d’œil pour les ensevelir.

Après deux heures de travail, aux approches du soir, le rocher fut suffisamment dégagé pour qu’on pût en vérifier les formes générales. Il donnait assez bien l’impression d’un chien couché.

Or, le papier portait ces mots:

«De la patte gauche avant du chien, par les gros ouacapous, quatre cents pas, jusqu’à la petite source. C’est là!»

Les quatre cents pas furent assez difficiles à faire en prolongeant la ligne droite qui passait par les ouacapous presque aussitôt reconnus..., à cause des inégalités du sol. La direction traversait un véritable chaos de rochers moussus, si bien qu’on parvint en un fourré épais où il n’était point trace de source.

--Eh bien? fit Diény en ricanant.

Kerbrat restait assez piteux quand un des nègres, Caïus Bâton, qui tendait l’oreille, frappa des mains en s’écriant avec un accent de joie enfantine:

--Moué z’entend’e b’uit, mou ché!

On le suivit et l’on arriva à un creux dans le rocher, au flanc de la montagne, d’où l’on entendait l’eau sourdre avec son murmure charmant de cascade minuscule.

Un commencement de cours d’eau s’en allait, roulant sous les mousses et les lianes fleuries d’orchidées, dans une petite tranchée qui s’approfondissait et s’élargissait constamment.

Déjà, sans avoir reçu d’ordre, tout émoustillés, les noirs étaient descendus dans la tranchée, le pic et la pelle en main. Avec une merveilleuse ardeur, ils se mettaient à creuser un premier trou d’un peu plus d’un mètre de profondeur.

Pour ne plus perdre de temps, Diény ordonna qu’on ne fît point d’essais tant qu’on n’aurait pas senti au bout de la pioche la glaise consistante ou la roche aux approches desquelles se trouve la poudre d’or que son poids entraîne toujours aussi bas que possible.

Un bruit sec éclata parmi les travailleurs:

--Bedrock![5] cria celui des hommes qui avait porté le coup de pioche.

[5] Le lit de rocher.

Déjà l’eau de la source envahissait par infiltration la cavité.

Diény décrocha sa batée, y entassa quelque sept livres de terre mélangée de gravier, qu’il se mit à laver activement, tournant, agitant et inclinant son plat, aidant à la dissolution des mottes qu’il écrasait entre ses doigts.

Les noirs suivaient passionnément l’opération, et, dans leur excitation puérile, ils dansaient d’un pied sur l’autre, s’exclamaient à chaque instant:

--’Ou’ vé’ez, ché, li qu’a payer... li qu’a payer!

Si cette terre «paierait» ou non, personne n’en savait rien, tant que l’opération d’essai n’était pas conduite à sa fin.

Enfin, toute la terre fut dissoute.

Or, dans le creux de la batée dormaient deux grosses pincées de la poudre jaune qui rend les hommes fous et meurtriers!

Kerbrat et Diény se regardaient, pâles d’émotion.

Le placer de l’homme d’évasion donnait un rendement phénoménal et qu’aucun autre placer n’avait encore jamais atteint!

Les nègres bondissaient comme des cabris et criaient leur joie. Un pareil instant valait toutes les fatigues et les souffrances endurées pour atteindre cet Eldorado.

Ils échangeaient de joyeuses bourrades, cabriolaient en criant:

--Une tasse... dix tasses... cent tasses au mèt’e cube, missié! ’Ou’ voi’ ça, mou ché?

--Une pareille teneur est formidable, incroyable, murmura Diény. Si elle s’étend à quelque distance, ce placer est le plus riche de la terre et nous en sommes les gens les plus opulents...

Georges Kerbrat qui, tout heureux pour soi et pour sa sœur, examinait inconsciemment son compagnon, vit d’étranges lueurs s’allumer dans ses yeux, tandis que le beau visage revêtait une expression nouvelle et dure, où il y avait comme de la colère...

· · ·

Le lendemain matin, après une nuit fiévreuse et agitée où tout le campement eut grand mal à trouver le sommeil, de nouveaux trous furent creusés à plus grande distance de la source. Et toujours, c’était de l’or, et la teneur ne cessait de se maintenir aussi riche, ne diminuant ou n’augmentant, même, qu’à peine.

Diény,--sur qui la fièvre paludéenne n’avait pu mordre,--tremblait maintenant de tous ses membres quand il ne se sentait pas regardé. La fièvre de l’or s’était emparée de lui.

De ce jour et du matin au soir, on ne cessa plus de travailler, au point que, parfois, la brusque tombée de la nuit surprenait les placériens en pleine besogne.

Ce furent, d’abord,--les carbets--abris qu’on construisit pour ne plus coucher en plein air, car, dans la forêt débroussaillée, déboisée sur des larges espaces, les «coups de lune» étaient à redouter, à tort ou à raison. Mais personne ne doute à la Guyane que les coups de lune donnent la «fièvre qui tord la bouche».

Bientôt, un petit hameau fut constitué de cases faites de poteaux coupés dans la forêt, murées de claies, couvertes de feuilles sèches. Les hommes y couchaient sur des lits d’herbes que supportaient des planchers surélevés, par crainte des reptiles, des insectes venimeux, de l’humidité du sol. Et les noirs ravis de chanter en gambadant:

--Nous planter bananiers, cannes à sucre, toutes so’tes légumes! Nous descend’e riviè’e pou’ pêcher poisson frais avec feuilles nikou!

Les feuilles de cet arbre ont la propriété d’enivrer le poisson comme la coque du Levant.

Puis on décapela, on découvrit une partie du champ aurifère pour rendre largement accessibles les couches exploitables, et à quelque distance de la source, on établit un barrage de retenue pour les eaux. Enfin on creusa un canal d’amenée qui fit passer celles-ci par un sluice fabriqué avec les planches toutes façonnées et la toile métallique qu’on avait apportées.

C’est un canal de bois en pente douce, large d’environ trente centimètres sur autant de profondeur, formé d’une dizaine de cheneaux longs de quatre mètres, emboîtés à la file. Au fond, des tasseaux en bois et des rifles--espèces de grilles en fonte--créent des ressauts qui secouent le courant d’eau. Ainsi les terres se dissocient, coulent, tandis que, derrière ces abris, elles abandonnent l’or charrié.

Armés de pelles, des hommes jetaient la terre rouge dans la partie supérieure du sluice, pendant que d’autres, le long du canal de bois, broyaient et dispersaient les mottes au moyen de râteaux, ou bien les écrasaient avec les doigts.

En bas du sluice, la pelle en main, les débourbeurs chassaient les alluvions entraînées par les eaux de façon qu’elles n’obstruassent point le déversoir et ne ralentissent pas le courant.

Chaque matin, on versait tout le long des boîtes, au moyen d’une passoire, quelque deux kilogrammes de mercure destiné à s’emparer de l’or au passage et à l’amalgamer.

En effet, dégagé des terres qui le portent par le lavage et le triturage, l’or, plus lourd que sa gangue, descend au fond du canal. Les grosses pépites s’arrêtent dès le haut et c’est la poudre qui, recueillie par voie d’amalgame, le long du reste du canal, s’arrête derrière les tasseaux et les rifles.

L’infatigable Carila, pendant tout le temps du travail, ne cessait de courir d’un bout à l’autre du sluice, pour prévenir tout vol de pépites de la part des débourbeurs.

De temps en temps, Diégo essayait à la batée les terres de rebut, pour s’assurer qu’elles avaient bien donné tout leur or et qu’il n’y avait pas de perte.

Le soir, à cinq heures, on recueillait l’or accumulé, soit pur, soit amalgamé, derrière les rifles. On filtrait le mélange en le tordant dans des torchons de peau de daim.

Le mercure resté pur se trouvait ainsi éliminé et l’on demeurait en présence d’un bloc informe d’amalgame qu’on chauffait à haute température. Le mercure une fois volatilisé, l’or pur obtenu constituait le gain de la journée qu’on pesait, ou qu’on mesurait à la tasse d’un kilo.

· · ·

Après trois mois de ce travail acharné, l’expédition était déjà en possession d’une très considérable provision du métal précieux, une fortune.

Un soir, Diény dit à Kerbrat:

--Mon cher ami, il serait temps de retourner à Saint-Laurent pour y obtenir le permis d’exploiter et y faire enregistrer notre concession. A vrai dire, nous sommes même un peu en retard.

--Je le sais... Bien que vous alliez mieux, votre fièvre vous travaille encore. Pourtant, il faudrait vous charger de ce voyage. On a besoin de mon expérience ici, et mon absence pourrait faire tort à une affaire si bien «partie».

Sans s’effrayer du trajet à pied, ni de la descente périlleuse des cours d’eau, Georges Kerbrat se déclara prêt à partir. Il tenait à se rendre utile dans toute la mesure de ses forces.

Il fut donc décidé qu’il se mettrait en route dès le lendemain, avec quelques-uns des nègres, et qu’à Saint-Laurent du Maroni, comme à Cayenne, il embaucherait de nouveaux travailleurs pour l’extension du claim.

Le soir même, il y eut un dîner de fête, tant en l’honneur du partant que pour célébrer la réussite de l’entreprise, un dîner sans conserves, tout de viandes fraîches--agouti et marayes--de légumes et de fruits.

Les nègres chantèrent leurs chansons amusantes, dansèrent leurs danses farceuses ou furibondes jusqu’à près de minuit.

A les voir s’agiter en hurlant et en grattant leurs banjos à la lueur des grands feux allumés, on eût dit autant de joyeux diables sortis d’un enfer anodin.

Malheureusement, les convives oublièrent les conseils de la sagesse; le whisky coula trop abondamment et ces copieuses libations devaient coûter cher à Kerbrat qui, le lendemain matin, au moment de partir, se trouva positivement hors d’état de se lever.

Un accès de paludisme d’une extrême violence le faisait grelotter par trente-cinq degrés de chaleur et, malgré ses efforts, il retomba sur son lit, anéanti.

Trop faible pour entreprendre le rude voyage projeté, il devait se résigner à attendre, en se soignant sur place, au petit village qu’en souvenir de son oncle et bienfaiteur il avait baptisé du nom de Labru.

Atteint de béribéri, dans sa forme paralytique et non dans l’œdémateuse, qui est la plus redoutable, il s’administra à lui-même des toniques et, au bout de quelques jours, un léger mieux se manifesta. Il put alors se lever un peu et traîner d’un carbet à l’autre en s’appuyant sur une canne.

· · ·

Certain jour, comme il fumait une cigarette devant l’entrée de son abri, il vit venir à lui deux Indiens Oyampis à peu près nus.

Peu à peu, les indigènes des alentours s’étaient familiarisés avec les habitants de «Labru», qui les accueillaient volontiers, tout en prenant les précautions nécessaires contre toute traîtrise possible, et auxquels ils apportaient souvent le produit de leur chasse, de leur pêche et de leurs rudimentaires cultures.

Cette fois, ils avaient du gibier à vendre. Kerbrat le leur acheta avec empressement. Et l’un des deux Peaux-rouges, dont le Français commençait à comprendre le dialecte, se mit à examiner curieusement son interlocuteur civilisé:

--Malade, toi?

--Oui.

--Pas vu sorcier blanc, de ta race, alors?

--Sorcier blanc? fit avec surprise le malade. Quel sorcier blanc?

--Là, dans montagne, dans Tumuc-Humac...

Et, tant par gestes que par un flux de paroles enthousiastes, l’Oyampi se mit à chanter les louanges de certain sorcier blanc--quelque forçat évadé, sans doute, pensa Kerbrat--qui vivait en solitaire sous une ajoupa de la forêt, dans la montagne, à peu de distance de «Labru», mais en Guyane brésilienne, de l’autre côté de la frontière.

Toutes les tribus indigènes l’appelaient «le Grand Sorcier».

On venait le consulter de cent kilomètres à la ronde et il avait opéré des guérisons miraculeuses.

Les Indiens s’en retournèrent vers leur village, laissant Kerbrat fort intrigué.

Au fond, le malade s’inquiétait de son état. Il redoutait qu’une seconde crise de béribéri ne lui fût fatale et ne se souciait point de mourir au fond de cette brousse, loin de sa sœur qu’il aimait et sans avoir joui de l’immense fortune que le hasard lui avait apportée.

Diény s’en revenait justement du travail, à ce moment-là.

Il vit son camarade qui, déjà las, s’asseyait sur un banc rustique, à l’ombre des fromagers. Affectueusement, il vint à lui:

--Eh bien, mon vieux, ça va-t-il un peu mieux aujourd’hui?

Chose singulière, depuis le soir du dîner trop «arrosé» qui l’avait rendu plus malade, Kerbrat témoignait une certaine froideur, un certain éloignement à son associé, envers lequel, cependant, il s’était toujours montré fort amical jusque-là.

C’est assez sèchement que l’ancien administrateur répondit:

--Non, ma foi, je ne vais guère mieux, et j’aimerais fort à savoir ce qui me travaille ainsi!

A ce ton presque brutal, Diény avait jeté à son interlocuteur un de ces regards pénétrants, animés d’une lueur étrange, qui lui étaient fréquents depuis peu. Mais la flamme s’éteignit aussitôt et, haussant les épaules:

--Ce qui vous travaille, mon cher, c’est ce climat infernal dont certains tempéraments ont la plus grande peine à s’accommoder.

Mis au courant de la visite des deux Oyampis et de la présence proche de ce sorcier blanc, fameux comme guérisseur parmi les indigènes, Diény se mit à rire bonnement:

--Vous croyez à ces histoires de bonnes femmes rouges?

--Eh bien, oui! répliqua Kerbrat dont la mauvaise humeur fondait, tant les malades sont portés à s’entretenir de leur état. J’ai plus de foi en ces remèdes populaires, dont on a usé pendant des siècles, ce qui atteste leur vertu, qu’en toutes ces nouvelles drogues de médecins diplômés, drogues qui durent six mois et puis disparaissent comme elles sont venues, après qu’on en a reconnu la parfaite inefficacité.

L’ex-clubman continua de rire:

--Je vous vois venir: vous voudriez consulter le «sorcier blanc», quelque bagnard en rupture de ban, qui s’est improvisé rebouteux pour Oyampis et Roucouyennes?

--Et pourquoi pas? fit Kerbrat, de nouveau presque agressif.

--Oui, pourquoi pas, après tout! Il est probable que, s’il ne vous fait pas de bien, il ne vous fera pas de mal. Mais ce serait une rude fatigue pour vous que de gagner, dans la montagne, le refuge de ce gaillard-là... Voulez-vous que j’aille vous le chercher?

La proposition amicale fut faite d’un ton presque tendre, comme si Diény se fût dit qu’aucun effort ne serait inutile qui flatterait la lubie de son compagnon.

Kerbrat l’examinait avec attention et l’autre ne chercha nullement à éviter ces regards investigateurs.

Après un instant de réflexion, le malade se décida:

--Eh bien, oui, que voulez-vous? C’est peut-être une faiblesse, mais je désirerais beaucoup consulter cet homme. Un vrai service que vous me rendriez là.

L’expression du frère de Georgette s’était beaucoup adoucie.

--C’est dit, déclara aussitôt Diény avec bonne humeur. Je vais partir dès aujourd’hui avec Diégo, pour ne pas vous faire languir. Et je vous ramènerai votre bonhomme, trop content si, par hasard, ses conjurations et ses singeries amenaient quelque mieux dans votre état...

«Carila suffira pour vous aider à surveiller l’exploitation.

Et, bravement, il fit comme il avait dit. Il quitta «Labru» aussitôt après le déjeuner, en pleine chaleur.

· · ·

Quatre jours se passèrent, au bout desquels un hèlement s’éleva dans la forêt, annonçant le retour de l’ex-clubman.

Mais ils n’amenaient pas le guérisseur, à la grande déception de Kerbrat qui l’avait attendu avec impatience.

Diény fit le bref récit de son voyage, qui s’était accompli sans incidents.

A quelque distance de la frontière brésilienne, frontière assez vague, d’ailleurs, lui et Diégo, conduits par deux Oyampis, avaient aisément retrouvé l’ermite guyanais.

--Il s’est déclaré tout prêt à vous soigner, mon bon, mais ce doit être, comme nous nous en doutions, un forçat évadé qui tient à laisser la frontière entre lui et les autorités françaises. Il refuse absolument de venir jusqu’à «Labru».

«Il faudra donc que vous alliez à l’ermite, puisqu’il ne veut pas venir à vous, aussitôt que vous en aurez la force. Je dois dire que j’ai beaucoup meilleure opinion de son savoir, depuis que je l’ai vu. J’ai longuement causé avec lui et, à n’en pas douter, non seulement il a fait des études médicales, mais il est encore fort au courant des maladies du pays.

«Il a soigné devant nous un Indien mordu par un serpent et il a sauvé cet homme. Quant à moi, qui avais été pris d’une rage de dents, il m’a administré une potion d’herbes et posé des emplâtres de feuillages qui m’ont soulagé en un rien de temps.

«J’estime décidément que vous avez eu raison de croire en lui et que votre intérêt serait de l’aller voir.

Quoique toujours très faible, Kerbrat résolut aussitôt de partir le lendemain, accompagné de Chang et des deux Indiens qui avaient déjà guidé Diény, jusqu’au carbet du sorcier.

--Bravo! voilà une affaire réglée, s’écriait son camarade, avec tous les signes de la plus vive satisfaction. Pour mon compte, avant de reprendre le travail du placer, je vais faire une grande tournée de chasse, car nous avons besoin de viande fraîche.

Sur quoi, tandis que Chang commençait ses préparatifs de départ, Diény se mit à démonter son fusil et à le nettoyer avec le soin d’un homme las du corned-beef, et du couac de manioc.

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