‹ L’EndymionChapitre 27 sur 28 · Scène TROISIEME.

Scène TROISIEME.

DIANE, ENDYMION.

DIANE en deſcendant lentemẽt iuſque ſur l’autel.

ENdymion, ie ſuis contente,
Arreſte ce fer meurtrier,
Ie connois ton cœur trop entier,

Pour croire que iamais i’attente
Aux beau fil de tes iours, qui charment tant de cœurs :
Ta volonté m’eſt ſi connuë,
Que ie ſuis en ces lieux venuë,
Pour finir de tes maux les cruelles longueurs.

ENDYMION.

Ha ! Diane, ces maux ont trop de recompence.
De iouyr maintenant de ta douce preſence :
Obligeante Deeſſe, apres ce que ie voy,
Ie ne puis que douter ſi ie ſuis bien à moy.

DIANE.

Ouy, c’eſt moy qui te viens apprendre
Que ces peuples icy ſont vains,
Qu’ils n’ont rien parmy les humains ;
Le peuple s’euanoüyt peu à peu.

Puis qu’ainſi qu’ils m’ont veu deſcendre,

Mon abord commençoit à les faire fuir :
Songe donc par quels artifices,
Tu t’es veu parmy des ſupplices,
Qu’enfin deuant tes yeux tu vois eſuanoüïr.

ENDYMION.

Deeſſe, ce myſtere eſt trop inconceuable,
Et meſme ie me ſens pas trop ton redeuable ;
Sans t’oſer demander qui m’a mis en ces lieux,
Qui ſans ton ſeul abord m’eſtoit ſi perilleux :
Mais que diſie, Deeſſe, en mourant pour ta gloire,
I’eſtois plus ſatisfait qu’on ne ſçauroit le croire.
Car enfin tu le ſçais, ſi i’en ay murmuré,
Si ie voyois la mort d’vn courage aſſeuré ?

DIANE.

Ie ſçay quelles ſont tes penſées :
Ie connois tes vrays ſentimens :
Et c’eſt par des enchantemens,

Que ces choſes ſe ſont paſſées.
Depuis que le ſommeil euſt aſſoupy tes ſens,
Par l’ordannance ſouueraine,
Qu’en receut la fameuſe Iſmene ;
Qui fait voir qu’en effet ſes charmes ſont puiſſans.
Mais ſans differer dauantage,
Viens prendre place aupres de moy,
C’eſt le payement de ta foy,
Toy ſeul auras cet auantage.
Apres t’avoir montré les celeſtes palais,
Tu verras encore la place,
Que Diane te fait la grace
De te donner vn iour, apres tant de ſouhaits.

ENDYMION entrant dans le char.

Ha ! Deeſſe, c’eſt trop ; des ſi foibles ſeruices
Se verront ils payez d’eternelles delices ?

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