Chapitre 1 Les aveugles guitaristes
Rio Blas et Guasco avaient eu le visage brûlé par l’explosion d’une mine. On avait pu leur sauver la vie, mais ils étaient demeurés aveugles et atrocement défigurés.
En pleine force – ils avaient à peine trente-cinq ans – ils s’étaient trouvés du jour au lendemain acculés au suicide ou à la mendicité. Finalement ils avaient trouvé un moyen terme, et, de prospecteurs, ils étaient devenus guitaristes ambulants.
Leurs débuts furent modestes. Ils arrivaient dans un village ou dans un ranch à la tombée de la nuit et faisaient danser les femmes et les filles des cow-boys, en exécutant quelques-unes de ces vieilles habaneras mexicaines où se retrouvent toute l’ardeur mélancolique, toute la tristesse passionnée de l’âme espagnole.
On les payait de leur peine en leur donnant largement à manger et surtout à boire, en leur accordant une couverture et un lit de paille de maïs dans l’étable, et ils se sentaient presque consolés de leurs chagrins quand la fin d’un de leurs morceaux était salué par des « Anda ! » et des « ollé ! » d’enthousiasme, scandés parfois par le crépitement d’un browning dont quelque cow-boy mélomane déchargeait en l’air les six coups, en guise d’applaudissement.
Très rapidement, ils devinrent populaires sur toute la frontière de l’État du Texas. Parfois même, ils franchissaient le rio del Norte pour aller jouer dans quelque hacienda du Mexique, mais, en général, ils restaient fidèles à la rive américaine.
Au début, ils jouaient d’une façon quelconque, mais leur sens de la musique s’affina, se perfectionna. Aux airs les plus rebattus ils ajoutaient une broderie d’originales fioritures, même ils improvisaient. L’âme sauvage et délicate de cette fruste population salua en eux ses artistes.
Quand un propriétaire de ranch mariait un de ses enfants, célébrait la vente avantageuse d’un lot de chevaux ou donnait une fête quelconque, Rio Blas et Guasco étaient appelés. À table on les mettait à la place d’honneur, on les gardait tant qu’il leur plaisait de rester et on ne les renvoyait jamais que les poches bien garnies.
Ce soir-là, ils revenaient de chez le señor Velasco, un ranchero, propriétaire d’un troupeau de cinquante mille têtes, un des plus riches de la région, chez lequel ils avaient passé trois jours.
Cheminant paisiblement au clair de lune, ils regagnaient la petite ville de Presidio distante d’environ quatre milles. On leur avait offert de les reconduire dans un car, ils avaient préféré faire la route à pied, en suivant les rails d’une voie de chemin de fer qui ne servait qu’une fois ou deux chaque mois au transport des chevaux.
Leurs instruments en bandoulière, de solides bâtons en main, les deux aveugles marchaient allégrement, tout joyeux d’une vingtaine de dollars qu’ils devaient à la munificence du señor Velasco. L’atmosphère était d’une exquise douceur, la brise rafraîchie par la rosée était parfumée par l’odeur puissante des térébinthes. Le silence de cette belle nuit n’était troublé que par le bruissement des insectes et le mugissement mélancolique des immenses troupeaux errant en liberté dans la pampa.
De temps en temps, Rio Blas faisait sonner de son bâton l’acier des rails et s’assurait ainsi qu’il était toujours dans la bonne route.
Brusquement, et, pour ainsi dire, d’un même mouvement, les deux aveugles s’arrêtèrent et tendirent l’oreille.
— Tu entends – murmura Rio Blas en se penchant vers le sol – il y a certainement un grand troupeau de chevaux à peu de distance de nous.
— Tu es sûr que ce sont des chevaux, répondit Guasco.
— Impossible de s’y tromper ! Écoute toi-même. Les bœufs ne frappent pas la terre de cette façon.
— D’où peuvent-ils venir ?
— Sans nul doute du ranch de Stebbing l’Américain et on les conduit à Presidio pour les embarquer à destination de la Nouvelle-Orléans.
— Alors – s’écria Guasco avec inquiétude – nous sommes sur leur chemin et ce n’est pas rassurant.
Les deux aveugles savaient par expérience ce qu’est le passage de deux ou trois mille animaux à peu près sauvages que chassent devant eux des cowboys armés de lazzos. Rien ne résiste à une pareille trombe. Le moins qui pût arriver aux pauvres musiciens était d’être foulés aux pieds et d’avoir la poitrine défoncée à coups de sabots.
Quelques minutes s’écoulèrent. Le bruit se rapprochait avec une rapidité inquiétante. La terre durcie par le soleil résonnait au loin sous le sabot des mustangs comme à l’approche de quelque cataclysme.
— Gagnons un des bois qui se trouvent sur la gauche, proposa Rio Blas. Nous nous mettrons à l’abri derrière les troncs d’arbres. Là nous serons en sûreté ; mais il faut nous hâter ; le troupeau est maintenant à moins d’un mille.
Sans répondre Guasco prit le bras de son compagnon et tous deux se mirent à courir du côté où ils entendaient le murmure des feuillages agités par la brise, mais ce ne fut qu’au bout d’une demi-heure d’une course folle qu’ils atteignirent les premiers arbres du bois, un bois composé de ces cèdres et de ces térébinthes qui couvrent encore une partie de la Géorgie, de la Floride et du Texas. Abrités par les vastes troncs, ils reprirent haleine.
Le troupeau de chevaux passa à une faible distance d’eux avec le bruit d’un ouragan puis, petit à petit, la campagne rentra dans le silence.
— Nous l’avons échappé belle, murmura Guasco, en s’épongeant le front.
— Il s’agit maintenant, grommela Rio Blas, de retrouver notre chemin.
— Ce sera facile. Tout à l’heure nous avons marché contre le vent.
— En es-tu bien sûr ? Il me semble à moi, au contraire, que nous avons marché dans le sens de la brise.
Après une courte discussion, les deux aveugles se remirent en route, mais au bout d’une centaine de pas ils trouvèrent un autre bois. Ils revinrent en arrière, marchèrent pendant un quart d’heure en terrain découvert, puis de nouveau se heurtèrent à des touffes de palmiers nains qui leur indiquaient les approches d’une forêt.
— Nous sommes égarés, déclara tristement Guasco.
— C’est malheureusement vrai, murmura Rio Blas. Essayons encore. Nous ne devons pourtant pas être très loin de la voie du chemin de fer.
En cela il se trompait. Dans leur fuite précipitée, son compagnon et lui s’étaient éloignés des rails de plus d’un demi-mille et dans leurs vaines tentatives pour retrouver leur chemin ils s’étaient avancés de plus en plus vers le sud-ouest dans une contrée très boisée où il n’existait pas de sentier frayé. Ils auraient passé gaiement leur nuit à la belle étoile, ce qui leur était advenu maintes fois au cours de leur existence aventureuse, mais ils commençaient à se sentir fatigués ; en outre on les attendait le lendemain aux noces de la fille d’un ranchero et ils commençaient à craindre de ne pouvoir y arriver en temps voulu.
S’encourageant mutuellement, ils se mirent à marcher à l’aventure, comptant toujours sur un heureux hasard. Ils étaient revenus vingt fois sur leur propre piste : ils n’avaient plus la moindre notion de l’endroit où ils pouvaient se trouver.
— Je suis accablé de fatigue, déclara Rio Blas. Il m’est impossible d’aller plus loin !
— Il me semble entendre l’aboiement d’un chien pas très loin d’ici. Je vais aller à la découverte.
— Ne m’abandonne pas, s’écria Rio Blas en se cramponnant désespérément au bras de son camarade. Ne nous séparons pas ! sans quoi nous ne pourrions plus nous retrouver.
Guasco se rendit à ces raisons et tous deux se dirigèrent lentement du côté d’où partaient les aboiements. Ils sentaient maintenant sous leurs pieds le sol d’un sentier battu ou d’une route et l’espoir leur était revenu. Leur découragement s’était envolé comme par magie.
Ils se trouvèrent bientôt devant une muraille de planches qui était celle d’une maison. En tâtonnant ils en firent le tour jusqu’à ce qu’ils eussent découvert une porte. Alors ils se mirent à frapper dedans à coups de pied et à coups de poings. Personne ne leur répondit. La maison pourtant était habitée, car ils distinguèrent une voix d’homme mêlée aux aboiements du chien.
Ils continuèrent à cogner de toutes leurs forces en faisant un infernal vacarme. Cette insistance eut un résultat auquel ils ne s’attendaient guère. Une petite fenêtre s’ouvrit brusquement au-dessus de leurs têtes, cinq ou six coups de revolver éclatèrent dans le silence de la nuit et des balles sifflèrent aux oreilles des malchanceux aveugles. En même temps une voix d’homme criait avec colère, en anglais.
— Passez votre chemin, coquins, il n’y a rien à voler ici.
Puis la fenêtre se referma.
Les aveugles avaient eu grand-peur.
— On nous prend pour des bandits, fit tristement Guasco, il ne nous reste plus qu’à nous en aller.
— Ce n’est pas mon avis, dit Rio Blas qui était d’un caractère très opiniâtre. Nous avons un moyen de nous faire reconnaître pour d’honnêtes gens. Nous sommes estimés et aimés dans toute la région. Je suis sûr que quand le propriétaire de cette maison saura à qui il a affaire, il s’empressera d’ouvrir.
— Mais quelle est ton idée ?
— Nous allons tout simplement exécuter un de nos airs les plus en vogue. Tu verras que ce moyen est infaillible.
— Essayons toujours !
Les deux musiciens saisirent leurs guitares et se mirent à jouer avec toute la virtuosité dont ils étaient capables la célèbre habanera mexicaine Sous les jasmins en fleurs.
Rio Blas ne s’était pas trompé. Au bout de quelques minutes les aboiements du chien se turent, la porte s’ouvrit toute grande et une voix bourrue, mais cordiale, invita les deux aveugles à pénétrer dans l’intérieur de la maison.
— Il fallait dire que c’était vous ; j’aurais ouvert tout de suite ! fit l’homme.
— Nous avons bien essayé – répliqua Guasco – mais vous avez commencé par nous tirer dessus.
— Dame ! à cette heure-ci, vous savez, et dans un endroit aussi désert, il est bon de prendre l’offensive sans attendre d’avoir reçu une balle dans la peau.
— Excusez-nous, mais nous nous sommes égarés en revenant de l’hacienda du Señor Velasco. Sommes-nous loin de Presidio ?
— Vous en êtes à moins d’un mille.
Cette réponse surprit beaucoup les aveugles, qui se figuraient être au moins à trois milles de la ville. Finalement, ils se réjouirent de s’être ainsi rapprochés de leur but sans s’en douter. De cette façon ils pourraient être revenus à Presidio encore assez à temps pour se rendre à la noce où ils étaient attendus. Cependant leur hôte se montrait maintenant aussi plein de prévenances, qu’il avait été tout d’abord peu accueillant. Il ouvrit en leur honneur une boîte de corned-beef et leur versa à chacun un gobelet de cette brutale eau-de-vie de canne à sucre, la caña, dont malgré l’interdiction de l’alcool, le débit n’a nullement diminué sur la frontière du Texas.
Ragaillardis par ce lunch, les aveugles déclarèrent d’une même voix que leur fatigue avait disparu et qu’ils étaient prêts à se remettre en route.
— Puisque vous vous rendez à Presidio, dit alors leur hôte mystérieux, vous pouvez me rendre un grand service, service que je rétribuerai d’ailleurs généreusement.
Les aveugles protestèrent de leur dévouement et de leur bonne volonté.
— Voici de quoi il s’agit, expliqua l’homme. Un de mes cousins vient d’avoir les côtes enfoncées d’un coup de pied de cheval. Il faudrait m’aider à le transporter jusqu’à l’hôpital de Presidio. Un mille est bientôt fait et je vous donnerai à chacun cinq dollars.
Les aveugles eurent un moment d’hésitation, puis la cordialité de leur hôte, l’offre alléchante de cinq dollars, les décidèrent.
— C’est entendu, dit Guasco. Avez-vous au moins ce qu’il faut ?
— J’ai une civière, dont vous prendrez chacun l’un des bouts.
— Vous pourrez sans doute – observa Rio Blas – relayer de temps en temps l’un ou l’autre de nous deux.
— Malheureusement non, j’ai eu moi-même le bras cassé le mois dernier et je ne puis encore m’en servir, mais je viendrai avec vous, en cas de mauvaise rencontre. Voulez-vous que je vous donne tout de suite les cinq dollars ?
— Vous pourrez aussi bien nous les donner quand nous serons arrivés.
— Non ! je vais vous les donner maintenant.
Et il mit dans la main de chacun des aveugles cinq belles pièces d’argent. Rio Blas et Guasco qui avaient craint un moment qu’on ne leur donnât une bank-note dont il leur aurait été difficile de contrôler la valeur – la fausse monnaie est très répandue au Texas – furent tout à fait gagnés par les façons de leur hôte.
Après avoir absorbé une dernière rasade de caña, ils saisirent chacun les deux poignées du brancard et l’on se mit en chemin assez lentement, car le blessé était lourd.
L’homme cependant les encourageait de toutes les façons. Il leur promit même deux dollars de supplément quand on serait arrivés à Presidio.
— Vous ne savez pas quel important service vous me rendez, leur répétait-il. Sans vous, mon cousin aurait peut-être succombé, faute de soins, tandis que bien soigné à l’hôpital, il s’en tirera.
On franchit sans incident la distance d’un demi-mille, mais alors le pas cadencé de plusieurs chevaux se fit entendre à une faible distance. Ils avançaient assez lentement.
— Rien qu’au rythme de leur pas, déclara Guasco qui marchait en avant, je devine que chaque cheval a son cavalier.
— Ce sont – sans nul doute – les « Rangers », dit Rio Blas.
— Très probablement, balbutia l’inconnu, je vais en avant leur dire un mot…
Et l’homme s’éloigna précipitamment.
Les « Rangers » constituent un corps de police montée que l’on ne trouve guère que sur la frontière mexicaine. Dans ce pays où pullulent les bandits de tout genre – assassins, voleurs de bestiaux, faux monnayeurs – les Rangers rendent d’inappréciables services ; choisis parmi les cowboys les plus robustes et les plus lestes, pourvus d’excellents chevaux, et généralement commandés par quelque vieux coureur de prairie, promu au rang de capitaine, ils se transportent avec la rapidité de l’éclair à l’endroit où l’on a besoin d’eux. Il est rare qu’un malfaiteur leur échappe ; pour l’atteindre ils feront parfois cinquante milles sans débrider. D’ailleurs leurs procédés sont expéditifs : si l’homme qu’ils doivent arrêter ne lève pas les mains assez promptement au cri de : Hands up ! il tombe percé de plusieurs balles avant d’avoir eu le temps de parlementer.
Dans tout le Texas, les Rangers sont redoutés et respectés.
Le capitaine de la troupe qui s’avançait à la rencontre des deux aveugles était un certain Burton, dont la perspicacité aussi bien que la farouche énergie étaient légendaires.
À la lueur éblouissante du clair de lune, il avait, de très loin, reconnu les deux aveugles guitaristes, qu’il avait en grande estime, mais il avait été fort surpris de voir l’homme qui les accompagnait se perdre dans le sous-bois sitôt qu’il avait pu reconnaître la police montée.
— Voilà qui est bizarre, fit-il en sifflotant. Puis il faut que je voie ce qu’il y a sur cette civière qui paraît si lourde. Est-ce que nos braves aveugles feraient la contrebande ?
« Halte, vous autres », commanda-t-il à ses hommes.
D’un bond, il avait sauté à terre.
— Bonsoir, Guasco, dit-il d’un ton plein de cordialité. Bonsoir Rio Blas. Où diable allez-vous à pareille heure ?
— À Presidio, capitaine, répondit ingénument Rio Blas.
— Mais vous y tournez le dos ! Vous en êtes à près de quatre milles et vous marchez droit vers le Rio del Norte !
— Alors on s’est moqué de nous ! s’écria Guasco avec amertume.
— Qui cela, on ?
— L’homme qui était avec nous et qui nous a priés de porter son cousin jusqu’à l’hôpital. Il est parti il n’y a qu’un instant pour vous parler.
— Personne n’est venu me parler. J’ai vu seulement un homme qui fuyait à travers le bois.
Les aveugles demeuraient muets de surprise, consternés et furieux qu’on eût ainsi abusé de leur bonne foi. Le capitaine Burton était très intrigué.
— Il faut que cette histoire s’éclaircisse, déclara-t-il rudement. Et d’abord voyons !
— Misérables ! s’écria-t-il dans le premier élan de la surprise et de la colère, mais c’est un cadavre que vous portez ! Vous alliez sans doute le jeter dans le Rio del Norte qui coule à cent pas d’ici !
— Santa Maria ! bégaya Guasco d’une voix étranglée, peut-on nous accuser d’un crime pareil, nous qui sommes aussi innocents que l’enfant qui vient de naître !…
Il y avait tant de sincère indignation dans l’accent du pauvre aveugle que le capitaine Burton hésita.
— Nous verrons cela, grommela-t-il, vous avez peut-être été, sans le savoir, les complices d’un assassin…
Le capitaine des Rangers s’était de nouveau baissé vers le cadavre, mais presqu’aussitôt il se releva en donnant tous les signes d’une surprise arrivée au paroxysme le plus aigu.
— Carajo ! s’exclama-t-il, aussi vrai que je m’appelle William Burton, ce cadavre est celui de Gérard Perquin, le sous-directeur de la Mexican Mining Bank, l’auteur du vol de deux millions de dollars commis il y a quelques heures à peine !
Tumultueusement, les Rangers avaient sauté en bas de leurs montures ; sans la moindre hésitation, ils identifièrent Gérard Perquin que tout le monde connaissait à Presidio. Quant aux aveugles, ils étaient atterrés, tellement émus qu’ils étaient incapables de prononcer une parole.
Les policiers de leur côté, étaient presqu’aussi stupéfaits de la tournure incompréhensible et extraordinaire que présentait cette aventure. Tous pendant une longue minute demeurèrent silencieux, en proie à une secrète inquiétude.
— Voyons d’abord si Perquin est bien mort, dit tout à coup le capitaine Burton.
— Il vit encore, fit-il après un rapide examen, mais il n’en vaut guère mieux. Il a une balle derrière l’oreille.
— S’il pouvait parler, balbutia Guasco, il dirait que nous sommes innocents.
— Je crains fort qu’il ne reprenne pas connaissance, fit Burton, avec une blessure de ce genre, je ne lui donne pas trois heures à vivre.
— Alors c’est nous qui serons accusés ? demanda Rio Blas avec angoisse.
— Je ne dis pas cela, mais je suis cependant obligé de vous emmener en prison.
Les deux aveugles étaient dans un tel état de prostration et d’épouvante qu’ils ne trouvèrent rien à répondre. On les fit monter en croupe de deux Rangers ; le blessé fut placé dans une charrette qu’un cavalier était allé chercher, à franc-étrier, à l’hacienda la plus proche, et le détachement tout entier reprit aussi vite que possible le chemin de la ville de Presidio.
Auparavant une battue avait été rapidement effectuée dans les bois avoisinants, mais on n’avait retrouvé aucune trace du mystérieux assassin, qui après avoir tué le sous-directeur de la banque – sans doute pour lui arracher le produit du vol – avait si ingénieusement utilisé comme complices les deux aveugles que le hasard lui avait envoyés.
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