‹ Les Carbonari de l’amourChapitre 16 sur 24 · I. La Nounou · 16

I. La Nounou · 16

Louis semblait mort tant il était pâle. Joséphine, fière de son triomphe, se penche sur lui et couvre son visage de baisers de feu. Instinctivement la main du jeune homme disparaît sous les jupons de la vierge. Au lieu de le repousser, Joséphine s’élargit comme pour donner plus de facilité à la main audacieuse qui l’outrage : — « Louis !… Louis !… murmure-t-elle, est-ce ainsi que tu respectes la pudeur de ta cousine ? » Au contact des appas féminins livrés pour la première fois à ses caresses, Louis se sent revivifier ; sa verge s’agite, se gonfle, se dresse, heurtant les doigts curieux de Joséphine déjà à demi-pâmée sous les doigts agiles de son amoureux…

Joséphine. — Mon ami ! mon doux ami !… Que me fais-tu ? méchant !… Oh ! que c’est doux, Louis. Cette main… comme elle est effrontée ! comme elle me fouille toute… Aïe ! Louis, je meurs de honte.

Louis. — Que tes petits cheveux sont fins, ma bien-aimée. Tu as un conin d’enfant. Quelle différence avec un conin de femme ! Sens-tu, mignonne ? Je cherche l’ouverture… et j’ai peine à la trouver. C’est à peine si tu es fendue.

Joséphine. — C’est en vain que je voudrais résister. C’en est fait de ma vertu. Je le sens bien ! Oh ! je brûle ; Louis, mon ami, mon amant, je meurs de plaisir.

Louis. — Oui, ma belle ; oui, tu vas mourir de volupté, mais pour renaître plus amoureuse et plus ardente… Laisse-moi faire… ne t’agite pas si fort…

Joséphine. — Mon amour ! je ne me connais plus ; tu m’embrases toute. Viens, tiens, je me donne à toi !… Prends-moi, Louis ; fais de moi à ta fantaisie… fais-moi tienne, toute tienne ! je brûle.

Louis. — Comme tu es étroite, Joséphine ! Je ne puis plus entrer… C’est trop mignon !

Joséphine. — Essaye, essayons ensemble ; veux-tu, mon amour ? Mets-le, tout ! Force donc l’entrée, méchant que tu es ! je brûle de désirs. Oh !

Louis. — J’ai envie de voir tes seins que je n’ai encore pu que toucher à peine.

Joséphine. — Les voilà nus sous tes yeux ; regarde à ton aise, mon amour. Aïe, tu me les mords… Tu les suces… Comme tu m’irrites ! Finis, Louis, je t’en supplie, ou je vais devenir folle…

Louis. — Ma chérie, ma toute belle, mon adorée… je veux…

Joséphine. — Que veux-tu, Louis ?… Dis-moi ce que tu veux, mon ange.

Louis. — Je veux, ma mignonnette, te voir en chemise ?… Laisse-moi faire.

Joséphine. — Tu es mon roi, tu es mon Dieu, Louis, fais ce que tu veux de moi. Es-tu content de me voir ainsi en chemise ? Mais tu me la soulèves, coquin. Comme tu me regardes ! Oh ! Louis, cesse de me regarder avec ces yeux brillants, il me semble qu’ils me déshabillent encore, et pourtant je suis toute nue.

Louis. — Que tu es belle ainsi, cousinette ; quels frais appas, quelles blanches et fermes rondeurs, quels adorables contours ! Tu es belle, belle à rendre fou ; quelles ondulations gracieuses, quelle ravissante nudité !

Joséphine. — Toi aussi, mon amant ; toi aussi, mon roi, tu es beau !

Louis. — Aimerais-tu, Joséphine, de me voir, tout nu devant toi ?

Joséphine. — Oui !… Oh ! non !… non, je n’ose pas. Que fais-tu, Louis ? À quoi songes-tu, de te déshabiller ? Fi ! le vilain !… Que veux-tu ?…

Louis. — Je veux, mon idole, te montrer les beautés mâles de mon corps amoureux de toi. Je veux irriter tes ardeurs par la vue de ma chaude nudité ; je veux que tu me voies tout nu, comme ceci… Viens, regarde !

Joséphine. — Que tu es beau, mon ange, mon prince, ma vie… Oui, presse-moi dans tes bras, contre ton corps nu… Je t’aime, je t’aime, Louis !

Louis. — Je t’adore, Joséphine. Oh ! maintenant tu es bien à moi, n’est-ce pas ? Rien ne te ravira à mes amoureux transports ! À moi ! toute à moi !

Joséphine. — Oh ! oui, toute… toute à toi ! Il me semble rêver ! est-ce possible, mon ami ? N’est-ce pas un songe ? Jouissance divine !… Viens, Louis, mon roi, mon sauveur, mon Dieu !… c’est ma virginité que tu désires ? c’est mon innocence que tu veux ?… Prends-la ! mon amour ; viens, Louis, prends-le ce pucelage que je t’offre… toi seul es digne de le cueillir… je l’abandonne, prends-le ! tu as allumé en moi un volcan ; la bave bouillonne, fais-la jaillir ! Viole-moi, Louis ! Viole-moi !

Sous le coup de fouet de cette luxurieuse provocation, Louis s’élance sur la jeune fille et, toute troussée, la renverse brutalement sur le sopha : Joséphine transportée de désirs, ouvre instinctivement les cuisses.

L’œil collé aux ouvertures traîtresses de la porte, Éveline et Nounou se pressent la main dans un transport lascif : — Vite, vite ! balbutie Nounou… cette fois il est temps ! Marquise, chère Marquise, regagnez à la hâte votre chambre ! moi je vais surprendre nos deux tourtereaux, et, après les avoir grondés, je leur offrirai mon lit pour s’y ébattre en toute liberté, sans se douter que vous les regardez faire de votre lit.

Pendant que la Marquise obéit au lubrique conseil de Nounou, la scène d’amour se corse : Louis, d’une main savante, parcourt les frisettes de la vierge, et bientôt, deux doigts expérimentés écartent les grandes lèvres du bijou naïf. La jeune fille frissonne et saisit brusquement le membre viril de son ami. Une effluve de volupté les entoure. Les deux sexes vont se confondre, Joséphine se porte en avant… impatiente…

Tout à coup la porte s’ouvre ! Louis pousse un cri ! Joséphine se cache la figure dans les mains. Nounou, brusquement entrée, feint de s’arrêter stupéfaite devant le spectacle qui frappe ses regards : — Oh ! Monsieur le Vicomte ! Dans quel état faut-il que je vous surprenne, que je vous voie !… Moi qui avais pour votre honnêteté le plus profond respect. Et vous, Joséphine ! Vous, mon enfant… Est-ce donc là le résultat de mes conseils vertueux, des leçons de votre chaste maman, de la pieuse éducation que vous avez reçue au couvent ?… Fi ! Mademoiselle, comme vous voilà ! Quelle honte pour vous ! quelle honte pour votre pauvre Nounou qui vous aimait tant !… Quel coup pour votre vertueuse maman qui mourra de douleur en apprenant votre conduite.

Louis. — De grâce, Mademoiselle Justine, ne nous perdez pas : oh ! soyez indulgente !… Ce n’est pas pour moi que je vous supplie, c’est pour cette innocente et adorable enfant que j’ai entraînée au mal. C’est moi seul qui suis coupable, ce n’est donc pas elle qui doit être punie. Soyez miséricordieuse, chère demoiselle Justine. Vous êtes trop belle, trop gracieuse, trop séduisante, pour ne pas avoir été aimée et adorée vous aussi… Oui, Justine, vous avez aimé vous-même, j’en suis sûr ! Au nom de vos plus belles, de vos plus chères amours, pardonnez à notre égarement passager.

Joséphine. — Pitié, pitié, ma Nounou chérie ; toi qui sais combien je t’aime, au nom de la honte que j’éprouve, pitié !… Ne me perds pas !

Nounou. — Ah ! Joséphine, qui eût supposé une pareille conduite ? Qui vous eût soupçonnée ? Moi qui vous croyais la pureté même, un ange de candeur, l’innocence en personne !

Louis. — Elle est pure encore, mademoiselle Justine, je vous le jure ! aussi pure que l’enfant qui vient de naître !

Nounou. — À d’autres, mon ami. Je vous ai trop bien vus quand j’ai ouvert la porte.

Louis. — Je vous jure, sur l’honneur, que Joséphine est encore vierge.

Joséphine. — Oui, chère Nounou, je te le jure aussi ! Je suis vierge !

Nounou. — Friponne ! Vous auriez le front de me soutenir que vous êtes encore pucelle, alors que moi, j’ai vu de mes propres yeux, le membre de votre cousin à demi-enfoncé dans votre fente de fille ?…

Louis. — Vous l’avez vu, Justine ; et je ne veux pas le nier, cela n’empêche pas que ma chère Joséphine est encore vierge. Oui, quand vous nous avez surpris, il avait commencé à pénétrer ma bien-aimée, et certainement sans votre arrivée soudaine elle aurait, à cette heure, perdu ce qu’une fille, avec la meilleure volonté du monde, ne peut donner qu’une fois… Seulement je pénétrais avec beaucoup de difficulté. Elle est si étroite, si vous saviez ! La tête seule de mon affaire était dedans. Joséphine avait beau s’élargir, j’avais beau pousser de toutes mes forces… Voilà que vous ouvrez la porte avant que je sois au fond… Je vous le jure, ma chère Justine.

Justine. — Serait-ce vrai, ma pauvre enfant ? Est-il bien vrai que vous avez encore votre pucelage ?

Joséphine. — Je te le jure, ma bonne Nounou ; c’est la vérité ! Oh, je t’en supplie… pardonne, pardonne à ton enfant !

Louis. — Pardon, Mademoiselle Justine ; pardon !… Nous vous aimerons tant ?

Justine. — Les voilà qui pleurent, maintenant : Allons, mes enfants, séchez vos larmes. Si ce que vous avez fait est l’œuvre de l’amour, je n’ai pas le courage d’être sans pitié. Est-il vrai, Monsieur le Vicomte, que c’est l’amour seul qui vous a poussé à séduire ma fille ?

Louis. — Oh ! oui, c’est l’amour, l’amour seul ! Si vous saviez combien je l’aime, comme je l’adore… je donnerais pour elle ma vie avec joie !

Justine. — Et vous, ma fille, est-ce l’amour ou le libertinage qui vous a fait prêter l’oreille aux séductions de votre amant, et vous a jetée dans ses bras ?

Joséphine. — Comment peux-tu me poser une si affreuse question, Nounou ; douter de mon honnêteté !… Oui, je l’avoue, j’aime Louis. Je l’aime au point de mourir s’il me fallait renoncer à son amour, mais…

Justine. — Allons, mes enfants, je vois que j’ai commis une sottise d’intervenir si mal à propos, et surtout de vous gronder comme je l’ai fait. Il faut me pardonner, mes chéris. Je vois bien que le bon Dieu vous a créés tous deux l’un pour l’autre et pour l’amour. Continuez donc à vous aimer, mes chérubins. Que vous êtes beaux tous deux à l’état d’innocence ! Me pardonnez-vous ?… Ne m’en voulez-vous pas ?

Louis. — Aimable Justine !… Laissez-moi vous embrasser !

Joséphine. — Chère, chère Nounou !… Un baiser aussi à moi !

Justine. — Quels délicieux chérubins ! Je crois que j’en suis amoureuse. Je vais donc me retirer, mes beaux amours, à moins que vous ne preniez plaisir à m’avoir pour confidente de votre tendresse et à me rendre témoin des jolies caresses que j’ai interrompues si mal à propos ?

Joséphine. — Oh ! Justine, y songes-tu ? J’aurais trop de honte devant toi !

Louis. — Non ! tu n’éprouveras pas la moindre honte, mon amie. Le plus fort n’est-il pas fait ?… Justine n’a-t-elle pas vu mon membre dans ton joli petit conin ?… Moi je veux que ta charmante petit Nounou soit témoin de la première jouissance d’amour que nous goûterons aux bras l’un de l’autre. Allons, chérie, du courage… Place-toi bien ; comme tout à l’heure.

Joséphine. — Je n’ose pas, Louis !… Aïe !… Aïe !… Vois comme Justine nous regarde.

Justine. — Vous verrez, mes enfants, jusqu’où ira mon dévouement pour vous. Mais… j’y songe. Quelqu’un pourrait rentrer plus tôt que nous le supposons. Soyons prudents, mes petits anges, et allons vite dans ma chambre. Je me charge de vos vêtements… Vous, Vicomte, prenez ma fille dans vos bras, toute nue, et suivez-moi avec votre joli fardeau. Je porte tous vos vêtements, n’ayez crainte,

Louis a soulevé dans ses bras Joséphine qui lui enlace le cou de ses deux bras blancs. Justine, suivie des deux amants, se glisse rapidement dans sa chambre, tandis que la Marquise, allongée sur sa couche, les jupes retroussées, se chatouille en attendant avec une impatience fébrile, le ravissant spectacle auquel elle va assister invisible.

Justine. — Déposez sur le trône du plaisir votre charmant fardeau, Monsieur le Vicomte, tandis que je ferme la porte à clef, et que je tire la lourde portière qui intercepte tous les bruits. Vous pouvez, maintenant, pousser en toute sécurité vos cris de volupté et d’amour, personne ne peut vous entendre. Vous êtes ici chez vous mes anges, et puisque vous m’avez acceptée pour confidente de vos tendresses vous allez goûter ici, sous mes yeux, les divines voluptés. Vous, ma chère Joséphine, vous allez pour la première fois, sentir le frétillement d’un membre viril au fond de vos entrailles délirantes… Vous, cher Vicomte, vous allez arroser (permettez-moi le langage libre de l’amour), vous allez arroser de votre foutre écumant le plus délicieux pucelage qui se soit jamais blotti dans un conin de fille. Ayez confiance en moi, mes chéris, et ne vous inquiétez point des suites de vos baisers d’amour ; je me charge, moi, de toutes les précautions voulues… Car, il faut bien vous l’avouer, petits polissons, je n’ai ouvert la porte qu’après avoir écouté curieusement votre intéressante et libertine conversation.

Louis. — Oh ! oh !… mademoiselle Justine… Vous saviez donc, en entrant, que Joséphine n’était pas encore dépucelée ?

Justine. — Certes, je le savais… Mais ne fallait-il pas vous inquiéter pour gagner votre confiance, mes amis ? Surtout que je brûlais d’envie d’assister à la divine opération, pour vous aider de mes conseils et de mon expérience sur ce sujet.

Louis. — Vous êtes une franche coquine, Mademoiselle Nounou ; mais tant mieux !… Vous m’aiderez à éduquer ma jolie petite cousine ?

Justine. — De tout mon cœur, cher Vicomte, Allez-y carrément. Je veux que vous goûtiez et que vous fassiez goûter à ma mignonne la jouissance complète, longuement désirée, plus longuement savourée en plein conin.

Regardez-moi donc ces cuisses écartées, ce velouté de la peau, ces petits tétons si durs sous la main qui les presse. Tout cela est à vous, heureux coquin. Ces flancs d’albâtre, ces fesses satinées, cette toison d’ébène, ces lèvres de corail qui semblent sourire à vos désirs, et ce con d’enfant qui s’entr’ouvre sous mes doigts comme un bouton de rose à demi-éclos pour recevoir la douce rosée de l’amour. Vite, vite. Louis, Mademoiselle Joséphine mouille… Jésus Maria !…

Joséphine. — Aussi, vilaine, depuis que tu me chatouilles !…

Justine. — Dépêchez-vous, Vicomte ; profitez de ce que la serrure est mouillée… votre clef pénétrera avec plus d’aisance. Grimpez sur ma fille, à genoux sur le lit !… la pique en avant… Penchez-vous sur elle. Embrassez-la vivement, et laissez-moi saisir cette barre vivante que je veux moi-même introduire… Vous, ma chérie, élargissez vous bien… Écartez… écartez… les cuisses… Encore, mon enfant. Seigneur Dieu quel gros engin pour une si petite fente !…

Le Vicomte, heureux et fier, se démène avec frénésie sur la jeune vierge qui soupire et se plaint lascivement. Éveline contemple cette scène d’un regard enflammé et suit dans les contorsions de sa fille le degré de volupté qu’elle ressent avant d’engloutir l’organe viril.

Joséphine. — Tu me blesses… tu me fais mal, Louis !… oh que tu es cruel ! Tu vois bien que c’est trop gros.

Justine. — Courage, Joséphine, la tête de l’instrument est logée à moitié… Poussez donc Monsieur le Vicomte, poussez fort !… Oh… quelle ardeur !

Louis. — Aïe !… aïe !… c’est que… ça vient… ; je ne puis !… aïe !… je jouis !…

Justine. — Eh ! bien, en v’là une ! Monsieur le Vicomte qui fait… tout seul, sans se gêner… là, sous mes yeux !… le polisson !… Allons, ma chère Joséphine, suivez mon exemple ; je veux que vous jouissiez aussi ! Est-ce que je ne vous branle pas bien la motte avec cette pine mouillée ? Laissez-vous aller ma chérie, foutez, foutez… sans vous gêner… C’est si bon !…

Joséphine. — Tais-toi !… folle, tais-toi !… aïe ! maman !… quelle honte !…

Justine. — Qu’elle est jolie ! et comme son petit minet sort gentiment la langue… Regardez la donc jouer des fesses, bel amoureux. Et maintenant que vous voilà quittes, grands vauriens, nous allons continuer la grande œuvre… Holà ! comme la jouissance a dilaté cet amour de conin ! Vite, Monsieur le Vicomte, abaissez !… que je prenne votre affaire dans mes doigts… abaissez encore… ici… Allez ! poussez ferme !

Joséphine. — Ciel !… au secours ! maman !… Louis !… tu m’as toute déchirée !… ah !… ah !… ah !…

Justine. — Enfin, victoire !… Vous y voilà, cher Vicomte ?

Louis. — Oui, oui ! Chère Justine, j’y suis ! et que c’est bon ! Joséphine, mon ange, quelle volupté ! Tiens, tiens, j’y suis !

Joséphine. — Oh !… oui… méchant !… oh !… oh !… tu y es !…

Louis. — Mon amour, me sens-tu dans ton ventre, me sens-tu ?

Joséphine. — Vilain ! si je te sens… Tu me chatouilles d’une façon !… Tu m’exaspères tellement je te sens… Tu me brûles comme un fer rouge.

Louis. — Veux-tu, chérie, que je reste immobile, comme ceci… Le veux-tu ?

Joséphine. — Oh ! tu es insupportable ! non, chéri, remue, remue fort !… de toutes tes forces ! C’est si doux ! N’est-ce pas que c’est doux, mon bien-aimé ?

Louis. — Bien-aimée de mon cœur ! Ô Joséphine !…

Joséphine. — Mon Dieu !… maman !… que m’arrive-t-il ?…

Louis. — Ça va venir… je le sens venir… je t’assure que je le sens…

Joséphine. — Ô, mon ami !… mon doux ami !…

Louis. — Je le sens !… ô ma Joséphine adorée… ça vient !… ça vient !…

Joséphine. — Méchant que tu es !… attends !… oui, ça approche… ça vient. Comme je le sens !… mon amour… Et Justine qui me chatouille !

Louis. — Moi aussi… elle me chatouille partout… partout !

Joséphine. — Oh !… oh !… que… fais-tu ?… que fais-tu, mon ami ? aïe !…

Louis. — Chérie… mon ange !… ça y est ! Je fous, tiens, je fous !…

Joséphine. — Mon amour !… mon trésor !… mon roi !…

Justine. — Délicieux murmure d’une vierge qui se pâme pour la première fois sous les ardents baisers du mâle qui a réveillé ses désirs !

Louis. — Ma princesse !… ma déesse !… ma vie !…

Joséphine. — Mon doux ami, je n’éprouve plus la moindre honte ni la plus petite douleur. C’est un plaisir ineffable qui me chatouille et m’envahit. À chacune de tes secousses il me semble que je vais mourir de volupté. Mais je ne puis m’empêcher de rire en sentant sur moi les doigts de Nounou.

Justine. — Laissez-moi faire, moqueuse ; je veux aiguillonner vos délices…

Joséphine. — Que c’est bon, Louis ! Ah ! ah !… plus vite ! Redouble, chéri !…

Louis. — Modère-toi plutôt, ma petite reine ! Modère tes élans, mon amour, pas si vite, je t’en supplie : Filons-nous une douce et longue jouissance.

Justine. — Ah ! pour ceci, je le défends ! Vilain gourmand, qui voudrait se ménager ! Mais je n’entends pas de cette oreille, moi. Ah ! Monsieur le Vicomte, vous voudriez ménager ces jolis réservoirs de l’amour ? Eh ! bien, moi, je veux que le bijou de ma fille absorbe votre dernière goutte avant de vous amuser ensemble à filer à loisir la libertine quenouille de la volupté. Je vais vous aider, ma chère Joséphine. Vous, de votre côté, ne le ménagez pas, et secouez-le vigoureusement… Nous allons voir le temps qu’il pourra résister à nos efforts réunis…

Louis. — Aïe !… Joséphine, aïe !… Nounou !… Oh, si vous vous mettez deux… comment voulez-vous… que… je résiste ?…

Joséphine. — Oh ! chère Nounou… il coule, je le sens en moi ! oh ! comme ça coule chaud… Nounou, à mon secours !… Il me tue !…

Louis. — Heu ! heu !… Cette coquine de Justine m’a tellement chatouillé. Chère Joséphine, je n’ai pas pu me retenir… te voilà femme, mon amie, pardonne-moi !… Oh ! je crois que ça coule encore…

Justine. — Et vous, chère maîtresse, le ruisseau de Vénus est-il donc tari entre vos cuisses de jouvencelle ? Friponnette, vos yeux se voilent. Ça vient, n’est-ce pas ?… je le vois venir… Aidez-lui donc, grand paresseux ! Ne voyez-vous pas qu’elle fait tous ses efforts et qu’elle se crispe pour jouir ? Aidez-lui à se soulager… Poussez ! poussez vigoureusement !

Joséphine. — Oh ! oh ! Louis ; qu’est-ce que je sens ? heu !… heu !… ça y est ! Mon… ami… mon… doux ami !… Tu me fais mourir, méchant, je ne m’appartiens plus !… Viens… à toi… à toi !… oh ! Louis !

Justine. — La sentez-vous décharger, heureux coquin ?

Louis. — Oui, ma chère, le jet brûlant m’a enveloppé la queue comme un bouillon de lave. Que c’est bon ! Encore ! encore Joséphine !… Veux-tu ? Vois comme je joue bien du cul !… Et Justine qui me regarde !…

Justine. — Aussi, Monsieur le Vicomte, il n’est pas possible de faire aussi gentiment l’amour. Quelle agilité dans vos fesses, quelle agréable raideur dans vos grelots. Il n’est pas étonnant que Mademoiselle vous presse avec une ardeur… une passion !… Mais je veux, cette fois, que vous arriviez en même temps tous les deux. Je veux que vos deux organes s’étreignent dans la même jouissance ; que vos deux décharges n’en fassent qu’une, et que pas une goutte ne se dérobe au devoir amoureux. Pour cela, mes amis, modérez-vous… Vous allez trop vite ; vous, Vicomte, que vos coups de reins soient énergiques, un peu brusques, mais… espacés. Vous, Joséphine, cessez de vous agiter comme une torpille… restez immobile…

Joséphine. — Crois-tu donc, Nounou, que je suis maîtresse de mes mouvements et que je puisse rester immobile dans un pareil moment ?

Justine. — Je ne veux qu’augmenter votre bonheur, mon amie. Obéissez-moi et vous éprouverez la jouissance la plus folle que puisse procurer l’amour.

Joséphine. — Mais je ne puis pas m’agiter… tu le vois bien.

Justine. — Vous voyez pourtant que le Vicomte m’a obéi : voyez comme ses mouvements sont lents, espacés…

Joséphine. — Ils sont lents, c’est vrai ; mais d’une vigueur !…

Justine. — Ou, tout au moins, abstenez-vous des haut-le-cul ; et contentez-vous d’un léger mouvement de roulis… comme ceci, mignonne !

Joséphine. — Oh ! Nounou… Ce que j’éprouve… est encore plus lascif que tout à l’heure !… Aïe !… Je sens… ça vient !… je le sens venir !…

Louis. — Attends-moi, petite reine… attends-moi ! Partons ensemble !

Justine. — Hardi ! beau Vicomte… Allez-y !… Ah ! quelle ardeur ? quels élans ! Comme le lit craque et gémit !…

Joséphine et Louis. — Heu !… Heu !… j’expire !… je meurs !

Justine. — Enfin ! grâce à Dieu, voilà le train en gare… Messieurs les voyageurs pour Cythère ! Cinq minutes d’arrêt, buffet !

Deux heures entières s’écoulèrent dans ces tendres fureurs dont Justine redoublait à plaisir le libertinage, sachant bien qu’elle ne pouvait faire de plus grand plaisir à la vicieuse Éveline. Celle-ci, excitée au plus haut degré, fut plusieurs fois sur le point de venir surprendre le joli trio ; mais un reste de pudeur l’en empêcha, lorsque Justine, après avoir séparé de force les jeunes amants, vint retrouver sa chère maîtresse, elle la trouva dans un tel état d’exaltation érotique, qu’elle fut obligée, pour la calmer, de mettre en œuvre toutes les ressources des caresses lesbiennes les plus raffinées.

Pendant ce temps, Joséphine et Louis, qui n’avaient pas eu de peine à se rejoindre, s’égaraient dans les taillis les plus épais du parc pour y compléter l’éducation entreprise par Nounou, et se livrer à toutes les impulsions de leur curiosité juvénile mais déjà perverse.

Page 1