‹ Les Carbonari de l’amourChapitre 15 sur 24 · I. La Nounou · 15

I. La Nounou · 15

Joséphine. — Non ! non ! je ne veux pas. Laisse-moi, Louis !

Louis. — Si tu savais combien tu es jolie ce matin… De grâce, ma chérie, au nom de mon amour, aie pitié de moi. Joséphine, mon ange, permets-moi donc de faire ton bonheur et le mien.

Joséphine. — Mais laisse donc mes jupes en paix. Tu es insupportable avec ta manie de les soulever. Je t’ai dit que je ne voulais pas, mais là, pas du tout, de ces libertés. Eh ! bien, que ce soit fini !

Louis. — Oh ! mon ange adorée, ma petite chérie… si tu savais…

Joséphine. — Si je savais ?… Va, mon pauvre cousin, quoique je sois une petite fille, je sais bien des choses, et je sais surtout ce que toi tu voudrais, mauvais sujet… Oh ! encore ? À bas les pattes, monsieur, non, non, pas même les chevilles, c’est défendu, monsieur le polisson. Causons, si cela te plaît, tant que tu voudras, et… de tout ce que tu voudras, j’y consens. Ici, dans la chambre bleue, personne ne peut entendre notre conversation, profitons-en, mon ami. Ne suis-je pas encore trop bonne, après l’aveu que tu viens de me faire, cet aveu me couvre de honte ?

Louis. — Mais dis-moi, Joséphine, avoue ceci à ton petit cousin qui t’aime : tu l’as bien senti, hier soir, dans le jardin, quand tu me serrais contre toi, que je goûtais dans tes bras le bonheur suprême, un bonheur fou, délirant, qui m’a fait perdre connaissance ?

Joséphine. — Je t’assure, Louis, que je n’ai rien soupçonné de plus que ce que je voyais. Tu étais ému, troublé, tout rouge et palpitant…

Louis. — Toi aussi, cousine, tu étais troublée et palpitante. Conviens-en ?

Joséphine. — Tu me pressais si fort ! Ton émotion m’a émue malgré moi ; je me suis sentie presque défaillante… Qu’est-ce que cela signifie ?

Louis. — Cela signifie, ma chère âme, que nous nous aimons d’amour, puisque j’ai amoureusement joui quand nous nous sommes étroitement enlacés, et que, malgré tes protestations, tu as partagé mon délire.

Joséphine. — Oh ! c’est bien involontaire ce que j’ai éprouvé de si étrange.

Louis. — Pourquoi me faire ainsi de la peine, mon ange ? C’est donc involontairement que tu m’as pressé contre toi, cruelle ? Tu ne l’aimes donc pas, tu le détestes peut-être, ton petit cousin qui t’aime tant ?

Joséphine. — C’est toi qui es cruel, de me parler ainsi. Tu sais bien, Louis, que j’ai toujours eu de l’affection pour toi, et que toujours tu as été le petit ami de ta Joséphine !

Louis. — Pourquoi donc, ma chérie, ne veux-tu pas me rendre tout à fait heureux en m’avouant que, hier soir, tu as partagé mon amoureux plaisir ?

Joséphine. — Méchant ! tu veux donc me couvrir de honte ? ne vois-tu pas que je serais déshonorée par cet aveu que tu sollicites ? Une fille honnête ne convient jamais de chose pareille, Louis !

Louis. — Mais, folle que tu es, je l’ai bien senti, moi, quand tu jouissais.

Joséphine. — Pourquoi donc exiger de moi un aveu qui révolte ma pudeur ? Ôte-donc, ôte ta main de là… Dieu, que tu es insupportable !

Louis. — Que ces baisers sont doux, qu’ils sont délicieux, Joséphine ! Ah, si tu voulais… Eh ! bien, chérie, je me contenterai de te demander un simple tour de valse, ici, en tête à tête… comme hier soir, veux-tu ?

Joséphine. — Valser sans musique ? non Louis ; tu attendras le prochain bal, mon ami ; nous risquerions trop de ne pas garder la mesure, tous deux.

Louis. — Je te suis donc odieux, Joséphine ! me torturer ainsi, toi pour qui je donnerais ma vie avec bonheur, toi qui es mon tout sur cette terre. Tu ne m’aimes donc pas, tu ne m’as jamais aimé ! Ce n’était donc pas vrai ce que je lisais de tendresse dans tes beaux yeux noirs ? Ils mentaient donc, ces baisers d’amour que tu me laissais cueillir sur tes lèvres roses ? Il était donc simulé, ce spasme divin dans lequel tu te laissas tomber mourante et pâmée sur mon sein ! Oh ! je pleurerais.

Joséphine. — Mais que veux-tu donc, Louis ? Après l’aveu de mon affection pour toi, que veux-tu, qu’exiges-tu encore de ta petite Joséphine ?

Louis. — Ce que je veux, mon idole ? C’est que tu m’avoues que cette suave volupté que nous avons goûtée ensemble a été aussi divine pour toi qu’elle l’a été pour moi, et que tu brûles des mêmes feux dont tu as embrasé tout mon être. Joséphine, toute la nuit, vois-tu, j’ai rêvé de toi, et mes mains impatientes étaient trop lentes au gré de mon ardeur.

Joséphine. — Mon pauvre petit chéri ; tu l’aimes donc bien passionnément ta cousinette, pour oser lui faire une pareille confidence et exiger d’elle un semblable aveu ? Bien sûr, Louis, que je ne devrais t’obéir ; je sens que je commets une faute grave, mais je t’aime, mon ami, et je ne veux pas t’attrister davantage. Oui, je t’aime ! autant, peut-être plus que tu m’aimes… Je suis follement amoureuse de toi mon beau cousin, et puisque tu l’exiges, cet aveu qui me déshonore, ma passion foule au pieds ma pudeur virginale. Oui, Louis, cette jouissance imprévue, cette extase folle dont je rougis encore devant toi, fut pour moi un ravissement céleste. Oui, toute la nuit ton image chérie a flotté devant mes yeux au gré de mon imagination enivrée… Je ne veux pas, Louis, je ne puis pas, mon amour, t’en dire davantage.

Louis. — Enfin !… suprême bonheur… âme de ma vie… Ah ! ne les dérobe pas à mes baisers, ces boutons de rose que je sens raidir ! Mon amour, mon âme, ma vie !… ne retarde plus mon bonheur et le tien, Joséphine.

Joséphine. — Aie pitié de moi, mon bien-aimé. Aïe !… où vas-tu ?… où vont tes baisers de feu ?… Épargne-moi ! Vois, je suis sans force contre toi, mon amour ! Ce n’est pas le désir qui me manque de te livrer tout mon être, de m’abandonner tout entière et sans réserve à tes brûlantes caresses… Même en te résistant j’éprouve des chatouillements intolérables… Aïe ! aïe ! ta langue qui m’aiguillonne encore !

J’ai peur, Louis, j’ai peur. Laisse-moi. Tu me fais mourir, Que j’ai peur !…

Louis. — Peur ?… Et de quoi, petite folle ? Regarde, mon amie, ce petit oiseau que je mets dans ta main. Vois comme il est coquet. Est-ce de ce bijou que tu as peur ? Je suis sûr que non, car tu le regardes et tu le presses avec trop de complaisance… N’est-ce pas qu’il est gentil ?

Joséphine. — C’est le premier que je vois. Qu’il est joli !

Louis. — Méchante, pourquoi le lâcher ? Il était si bien dans ta main ! Eh ! bien, chérie, n’auras-tu pas le même courage que moi… et ce bijou que mes lèvres viennent de caresser, cet adorable bijou que j’aiguillonnais tout à l’heure à coups de langue, ne consentiras-tu pas à le livrer sans voiles à mes amoureux regards ?

Joséphine. — Non, non, Louis, c’est déjà trop que tu l’aies touché des doigts et de la langue, et c’est beaucoup de trop pour une honnête fille, que de regarder ce que je vois là, se dresser entre tes jambes.

Louis. — Pourquoi, ma toute belle ? Ce n’est donc pas joli, ce que tu vois ?…

Joséphine. — C’est si joli, mon ami, que je ne l’ai lâché qu’à regret. Oh ! que c’est séduisant !… Ça donne envie de l’attraper le petit oiseau.

Louis. — Attrape-le, touche-le ma jolie Joséphine, touche tant qu’il te plaira ! Aurais-tu honte ?…

Joséphine. — Non, mon ami, ce n’est plus de la honte ; tu en as triomphé, je n’en éprouve plus devant toi ; mais j’ai peur qu’à force de te toucher et de te caresser si librement… mes désirs s’irritent comme hier soir.

Louis. — La belle affaire ! je me charge, moi, de les calmer, et de la bonne façon ! Souviens-toi comme nous les avons calmés, là-bas, au jardin. Ce ne sera pas plus difficile aujourd’hui que la nuit passée ?

Joséphine. — Pardon, mon ami, ce serait impossible ; car nous n’avons pas aujourd’hui la ressource du dodo pour y aller chercher l’apaisement.

Louis. — Cet apaisement, rien ne nous empêche, mon amie de le trouver ici sur ce large canapé : Je te prêterai ma main, tu me livreras la tienne.

Joséphine. — Y songes-tu ? Le remède serait pire que le mal… Vois dans quel état t’a mis le simple contact de ma main. Et moi aussi je me sens dans le même état. Je ne veux plus que tu me touches.

Louis. — Dans ce cas, ma chérie, pardonne-moi, mais j’ai trop envie ; je vais me secouer…

Joséphine. — Tu es fou, Louis !… Quoi, là, sous mes yeux…

Louis. — Vois, Joséphine, regarde-moi faire, ma petite amie… C’est ainsi que les garçons s’amusent. Vois-tu comme je le secoue, le polisson ?

Joséphine. — Malgré moi, je me sens émue. Quelles voluptueuses saccades et quel joli va-et-vient ! Oh, que n’es-tu là, ma tendre Marcelle !

Louis. — Tu supposes donc que ça lui ferait plaisir, à cette jeune fille, de me voir faire ce que je fais ? Ça l’amuserait ?

Joséphine. — Bien sûr que ça l’amuserait, elle qui n’a jamais vu que des filles s’amuser à ce jeu !

Louis. — Et toi, ma chérie, tu t’amusais ainsi avec elle ?

Joséphine. — Tu le devines bien. Mais ce que Marcelle aimait plus que tout, c’était de voir une autre élève s’amuser toute seule sous ses yeux.

Louis. — Te forçait-elle, toi aussi, à lui offrir ce joli spectacle ?

Joséphine. — Souvent, mon ami ; et nous étions si intimes que je ne pouvais refuser.

Louis. — Oh ! Joséphine ! dis-moi comment elle te forçait de faire ?

Joséphine. — Elle m’obligeait à me toucher moi-même avec les doigts, devant elle.

Louis. — Et tout en te regardant chatouiller ta monichette, je suis bien sûre que la coquine finissait plus d’une fois par se chatouiller elle-même ?

Joséphine. — Pas toujours ; elle prétendait mieux jouir en me voyant jouir, mais souvent au milieu de nos folies, elle me disait ; « Que n’es-tu un garçon, Joséphine ! » — Pourquoi ? demandais-je innocemment. — Pour te sucer les couillettes et le bout de ta quéquette ! Cela me faisait rire, mais tu ne saurais croire combien ces paroles hâtaient mon plaisir.

Louis. — Prends-moi la quéquette, Joséphine… Là… dans ta petite main blanche. Et après ?… Que faisait cette polissonne de Marcelle ?… Serre-moi mignonne.

Joséphine. — J’ai peur de te faire mal… Comme ça remue dans mes doigts !… Après, quand j’avais fini… la passion de Marcelle était de me boire.

Louis. — Marcelle te suçait donc, avec ses lèvres, la fente rose ?

Joséphine. — Le dehors et le dedans, et avec une ardeur… si tu avais vu !…

Louis. — Et toi, ma mie, ne lui rendais-tu pas ses douces caresses ?

Joséphine. — J’aurais été bien ingrate ! Et puis, vois-tu, elle est si jolie !

Louis. — Serre-moi, Joséphine ; presse plus fort ! n’aie pas peur de me faire mal, mon amour. Et Marcelle déchargeait-elle bien, en jouissant ?

Joséphine. — Oh ! la coquine ; elle avait des saccades qui lui secouaient tout le corps.

Louis. — Elle ne se gênait pas, devant toi ? tu la voyais éjaculer ?…

Joséphine. — Pourquoi se serait-elle gênée devant moi ? Oui je la voyais éjaculer, comme tu dis. Elle lançait son jet très loin… Mais mon ami, est-ce qu’en t’agitant tu ne risques pas de m’éjaculer dans les doigts ?

Louis. — Joséphine, de grâce, montre-moi ce que te montrait Marcelle ! Ce ravissant bijou rose… laisse que mes yeux le voient… entre tes adorables cuisses de vierge !… Oh ! Dieu, permets, Joséphine, permets que je le touche !

Joséphine. — Encore mes jupes ! L’insupportable garçon ! Je ne veux pas. N’est-ce donc pas assez que tu aies triomphé de ma pudeur au point de me faire caresser, ce que je tiens dans ma main ? Tu mériterais que…

Louis. — Cruelle ! cruelle Joséphine ! me lâcher la queue au moment où j’allais… Pitié, pitié pour mon amour ! De grâce, achève-moi…

Joséphine. — Non ! non, Louis, je n’en ai pas le courage… Mais je veux être aussi gentille que possible, sans rien risquer de toi… Assieds-toi là, vis-à-vis, sur ce canapé… Tu seras très bien placé pour me regarder en te remuant toi-même le petit oiseau… Je consens, mon ami quoi qu’il en coûte à ma pudeur, je consens à te regarder faire…

Louis. — Oh ! mon amour… si tu savais ce que c’est bon !… Tu pâlis ? tu rougis aussi, Joséphine ?… N’as-tu pas envie, toi aussi ?… Joséphine… Que tu es jolie, ainsi émue !… ah !… ah !… que c’est bon de se branler ainsi devant une adorable fille !… Joséphine… au nom de Dieu… partage mes plaisirs… Branle-toi aussi… branle-toi, Joséphine !…

Joséphine. — Tu le veux, Louis ?… Tu l’exiges ?…

Louis. — Je t’en supplie, ma petite adorée… Et, s’il le faut, je te l’ordonne.

Joséphine. — Méchant !… Que ta volonté s’accomplisse.

Et glissant pudiquement une main sous ses jupes, la charmante pucelle se met en train, sous les yeux émoustillés de Louis. Celui-ci, étalant toutes les prérogatives de son sexe, s’amuse du bout des doigts. Pâle de désirs, dévorant de ses regards étonnés le membre viril dressé dans sa juvénile raideur, la fille d’Éveline sent approcher la crise délicieuse, sans se douter que, par le trou de la serrure, sa maman se délecte à suivre du regard tous les détails de cet enfantillage, offrant de temps en temps la place à la curieuse Nounou, dont sa main lascive a mis au pillage les appas brûlants. Louis se secoue avec fureur… ses regards dévorent toutes les beautés secrètes de Joséphine… Soudain, sa main se crispe, immobile, il pousse un râle profond et trois jets consécutifs lancent au milieu du salon les preuves de sa virilité. À cette vue, Joséphine perd toute pudeur ; elle se retrousse brusquement jusqu’au nombril, et, dans un voluptueux soupir, porte sa moniche en avant. La décharge part, intense, convulsive, et le lait de la vierge vient tomber sur le tapis, à côté du sperme viril. Par une étrange coïncidence, Nounou, exaspérée depuis quelques minutes par les titillations de sa maîtresse, pousse un profond soupir et, toute crispée, décharge dans la blanche main de la Marquise.

Revenus à eux, Joséphine et Louis éprouvent une indicible confusion, et restent longtemps immobiles sans oser se regarder.

— Qu’avons-nous fait, Louis ?… murmura enfin la jeune fille, en rabattant ses jupes, et effaçant à petits coups les plis de sa robe.

Encore sous le coup de fouet énervant de la crispation, Louis, roulé sur le tapis, contemplait de près la virginale liqueur lancée par l’organe exaspéré de la jeune fille.

— « Voilà donc, dit-il, les germes brûlants de l’existence humaine ; voilà la source de la vie ».

— Est-ce bien vrai, Louis ? Est-ce là ce qui produit un enfant ?

Louis. — Oui, mon ange, c’est du mélange de ces deux liqueurs que sont nés tous les hommes, mais il faut, tu le devines, que ce mélange s’opère dans le sein de la femme.

Joséphine. — Mais ce mélange fécond, comment s’opère-t-il, mon ami ?

Louis. — C’est bien simple : l’homme introduit son membre dans le bijou de la femme, et en même temps qu’il lui darde sa liqueur au fond du ventre, il empêche la liqueur de la femme de s’échapper…

Joséphine. — Tu crois donc, Louis, que pour te procréer, il a fallu que ton père introduisît son membre viril dans le ventre de ta maman ?

Louis. — Sans cette opération préliminaire, je n’aurais jamais vu le jour.

Joséphine. — Que c’est drôle ! quelle étrange chose… Dis-moi, t’en souviens-tu ?

Louis. — Pas plus que tu ne te souviens toi-même, petite cousine chérie, de l’étreinte voluptueuse et passionnée dans laquelle ta maman se sentit imprégnée jusqu’aux entrailles du suc viril que lui distillait joyeusement entre les cuisses la queue frétillante de ton papa.

Joséphine. — Qui sait si papa, en ce moment, pensait à moi ?

Louis. — Oh ! que non pas. Il avait trop à faire de caresser les ravissants appas de sa belle Éveline. Il ne songeait qu’à jouir.

Joséphine. — Que j’aimerais de savoir si papa et maman étaient tout nus pour faire l’amour ensemble.

Louis. — C’est très probable, mon adorée. Ta maman doit être si jolie toute nue. Elle est si gracieuse ! Et puis, chérie, pour se coucher on se déshabille… Nue à nu, rien n’empêche les mains de parcourir, dans tous les sens, le corps avide de brûlantes et lascives caresses.

Joséphine. — Cela me paraît si étrange de penser que maman et papa se mettaient tout nus pour se caresser amoureusement !

Louis. — Ne t’est-il jamais arrivé de les épier ?… n’as-tu jamais rien surpris ?

Joséphine. — Cela m’intriguait toujours quand ils s’enfermaient dans leur chambre, souvent avec Justine. Un jour il s’en fallut de bien peu que je ne satisfisse ma curiosité. J’entrai brusquement dans la chambre de maman : je la vis très distinctement étendue sur le dos, toute rouge, les jambes découvertes jusqu’au ventre. Justine, agenouillée tout près d’elle, la recouvrit immédiatement, tandis que papa me tournait le dos avec obstination. Nounou m’expliqua que le docteur avait ordonné des sangsues pour maman, et que papa allait lui placer la première quand j’étais entrée. Comme j’avais peur des sangsues, je m’enfuis aussitôt. Mais aujourd’hui, je sais quelle sangsue papa s’apprêtait à placer entre les cuisses de maman… Et pourtant, mon cher Louis, maman n’est pas devenue enceinte ? je n’ai pas eu de petit frère.

Louis. — C’est que tous les coups ne portent pas, mon amour. Qui sait combien de nuits ton papa s’est escrimé sur ta maman pour confectionner le gracieux bébé, qui devait devenir ma sémillante Joséphine !

Joséphine. — Que me dis-tu ? que tous les coups ne portent pas ?…

Louis. — Tu n’ignores pas, chérie, ce que c’est qu’un coup. Chaque fois que ton papa a introduit sa queue dans l’ouverture naturelle que porte ta maman au bas du ventre, et y a déchargé sa semence de mâle, il a tiré un coup. Tirer un coup est la jouissance la plus vive que l’on puisse goûter sur la terre. Toutes les pensées, toutes les aspirations, tous les rêves des amoureux ne tendent qu’à ce but. Dieu n’a créé la femme que pour recevoir le membre viril, et n’a créé l’homme que pour tirer des coups avec la femme, en lui infusant sa liqueur sexuelle jusqu’aux derniers replis de la pudeur. Le but du Créateur a été d’assurer ainsi la conservation de l’espèce humaine, qui finirait bientôt par disparaître si un invincible attrait ne poussait les deux sexes au coït. — C’est le nom que l’on donne à l’union amoureuse. — Seulement, Joséphine, la liqueur de l’homme n’est pas toujours d’humeur prolifique, puis la nature sexuelle de la femme n’est pas constamment disposée à recevoir la fécondation, soit par suite de sa conformation, soit pour des irrégularités dans les écoulements mensuels. Enfin, il arrive trop souvent que les amoureux, désireux de faire durer leurs plaisirs, retardent volontairement la conception. Pour cela, ma chère, il suffit de certaines précautions…

Joséphine. — Comme tu m’expliques bien tout cela, mon ami, c’est un plaisir de t’écouter. Mais ces précautions ?… dis-les moi, petit cousin.

Louis. — Oh ! c’est bien simple ! Et cela n’empêche pas les amants de goûter d’ineffables plaisirs. Ils peuvent, grâce à ces précautions, se prodiguer sans crainte les plus brûlantes caresses, se livrer l’un à l’autre dans un absolu abandon, soit en chemise, soit tout nus…

Joséphine. — Tu me fais rougir !… Moi, quand je me marierai et que mon mari voudra… ce que tu sais… je ne consentirai jamais à quitter ma chemise.

Louis. — Ton mari te la quittera bien de force, petite peureuse, et tes caresses n’en seront que plus ardentes. Je voudrais te montrer deux amoureux tout nus. Ils se dévorent l’un l’autre de baisers depuis la tête jusqu’aux pieds, sans oublier la plus petite place sur le corps ; ils se pressent, ils se crispent, ils se tordent… les plaisirs de l’un redoublent les transports amoureux de son partenaire.

Joséphine. — Cela, je n’ai aucune peine à le croire, petit cousin.

Louis. — Qu’est-ce qui te le fait croire si facilement, ma toute belle ?

Joséphine. — Ce que tu m’as fait éprouver toi-même, Louis. Va, j’ai bien compris hier soir au jardin, que mon plaisir redoublait d’intensité quand j’ai senti, à tes ardentes pressions que tu jouissais aussi. Et, tout à l’heure encore, là, sur le fauteuil… Ce qui m’as fait commettre si vite la sottise, c’est quand je t’ai vu succomber à la volupté.

Louis. — Délicieuse enfant ! que ne donnerais-je pas pour t’éprouver, là !…

Joséphine. — Parle-moi encore des précautions que prennent les amants prudents.

Louis. — Où donc en étais-je ? Ah ! j’y suis ; je te parlais des préludes, des caresses préparatoires, je te montrais les amoureux se pressant, se tordant… N’est-ce pas, Joséphine, qu’il te semble les voir ; ils s’étreignent, ils se repoussent, ils s’enlacent ; puis ils se séparent pour mieux se contempler l’un l’autre et s’enlacer à nouveau le plus étroitement possible, frôlant chair contre chair…

Joséphine. — Aïe !… je t’en prie, Louis, ôte donc ta main de là ! Tes paroles ne m’excitent que trop… que c’est joli ce que tu me dis !…

Louis. — Chair contre chair ; leurs deux corps vont n’en faire qu’un tellement ils se serrent… L’organe mâle, gonflé de désirs, multiplie ses attouchements, les mains de l’amour fouillent tous les appas secrets de la belle énamourée… Celle-ci, sentant s’ébattre contre elle le petit oiseau galant, le taquine du bout des doigts comme pour l’attirer plus vite vers l’étroite ouverture de la cage qui brûle de l’emprisonner…

Joséphine. — Et puis ?… Dis-moi ce qu’ils font après, Louis ?…

Louis. — Ce qu’ils font, petite curieuse ? Tu l’as déjà deviné. Ils tombent affolés aux bras l’un de l’autre… la brûlante amoureuse ouvre largement les cuisses… le galant, qui l’a longuement caressée, la contemple avec ardeur, mais bientôt ses désirs surexcités demandent un doux soulagement. Il se poste sur sa compagne ventre contre ventre, lui enlaçant les reins, lui tapotant les fesses ou les tétons… puis, lèvres contre lèvres, en une délicieuse lutte de langues lascives, il dirige l’oiseau sémillant vers l’entrée de sa cache satinée… Alors, dans un baiser de feu, il force brusquement le passage et pénètre profondément sa bien-aimée, et ce sont des soubresauts convulsifs, des soupirs ardents et des râles de volupté.

Joséphine. — Oh ! Louis, tais-toi ; c’est trop doux !… j’ai une honte !…

Louis. — Où loge-t-elle ta honte, dis Joséphine ?… Permets que je la chatouille.

Joséphine. — Laisse… laisse-moi, mon bien-aimé… laisse-donc, ou je vais me mettre en colère… Continue, mon ami, ce que tu m’expliques si bien.

Louis. — Étroitement unis, nos amants savourent par tous les pores les plus délirantes sensations… ils ne s’appartiennent plus… ils vont mourir…

Mais le galant est prudent. Il veut avant tout sauvegarder l’honneur de sa jeune amie ; ou bien, si la chose se passe entre époux, il ne veut pas encore engrosser sa chère petite femme ; et, alors…

Joséphine. — Ne me fais pas languir ainsi. Dis vite ce qu’ils font.

Louis. — Au moment où l’homme sent monter en bouillons ardents la lave du plaisir suprême, au moment où, dans un dernier effort, son organe va lancer dans le sein de la vierge le jet brûlant et lascif, il se dérobe brusquement à la chaude étreinte du bijou féminin et éjacule avec rage dans le duvet soyeux ou sur le ventre satiné de son heureuse amie. Parfois celle-ci, compatissante au sacrifice de son amant, lui saisit la verge au sortir du vagin, et de ses doigts mignons la presse bien tendrement contre le satin de son ventre, et offre ainsi à la pauvrette un bijou artificiel, un conin factice, dans lequel l’amant éperdu goûte, sans danger pour sa compagne, la plénitude de la volupté.

Joséphine. — Sans danger, dis-tu ; mais cela est-il bien sûr ?

Louis. — Absolument sûr, mignonne. Jamais femme ou fille n’a été rendue grosse de cette façon. Et pourtant, chaque jour, chaque nuit, il y en a qui font avec bonheur cette douce expérience.

Joséphine. — Cependant, mon ami, les grandes nous disaient, au couvent, qu’il suffit que la verge de l’homme touche le ventre d’une femme pour la rendre enceinte. Marcelle me l’a juré bien des fois.

Louis. — Cette coquine de Marcelle craignait que si tu goûtais une fois les caresses d’un joli garçon, tu trouverais les siennes fades. Elle t’effrayait exprès.

Joséphine. — Pourtant, Louis, toutes les grandes disaient comme Marcelle.

Louis. — C’est que peut-être chaque grande avait une petite amie qu’elle tenait à conserver pour ses amoureux plaisirs ? N’est-il pas vrai, ma chère cousinette, que chaque grande avait sa petite bonne amie ?

Joséphine. — Ta supposition est juste, mon ami, nous étions toutes accouplées.

Louis. — Et je suis certain que les grandes devaient être jalouses de leurs compagnes ?

Joséphine. — Très jalouses ! au point de ne les jamais souffrir en tête à tête avec une autre… Accorde-moi un instant, Louis ; je vais revenir.

Louis. — Veux-tu que je t’accompagne, mon ange ?

Joséphine. — Non ! non ; attends-moi ; je vais être là à l’instant.

Louis. — Je devine bien ce que tu vas faire. Veux-tu que je vienne monter la garde ?…

Joséphine. — Tais-toi, polisson, et attends-ici

Cette dispute comique donna aux deux spectatrices le temps de s’éclipser dans une pièce voisine, pendant que Joséphine allait dans sa petite chambre faire pipi, loin des regards indiscrets. Éveline était si surexcitée par tout ce qu’elle venait de voir et d’entendre, que Nounou dût la branler à la hâte. Lorsque Joséphine revint auprès de Louis, Éveline était en train de se soulager avec vigueur.

Louis. — Enfin ! te voilà, chère mignonne. Je veux te faire un baiser dans le cou, un autre dans les yeux… oh ! que c’est bon !… Tu as fait, dis ?…

Joséphine. — Tu es indiscret ? Reprenons notre conversation de tout à l’heure.

Louis. — Tu me disais que les grandes, au couvent, étaient jalouses de leurs petites amies. Dis-moi si Marcelle était jalouse de toi ?

Joséphine. — Elle était d’une jalousie terrible et qui m’effrayait.

Louis. — Peut-être avait-elle des soupçons sur ta fidélité ?

Joséphine. — Plus que des soupçons, mon cher ; je puis bien t’en faire ici la confession. Un jour elle me surprit avec Angélique, une adorable fillette de mon âge qui avait voulu, avec une insistance si passionnée, que je n’aurais pu lui refuser sans cruauté, certaines petites privautés que tu devines…

Louis. — Et cette gêneuse de Marcelle vous surprit en besogne ?

Joséphine. — J’en ris encore ! Elle nous surprit au bon moment. Notre désordre était à son comble. Il t’aurait fallu voir la rage de Marcelle, ma peur et la confusion d’Angélique. Celle-ci se mit à pleurer. Elle était mignonne au possible. Marcelle s’en aperçut et, prise d’une fantaisie subite, elle voulut comparer nos jambes. Très satisfaite de la tournure que prenaient les évènements, je séchai les larmes d’Angélique et je la découvris, en me découvrant moi-même. Marcelle put à loisir mesurer le haut de nos jambes étalées de la plus indécente façon… Il me semble encore la voir mesurer et remesurer les cuisses d’Angélique.

Louis. — Coquine ! Comme tes paroles respirent la volupté !… Continue !…

Joséphine. — Après s’être suffisamment excitée à ce jeu, Marcelle renversa ma petite compagne, et la força à être heureuse trois fois de suite sous des coups de langue dont je connaissais bien la douceur. J’ajoutai moi-même aux plaisirs de Marcelle en lui rendant très consciencieusement les caresses qu’elle prodiguait à Angélique.

Louis. — Heureuse Marcelle ! devait-elle jouir d’avoir à sa disposition deux fillettes si jolies et si complaisantes ? Comme elle devait te caresser !

Joséphine. — Elle ne m’épargnait guère, il est vrai, quand l’occasion se présentait.

Louis. — Et avec la jolie Angélique, avez-vous dû en faire des sottises ?

Joséphine. — De toutes les façons et aussi souvent que nous le pouvions. Tantôt Angélique était mon petit mari, tantôt ma petite femme, et je me laissais traiter ou bien je la traitais en conséquence.

Louis. — Marcelle est-elle bien fournie de frisettes ?

Joséphine. — Encore plus que moi ! Et d’un noir, d’un frisé !… Angélique, au contraire, avait des petites boucles frisottantes…

Louis. — Alors, mon amie, elle ne devait pas satisfaire tes ardeurs ?…

Joséphine. — Quelle erreur, mon ami. Il t’eût fallu assister à nos badinages quand nous étions seules, quand Angélique m’enfourchait et que nos corps se collaient étroitement l’un à l’autre… Oh ! Louis, cache ce membre… il aurait fait peur à Angélique, tellement il est gros !

Louis. — Pauvre Angélique ! Elle s’agitait après t’avoir enfourchée cuisses contre cuisses, moniche contre moniche ?

Joséphine. — Nous nous agitions ensemble, et nous ne consentions à nous séparer que brisées de fatigues et… dans un état !… Halte-là ! Louis ; non, non, laisse-moi… oh ! que tu es… où vas-tu mon ami ?

Louis. — Aïe ! polissonne !… Je ne me trompais pas. Tu as joui en me parlant d’Angélique… c’est en vain que tu le nieras ; j’ai plein les doigts de ta liqueur. Aussi, vois… comme je suis raide ! Oh ! petite coquine, si je vous avais surprises, Angélique et toi ?

Joséphine. — Je doute fort qu’en ce moment nous eussions pu résister à un joli garçon comme toi. Oh ! Louis… Cesse donc de me branler. Aïe ! comme tu enfonces ton doigt !… Tu me fais mal !

Louis. — Prends ma queue dans ta main ; prends-là, mon idole !

Joséphine. — Quelle belle queue !… qu’elle est grosse ! mon chéri, comme tu t’agites !… Oh ! je ne veux pas ! je te défends de décharger dans mes doigts… Quel beau membre !… Louis mon cher Louis, en voyant son joli museau rose, j’ai une folle envie de lui faire un baiser de nourrice.

Et, sans attendre la réponse de son amant, les lèvres amoureuses de la jeune pucelle engloutissent avec fureur la virilité triomphante de l’éphèbe qui s’allonge lascivement sur le sopha. C’est en vain qu’il se tord et qu’il se crispe sous le libertinage déjà savant de deux menottes impudiques qui le fouillent jusque dans le fondement. — Les lèvres de Joséphine se sont refermées sur l’organe englouti, lui donnant un doux collier d’amour. De la langue et des dents, la timide jouvencelle harcèle si gloutonnement le membre viril, que le Vicomte au comble de la confusion et de la volupté, se sent fondre dans un spasme délirant. — Comme une chatte gourmande qui savoure une tasse de lait sucré, la belle absorbe, sans en perdre une goutte, la liqueur brûlante de son amoureux compagnon et ne consent à lâcher le membre convulsé que lorsqu’elle le sent entre ses lèvres dans un état de flaccidité absolue.

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