‹ Les Carbonari de l’amourChapitre 18 sur 24 · II. L’Épine blanche · 01

II. L’Épine blanche · 01

L’initiation de Joséphine s’étant accomplie — à l’heure de la sieste, c’est ce qui explique la facilité avec laquelle le fait avait pu se produire sans attirer l’attention des invités. Car sous le prétexte commode de la sieste, plus d’un couple amoureux avait réussi à se blottir sous les mêmes courtines : Au lieu de dormir, la rieuse Nathalia jouait dans son lit avec le vicomte Alfred qui la défiait d’avoir la peau plus blanche que lui. — Dans le dortoir des mandolinistes, le beau Léonce, avec le marquis Olivier, se livraient à tout le laisser aller d’un effréné dévergondage, ne quittant Fiorella que pour s’emparer de Nina, ne lâchant la brune Tsilla que pour happer au passage les charmes nus de Nitza. Quant aux deux guitaristes, Gabrielle d’Haricourt les avait invités à venir goûter dans sa chambre les charmes de l’hospitalité la plus écossaise. Malheureusement pour elle, l’imprudente baronne n’avait pas tiré le verrou ; ce qui permit à Éveline et Louis, de surprendre l’amoureuse Gabrielle au moment où Abel, en vrai costume d’Highlander, se livrait sur elle à une gymnastique des plus significatives. Ouvrir la porte, la refermer sans mot dire, se coucher auprès de la jolie Baronne, les jupes haut troussées, et ouvrir bras et jambes à l’étreinte de Calvi, fut pour Éveline l’affaire d’un clin d’œil. Fiers d’exploiter deux nobles dames, nos jeunes héros se plurent à les outrager de la façon la plus lubrique, et les abreuvèrent d’impudicités, jusqu’au moment où Nounou vint interrompre la fête joyeuse, pour annoncer à Éveline l’arrivée de la comtesse Olympe d’Aunac. La Marquise se hâta de réparer le désordre de sa toilette pour aller recevoir sa cousine qu’elle trouva au salon en tête-à-tête avec le comte d’Ermenonville.

Éveline exprima à Olympe la joie qu’elle éprouvait à la revoir, et la conduisit aussitôt dans la chambre qui lui était destinée, et qui n’était séparée, de l’appartement du beau Léonce, que par une porte condamnée par deux verrous respectifs. Vous devinez bien, chères lectrices, que les deux verrous ne furent qu’un faible obstacle aux désirs des deux amants : sur la prière pressante du Comte, la belle Olympe fit glisser la tige protectrice, et se trouva aussitôt, toute émue et un peu honteuse, dans les bras de son amant ; celui-ci, dans un élan passionné emporta la comtesse dans son lit, et là, en la dévorant de baisers et de caresses, la dépouilla un à un de tous ses vêtements. Alors, ivre de désirs devant les beautés de son amoureuse, Léonce, déshabillé d’un tour de main, bondit sur son amie, la caresse, lui sourit, la taquine, la chatouille, l’excite et la pénètre enfin dans un accès de délire érotique.

Avec l’assentiment de Nounou, Louis passa la nuit dans la chambre de Joséphine, d’où il ne sortit, le lendemain matin, que pour seller et brider son cheval pour se rendre à la Cerisaie en cachette.

Éveline ne fut que médiocrement étonnée lorsque, au sortir de son appartement, elle apprit de Nounou que le lit du Comte n’avait pas été défait de la nuit, mais qu’en revanche celui de la comtesse Olympe était, dans un tel désordre, qu’il n’y restait pas même un pouce de drap pour voiler l’impudique sommeil des deux amants enlacés. Nounou ayant exprimé à la Marquise sa surprise de la voir levée de si bonne heure : « C’est que, ma fille, moi j’ai été très sage cette nuit. Et puis, j’attends mes chers pupilles qui vont arriver ce matin.

Justine. — Eh ! quoi ; Étienne et Robert, déjà en Vacances ?

Éveline. — Ils les devancent de quelques jours. Il paraît qu’ils ont fait là-bas quelque sottise qui empêche qu’on les garde plus longtemps au séminaire, les pauvres petits. Écoute, du reste, la lettre du supérieur :

« Vous savez aussi bien que moi combien la chair est faible. Vos deux charmants pupilles, Étienne et Robert, en font l’expérience à leurs dépens. Ils ont été surpris, par le Grand Vicaire Inspecteur, qui a exigé leur renvoi immédiat. Il n’y a qu’à s’incliner, Madame et chère sœur en Christ, devant les ordres d’en haut. Je vous prie de rendre la paix à ces deux pauvres cœurs froissés. Les enfantillages qui leur sont reprochés, ne leur font rien perdre de mon estime.

Recevez, etc., etc. ».

Justine. — Quels enfantillages coupables ont-ils bien pu commettre, ces mignons chérubins ? Faut-il que ce Grand Vicaire soit bête et méchant !…

Éveline. — Ils ne peuvent tarder à arriver, nous apprendrons par eux ce qu’ils ont fait de si immoral… À ce propos, Nounou, où en sommes-nous avec la vertu de cette délicieuse fillette que tu m’as promis de catéchiser ?

Justine. — Vous avez donc bien envie de lui voir sauter le pas ?

Éveline. — C’est si joli de voir une jeune et jolie pucelle se transformer si rapidement sous nos doigts en chaude et libertine jouisseuse !

Justine. — Et la petite Emma est : 1 pucelle ; 2 très jeune ; 3 très jolie. Eh ! bien, chère maîtresse, ayez bon espoir : Mademoiselle Emma Gelin m’a pardonné l’espèce de violence que je lui fis avant hier dans le parc. Elle ne m’en veut plus de l’avoir fouettée comme une petite enfant et d’avoir, dans l’ardeur de la flagellation, introduit mon doigt dans son innocence. Tout à l’heure, en sortant de chez le Comte, je suis entrée par curiosité dans la chambre d’Emma : Elle a rougi, mais en souriant, quand je lui ai longuement baisé les paupières. Vous eussiez dit qu’elle s’attendait à un nouvel assaut, elle n’a pas caché ses deux petits tétons presque entièrement découverts. Ma main s’est posée par mégarde sur sa cuisse, dont la chaleur m’a pénétrée aussitôt. Emma n’a pas bougé. Ses regards plongeaient dans les miens comme ceux d’une jeune mariée le matin de sa nuit de noces…

Éveline. — Et alors, friponne, tu as pris en pitié cette délicieuse et craintive enfant.

Justine. — Non, j’ai attisé le feu en lui murmurant à l’oreille combien je la trouvais jolie, et quelle intense jouissance j’éprouverais à la mettre nue… Ma main avait remonté le long de la cuisse jusqu’à un certain obstacle, au contact duquel l’innocente petite s’est tordue comme anguille. Sa petite poitrine était dans une terrible agitation. Moi, je brûlais. Et ma foi, vous m’avez appelée… pardonnez-moi, bien mal à propos !

Éveline. — C’est donc moi qui retarde le bonheur d’Emma ? Cours, Nounou, cours satisfaire les tendres désirs de cette belle… Donne à ses sens surexcités les ivresses de la lutte et puis le calme légitime. Va !… si j’ai besoin de toi, je vous appellerai toutes deux.

Justine. — J’y vole ! Et Madame la Marquise peut compter sur mon zèle.

Éveline restée seule s’avance sur la terrasse qui sépare le château des grandes allées du parc. Elle sourit à la pensée de ce qui va se passer dans la chambrette d’Emma. Puis sa pensée retourne aux jeunes pupilles qu’elle affectionne particulièrement.

« Ces chers enfants, murmurait-elle, ces pauvres innocents ! À quelle tentation ont-ils cédé ?… Sans doute aux suggestions des premières effluves de la puberté… Oh ! le réveil du sexe !… Je me rappelle l’effet que produisit dans tout mon être le premier… attouchement, presque involontaire…

Mais !… non, je ne me trompe pas !… il arrive deux jeunes gens !… Ce sont eux. Ils marchent lentement, la tête baissée comme des coupables. Les voici ; ils approchent… Prenons un air sévère :

— Eh ! quoi, Robert !… Et vous, Étienne !… La voilà, la récompense des soins que j’ai pris pour vous ! Renvoyés du séminaire ! Quelle honte ! Mais quel crime avez-vous donc commis, malheureux enfants !

Robert. — Chère, chère maman, vous nous voyez humiliés et désespérés, ne nous accablez pas !

Étienne. — Il paraît que nous sommes bien coupables, petite mère chérie ; mais nous sommes si malheureux !

La Marquise. — Pauvres petits ! les voilà qui pleurent maintenant. Non ! non, je ne le veux pas. Séchez ces larmes. Votre désespoir m’émeut malgré moi. Déposez ces bagages dans le vestibule : il fait beau ce matin ; venez avec moi faire un tour de parc ; il faut que je sache le motif exact pour lequel on a pris à votre égard une mesure si sévère.

Les jeunes gens ont obéi avec empressement à l’ordre d’Éveline. Au détour d’une allée cachée à tous les regards, ils tombent à genoux aux pieds de la Marquise toujours digne et froide.

« Petite Mère ! Maman ! oh ! maman chérie ; pardon, pardon ! »

La Marquise. — Encore faut-il, pour vous pardonner, que je connaisse votre crime ? Voyons, Robert, mon ami, dites-moi ce que vous avez fait ?

Robert. — C’est que… à vous… je n’ose pas. Maman ! maman !

La Marquise. — Alors, Étienne, à toi de me renseigner. C’est donc bien affreux, que vous n’osiez pas même l’avouer à votre petite mère ?

Étienne. — Puisque vous l’exigez chère maman, je vais tout vous dire : Ne suivant pas les mêmes cours il y avait deux jours que je n’avais vu Robert, lorsque, jeudi matin, me rendant aux cabinets, le hasard a fait que j’ai rencontré mon ami qui s’y rendait aussi. Nous nous sommes embrassés, et nous avons pénétré ensemble dans le petit local. À peine y étions-nous entrés, que l’inspecteur Vicaire, pénétrant à son tour, nous surprenait à nous embrasser encore : cela l’a mis dans une colère, maman, oh, quelle colère !

La Marquise. — Dis-moi tout : Ne faisiez-vous que vous embrasser ? Aviez-vous fini ce que vous alliez faire aux cabinets ?

Étienne. — Nous n’avions pas tout à fait fini : nous finissions…

La Marquise. — Je dois tout savoir, mon ami : vous finissiez ? le gros… le petit ?…

Étienne. — Le tout petit, maman : Moi, je faisais faire à Robert, et lui, me rendait le même service ; comme font les nourrices aux petits enfants qu’elles aiment… Et nous nous aimons tant, Robert et moi !

La Marquise. — Je présume que c’est là une marque de tendre affection. Mais je ne comprends pas bien comment vous pouviez faire ? Mes enfants ! Pour juger de la légitimité des reproches qui vous sont adressés ; il faut que je sache comment vous étiez placés. Nous voici dans une allée bien solitaire ; voyons, mes amis, faites comme si je n’étais pas là, et placez-vous comme vous étiez quand l’inspecteur vous a surpris.

Étienne. — Approche-toi, Robert ; il faut obéir. Voici, petite mère chérie, comment Robert me tenait la taille, du bras gauche, et moi la sienne du bras droit… comme ceci… Vous voyez, maman, comme nous nous baisons facilement dans cette position ?

La Marquise. — Oui, mes chéris, mais… de l’autre main ?… Allons, montrez-moi comment vous faisiez, bien exactement ; faites… de la même façon.

Robert. — Vous l’exigez donc, maman ?

Étienne. — Eh ! oui, elle le veut ! Allons, prends-moi ! Viens… voici mon affaire… Mais donne-moi donc la tienne !… maman le veut.

Robert. — C’est que… il m’est impossible, Étienne, de faire pipi…

La Marquise. — Ce sont là des idées, mon enfant. Vois Étienne qui te donne l’exemple : Vois comme son jet va loin !

Robert. — Ah ! ah ! moi aussi, à présent… Voyez !

La Marquise. — Par ma foi, je ne vois rien là que de fort innocent. Restez ainsi, mes amis ; que vous êtes mignons, dans cette jolie posture ! Vrai, je ne puis comprendre le Vicaire Inspecteur !…

Étienne. — Il faut tout vous dire, petite mère : Le Vicaire a sorti, lui aussi, son affaire, et a abaissé les pantalons de Robert par derrière, sans doute avec l’intention de s’amuser avec lui. Mais Robert qui savait que cela me ferait beaucoup de peine, n’a pas voulu s’y prêter, et c’est cela qui, en frustrant les envies de l’inspecteur, l’a si fort irrité contre nous.

La Marquise. — C’est un vilain, ce monsieur là ! Mais, je devine, mes amis, que si vous êtes ainsi jaloux l’un de l’autre, vous devez vous aimer beaucoup et par suite, vous amuser ensemble ?

Robert. — Étienne est si aimable, chère maman !

Étienne. — Et Robert ! Comment ne pas l’aimer chère maman !

La Marquise. — Mais… pour vous amuser ensemble, comment faites-vous !

Étienne. — Nous nous pressons, nous nous baisons, nous nous caressons partout…

La Marquise. — Et cette chose que serrent vos doigts, qu’en faites-vous ?

Robert. — Ah ! ça, nous la logeons partout où nous pouvons ; c’est si bon de la sentir se promener sur la chair nue… Et que j’aime, moi, lorsque Étienne en arrive à loger la sienne dans mon… derrière !

La Marquise. — Et qui donc vous a appris ces choses-là, mes enfants ?

Étienne. — Entre élèves ça s’apprend… Mais c’est surtout le père Ambroise…

La Marquise. — Eh ! quoi, le père Ambroise s’amusait ainsi avec vous ?

Étienne. — Oh ! oui, qu’il l’aimait à s’amuser avec nous !

La Marquise. — Mais comment ?… Dites-moi comment il faisait !

Étienne. — Il commençait par nous déboutonner lui-même ; puis quand il avait sorti sa grosse affaire, il nous sortait les nôtres. Alors il se faisait toucher par Robert et par moi, à la fois : Robert le fouettait, moi je le chatouillais, et cela le faisait rire. Alors, il nous faisait poser les pantalons et il nous épousait…

La Marquise. — Il vous épousait ! lui, si gros !…

Robert. — Oh ! oui, qu’il est gros ! Les premières fois ça nous faisait un mal !

La Marquise. — Ainsi, mes chers enfants, vos deux pauvres derrières servaient tour à tour de gaine au gros instrument du père Ambroise ?

Étienne. — Oui, maman, mais nous l’épousions aussi à notre tour, et alors nous lui faisions de tout, dans son derrière… et il criait !

La Marquise. — Le satané coquin ! Et vos jeux duraient-ils longtemps ?

Robert. — Aussi longtemps que l’instrument du père raidissait sous nos caresses… Une fois il nous tint dans sa cellule toute l’après-midi.

La Marquise. — Père Ambroise a eu de graves torts à votre égard. Au lieu de vous exciter à commettre ces actes qui ne sont excusables que dans un cas d’inadvertance ou de plaisanterie enfantine entre garçons du même âge, il aurait dû vous apprendre combien ils sont répréhensibles quand on vient à les considérer comme le but légitime des instincts sexuels.

Robert. — Chère maman, il nous assurait que, loin de les condamner, Dieu lui-même approuvait ces marques de fraternelle affection.

La Marquise. — Aimable ignorance ! Vous ne savez donc pas, mes enfants, que cet instrument dont Dieu a voulu décorer votre corps charmant, il vous l’a donné en vue d’un usage bien différent que celui que vous enseignait Père Ambroise ?… Ne le savez-vous pas ?…

Robert. — Nous ne savons, maman, que ce que le Père nous a dit.

La Marquise. — Allons ! je vois qu’il faut que je vous parle comme à des hommes que vous êtes… Promettez-moi le secret le plus absolu, et je vais vous instruire complètement, mes chéris, il en est temps !

Étienne et Robert. — Sur notre honneur, chère maman, nous vous jurons de garder le secret de ce que vous allez nous dévoiler.

La Marquise. — C’est bien !… Mais j’entends un bruit de voix… Vite ! remettez-vous en état de décence… cachez bien cette jolie marchandise et boutonnez-vous soigneusement. Qui donc vient ici ?… Oh ! c’est Nounou, avec sa cousine Emma Gelin… Dieu ! quelle idée ! Elles ne pouvaient arriver mieux à propos… Bonjour ma chère Justine ; bonjour gentille Emma !… Toujours fraîche comme un bouton de rose ?

Emma. — Madame la Marquise veut me flatter !

Nounou. — Non ! non ; elle ne te flatte pas, mignonne !… Et elle ne connaît pas encore, comme moi, tout ce que tu vaux !… Ah ! chère Marquise, quand vous connaîtrez son talent au piano ! Elle vient de me ravir au troisième ciel… je ne pouvais m’en arracher !

Emma. — Tais-toi donc !… tais-toi, Nounou !… Folle que tu es !…

Nounou. — Un doigté, chère maîtresse ! un doigté merveilleux !… Et des arpèges !…

La Marquise. — Tant mieux, ma belle enfant ! Aucune nouvelle ne pouvait m’être plus agréable. Ne rougissez donc pas, ma charmante, je suis enchantée, je suis ravie de ce que m’apprend cette coquine de Justine. Ah ! Mesdemoiselles, puisque vous voici auprès de nous, je vais vous soumettre une question des plus sérieuses, à laquelle vous devez répondre en votre âme et conscience : — Est-il bon qu’un garçon arrive à l’âge de se marier, sans savoir ce qu’est le mariage ? Et si cet accident se produit, est-il prudent de lui permettre le mariage en état d’innocence !

Justine. — Pour moi, je n’hésite pas à déclarer que je considérerais comme absolument ridicule un homme qui serait dans ce cas !… Et toi, Emma ?… Ne rougis donc pas ainsi, à tout propos, et réponds à la question ?

Emma. — Moi, je n’ai aucune expérience ; mais il me semble qu’une nouvelle mariée doit recevoir la leçon et non pas la donner.

La Marquise. — Je suis de votre avis, mes amis. — Eh ! bien, voici mes deux pupilles, Robert et Étienne, qui seront bientôt en âge de chercher femme, et qui ignorent encore quelle différence il y a entre leur sexe et le nôtre. Quelle honte pour eux, n’est-ce pas, s’ils arrivaient à la nuit de noces sans savoir ce que le marié doit faire à sa jeune épouse ? J’ai pensé mes amies, et j’espère que vous serez de mon avis ; que nous ne devons point les laisser exposés à pareille mésaventure, et que notre devoir est de les instruire : voulez-vous, ma chère Emma ?

Emma. — Mais, chère Madame, moi je serais en ces matières le plus mauvais professeur du monde, car vraiment… je ne sais pas…

Justine. — Laissez-la dire, chère Marquise, et comptez sur elle comme sur moi pour la jolie leçon que vous avez envie de donner à ces jeunes gens.

La Marquise. — Étienne et vous Robert, comment trouvez-vous mes deux compagnes ?

Étienne et Robert. — Belles ! très belles ! Presque aussi jolies que vous, maman !

La Marquise. — Vous, Étienne, au-dessous du fichu rose de Justine, là où la peau apparaît si blanche, posez vos lèvres et donnez-lui un baiser dans le cou. Très bien, mon enfant. Passez à Mademoiselle Emma, et donnez-lui le même baiser… Oh ! laissez-le faire, Emma !… oui, bien dans le cou ; Étienne, appuyez fort… Voilà qui est bien !… Venez, à présent, m’en faire autant… Pas si bas ! là !… Or ça, voyons un peu, maintenant l’effet que vous a produit ce premier exercice… laissez-moi toucher… Ciel !… Nounou, touche toi aussi ! Venez toucher, Emma… là !… Hein ! sentez-vous toutes deux… sous l’étoffe du pantalon ?

Justine. — Rien qu’à voir l’émotion d’Emma, je suis sûre qu’elle mouille.

La Marquise. — À votre tour, Robert ; baisez Justine dans le cou. Ça la fait rire, la coquine, que votre baiser ait descendu… À Emma, à présent. Oh ! quelle ardeur, Robert ! pas si bas !… À moi, mon enfant… Voulez-vous bien, petit polisson, ne pas me dégrafer ! Voyons un peu… le petit frère ? Ouf ! Quelle révolte !… Venez toucher, Mesdemoiselles, la nature parle avec éloquence. L’éducation sera facile et agréable. Voyons, mes amis, dites-moi, là, très franchement, ce que vous avez éprouvé en baisant à nu le cou de trois jeunes femmes les plus complaisantes du monde !

Robert. — Chère maman… Cela m’a jeté dans un état !… si vous saviez !…

Étienne. — Moi, petite mère, je crains d’avoir gâté ma chemise… je me sens tout mouillé… et j’éprouve une honte !…

La Marquise. — Point de honte entre nous. C’est la nature qui a parlé chez vous, mes pauvres chéris… Et nous ne sommes qu’au début de la très intéressante leçon que je veux vous donner. Passons, Mesdemoiselles, à la seconde partie : Étienne, à vous de commencer. Toi, Justine, ouvre ta guimpe et livre tes jolis tétons aux premiers baisers de ce cher Étienne… Oh ! le vilain gourmand, voyez donc comme il tette !… comme il lèche la pointe !… Assez !… à la douce Emma de donner ses nénés !… Ah ! Mademoiselle, inutile de résister, car il faut y passer !… Fi, le vilain goulu ! il s’est fourré, là, jusqu’au nez dans ce corsage de vierge… Vite, à moi Étienne… Aïe ! à mon secours, vous autres… Ne voyez-vous pas qu’il me mord les bouts ? Aïe ! mes seins… Étienne ! pourquoi les sortir ?… Voulez-vous donc que je me venge ?… Prenez garde ! je vais, moi… vous sortir… autre chose !… Ah !… ah !… Regardez, Mesdemoiselles… regardez-moi ça ! Quel coquin !… quel effronté !… Et vous, cher Robert, qu’attendez-vous donc pour empoigner les tétons de Justine ?… Ah ! bravo !… quel plein corsage ! quelles pleines mains !… Puis, chéri, fourragez-moi cette mignonne gorgerette de Mademoiselle Emma. Que c’est donc joli !… Aïe ! Eh ! quoi, Robert ? Moi aussi ! Vous voulez me fouiller ! Oh ! tous deux à la fois ?… Mais je tiens Étienne… Et je le tiens bien ! À mon secours, Justine, accours ! Déboutonne-moi ce polisson de Robert, et… sors-lui, je te prie, son affaire. Ah ! ah ! Mesdemoiselles, voyez donc ces deux beaux membres au soleil. Sont-ils assez impertinents ! Voyez comme ils sont quillés.

Justine. — Ne croyez-vous pas, chère Marquise, que le moment serait bien choisi pour compléter l’éducation de vos jeunes pupilles ?

La Marquise. — Vous savez, maintenant, Étienne et Robert, combien une poitrine d’homme diffère d’une gorge de femme ?… Ces seins frais et blancs que pressent encore vos mains désireuses mais inexpérimentées : ces globes à l’enveloppe satinée, si mignons chez Mademoiselle Emma, comme du reste chez toutes les vierges, si fermes et si provocants chez la brune Justine, si chatouilleux sur la poitrine de celle que vous appelez petite mère… Ces nénés, dont la voluptueuse rondeur et l’agréable raideur charment vos regards et appellent vos lèvres avides, apprenez que Dieu les a créés pour l’agrément de l’homme et pour la surexcitation de sa virilité. En les regardant comme vous le faites, n’est-il pas vrai que vous ressentez des chatouillements et des titillations… ici… dans votre organe sexuel ? Mais, ce n’est pas tout, mes enfants, et je puise dans mon amour pour vous le courage de continuer ma leçon ; ce n’est pas seulement par la beauté de nos seins que Dieu a voulu séduire l’homme, tout le corps de la femme, dans son ensemble harmonieux, ce chef-d’œuvre de grâce et de volupté, Dieu en a combiné toutes les parties pour réveiller les désirs du mâle. Chez notre sexe dont la pudeur est l’apanage, la nudité, surtout quand elle apparaît dans l’envolée des vêtements troussés, est la provocation la plus irritante, le défi le plus puissant que puisse jeter la nature à l’organisme amoureux de l’homme… Vous allez à l’instant, mes amis, éprouver cette sensation. Justine… tourne-toi de ce côté pour que je puisse te trousser commodément… et leur montrer ta croupe.

Justine. — Ma croupe ! toute nue !… à des Messieurs !… Quelle n’est pas ma confusion !… Aïe ! Comme vous me troussez, Marquise !

La Marquise. — Admirez, mes amis, cette finesse et cette blancheur de satin vivant ; cette harmonie des contours ; cette chute de reins ; ces fesses de marbre qui donnent envie de pincer… ; ces cuisses brunes !…

Étienne. — Que c’est joli ! Maman, j’ai une envie folle de manger de baisers toute cette chair de femme !

Robert. — Il me semble que maman doit être encore plus satinée…

La Marquise. — Au tour de Mademoiselle Emma… Elle va aussi vous montrer… Ah ! inutile de résister, ma belle :

Car c’est au nom de la Vertu
Qu’il faut ici montrer son cul.

Robert. — Et le vôtre, chère maman ? je suis sûr que c’est le plus beau.

La Marquise. — Ce n’est donc pas assez de Justine et d’Emma ? Vous êtes d’une exigence, mon cher Robert ! Allons, puisque vous le voulez, mes enfants… Voilà !… Admirez à votre aise le cul de trois jolies personnes du sexe… Admirez et comparez, Messieurs !… Oh ! Robert, que vois-je ? Vous vous remuez avec les doigts ! vous serez puni !

Robert. — Pardonnez-moi, petite mère chérie, adorée !… Ce que je vois est si joli, si séduisant que… ma main… malgré moi…

La Marquise. — Si c’est involontaire, je pardonne. Eh ! bien, mes chers amis, ceci n’est pas tout… Rabattons nos jupes, Mesdemoiselles ; Messieurs, vos regards impatients n’ont pu, de ce côté, trouver ce qu’ils cherchent. Ce n’est pas entre les fesses d’une femme qu’est situé le nid de votre rossignol… Allons, Justine, puisqu’il faut y arriver, autant vaut tout de suite, ma fille !… Couche-toi sur le dos, ma chérie… Écarte légèrement cette cuisse… Venez, Robert ! et vous, Étienne !… Venez-voir, venez, toucher le bijou cher à l’amour, et que votre chaste et timide innocence ne connaît pas encore…

Robert. — Quelle fente rose !… et comme elle s’entr’ouvre !… Vois donc Étienne ! Ne dirait-on pas la fente d’un abricot mûr ?…

Étienne. — Oui, avec tout son velouté… oh ! quel plaisir j’ai à regarder ça !… Cela me fait un effet !… Et ces petites boucles noires ?…

La Marquise. — Regardez attentivement, mes amis. Vous pouvez même toucher sans crainte… Le voilà, le véritable sanctuaire de l’amour, l’autel et le trône de la volupté. Dieu n’a pas seulement paré la nudité de la femme, de tous les attraits destinés à irriter les désirs du mâle, il a voulu, dans son infinie bonté, que le mâle pût éteindre ses ardeurs dans le corps même de celle qui les a fait naître. À cet effet, il a profondément et étroitement fendu la femme au bas du ventre, entre les cuisses, de façon que le pénis, ou membre viril, trouve là, à sa portée une gaine naturelle pour s’y ébattre en toute liberté et y épancher, à son gré, la surabondance de sève qui le tourmente… Ne la sentez-vous pas, votre sève, mes amis ?

Étienne. — Chez moi elle bouillonne, petite mère. Oh ! combien il me serait agréable de calmer chez moi les ardeurs que m’a inspiré l’aimable Justine… Cette fente est pour ma queue un aimant !…

La Marquise. — Adressez-vous à ma chère Nounou ; et si vous êtes habile à vous servir des prières et des caresses, je vous garantis qu’elle n’aura pas la force de repousser votre gentille requête…

Nounou. — Holà ! Monsieur Étienne !… Que faites-vous ?… Que voulez-vous, Monsieur ?… Quelles caresses !… Et ma vertu, polisson ?…

Étienne. — Adorable Justine !… Laissez-moi faire, je vous en prie ! oh que je suis maladroit ! Aidez-moi… aidez à mon amour !

Justine. — Ah ! Monsieur Étienne ! Que me mettez-vous dans les doigts ? Mon Dieu, la gentille chose !… Mais pourquoi m’embrasser si fort ? Que voulez-vous que je fasse de ça dans ma main ?… C’est votre petite queue, Monsieur ?… que voulez-vous que j’en fasse de cette jolie quéquette ?… Ah ! voulez-vous bien respecter ma pudeur grand vilain !… me trousser ainsi devant le monde ?… Encore si nous étions tous les deux seuls, dans une chambre bien close, à l’abri des regards indiscrets… mais voyez Mademoiselle Emma, comme elle regarde avec curiosité ce que vous me faites… Eh ! quoi, impudent vaurien ! Que moi je l’introduise ?… moi !… votre jolie petite queue ? où donc ? dans ma fente de fille ! Et mon honneur, Monsieur ? Ah ! quelle agréable raideur ! comme elle me chatouille les grandes et les petites lèvres à la fois, avec son museau rose et fin… Emma ! oh, ne regarde pas ainsi… j’éprouve une honte !… je suis sûre que mes cuisses sont toutes rougissantes… Ah ! Étienne, que faites-vous là ? Vrai ! vous me pénétrez ?… me voilà déshonorée !

La Marquise. — Emma, ma chérie, voyez-vous ce qu’il lui fait ? Et comme il est affairé, le fripon !… et comme Justine le seconde admirablement !… Regardez-les donc faire, cher Robert. Est-ce que ce spectacle ne vous dit rien ?… Ça ne vous démange pas, par ici ? Ignorez-vous donc que la jolie Emma a aussi une jolie petite fente entre les cuisses tout comme Justine, regardez ! regardez-moi ça…

Robert. — Que c’est frais, que c’est rose et séduisant !… Mais, que la gentille Emma me pardonne… c’est… vous surtout, chère maman, que je brûle de voir sous votre linge, telle que vous a faite le bon Dieu. De grâce, petite mère, soyez bonne pour moi et indulgent, à mes désirs. Voyez donc, maman, comme ma queue devient grosse et toute raide à la pensée que vous lui accorderez peut-être l’insigne faveur de se glisser entre vos blanches cuisses…

La Marquise. — Oh ! mon Robert ! à ta maman !… une prière semblable… me demander de glisser ta queue entre mes chastes cuisses ?…

Robert. — Oui, maman ; nue à nu, bien enlacés ! Puisque c’est votre beauté qui a excité mes ardeurs, il est juste que je les apaise dans votre beauté même, maman chérie !… Oh ! de grâce ! fermez les yeux, si votre pudeur l’exige, mais laissez-moi jouir avec vous comme ce fripon d’Étienne jouit depuis un long moment avec Mademoiselle Justine !

La Marquise. — Est-il ardent, mon bébé chéri !… Dieu ! Robert !… que fais-tu !… Tu me découvres toute ?…

Robert. — Oui, maman… oh ! que vous êtes jolie !

La Marquise. — Vrai ! tu me trouves jolie sous mon linge ?… Allons, petit ami, puisqu’il faut que je me résigne à mon sort, contente-toi donc et traite mes charmes en pays conquis. Ah ! tu me renverses sur le dos ?… Ciel, quel est ce monstre qui heurte l’entre-deux de mes fesses ? Halte-là ! traître ; c’est à la porte défendue que tu heurtes ! Me prendrais-tu pour Père Ambroise, cher petit coquin ?…

Robert. — À Dieu ne plaise, adorable maman. Mais je suis si inexpérimenté !… Je vous en prie, petite mère adorée… prenez ma queue entre vos doigts mignons… Voulez-vous, mon amour ?…

La Marquise. — Encore !… confier à mes doigts la garde du pèlerin !… Eh !… bien, j’y consens, polisson ! Aidez-moi, seulement, chère petite Emma, et que votre menotte fine prête dans l’œuvre lascive son doux concours. Retroussez seulement vos jupes… votre chemisette aussi, ma fille… de façon que les regards de Monsieur Robert ne se posent que sur de charmantes choses… pourquoi rougir ainsi, fillette ?… Allons, vivement ! mettez-moi tout ceci bien à l’air ! Robert, regardez quelle fine petite barbiche… Ah ! le gredin ! le sentez-vous raidir à la vue de la jolie toison qui décore le bas de votre ventre, chère Emma !

Justine. — Dieu de Dieu !… je le tiens !…

La Marquise. — Qu’est-ce que tu tiens ? folle !…

Justine. — Ce que… je tiens ? Euh ! euh !… c’est… le pucelage de Monsieur Étienne !

La Marquise. — Prends bien garde, au moins, qu’il ne s’envole :

Justine. — Pas de danger !… Il tient la porte trop close.

Étienne. — À mon secours ! petite mère !… Nounou… me fait… mourir !…

La Marquise. — Cher Étienne, excusez-moi, je ne puis… venir… en ce moment… car moi-même… oh ! ce coquin de Robert ! comme il m’exploite effrontément ! Dieu… que c’est bon ! Attends, Robert ; ah !… attends-moi donc ! Quelle jouissance j’éprouve !

Robert. — Oh, moi aussi, petite maman. Comme votre peau est fine, que c’est doux et chaud là dedans !… ah ! ah !… Me sentez-vous ?

La Marquise. — Si je te sens ?… Ah !… vilain, petit vilain !

Justine. — Quel libertin ! et comme il traite sa maman chérie ?

Robert. — Tout comme je vais, tout à l’heure, te traiter, toi aussi, friponne !

Emma. — Oui bien, Monsieur le polisson ! ce n’est pas assez de débaucher une honnête femme ?… Il en faudrait deux, peut-être, pour vos lascives ardeurs ?

Robert. — Va, je sens bien que ce ne serait pas trop de deux.

La Marquise. — C’est que, tout en parlant, il y va avec une vigueur !…

Emma. — Quels élans ! Prenez garde, Marquise, qu’il ne vous transperce !

La Marquise. — Je l’en défie !… Ma chère petite, fouette-le sur le cul du plat de la main ! Hardi, Robert !… Hardi, mon joli page ! À la rescousse ! Sens-tu comme mes secousses répondent à tes saccades ?

Robert. — Que ces haut-le-cul me plaisent, chère maman, et comme ces claques qu’Emma applique à mon pauvre derrière m’excitent ! Mais !… mais !… oh, ma chère !… ah, ah, ah ! ça part ! je me fonds !… Dieu du ciel, j’entre dans le Paradis… J’y suis, Emma !… Justine !… Étienne !… maman ; oh ! que je jouis ! ça va toujours… ça ne finit pas, oh !

La Marquise. — Sang-Dieu, je crois, que c’est l’éruption du Vésuve. Que fais-tu, Robert, grand vilain ! veux-tu finir ?

Justine. — Étienne, mon bel amant, regardez comme votre ami est en train de décharger… Ah, ah, mon amour ! j’arrive encore… Vite ! redoublez !… ah !… faites-moi jouir ! Euh !

La Marquise. — Robert, mon beau Robert, que fais-tu ?… Le foutre ! Il coule, ton foutre !… je le sens, Robert !… oh ! Justine, regarde !…

Étienne. — Elle serait bien en peine de vous regarder, petite mère, elle a fermé les yeux. La voilà comme morte sous moi, et je coule encore, je ne cesse pas de couler, petite mère !

La Marquise. — Coule à ton aise, mon ami, mais vois-tu comme ce fripon de Robert me traite ?… Dis-moi, Étienne, en voyant Robert s’agiter ainsi sur moi, les fesses en l’air, n’as-tu pas envie d’échanger la petite fente de Justine pour le cul de ton ami ?

Étienne. — Non, non ! c’est plus voluptueux, une fente de fille !

La Marquise. — Petit coquin ! Une fente de fille, apprends que ça s’appelle un con, mon chéri… Le mien est tout inondé. Oh ! que c’était bon, cher Robert. Tu m’as rendue, tu m’as achevée, tu m’as tuée ! j’ai besoin de repos. Voyons-la cette queue qui m’a si bien travaillée et qui m’a rendue si heureuse… C’est qu’elle est encore menaçante, la luronne ! Est-elle assez mignonne… en érection, Vois comme Emma sourit et rougit en la regardant… Oh ! Robert, j’ai une idée délicieuse ; il faut me prouver que tu as profité de ma première leçon ?

Robert. — Petite maman, si vous avez le moindre doute, recommençons !…

La Marquise. — Non, mon ami, je suis trop lasse… mais tu me le prouveras en faisant profiter la charmante Emma, ici présente, de tes nouvelles connaissances. Je veux que tu fasses à cette gracieuse fille l’hommage de tes amoureuses dispositions… Bravo, petit libertin, tu m’as comprise ; houspille cette jeunesse ! Emma, ma charmante, ne vous débattez que juste assez pour mieux lui faire savourer la victoire. Eh !… quoi ?… Mademoiselle, vous faites la renchérie ?… Oh ! c’est bien inutile, ma fille… Vous y passerez, et… vous me remercierez après. Courage, Robert ! Et toi, Nounou, qui joue si bien du derrière, lâche un instant ton agréable occupation pour nous aider… Viens ! à nous deux nous lui tiendrons les jambes écartées, pendant que Robert… s’arrangera. Viens donc !

Justine. — Oh ! Étienne ! Un viol… Vite, lâchez-moi, mon ami ; sortez votre affaire, je vous en prie ; nous l’y remettrons tout à l’heure plus voluptueusement, je vous jure ! Je veux aider au viol !… Venez voir… Ah ! quelles jolies jambes ! Tenez ferme, Marquise. Comme nous l’écartons, la pauvrette !… Je parie qu’elle en a une envie folle, et qu’elle ne résiste que pour se donner des gants d’avoir été forcée. Nous allons l’en punir. Vous, Monsieur Robert, ne la pénétrez pas encore. Laissez-moi seulement effleurée, du bout de votre queue, les lèvres roses de ce conin de vierge. Mettez ces jolis nénés à nu, amusez-vous à les téter, à les sucer…

La Marquise. — Quelle scène ravissante ! mais quoi ?… déjà la catastrophe ? Non, non, je ne puis m’y tromper… Ça y est !… La chaste Emma se crispe !…

Justine. — À présent elle brûle de désirs… son conin suinte de volupté. Mais pour punir sa résistance, nous allons l’empêcher de… jouir.

Emma. — Ah ! de grâce, par pitié ! frottez !… plus fort !… je meurs !…

Nounou. — Voyez-la donc faire, Marquise, elle décharge ! Oh ! la libertine !… Lâchons-lui à présent les jambes… Voyez-vous qu’elle attend… les cuisses ouvertes, la moniche en avant… Elle brûle !… allons cher Monsieur Robert, nous vous l’abandonnons. Faites-en à votre fantaisie.

Robert. — Voici la verge qui va la châtier…

Emma. — Robert, mon Robert !… mon doux ami… qu’est-ce donc que je sens ?

Robert. — Ce n’est rien, mignonne !… C’est seulement le bout de ma queue qui donne un baiser de frère à l’ouverture de ton joli con.

Emma. — Oh ! mon amour, mon amant, mon roi ! je te sens bien, Robert !… que tu es gros !… à toi… tiens… à toi !

Robert. — Oui, à moi. Tu es à moi, Emma ! Toute !… mon âme !… ma vie !…

La Marquise. — Leurs baisers d’amour me mettent en feu… j’essayerais en vain de résister à l’impulsion de mes sens, il me faut faire aussi l’amour… Viens ici, Étienne ; viens sur moi, chéri ! que je me branle avec ta belle queue !

Étienne. — Touchez-la donc, maman ; voyez comme elle est grosse !… Aïe ! vous la serrez !… maman chérie, je désirerais, pour jouir, que vous prissiez la peine de l’introduire vous-même dans votre adorable bijou ?

Nounou. — Le polisson !… il lui dit sans la moindre gêne les choses les plus lascives… Et elle obéit à son caprice libertin… Elle s’enfonce elle-même le dard brûlant… Malgré sa grosseur l’y voilà jusqu’à la garde !…

La Marquise. — Que c’est bon, Étienne, de te sentir tout dans mon corps ! Jouis-tu comme ta maman ? jouis-tu bien, mon ami ?…

Étienne. — Oh ! oui, je jouis… quelles délices !… Vous me pressez la queue, chère maman ? Comment faites-vous pour me serrer ainsi dans le con ? Ah !… j’arrive… oh ! j’arrive trop vite !… ah !… maman… maman !

La Marquise. — Ça y est, mon ami… fous ! fous à discrétion… Ah ! moi aussi j’arrive… ça part !… je fous !… Étienne, sens-tu notre foutre qui se mêle ?…

Emma. — Oh ! Robert, entendez-vous ce que dit Madame la Marquise ?… Mon beau Robert, je suis folle de vous, mais… épargnez-moi, mon chéri ! Ah ! Robert, je vous sens raidir, vous allez faire ?… Non, non ! ne faites pas ! Pitié pour mon innocence, sortez ! sortez donc ! Ah !… méchant, c’est trop tard !… Oh ! que c’est mal, Robert, de traiter ainsi une pauvre fille ! Vous m’inondez, mon ami, mon doux ami ! Oh !… Dieu ! quel délire s’empare de moi ?… Pressez, pressez-moi fort ! Exprimez tout mon être dans cet amoureux enlacement ! Je jouis !… oh, je meurs. Ah, méchant, vous… m’avez… perdue ! Maman ! ah, maman, je jouis encore… Ciel ! quelle est donc cette fureur qui m’agite et me force à ces mouvements dont je rougis ?…

La Marquise. — Est-elle assez mignonne dans l’aveu de son bonheur ! Voyez donc comme elle essaie de résister à la volupté qui la maîtrise. C’est en vain, ma petite, que vous vous débattez contre la crise ineffable. Vous succombez, ma belle ! En vain vous essayez de rattraper votre pucelage par la queue ; il bat des ailes pour s’envoler, le fripon !

Emma. — Robert, mon bien-aimé, ne le laissons pas envoler, empêchez-le de sortir !… Je le sens qui veut s’échapper ; prenez garde ! Enfoncez-le très profondément. Oh ! voilà que vous me mouillez encore ?

Robert. — Mignonne ! tes recommandations lascives feraient décharger un saint ! Voilà trois fois que je distille le bonheur sans sortir de toi !… Je suis mort.

La Marquise. — En voilà assez pour une fois, mes chérubins ; je crois que nous ne nous sommes pas trop mal acquittées de nos fonctions d’institutrices ; vous êtes les élèves les plus dociles du monde, et votre bonne volonté n’a d’égale que notre complaisance, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas là un motif pour vous tuer de jouissance. Je n’ai qu’un regret : c’est de n’avoir pas appelé à cette petite fête de famille ma chère Joséphine. Ses dispositions amoureuses et son précoce talent auraient ajouté à vos jeux un charme de plus. Mais heureusement que ce qui est différé n’est pas perdu. De mon autorité royale je vous déclare tous dignes d’entrer dans la Société de l’Aubépine : Robert, Étienne et vous gentille Emma je vous proclame Chevaliers de cet ordre secret dont vous ne tarderez pas à recevoir l’initiation complète. En attendant, Messieurs, veuillez vous retirer. J’ai besoin d’être seule avec Emma et Nounou. Embrassez vos dames, petits vauriens, et ménagez-vous pour les futurs exploits que vous réserve l’avenir. — Vous, Justine, priez Monsieur le vicomte Louis d’Aunac de venir auprès de moi, j’ai à lui parler.

Nounou. — Madame la Marquise, le Vicomte a sellé Bruno ce matin et est parti du côté d’Arvan. Il n’est pas encore rentré.

La Marquise. — Quel contre temps ! Moi qui me faisais une fête de lui révéler le plaisir que j’ai pris au spectacle charmant qu’il me donna hier ? Que l’on me prévienne de son retour. En attendant, mes mignonnes, allons rendre visite à nos paresseuses : Je ne sais vraiment ce que Joséphine, Nathalie et Gabrielle peuvent faire encore dans leur lit, à onze heures du matin.

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