II. L’Épine blanche · 02
Pendant qu’au château Étienne et Robert recevaient leur première leçon et cueillaient la virginité de la jeune Emma ; pendant qu’Éveline et Nounou se délectaient à cette débauche de pucelages, la ferme de la Cerisaie était témoin de plus d’une fredaine depuis que Paul de Civray avait pour maîtresse la sœur de Robert, la jeune et jolie Anna Dumoulin. Laissée seule par le départ de Valentine et de son mari, Anna en profitait pour faire coucher l’heureux Paul dans sa virginale chambrette. Son amant lui a annoncé l’arrivée du vicomte Louis et ses projets amoureux : La lascive fillette brûle d’assister aux jeux qu’on lui a promis, mais elle est un peu honteuse :
Anna. — Que dira de moi votre ami ? Monsieur Paul ! Vous n’auriez pas dû lui donner ce rendez-vous ! Que va-t-il penser ? Quelle honte pour moi !… Je ne veux pas qu’il me voie !…
Paul. — Petite sotte adorée ! Ce que pensera Louis, ce qu’il dira ?… c’est que tu es jolie à croquer. Tu le sais bien, coquine, car ton miroir te l’a dit, et moi je te l’ai prouvé, qu’il ne pourra voir ta ravissante frimousse sans brûler d’envie de te couvrir et de te dévorer de baisers.
Anna. — Je ne le permettrai pas, Paul ! mais y songes-tu ?
Paul. — Tu permettras bien autre chose, mignonne ; et ces petites pommes de fesses dures que je presse sous mes doigts, et cette cuisse fine et potelée, et cette duvette frisée, tout ton adorable corps enfin, dans quelques heures peut-être, sera au pouvoir de mon frère chéri ; du joli Vicomte qui a envie de toi.
Anna. — Paul, mon ami, vous voulez donc me couvrir de honte ?…
Paul. — C’est là en effet, ma chère, le vêtement le plus apte à faire valoir tes charmes ravissants… Tu verras comme mon ami est aimable avec sa timidité de fillette innocente.
Anna. — Lui, timide ! Voilà, mon ami, une timidité qui ne s’accorde guère avec l’effronterie de sa lettre !…
Paul. — Et sa queue !… Quand tu verras cet amour de queue !… Heureuse Joséphine, doit-elle l’avoir assez manipulée, caressée et baisotée…
Anna. — Croyez-vous que Joséphine a fait avec lui tout ce que j’ai fait avec vous, mon amour ?… peut-il y avoir une… queue plus belle que la vôtre ?
Paul. — Tu les verras toutes les deux à nu, ma chère ; tu les compareras, et, les pièces en main… tu jugeras avec impartialité nos deux pines.
Anna. — Voulez-vous bien vous taire effronté ? Si Madame la comtesse de Civray vous entendait ?
Paul. — Elle me croit dans les prés à visiter les foins nouveaux.
Anna. — Comme moi à la couture. Faut-il que je vous aime, mon Paul !
Paul. — Quel bonheur que ton frère ait été appelé au château et que Valentine l’y ait accompagné, mon amour !
Anna. — Hélas ! j’ai peur à tout instant de les voir revenir…
Paul. — En attendant, mignonne, profitons de leur absence. Cette nuit encore nous coucherons ensemble… et si Louis arrive ? Oh ! quelle nuit ! comme ta petite couchette va craquer sous nos élans !…
Anna. — Oh ! le mauvais sujet ! Je rougis à la pensée que vous ne vous gênerez pas davantage en présence de Monsieur Louis !
Paul. — Si tu savais Anna, comme tu excites mes désirs… Oh ! laisse-moi, mon amie, laisse-moi me satisfaire… Veux-tu, Anna ?…
Anna. — Oh ! pas ici, Paul ! quelqu’un pourrait nous voir… Eh !… N’est-ce pas un cavalier là-bas sur la route ?… lâchez-moi.
Paul. — Un cavalier ? C’est lui, c’est lui, ma toute belle. Je te lâche, mais à regret. Pendant que je vais à sa rencontre, dirige-toi vers le bosquet où nous viendrons te rejoindre ; tu sais bien, chérie, là-même où je te dépucelai ?… un bécot, mignonne, à tantôt.
Anna. — J’obéis à votre volonté, mon ami, mais la honte que j’éprouve en ce moment est extrême.
La jolie jardinière vient à peine de disparaître derrière une haie de clématites que l’alezan apparaît à un détour rapproché.
Paul. — Par ici, Louis ! Arrive vite ! Que je suis content de te revoir. Je t’attendais avec une impatience ! Laisse-moi t’embrasser.
Louis. — Cher ami, moi aussi, je languissais d’arriver. Et ta conquête ?…
Paul. — Rassure-toi ; il ne nous faudra pas aller bien loin pour trouver la jolie Anna. Confie-moi la bride de ton alezan. En un clin d’œil il va être soigné comme il le mérite, sans que la Comtesse soupçonne ton arrivée, ce qui dérangerait mes plans. Voici la stalle qui l’attend : Bruno trouve le foin à son goût ; voilà qui est parfait : Fermons la porte et filons, car la pauvre Anna doit languir seulette !
Louis. — Croirais-tu, mon ami, que je me sens ému ?
Paul. — Tu te sens ému ? mais de quoi donc mon ami !
Louis. — Je ne sais. Mais quelle charmante aventure que celle-ci !
Paul. — Attends, pour te prononcer, d’avoir vu de près notre gentille petite jardinière… alors, peut-être…
Louis. — Mon cher, sans l’avoir vue j’en suis amoureux fou !…
Paul. — Que sera-ce donc quand tes indiscrets regards vont se glisser sous ses jupes, et la fouiller dans les replis ?…
Louis. — Je t’avoue, ami, qu’à cette pensée je me sens…
Paul. — Tu te sens ? Oh ! c’est ma foi vrai ! On le voit !… Que tu es charmant !…
Louis. — C’est que… ça me gêne. Arriverons-nous bientôt ?
Paul. — Avant que tu aies cessé de te sentir, puisque nous voici au rendez-vous où elle devait nous attendre… Anna !
Anna. — Me voici, Monsieur le Vicomte ; que désire Monsieur ?
Paul. — Ma chérie, j’ai l’honneur de te présenter mon ami le plus intime, presque mon frère, le vicomte Louis d’Aunac.
Anna. — Monsieur le vicomte d’Aunac est le bienvenu ; et je le prie d’accepter mes très humbles salutations.
Paul. — Ami, je te présente ma maîtresse, Mademoiselle Anna Dumoulin.
Louis. — Soyez bénie, Mademoiselle, pour le gracieux accueil que vous me faites ; sans vous avoir vue je connaissais votre beauté et votre distinction ; et maintenant que j’ai eu le bonheur de vous voir, j’éprouve la plus vive jalousie du bonheur de mon ami Paul.
Anna. — Vicomte, je suis confuse de ces compliments que je ne mérite certes pas.
Louis. — Eh ! qui les mériterait si ce n’est vous, belle entre les plus belles ; vous dont le sourire enchanteur m’éblouit et m’enivre ; vous dont les lèvres roses respirent l’amour ; vous dont les fines mains de duchesse appellent mes baisers… permettez-vous, Mademoiselle ?
Paul. — Eh ! bien chérie, as-tu peur de mon ami, à présent ?
Anna. — Votre ami, Monsieur Paul, est un charmant moqueur de me traiter en grande dame ; mais je ne suis que votre humble servante.
Paul. — Bravo, ma toute belle ! Et puisque ma petite reine veut être notre humble servante, je la supplierai respectueusement de vouloir bien nous cueillir quelques cerises pour rafraîchir notre ami.
Anna. — Ce sera pour moi un plaisir et non un devoir, Messieurs, mais qui se charge de tenir l’échelle ?
Louis. — Nous la tiendrons tous deux, adorable enfant.
Paul. — Allons donc, Anna, grimpe vite ! nous attendons.
Anna. — Quel empressement ! Vous me faites rire, Messieurs ; mais les cerises cueillies, où les mettrai-je ?
Louis. — Retroussez simplement votre robe ce sera une jolie corbeille.
Anna. — Excellente idée, Monsieur ! Est-ce ainsi que vous voulez dire ?
Louis. — Oh ! Mademoiselle, quel ravissant jupon !…
Paul. — Si tu voyais, ami, tout ce qu’il cache de joli, ce jupon !…
Anna. — Taisez-vous, Monsieur Paul, ou bien je redescends !
Louis. — Non ! non ; nous tenons bien l’échelle, allez !
Anna. — Je ne puis atteindre aux plus belles…
Paul. — À ta gauche ! Appuie le pied sur cette branche…
Anna. — Comme il me faut écarter !… ah !… je vois, je vois !… quel bouquet !
Paul. — Moi aussi, je vois… un beau bouquet… Et toi, Louis, vois-tu ?…
Louis. — Cher !… je suis tout ému !… je vois… je vois le Paradis ouvert !…
Anna. — Aïe ! je sens remuer l’échelle ! Paul, prenez garde !
Paul. — Moi aussi, je sens remuer… quelque chose… je crois que c’est un échelon.
Louis. — Comme ça remue ! Mais… ce n’est pas l’échelle…
Anna. — Messieurs, avant de la cueillir, je veux que vous admiriez cette branchée de fruits… Voyez-vous ?…
Louis et Paul. — Oui, oui ! nous voyons, très bien ! chère mignonne !
Anna. — N’est-ce pas un ravissant coup d’œil ?…
Louis. — Adorable, chère Anna, adorable !…
Paul. — N’as-tu pas peur de te fendre, ma petite chérie ?…
Anna. — Voyez-vous le bouquet de cerises à demi-caché sous cette touffe noire ?
Louis. — Oui, oui… tout juste au-dessous de la touffe ! Quelle ravissante perspective ! Vois, Paul, comme c’est rose et frais !… Cher ami, quelle délicieuse maîtresse ! et comme j’envie ton sort !
Paul. — Pauvre ami, tu as donc bien envie ?… Allons, Anna, descends. Impossible à Louis d’attendre plus longtemps : Descends vite !
Anna. — Eh ! quoi, Monsieur Louis, déjà fatigué de me tenir l’échelle ? Excusez-moi, je descends. De grâce, mes amis, ne me regardez pas. Ciel ! j’y songe… Paul, mon cher, rassurez-moi !… j’ai peur que votre bon ami ait entrevu mes mollets ?
Louis. — Oh ! chère demoiselle, je vous jure que ce n’est pas vos mollets que j’ai dévorés des yeux… Je suis bien trop timide.
Anna. — Si vous êtes si timide que cela, ôtez donc vos mains de cet échelon, car je ne puis passer si vous restez là !
Paul. — Passe toujours, minette, n’aie pas peur des mains de Louis.
Anna. — Aïe ! Paul ! que me fais-tu ?… Oh ! vous aussi, Monsieur Louis ? Voulez-vous bien laisser tomber mes jupes ! Retirez votre main, Vicomte ! Eh ! quoi… devant mon amant ! Pour qui me prenez-vous donc ? Lâchez-moi, je le veux !
Louis. — Que vous êtes mignonne et jolie dans votre colère ! Je veux bien vous lâcher ; mais votre amant ne vous lâche pas, lui, petite friponne !
Paul. — Si tu savais, Anna, tout ce que Louis voyait tantôt sous tes jupons !…
Anna. — Vous êtes deux polissons, Messieurs ! Je vois que vous avez étrangement abusé de mon innocence ! Que Paul se fut permit une indiscrétion, je le comprends à la rigueur ; mais vous, Monsieur Louis, l’heureux amant de ma chère Joséphine ? Oh, j’en suis honteuse pour vous.
Louis. — Calmez-vous, adorable Anna ; je n’ai rien vu que de ravissant ; et je ne m’étonne pas qu’à la pension, Joséphine fût si follement éprise de sa chère petite Anna, la bonne amie de Suzanne !
Anna. — Comment, Vicomte !… Joséphine a osé vous dire…
Louis. — Elle m’a tout dit, mignonne ; vos amours et vos jeux. Vous savez bien qu’une femme ne peut rien avoir de secret pour celui à qui elle vient de faire l’inappréciable don de sa virginité ? Pourriez-vous cacher une pensée à Paul, depuis que vous lui avez livré le trésor précieux de votre innocence et de votre pucelage ?
Anna. — D’abord, Vicomte, je ne lui ai pas livré. C’est par une surprise bien inattendue qu’il a triomphé de ma vertu.
Louis. — La première fois, je l’admets, mais ensuite, les autres coups ?
Anna. — Oh ! l’oiseau parti, à quoi bon fermer la cage où il chantait !
Louis. — Avouez-moi, chère Anna, que si le vôtre s’est envolé, celui de mon ami ne vous laisse guère le loisir de regretter la place vide ?…
Anna. — J’en conviens, Vicomte ; et ce n’est pas surprenant, car son chant est si mélodieux qu’il endort mes regrets dans une émotion aussi tendre et aussi douce qu’elle est vive et touchante. C’est une mélodie que l’on voudrait toujours entendre, tant elle plaît !
Paul. — Anna, mon rossignol est prêt à chanter ?…
Anna. — Ah, Monsieur Paul ! me parler ainsi devant votre ami ?…
Paul. — Je te répète, Anna, que mon rossignol est impatient de te chanter sa chansonnette ; il fait le beau, en attendant. Mais avant de l’emprisonner dans ta gentille petite cage, je veux te montrer le moineau de Louis…
Anna. — Ciel ? que faites-vous là, Paul ?… Vous déboutonnez le vicomte d’Aunac ?… Eh ! quoi ?… Vous lui sortez… oh ! le bel oiseau ! Ah ! je ne plains pas le sort de ma chère Joséphine, d’avoir à sa disposition un pareil trésor. Coquin de Paul, comme tu t’amuses à le presser dans tous les sens : tu me donnes envie de le caresser aussi… Voyons s’il est apprivoisé ? Vous permettez, Vicomte ?… Pcht ! Pcht !… petit oiseau !… Dieu qu’il est bien élevé ! Mademoiselle Joséphine doit en raffoler… Oh, mon ami Paul, regardez comme il se perche sur le doigt ! Il sautille. Qu’il est gracieux dans tous ses mouvements ! Mais que faites-vous, Paul ?… Cessez, je vous en prie… Quoi ! me trousser ?…
Paul. — Petite reine de mon cœur, laisse-moi montrer à mon frère la jolie cage où chantera tout à l’heure son bel oiseau.
Anna. — Je vois bien, maintenant, que tous les deux vous m’avez regardée par dessous quand j’étais sur le cerisier, sans me douter de votre effronterie. Ah ! vous me découvrez tout !… Paul !… tu me mets toute nue devant ton ami ! que c’est mal !… Monsieur Louis, cessez ! vous allez me renverser… oh ! Paul…
Paul. — Bravo, Louis ! la voilà sur le dos !… Vas-y hardiment, et ne crains pas de la blesser ; le gazon est épais pour amortir les coups.
Anna. — Au secours ! Paul !… Mon Dieu, Vicomte !… et mes cerises ?…
Paul. — Laisse-le faire à sa guise, ma chérie. Puisque c’est pour lui que tu les as cueillies, tes cerises, qu’il les croque, le gourmand !
Anna. — Aïe ! ce n’est pas les cerises qu’il croque, c’est bien autre chose. À mon secours, Paul, où je ne réponds plus de moi ! Au secours, mon ami, mon amant !… je sens… que je vais… te faire… une infidélité. Je ne puis pas m’en empêcher ! Paul, je vais… jouir !… Défends-moi, chéri, repousse-le ! gronde-le de me sucer comme il fait… Oh ! qu’il suce bien !… le vaurien, qu’il est aimable ! Le vois-tu faire, Paul ? Oh ! que me fait-il de si bon ? Paul, fouette-le ! Mon ami, euh ! mon ange… fouette-le fort… Euh ! mon amour ! Ah, ah !… Paul, ça vient… je fais… Pardonne… pardonne-moi !… je… fais !…
Louis. — Et moi aussi, Anna, moi aussi… je fais !… Oh ! Paul, vilain, vilain que tu es ! que m’as-tu fait, quand je ne pouvais me défendre ?
Paul. — Tu étais si gentil en suçant Anna, ta pine sortait si bien de ton pantalon… elle était si provocante… que mes doigts… malgré moi…
Louis. — Tu m’as délicieusement secoué !… ah !… tu me branles encore ?
Paul. — Si tu voyais cette belle pine, Anna. J’en ai une pleine main. Regarde, minette ! Pourquoi rire ainsi coquine ? Je le devine : Tu penses à ce que te promet cette raideur ? — Eh ! bien, mes enfants, ces préludes me plaisent infiniment, mais j’ai hâte d’en venir aux affaires sérieuses, et je sais une retraite sûre qui protégera sûrement le secret de nos amoureuses folies. Cachez-donc, pour le moment, cet étalage de jolies choses… embrassez-vous, mes amis, bien fort ! puisque vous avez foutu ensemble… Suivez-moi, et vive l’amour !
Louis. — Vive, vive l’amour ! et vive la belle Anna !… Viens, ma belle. Nous te suivons, Paul, mais où nous conduis-tu ?…
Paul. — Tout près d’ici, curieux ! Tu languis, je le vois, de soulever à nouveau les jupes de cette enfant. Ça se voit à tes regards qui la déshabillent. Elle aussi a envie de toi, la petite polissonne ! Ses yeux mourants la trahissent.
Anna. — Que vous êtes fous tous deux ! et quelle honte j’éprouve ! Je devrais m’enfuir ! Je sens que je ne suis plus maîtresse de moi… ces caresses criminelles m’ont embrasée !… oh ne m’excitez plus, cher Louis !
Paul. — Tu brûles, ami ; nous allons arriver. As-tu vu, chère Anna, comme je l’ai branlé tout le temps qu’il te faisait mimi avec la langue ?…
Anna. — Non, je n’ai pas pu te voir, et je le regrette. Mais tu le lui feras encore pour venger mes pudeurs de jeune et honnête fille indignement outragées… N’est-ce pas, Paul, que tu le feras encore ?
Paul. — Et à… couilles rabattues, chérie… Mais nous voici arrivés. Entrez, beaux amoureux, c’est ici le pavillon de chasse où personne ne viendra troubler nos galants plaisirs ; grâce à la jolie fille qui nous a séduit, l’asile de Saint-Hubert va se transformer en sanctuaire de Vénus. Fermons sur nous la porte et allumons les bougies, de façon que nous n’ayons pas besoin d’ouvrir les fenêtres. J’ai pensé à tout.
Anna. — Que c’est drôle ! L’illusion est complète ; on se dirait au milieu de la nuit plutôt qu’en plein jour. Cher Monsieur Louis, comme vous m’embrassez fort ? Aïe ! Ôtez donc votre main… Paul nous regarde.
Paul. — Laisse donc sa main où elle est, chère Anna. Nous voici à l’abri des indiscrets ; ne crains rien ! laisse-nous faire, et songe que plus nous aurons de plaisir avec toi, plus tu recevras de jouissance. Vois cet épais tapis, vois ce lit dans l’alcôve. Tout nous invite à la volupté. Ça, mignonne, il s’agit maintenant de mettre bas, robe et jupon… Louis et moi voulons te voir toute nue, chère belle !
Anna. — Non, non ! je ne veux pas !… Laissez-moi !… Paul, ce n’est pas là ce que tu m’avais promis !… Souviens-toi !…
Paul. — C’est vrai, chaste et timide enfant. Tu veux donc absolument que nous te donnions l’exemple ? Cela me va. Commençons par déculotter ce coquin de Louis… Viens donc m’aider, Anna ?
Anna. — Je n’oserais pas, mon ami. Et puis, je vois que vous faites cela mieux que moi… Mon Dieu, le voilà nu !… Comme vous avez été leste, Paul ?… Oh ! quel beau corps. Il est tout nu !
Paul. — Approche, ma chère, touche-le ! N’est-ce pas, petite Anna, que mon ami est beau à faire bander une sainte ?
Anna. — Combien cette peau si blanche est douce et fine !
Paul. — Caresse-la, mamour ! caresse-la amoureusement !… Et cette queue ?
Anna. — Qu’elle est grosse !… Voyons la vôtre, Paul ?… Quoi ! vous feriez des façons ?… Cher Vicomte, venez m’aider à déshabiller mon petit homme. Je veux comparer vos deux… choses. Bravo ! le voici tout nu, lui aussi ! Cela le fait rire, le polisson ! Et il est d’une indécence !…
Louis. — Quel corps admirable !… Blanc et frais !…
Anna. — N’est-ce pas qu’il est charmant et qu’il mérite l’amour que j’ai pour lui ? Franchement Vicomte, si vous étiez une fille ?…
Louis. — Je serais déjà couché le ventre en l’air, les cuisses bien écartées pour mieux le recevoir… mais comme je ne suis pas une fille…
Anna. — Oh ! vous pouviez vous dispenser de cette affirmation !
Louis. — Pourquoi, ma belle ?
Anna. — Parce que cela se voit du reste, que vous n’êtes pas une fille !…
Louis. — À quoi donc vois-tu cela, mignonne ?
Anna. — Jamais une personne de mon sexe n’a montré ce qui se dresse là, au bas de votre ventre, Monsieur le libertin !
Louis. — Crois-tu que Paul ait quelque chose à m’envier ?
Anna. — Oh ! non ! Il vous égale en impudicité, le petit vaurien ! Ah, que vous êtes raides tous les deux ! J’y songe… je veux savoir quel est le plus gros… Me permettez-vous, mes amis, cette innocente fantaisie ?
Paul. — Fais de nous tout ce que tu auras envie de faire, mon amour. Plus tes fantaisies seront vicieuses, et plus nous y prendrons de plaisir.
Anna. — Placez-vous bien en face l’un de l’autre. Quelles jolies queues ! quelles adorables breloques !… Rapprochez-vous, mes amis, le ventre en avant ! Venez ici, dans ma main !… C’est à peine si elles tiennent entre mes dix doigts… Là !… jolies petites… qu’elles se pressent l’une contre l’autre… Oh ! elles se cabrent ! Halte là ! Petites révoltées, je vais vous châtier… une calotte… deux calottes ! pif, paf, mesdemoiselles !
Paul. — Petite coquine adorée !…
Louis. — Ravissante et délicieuse gamine !
Anna. — Là, là ! petites indisciplinées ! comme elles font les belles !
Paul. — Anna, si tu continues ce jeu, je décharge !… je te préviens.
Louis. — Oh ! coquine ! Heu ! heu !… ça vient ! Pardonne-moi, Paul !… Ça y est… Chère Anna… oh ! que c’est bon !… Ah !… Paul, je te salis… Pardonne !… Mais… mais… toi aussi ! tu fais, mon mignon !… Tu m’arroses les cuisses ?
Paul. — C’est le contact de ta jolie queue et les pressions libertines de cette diablesse d’Anna, qui m’ont fait succomber malgré moi… En attendant, friponne, voilà deux bons coups perdus pour toi ?
Louis. — Qu’Anna se rassure, elle ne perdra rien pour attendre ! Voilà que ton bijou se redresse avec fierté… et vois le mien !
Anna. — Mes amis, mes chéris, jamais je n’ai rêvé un spectacle pareil. Que vous êtes gentils tous deux ! Je ne sais lequel admirer le plus.
Paul. — Eh bien ! mignonne ? À ton tour de te déshabiller !
Louis. — Déshabillons-la plutôt ; nous y aurons plus de plaisir. Aide-moi.
Anna. — Jamais princesse n’a eu de femmes de chambre si empressées ! Ah ! c’est donc vrai ?… Quoi ! vous voulez à tout prix me voir telle que m’a faite le bon Dieu ?… Oh ! là, là, comme vous y allez ! Au secours, maman !… Laissez-moi au moins ma chemise… Ah ! ils sont impitoyables. Me voilà toute nue et tremblante comme une faible victime aux serres de deux vautours impatients.
Louis. — Oh ! Quelle est belle à l’état de nature ! quelle perfection de formes !… Paul, je ne m’étonne pas de ton enthousiasme amoureux. Il est impossible de voir un corps de femme plus joli que celui-ci !
Paul. — Je veux que tu touches la provocante fermeté de cette gorge enfantine.
Louis. — Quelle peau blanche et satinée ! on y mordrait avec rage !…
Paul. — Faut pas ! ça lui ferait mal… Admires-tu ses fesses de marbre ?…
Louis. — Oui, mon ami, quelles délicieuses rondeurs !… Et ces cuisses d’albâtre ?
Anna. — Ah !… je n’y tiens plus !…
Paul. — Bravo ! ma chère Anna… tu viens de l’empoigner par où il faut. Je parierais, coquine, qu’il te serait, en ce moment bien pénible de lâcher ce que tu tiens ?… N’est-il pas vrai, mon amour, qu’en pressant cette queue dans tes doigts, tu éprouves des chatouillements quelque part ?
Anna. — Vous me voyez toute confuse devant vous, mon cher Paul ! Mais vous me provoquez vous-même à l’infidélité, méchant que vous êtes !…
Paul. — Méchant ?… moi ?… de te procurer les plus doux plaisirs qu’il y ait au monde ?… de pousser dans tes bras amoureux un beau jeune homme bien fait et ardent qui ne demande qu’à distiller toute sa sève printanière entre les deux lèvres nacrées de ton virginal bijou ? Regarde-le, Anna, mon ami n’est-il pas admirable des pieds à la tête ? Vois ces jambes élégantes, cette mâle poitrine, ces cuisses nerveuses, ces reins musculeux, et sous cette épaisse crinière virile qui décore le bas de son joli ventre, cet adorable bijou que tes doigts caressent avec la plus tendre complaisance, et qui se dresse sous tes caresses comme un serpent révolté…
Anna. — Oh ! Paul, mon cher Paul, tais-toi !…
Paul. — N’admires-tu pas comme moi son air fier et conquérant, ses frissons extatiques, présages de voluptueuses défaillances ?… N’admires-tu pas ces blanches et fines mains de duchesse qui englobent tour à tour toutes les lascives proéminences de ton corps divin ?… Et ces belles fesses ?… ces hanches adorables que ta petite main caresse et fouette tour à tour ? On dirait, Anna que tu veux, en le manipulant ainsi sous mes yeux, m’inspirer aussi le désir de le caresser amoureusement. Et va, coquine, c’est ce que je me propose de faire sans façon, dès que ce cher Louis sera, grâce à tes tendres caresses, dans l’impossibilité de défendre sa vertu contre mes attaques impudiques. Allons, finirez-vous enfin de pigeonner ? Ne voyez-vous pas que vos libertines familiarités exaspèrent mes amoureux désirs… ? Louis, qu’attends-tu donc pour calmer les ardeurs de cette adorable enfant… ?
Anna. — Ah !…ah !… Louis !… que voulez-vous faire, mon ami ?…
Louis. — Chère, chère Anna… Je ne puis plus attendre… j’ai trop envie… maintenant il le faut !… Pardonnez-moi, mon âme, ma vie !…
Anna. — Aïe !… me voilà renversée !… Que faites-vous là ?… Ciel ! Vous voulez donc me transpercer avec cette barre vivante ?… Paul !… Paul à mon secours ! il me déchire… c’est un fer rouge !… Dieu, quelle honte pour moi !… tu le laisses faire… Paul, je te dis que ça entre, à présent.
Paul. — Friponne ! comme elle s’y prête ! Et lui ! oh, brigand !… quels coups saccadés !… Est-il gentil dans cette posture ! Quelle souplesse de reins ! quelle mobilité dans les fesses !… Voyons ça de près ?…
Louis. — Ça est entré, Anna ! j’y suis ! oh, que j’y suis bien !… Mais, toi, mon ami, toi mon frère… oh, Paul ! que me fais-tu ?… que me veux-tu ?… Ta queue, je la sens ! Aïe ! Eh, quoi ! tu veux me… pénétrer ?…
Anna. — Ne le sens-tu pas qu’il veut te pénétrer ?… laisse… laissez-le donc faire, cher Vicomte !… je vous laisse bien faire, moi ?… Vous vous amusez de moi, eh bien ! que mon Paul s’amuse de vous !… Ô délices du ciel !… poussez, Vicomte, poussez vivement !
Louis. — Ah ! que je jouis !… Paul, mon ami !… Paul… fi, le vilain !
Paul. — Pardonne-moi, mon ami, mon frère. La vue de ton beau et blanc derrière m’a mis dans une rage amoureuse que je ne puis calmer que dans l’anneau voluptueux de ta virginité. Que tu es étroit mon ami ? Ne t’agite donc pas tellement, ou bien il m’est impossible de te violer… Euh ! euh !… Cher Louis… je crois que j’entre ?
Louis. — Moi, je te sens, ami ; tu me pénètres comme j’ai pénétré la délicieuse Anna, jusqu’à la garde… Quelle ineffable jouissance j’éprouve !… oh ! ma belle Anna !… ma chérie, mon amour !…
Anna. — En m’exprimant si vivement ton bonheur, cher Louis, tu redoubles le mien. Que je jouis ! que c’est bon… quand je pense que Paul… oh mes deux amoureux !… Paul ! es-tu bien ?
Paul. — C’est le ciel !… je nage dans la volupté. Anna… ma pine tout entière… dans lui ! jusqu’aux poils ! Ô divin plaisir… Louis, mon pauvre ami… je ne puis maîtriser mes désirs… je te viole !
Louis. — Je te sens bien, fripon ! Tu me fais ce qui plaisait tellement aux jeunes gens de Gomorrhe… mais cette sensation mêlée de honte triple le plaisir que je savoure dans le chaud conin de ta belle maîtresse. Remue, remue fort ! jouis de mon cul !… ah !…
Anna. — Paul ! mon Paul adoré… quelle délicieuse infidélité ! Remuez, agitez-vous tous deux sur moi le plus vivement possible… je sens tous vos coups. Si vous saviez comme vos élans amoureux excitent mes ardeurs.
Paul. — Mignonne chérie, la liqueur bouillonnante de Louis va bientôt t’inonder et calmer ton prurit amoureux, je le sens…
Anna. — Quels élans, mes chéris !… Oh ! que je me sens heureuse. Nous allons mourir ensemble ; le voulez-vous mes beaux amoureux ?… Ah ! Paul, je te vois faire ! Vilain, tu triches ! À ton immobilité et à tes yeux voilés je comprends que tu décharges… tu jouis dans le cul de ton ami.
Louis. — Oh ! Anna ; il coule !… il coule dedans !
Anna. — Et toi, polisson ? où coules-tu ? Je te sens, va ! tu coules. Tu me fais ça, coquin… Ouf ! quelle fontaine ! Ça ne cesse pas. Euh !… euh ! que sens-je ? Louis !… oh ! Louis… je… je… meurs !…
Anna (après un extatique et long silence). — Oh ! Vicomte, vous n’avez pas eu pitié de mon innocence ! Paul, mon ami, je viens d’être heureuse, et ce n’était pas dans tes bras. Pardonne-moi, mon amour ?
Paul. — Mon amie, pardonne-moi, toi aussi. J’ai déchargé… là… sous tes yeux adorés… et ce n’est pas ton joli conin qui a bu ma jouissance…
Louis. — C’est mon pauvre derrière qui a reçu la sauce… et tu n’y allais pas de main-morte !… mais, je me vengerai, polisson !
Anna. — Oui ! vengez-vous, cher Louis, et vengez-vous bien ! moi je serai si heureuse de vous sentir enclouer mon amant.
Paul. — C’est enculer et non pas enclouer qu’il faut dire, innocente.
Anna. — Eh ! bien mes amis, voulez-vous que nous nous séparions pour recommencer. C’est un jeu trop joli pour nous amuser à perdre notre temps.
Paul. — Inutile de se séparer… moi je suis bien où je suis… recommençons.
Louis. — Non, mon très cher ; tu m’as suffisamment violé. À toi d’enfiler la petite friponnette. Quant à moi je me charge de ton postérieur.
Paul. — Allons, chère Anna, puisqu’il le veut ainsi, procédons-y sans tarder… ouvre-moi largement tes cuisses chéries…
Anna. — Seigneur, que votre volonté soit faite. Me voilà prête au sacrifice. Que tu es arrogant, Paul ?… quelle raideur, mon chéri !
Paul. — Ton clitoris, ma belle, est au moins aussi raide que ma pine. Mais quoi !… déjà ?… tu mouilles, petite coquine ?
Anna. — Quelle femme à ma place ne mouillerait pas ? Aussi, mon ami, me pénètres-tu sans effort !… C’est ton pauvre cul que je plains… Prends-garde à Louis qui s’apprête ! moi, je veux cette fois, diriger l’opération… Vicomte, me permettez-vous de diriger votre dard ?…
Louis. — Excuse-moi, Paul ; ah ! la coquine… quelle manœuvre lubrique ! Va mon chéri, ce n’est pas moi qui te… oh ! Anna !…
Paul. — Non, ce n’est pas toi ? C’est ta queue ! Et cette friponne qui s’en amuse ; qui y prend plaisir… Quels délicieux chatouillements ! Par devant, par derrière ! Ami, tu entres ! Pousse fort dans mon cul, moi, je pousse fort dans le con d’Anna. Je te tiens ! t’y voilà ! que c’est chaud ! et gros !
Anna. — Ah ! j’arrive ! j’arrive malgré moi, malgré ma honte… Comme nous nous agitons tous les trois ! Oh ! quelle volupté. Coule, coule, mon bien-aimé Paul. Coule dans moi, là-bas… au fond… coule donc !
Paul. — Ô Dieu ! ça y est !… Foutre ! m’y voilà. Ça part trop vite ! Ah, je me fonds ! Et ce vaurien de Louis ! ah, Anna, quelle est donc cette sensation brûlante et délicieuse ?… Mon pauvre cul !… Il décharge,
Anna. — Que ne puis-je voir notre groupe ! À vous voir là immobile et radieux on devine la jouissance que vous devez éprouver. Et c’est de Paul, de mon amant que vous jouissez… oh ! je suis jalouse de vous.
Louis. — Il est vrai ma belle, que je suis admirablement logé… Mais il me semble que Paul aussi savoure en gourmand les dernières gouttes de votre virginité expirante, Mademoiselle la jalouse !…
Anna. — Oh ! méchant, voilà que vous le faites sortir au moment où j’allais encore battre de l’aile… Mes envies renaissent plus chatouilleuses…
Paul. — Ne me gronde pas, Anna… si tu sentais le désir que j’éprouve !…
Anna. — Parle, chéri, j’obéirai. Veux-tu sur le grand lit de l’alcôve ?
Paul. — Pas encore, mon amour, nous serons mieux ici pour ce que je veux faire, tu vas voir. Toi, Louis, allonge-toi de dos, sur le moelleux tapis, à côté d’Anna de façon que ton membre la provoque en faisant sous nos yeux le petit obélisque… là… parfait, mon ami.
Anna. — Vois donc, chéri, comme le petit scélérat se dresse ?…
Paul. — Tu vas lui rabattre le caquet, ma poulette, et de la bonne façon.
Anna. — Comment m’y prendre, mon cœur, pour lui rabattre le caquet ?
Paul. — Enjambe-le, mignonne, comme ceci… à califourchon. Que la pointe de son dard effleure les lèvres roses de ton bijou virginal… Prends-le entre tes doigts, ce membre superbe !… maintenant baisse la croupe pour l’introduire… très bien, il y est… allonge-toi complètement sur lui, ventre contre ventre… bravo, mignonnette ! Et en avant les coups de cul. Je vois que tu es aussi experte écuyère que docile monture. Spectacle enchanteur… quelle croupe agile et souple ! Quelle adorable chute de reins… quelle courbe gracieuse dans cette séparation lascive des fesses qui me laisse entrevoir l’orifice d’un pucelage encore plus mignon que celui que je viens de cueillir dans le joli pétoir de ton aimable coursier. Ce pucelage, Anna, voilà plusieurs nuits que j’en rêve sans oser te le dire… j’en ai envie, je le veux !
Anna. — Oh ! cruel ! ce n’est donc pas assez d’avoir reçu tour à tour dans ma fente de jeune fille, la lave impudique du Vicomte et la tienne ? Il me restait donc un nouvel outrage à subir de ta pique amoureuse ? Il faut donc que mon cul… Mon pauvre cul… Ciel !… quelle honte ! Cher, cher Louis !… te fais-je du bien ?… comme ça ?… Ah !… mon bien-aimé Paul… cesse de m’exciter… je me soumets, vilain chéri !… ne me chatouille plus. Tiens, fais… fais d’Anna à ta fantaisie, fripon que tu es… je suis tienne… Louis, mon tendre Louis, oh que je jouis !… mais je vais me venger sur vous des coups que je reçois par derrière. Il faut que je vous arrache la moelle et que j’abaisse l’orgueilleuse fierté de ce membre impudique auquel je suis enchevillée…
Louis. — Jouissances divines ! Jamais une femme n’a inspiré à un homme des transports pareils aux miens ! Anna, tu es la déesse de la volupté… Mais… je veux rester immobile pour mieux savourer tes savantes et lascives manœuvres… Ah ! Mademoiselle Anna ! oh ! ce mouvement vicieux ! On dirait que vous maniez la manivelle d’un moulin.
Anna. — Ai-je réussi à te donner autant de joie que j’en ressens ?… c’est que, ce coquin de Paul me chatouille par derrière d’une façon !… Je crois Dieu me pardonne ! qu’il veut exécuter sa menace… Paul, de grâce !
Paul. — Comme tu es étroite du cul, ma chère petite ?
Anna. — Tu ne t’en étais donc jamais avisé, vaurien ? tu n’en auras que plus de plaisir si tu réussis à le mettre dedans… Mais tu m’exaspères… Pousse donc ! Pousse dur !… Vois comme je te l’offre… Ah !… Paul… t’y voilà ! Dieu, qu’il est raide et gros !… que me reste-t-il maintenant de mon innocence enfantine ? Ô volupté ! voluptés infinies, célestes, divines ! Je jouis, je… meurs, je… suis morte !
Paul et Louis (en même temps). — Euh ! euh !… ah ! Anna !… ah !… Je fais, je coule, je décharge, je fous ! À plein cul !… à plein con !… Euh !… foutre !…
Àcette triple extase émaillée de libertines exclamations et de soupirs plus libertins encore a succédé un long et délicieux silence pendant lequel nos trois héros, étroitement collés, savourent l’excès de plaisir qui vient de les anéantir si amoureusement. Mais bientôt les jeunes Vicomtes recommencent à tâter le terrain. Ils n’ont point lâché prise, et leurs ardeurs se réveillent…
Anna. — Oh ! mes amis, je finis à peine de jouir et vous m’excitez encore, méchants que vous êtes ? Quel acharnement, Messieurs, contre une pauvre fille sans défense ! quel scandaleux abus de votre force ! C’est en vain que j’essaye de résister, vous me transpercez de deux côtés à la fois, vauriens ! N’avez-vous pas peur que vos membres se heurtent en allant ainsi dans mon corps au devant l’un de l’autre ? À chaque élan, leurs museaux roses doivent se toucher… Ah !… voilà maintenant que vous me saccadez en mesure… ô ma pudeur ! Paul… Louis… mes bien-aimés, que c’est gentil ce que vous me faites là ! Tous mes désirs renaissent.
Paul. — Ça me donne envie de vous chanter une chanson lascive dont le rythme accompagnera nos mouvements.
Louis. — Chante ami, je me charge de battre la mesure.
Anna. — Ô le joli chef d’orchestre ! On ne verra même pas votre bâton.
Louis. — Mais tu le sentiras, mignonne, et c’est tout ce que je veux.
Paul (chantant) :
Ôma blanche et douce amie,
Tant que ta cuisse polie
Provoquera mes amours,
Je t’enfile… file… file… je t’enfilerai toujours !
Anna (sur le même air) :
De ta blanche et douce amie,
Tant que la cuisse polie
Provoquera tes amours,
Tu m’enfile… file… file… tu m’enfileras toujours !
Paul et Louis :
Tant que notre vit folâtre,
De tes deux fesses d’albâtre
Pourra lécher les contours,
Nous t’enfile… file… file… nous t’enfilerons toujours !
Anna :
Tant que votre vit folâtre,
De mes deux fesses d’albâtre
Viendra lécher les contours,
Vous m’enfile… file… file… vous m’enfilerez toujours !
Paul et Louis :
Tant que la fente ingénue
D’une fille toute nue
À nos vits fera la cour,
Nous t’enfile… file… file… nous t’enfilerons toujours !
Anna :
Tant qu’à ma fente ingénue,
Votre pine toute nue
En bandant fera la cour,
Vous m’enfile… file… file… vous m’enfilerez toujours
Paul et Louis :
Tant que les vits des bons drilles
Serviront aux belles filles
De baguettes de tambour…
Nous t’enfile… file…
Euh !… euh !… Aïe !… Anna !
Anna. — Oh ! que vous êtes vicieux !… Cela vous a transportés de sacquer en mesure ?… Ah ! De grâce… achevez-moi !…
Tant que les vits des bons drilles
Serviront aux jeunes filles
De baguettes de tambour,
Vous m’enfile… file… file… vous m’en…
oh ! Dieu du ciel, je fous encore !… j’en ai honte !… Et vous ?… Paul ! Louis ! faites comme moi !… foutez ! foutez librement, mes amis ! J’en ai plein le con et plein le cul, et j’en veux encore ! J’en veux encore Paul ?… j’en veux encore beau Vicomte ?… Si vous saviez comme mon corps de vierge a soif de foutre mâle !… Paul, place-moi sur le dos de Louis… comme Claire ? Louis me portera pendant que tu me feras la sottise de toutes tes forces.
Louis. — Viens, ça, ma belle ! tes reins contre mes reins, tes jolies fesses rebondies bien appliquées contre les miennes… laisse-toi aller sur moi… Écarte les cuisses ! Vite, Paul, viens la secourir… Ouf ! quelle secousse ! Comme tu remues les hanches, coquine d’Anna ! Eh ! quoi, déjà vous jouissez ?… déjà, polissons que vous êtes !… vous coulez ?…
Anna. — Oh ! Paul, que tu es cruel de sortir si vite ton affaire !… Rentre-la, mon ami ! Ne vois-tu pas que je ne m’appartiens plus, mes sens sont embrasés !… Voudriez-vous tous deux, en exaspérant ainsi mes amoureuses ardeurs, me contraindre à me branler devant vous ?
Paul. — Viens donc sur mon dos, polissonne, tes fesses entre mes fesses, je veux que Louis goûte entre tes cuisses les voluptés que je viens d’éprouver. Mets-toi bien !… que tes fesses sont chaudes !…
Anna. — Allons, paresseux Vicomte, me voici en posture : approchez, je ne vous redoute pas, malgré votre pique dressée… N’est-ce pas que je vous l’offre aussi beau que cette coquine de Claire ?… Aïe ! mon ami, vous y voilà !… nous y voilà tous deux… vous, mon roi, et moi, vos amours… comme je me sens bien enchevillée !… Si j’avais besoin de faire pipi, Vicomte, voilà certes un bouchon qui m’en ôterait l’envie.
Tels étaient les jeux et les propos du trio amoureux, qui ne s’arrêta dans ses libertins divertissements, que lorsque la fatigue imposa silence aux sens surexcités. Accablés de plaisirs, les trois amis reposèrent deux heures côte à côte sur le grand lit. Après quoi ils s’habillèrent et retournèrent à la Cerisaie. Anna avait promis de laisser sa porte ouverte, afin qu’à la faveur de l’obscurité, Paul et Louis pussent aller passer la nuit dans sa chambre.
Ils ne se doutèrent guère en ce moment, nos heureux Vicomtes, que leur tendre escapade avait eu un témoin, et que ce témoin venait d’avoir un entretien confidentiel au château de la Vigeraie, avec la tendre Joséphine. Aussi, quelle ne fut pas leur surprise et leur confusion, lorsqu’à la nuit tombante, ils reçurent la lettre suivante adressée par Joséphine à son amant, et apportée du château par André, le jeune groom, qui était allé faire une visite à sa jeune sœur Emma :
« J’en apprends de belles ! Me voilà donc déjà oubliée, moi qui me suis donnée à vous, comptant sur votre fidélité ! Les doux baisers et les tendres abandons de votre petite Joséphine n’étaient donc pas assez capiteux pour votre libertinage ? Non ! Il faut à Monsieur les polissonneries d’une dévergondée, il lui faut les aperçus folichons d’une luronne qui, perchée sur son cerisier, ne se doute pas, la rouée, que, en écartant les jambes d’une branche à l’autre, elle livre aux convoitises viriles de deux galants restés au pied de l’arbre, les secrets les plus mignons de sa pudeur. Je vous vois d’ici, polissons, le nez en l’air, vos regards fouillant les dessous de la jeune Anna… sans doute pour vous renseigner sur la couleur de ses jarretières… Ah ! coquins que vous êtes tous les trois, toi, Paul et cette fille ! Quelle scène je vous ferais si je n’étais pas si bonne ! Comment pardonner une pareille conduite ? Hélas, il faut bien m’y résoudre ! Malgré vos infidélités, peut-être à cause d’elles, je vous aime Louis, et j’ai soif de vos baisers. Louis, Louis, tu m’as ensorcelée… j’ai envie de toi ! viens me faire jouir de tes amoureux transports… viens, ami, essayer d’éteindre le feu que tu as allumé dans tout mon être ! Amène Paul et Anna si tu veux, je me livre à vous… vous ferez de moi à votre fantaisie, je me sens la force d’obéir à tous vos caprices… Tout m’est égal, pourvu que je sente dans mes heureuses entrailles la chaleur de ton membre révolté. Oh ! de grâce, qu’Anna modère l’expression de votre tendresse et n’oublie pas que je suis aussi friande qu’elle du nanan que vous lui prodiguez à foison. Pas de gêne entre nous, mon ami. Si Paul ou toi connaissez quelques filles jolies, amoureuses et discrètes, amenez-les au château. Maman m’a fait confidence d’un projet enchanteur qu’elle a rêvé avec Justine, ma chère Nounou, et qui va se réaliser au premier jour : La vie n’ayant d’autre raison d’être que la jouissance d’amour, amenez garçons et filles beaux et vigoureux, et nous allons organiser ici des orgies auprès desquelles vos ébats dans le Pavillon de Chasse vous paraîtront des enfantillages.
Et je signe, ta cousine et ta maîtresse,
Joséphine de la Vigeraie ».
Paul. — Voilà qui est parler ! Tudieu, quelle luronne que ta cousine, et comme il me tarde de la tenir en tête-à-tête !
Louis. — Tu veux dire « poil à poil », polisson. Mais comment, diable, Joséphine a-t-elle appris notre rendez-vous avec Anna ? Qui nous a vus ?… Je n’en reviens pas.
Paul. — Qu’importe ! Elle sait tout, tu le vois. Moi, ce qui me plaît surtout, c’est l’idée de cette association libertine de jolies filles et de bons drilles.
Louis. — Ce qui me plaît à moi, c’est ce que Joséphine me dit de sa maman : Que de fois j’ai rêvé de la beauté sculpturale de ma noble tante !
Paul. — Pendant que ta noble tante se chatouillait le bouton en rêvant de son côté, à la beauté de tes formes juvéniles. Sois donc heureux, ami, puisque dans quelques heures vous allez pouvoir l’un et l’autre vous livrer en toute liberté à vos plus tendres fureurs… Mais Joséphine réclame de joyeux compagnons.
Louis. — N’avons-nous pas, Anna ? Il faut que demain matin André la conduise au château, pendant que nous passerons tous deux par le village d’Arvan.
Paul. — Ah ! nous allons voir les jolies couturières ! Dieu de Dieu, il me semble que l’aînée n’est plus aussi farouche avec moi… si demain je pouvais…
Louis. — C’est cela ! Fais-lui faire le saut, et je me charge de Fernande : Si tu m’avais vu l’embrasser l’autre jour derrière une porte !
Paul. — Je suis sûr que la coquille leur démange, à ces deux petites couturières ! Elles ont des yeux passionnés qui inspirent tout autre chose que la chasteté.
Louis. — Quel plaisir de les faire mordre au fruit défendu !
Paul. — Moi, j’ai bon espoir pour demain ! Mais voilà la nuit venue !
Louis. — Vite, allons rejoindre la délicieuse Anna qui doit nous attendre et s’impatienter. Tu brûles de lui mettre la main sous les jupes…
Paul. — C’est bien bon de fourrer la main sous les jupes d’une jolie fille, mais ce qui est encore meilleur, c’est de lui loger quelque part son saucisson vivant.
Louis. — C’est toujours là que l’on en vient avec les femmes… Comme tu bandes, ami ?
Paul. — Je banderais bien plus raide si tu me montrais tes fesses nues, tes jolies fesses rondes et blanches avec la raie au milieu…
Louis. — Attends que nous soyons dans la chambrette d’Anna. Pendant que je satisferai avec elle mes désirs, tu me regarderas par derrière…
Paul. — Je te regarderai, mais tu n’en seras pas quitte pour si peu, je te préviens.
Louis. — Que la volonté de Dieu soit faite… Voici la porte d’Anna ? Guide-moi, mon ami ! Elle doit languir… moi, je brûle !
Et maintenant, chère lectrice, laissons le chaste lit de la jeune jardinière gémir sous les amoureux assauts dont il va être le théâtre pendant cette nuit fortunée, et retournons au château retrouver les jeunes séminaristes avec leurs charmantes institutrices : Éveline, Nounou et Emma. Allons retrouver aussi la douce Joséphine, dont la première nuit d’amour a soulevé les passions comme une tempête soulève l’Océan.