‹ Les causeries du docteurChapitre 22 sur 41 · I

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Il était une fois un pauvre malheureux médecin qu’on appelait le père Bourri; au physique, certaines gens lui trouvaient l’aspect _crétinoïde_, mais il y avait une telle concordance entre son physique et son moral, qu’il eût été véritablement injuste de ne pas admirer un si parfait accord. Ce pauvre homme n’avait pour toutes ressources que cinquante pauvres mille livres de rentes et le produit de sa clientèle; c’était bien peu de chose pour vivre. Aussi, comme il ne possédait ni enfants, ni chiens, ni chats, ni poules, comme il ne s’était point chargé de nourrir les malheureux de son quartier, on comprend qu’il était obligé de s’imposer les plus grandes privations, et de se refuser même le nécessaire, afin de ne pas être réduit à la besace; et puis, on a beau avoir cinquante mille livres de rente et une grosse clientèle, on peut tomber malade tout comme un autre, et se trouver dans l’embarras si l’on n’a pas quelques petites économies devant soi.