‹ Les ChimèresChapitre 75 sur 99 · Le foyer

Le foyer

En hiver, nous causions sous la lampe. On veillait.
La grande sœur, sereine et douce, travaillait ;
Encore enfant, déjà suave jeune fille.
Nos doigts roses et fins faisaient courir l’aiguille
Que suivaient ses grands yeux. C’était plaisir de voir
Cette image candide et sainte du devoir.
Sa sœur avait dix ans et lisait, la savante,
Les contes qui sont vrais, l’histoire qu’on invente
Quelquefois, curieuse et le front dans sa main.
Le père souriait, rêvant au lendemain.

PROLOGUE D’OUVERTURE

Aujourd’hui vendredi, vingt-huit du mois d’octobre,
Nous allons exciter par une gaîté sobre,
Dont vous êtes priés de faire un très-grand cas,
La sensibilité de vos nerfs délicats.
Donc, l’amitié chez nous donnant la comédie,
La critique est de trop et je la congédie,
Moi, Prologue, qui viens exprès en habit noir.
Est-ce Augier ou Musset que nous jouons ce soir ?
Feuillet qui pleure un peu, Siraudin qui fait rire,
Ou monsieur Legouvé, qui passe pour écrire ?
Allions-nous préférer ces auteurs en renom
Quand nous avions en main deux de nos pièces ? Non !
Avouez-le du moins, la saison est complice
Des tirades en vers alexandrins, calice

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