Le dernier omnibus
La fête était intime et tout à fait charmante ;
Mais, comme ce soir-là, sa sœur était souffrante,
Quand les verres dix fois furent remplis et bus,
À minuit, elle dit : « Le dernier omnibus
» Va partir : disons-nous adieu, mon cher poète. »
Et secouant gaîment sa rose et fine tête,
Dont les cheveux coupés ont fait l’ovale rond,
Au baiser confiant elle tendit son front.
Sur le mien dut alors briller cette auréole
Que Dandin, soucieux alors qu’on le cajole,
Porte si plaisamment et si piteusement.
« Va, dis-je, chez ta sœur ; car c’est le moins vraiment
» Qu’on aille un peu soigner la fille de sa mère. »
Vers le troisième jour, cette pensée amère
Me vint, vous n’y sauriez donner un démenti,
Qu’à minuit le dernier omnibus est parti !