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Chapitre 2 À travers la fête

Pénélope était plus morte que vive. Elle tremblait de tous ses membres ; mais ses terreurs la consolaient un peu de son abandon. Comment ne pas espérer quelque petit roman pour soi-même, au milieu de toutes ces choses romanesques ?

Pénélope ne demandait que cela, un petit roman : un pirate pour la poignarder en poussant des cris d’Othello, un Albanais même, un simple Albanais pour l’enlever dans une tartane. Mais le temps s’écoulait, hélas ! Autour de Pénélope, l’allure du bal devenait de plus en plus mystérieuse et dramatique, et aucun de ces mystères n’était pour elle ! On eût dit que tous ces drames se donnaient le mot pour la laisser en dehors.

Les dominos du massif s’éloignèrent, portant ailleurs leur sombre conjuration. Des groupes affairés se montrèrent. On parlait italien. Pénélope endurait le supplice de Tantale. Pour tromper sa fièvre, elle atteignit son carnet et inscrivit quelques remarques judicieuses, fruit de ses récentes observations :

« Naples(suite) : grande taille des colonels. – Ils viennent chercher les dames étrangères dans les hôtels pour les conduire au bal. – Un peu fous, parlant sans cesse de diamants. – Toilettes des femmes, choquantes. – Femmes laides. – Pas assez de rhum dans les sorbets. »

La danse faisait trêve dans les salons : les couples, fatigués de plaisir, s’éparpillaient le long des allées d’orangers et de myrtes, parmi lesquels d’énormes camélias en pleine terre étalaient le splendide bouquet de leurs fleurs sans parfums. C’était l’hiver, mais l’hiver de Naples, plus beau que le printemps de nos durs climats.

Pénélope avait dans le cristallin je ne sais quelle maladie anglaise qui l’empêchait de voir les femmes jolies ; et pourtant elle resta tout à coup bouche béante à contempler une jeune fille qui passait.

Elle n’avait, celle-là, ni domino ni masque. Sa robe de mousseline blanche, simple et dessinant les adorables contours d’une taille de dix-huit ans, ne portait d’autre ornement qu’une guirlande légère et sobre de liserons bleus. Elle avait aussi dans les cheveux quelques-unes de ces douces fleurs des nuits. Et c’était toute sa parure. Elle était si belle ainsi, cette jeune fille, que Pénélope laissa échapper ses tablettes.

La main de la jeune fille s’appuyait sur le bras d’un cavalier de grande mine, qui était beau comme elle était belle. Il y avait un air de famille entre eux.

Tandis que Pénélope les contemplait, jalouse de cette perle de beauté, et lui enviant son superbe cavalier, tant pour la couleur de ses cheveux que pour le calme et profond regard de ses grands yeux noirs, le couple tourna le berceau et s’enfonça dans ce même massif où naguère les dominos causaient tout bas.

— Angélie, dit le cavalier, qui porta doucement la main de la jeune fille à ses lèvres, je suis ton frère, mais je suis aussi ton père et ton protecteur… Je suis le chef de la famille Doria-Doria… Laisse-moi te parler comme te parlerait notre noble père, si Dieu ne lui avait pas donné place au paradis.

— Loredano, mon bon frère bien-aimé, répondit Angélie, je t’écoute comme si tu étais Giacomo Doria, mon vénéré père.

Ils s’assirent sur un banc de gazon. Lorédan se recueillit avant de reprendre la parole.

— Ma soeur, dit-il en serrant la belle petite main d’Angelie dans les siennes, tu es la plus belle, tu es la plus riche, tu es la plus noble parmi les jeunes filles de la cour… Tu es aussi la meilleure et la mieux digne d’être adorée… J’ai longtemps cherché autour de moi l’homme qui pourrait être ton égal. Je ne l’ai pas trouvé. Il n’est pas…

— Ceci est de l’orgueil, frère chéri, interrompit Angélie rougissant et souriant à la fois.

— Ceci est la vérité, ma soeur… et il y a une chose singulière… Te souvient-il de ces belles comédies espagnoles que nous lisions ensemble ? Les journées héroïques de Lope et de Michel Cervantes ?… Notre grand-mère était une Medina-Celi, ma soeur… et il y a du sang de Castille dans nos veines.

— Pourquoi me dis-tu cela, frère ? murmura Angélie.

— Parce que… Mais tu étais émue et passionnée comme moi au contact de cette fière poésie… T’en souviens-tu ?

— Je m’en souviens.

— L’âme de tout cela, c’est l’honneur… l’honneur ombrageux et armé… l’honneur qui se garde par le poignard et par l’épée.

Angélie était pâle.

— Mais pourquoi me parles-tu de cela, frère ? répéta-t-elle en baissant involontairement la voix.

Lorédan poursuivit, comme s’il eût rêvé tout haut :

— Cette épée qui veille sur le miroir de famille, afin qu’aucun souffle étranger ne le ternisse, as-tu remarqué cela, Angélie, dans les comédies de Vega et de Cervantes, cette épée est toujours dans la main du frère ?

La belle jeune fille ne répondit point. Ses yeux se baissèrent, et son doux sourire s’envola.

— Angélie, reprit Lorédan, dont la voix se fit plus lente et plus grave, ne m’interroge pas, car je ne saurais point encore m’expliquer… mais crois-moi, mon coeur me le dit, il y a une menace suspendue au-dessus de la maison Doria !… Et je n’ai jamais mesuré si bien qu’aujourd’hui la responsabilité que mon titre de chef de famille fait peser sur moi…

Dans les jardins, des voix se firent entendre.

— La comtesse ! disaient-elles, Son Altesse royale cherche la comtesse Doria !

Angélie fit un mouvement pour répondre à cet appel. Lorédan la retint.

— Tu l’aimes donc bien !… murmura-t-il si bas, que sa soeur eut peine à l’entendre.

Une nuance d’incarnat vint aux joues d’Angélie, tandis qu’elle répondait :

— Je l’aime autant qu’on peut aimer.

Lorédan abandonna sa main, et ses sourcils se froncèrent.

En ce moment, il eût été curieux d’observer ces deux visages si parfaits dans leur diverse beauté. Le courroux de Lorédan était triste et comme paternel. Les yeux d’Angélie venaient de se relever, exprimant une fierté inattendue et toute prête à la révolte.

C’était une douce jeune fille ; chacun disait que son nom peignait son âme. Jusqu’alors, elle n’avait jamais résisté à l’autorité de son frère. Ceux qui la connaissaient comparaient l’égalité suave et gaie de son caractère à l’azur sans nuage d’un ciel de mai.

— Je l’aime tant, continua Angélie, dont la douce voix ne tremblait pas, que, si vous aviez quelque chose à me dire contre lui, mon frère, je refuserais de l’entendre !

— Est-ce toi qui parles ainsi, ma soeur ? balbutia le Doria.

— C’est moi, mon frère… C’est la princesse Coriolani !

Lorédan baissa vivement ses paupières pour cacher la flamme sombre qu’il sentait s’allumer dans ses prunelles.

— Vous n’êtes pas encore princesse Coriolani, Angélie ! prononça-t-il en contenant sa voix.

— Celui qui m’empêcherait de l’être, prononça distinctement la jeune fille, se déclarerait mon plus mortel ennemi !

Doria tressaillit et la regarda.

— Vous a-t-il donc jeté un sort comme aux autres ? dit-il d’un ton où la colère mettait quelque chose de provocant.

— Mon frère, répondit Angélie essayant de reprendre sa main qu’il retirait, ne prononcez pas des paroles que vous regretteriez bien vite… Vous êtes bon, vous êtes noble, vous m’aimez… ce qui est en moi, vous ne le comprenez pas, et je n’ai pas le pouvoir de vous le faire comprendre… Je n’ai pas besoin qu’on me plaigne… je ne veux pas qu’on m’outrage !

Dans les sentiers voisins, on riait et l’on causait. De tous côtés venait le joyeux bruit de la fête. Vis-à-vis du banc de gazon qui restait caché derrière les lauriers et les camélias arborescents, deux allées se croisaient, formant un rond-point au centre duquel était la Vénus de Médicis.

Un domino, dont la marche pesante annonçait un grand âge, s’arrêta au pied de la statue. Il resta un instant seul dans le rond-point. Angélie et Lorédan purent le voir déchirer une page de ses tablettes, sur lesquelles il avait tracé quelques mots à la hâte.

Il frappa dans ses mains trois fois, puis deux fois, puis une fois. Un homme masqué parut au détour de l’allée, et reçut de ses mains le papier.

— Je ne connais pas celui-là ! murmura le Doria.

— Ce vieillard !… commença Angélie.

— Ce vieillard est Massimo Dolci, le banquier de la cour, mais l’autre…

En ce moment, celui qu’on venait d’appeler Massimo Dolci dit à son compagnon masqué :

— Il faut qu’ils sachent cela… et tout de suite… Allez, je les attends ici.

Presque aussitôt après, Massimo Dolci fut entouré de trois autres personnages, parmi lesquels était le colonel San-Severo. Lorédan nomma les deux autres : Andrea Visconti-Armellino, intendant de la police royale, et le cavalier Ercole Pisani.

— Il ne manque là que Johann Spurzheim, le directeur de la police royale, dit-il ; nous verrions réunis tous les amis du prince Fulvio !

Ceci était une provocation. La comtesse Doria n’y répondit point.

Massimo Dolci et ses trois compagnons s’entretinrent un instant à voix basse. Ce qu’ils disaient, on ne pouvait l’entendre.

— Tout a été prévu, fit cependant Visconti-Armellino, en réponse à une question du vieux banquier ; c’est Johann Spurzheim lui-même qui interrogera Felice.

Lorédan sourit avec amertume en entendant prononcer le nom du directeur de la police royale.

Massimo Dolci s’éloigna en s’appuyant au bras du cavalier Ercole Pisani.

C’était une belle tête de financier, ce vieux Dolci. Son front large et ferme se couronnait de grands cheveux blancs. Il avait dans Naples, et surtout à la cour, cette haute renommée commerciale qui est presque de la gloire. Sa fortune immense s’était faite, selon la croyance commune, en Angleterre. Sur ses vieux jours, par un louable sentiment patriotique, il en avait voulu faire profiter son pays natal. Depuis trois mois, chaque fois qu’il y avait une crise, on parlait volontiers de lui pour diriger les finances de l’État. La question de savoir s’il en était digne se trouvait résolue d’avance par son crédit sans bornes et son habileté. Mais on craignait qu’il ne daignât point accepter.

Ercole Pisani, son compagnon, homme de grandes relations et de belle compagnie, était un Vénitien. Il y a longtemps, hélas ! que les Vénitiens n’ont plus besoin d’excuse pour abandonner leur patrie. Ercole Pisani occupait une position considérable à la cour, soutenu qu’il était par le prince Fulvio, par Massimo Dolci et par Johann Spurzheim. On avait parlé de lui récemment pour être secrétaire d’État aux relations extérieures.

Armellino-Visconti, l’intendant, jeune encore, plus élégant s’il est possible, et plus insinuant surtout que le cavalier Pisani, occupait une position d’autant plus importante, que son supérieur immédiat, le seigneur Spurzheim, chancelait entre la vie et la mort.

Quant au colonel San-Severo, son chemin, à la cour, ne se faisait pas tout seul. L’intelligence ne brillait pas par excès dans cette tête d’Alcide. Ses amis ne le méprisaient point, parce qu’il pouvait beaucoup dans un coup de main, mais il n’était pas bon pour l’intrigue politique où l’association se trouvait inopinément mêlée, par le souverain vouloir du grand maître.

Lorédan Doria garda un instant ce sourire amer et triste qui était autour de ses lèvres.

— Il faut que le prince royal et Sa Majesté elle-même soient ensorcelés ! murmura-t-il encore ; voilà quatre aventuriers qui sont, à l’heure où nous sommes, les premiers de Naples !

— Je ne les connais pas et je ne les défends pas, répliqua Angélie ; je connais Fulvio et le défends.

— Vous le connaissez !… répéta Lorédan.

Mais il retint la parole irritée qui était sur ses lèvres, et reprit d’un ton mélancolique et plus tendre :

— Pauvre enfant chérie ! tu étais notre joie et notre orgueil. Je n’ai point de rancune contre toi. Cet homme t’a dominée comme tant d’autres. Et moi-même, n’ai-je pas été son ami ?

— Pourquoi ne l’êtes-vous plus, mon frère ? demanda Angélie.

— Parce que tu l’aimes, répondit le Doria sans hésiter.

Puis il poursuivit, expliquant sa pensée d’un ton affectueux et noble :

— Nous étions seuls tous deux sur cette terre, ma soeur… Nous avions la richesse, nous avions la puissance ; mais Dieu qui ne donne jamais tout à la fois, avait fait le vide autour de nous… Notre père était mort, notre sainte mère l’avait précédé dans la tombe… Sais-tu combien de fois, jeune homme que j’étais déjà, je me suis assis pensif et découragé auprès de ton berceau d’enfant ?… Sais-tu combien de fois j’ai contemplé, les larmes aux yeux, ton souriant sommeil ?… Je te le dis, Angélie, je t’ai aimée au-dessus de tout ici-bas ; au-dessus même de la jeune fille tendre, belle et si malheureuse que je nommai un jour ma fiancée…

Une larme furtive vint aux yeux d’Angélie. Elle attira jusqu’à ses lèvres la main de son frère et la baisa silencieusement. Lorédan se pencha au-dessus de son front, qu’il effleura.

— Non, s’écria-t-il, sur mon honneur de gentilhomme et sur ma foi de chrétien, ce ne fut point jalousie… Les pères sont jaloux parfois de leurs filles à l’âge d’aimer, et je suis ton père, enfant chérie, ma petite soeur !… Je t’aimais assez pour être jaloux ; mais ce n’est pas cela, je l’ai juré ; tu sais si je puis mentir !… Seulement, j’ai eu pour toi la clairvoyance qui m’aurait manquée pour moi-même… J’ai regardé en face cet homme à qui j’avais donné mon amitié les yeux bandés… Et j’ai vu je ne sais quel nuage sur son présent : j’ai frémi ; j’ai porté mes investigations sur son passé… Ici, de tous côtés, la nuit !

— Je réponds de son passé, mon frère, prononça tout bas Angélie.

— Tu es femme… Les femmes s’abusent aisément quand elles aiment… Tu es jeune, la jeunesse est facile à tromper.

— Le roi est un vieillard… Le prince royal est un homme !

Lorédan passa les revers de sa main sur son front.

— T’appuierais-tu donc sur l’autorité de nos princes pour me résister, ma soeur ? murmura-t-il.

— Je m’appuierai sur vous, mon frère. Je m’adresserai à votre coeur…

— Et si je te disais : je ne veux pas !

— Je vous répondrais : j’aime !

La tête de Lorédan tomba sur sa poitrine.

— C’est donc bien fort, l’amour ? prononça-t-il sans savoir qu’il parlait.

Et comme si tout au fond de son coeur un sentiment nouveau, et avoué à peine, faisait à cette question une mystique réponse, ses lèvres s’agitèrent, et il ajouta :

— Oui, c’est bien fort !

Mais Angélie n’entendit point cela. Angélie était en proie à une agitation extraordinaire. Elle pâlissait et rougissait tour à tour. Lorédan sentit qu’elle se serrait contre lui, comme si une sensation d’effroi ou d’angoisse lui eût traversé le coeur. Il vit qu’elle avait les yeux pleins de larmes. Elle dit :

— Je souffre et je voudrais mourir !

Elle dit cela comme avait dit cette autre pauvre enfant aussi bas descendue sur les degrés de l’échelle sociale qu’elle y était haut montée, elle, cette radieuse et adorable Angélie. Elle dit cela comme avait fait la fillette de Sicile, la petite Céleste, la soeur du séminariste Julien.

Et, comme Lorédan la regardait avec épouvante, car les hommes n’ont aucune manière de comprendre une semblable plainte, un incarnat plus vif vint à ses joues charmantes, et ses yeux brillèrent de fierté.

— Je voudrais mourir, répéta-t-elle, car son amour seul peut me sauver, et je ne sais pas s’il m’aime.

Lorédan la prit entre ses bras.

— Te sauver de quoi, ma soeur ? s’écria-t-il.

Angélie hésita. Deux ou trois fois son sein charmant se souleva comme si elle eût été sur le point d’éclater en sanglots. Mais soudain, relevant la tête d’un air provocant et interrogeant au lieu de répondre :

— Mon frère, demanda-t-elle, que faisiez-vous, la nuit dernière, au coin de la rue de Mantoue et de la piazzetta Grande, en face de ce vieux bâtiment qu’on appelle la maison des Folquieri ?

Lorédan tressaillit violemment et resta stupéfait à la regarder. Elle se leva. Il n’essaya point, cette fois, de la retenir.

— Il y a une énigme en moi, dit-elle, que vous ne pourrez pas deviner, mon frère ; moi-même, j’y perds ma peine… Je souffre, mais ne craignez rien pour l’honneur de notre nom… Je serai morte avant de faillir.

Elle disparut, légère comme une sylphide, à travers les arbustes. Tout au fond du massif, un éclat de rire étouffé se fit entendre. Lorédan bondit sur ses pieds. Une autre robe blanche courait derrière les orangers.

— C’est ce démon de Nina ! murmura Lorédan, qui se laissa retomber sur le banc de gazon.

— Comte, dit une voix près de lui, je suis content de vous trouver seul.

Le nouveau venu était un des six dominos que nous avons vu tenir ce mystérieux conseil derrière le berceau où Pénélope Brown se reposait. C’était le domino à qui ses compagnons avaient donné le titre de marquis. Celui-là même qui avait juré qu’au prix de son propre honneur ou de sa propre vie, il déshonorerait un homme cette nuit ou le tuerait. Lorédan se retourna vers lui et lui dit :

— Que me veux-tu, cousin Malatesta ?

— Je veux te demander deux choses, cousin Doria… D’abord, as-tu plaidé ma cause auprès d’Angélie, ta soeur ?

— Je l’ai plaidée.

— Et le résultat ?

— Angélie ne sera jamais ta femme.

Malatesta eut un sourire à la fois orgueilleux et haineux.

— Passons donc à ma seconde question, cousin Doria, dit-il. Le roi est maître partout ; mais tu es maître chez toi… Te déplairait-il qu’on fit, au nom du roi, cette nuit, une arrestation dans ton palais ?

— C’est selon, répliqua Lorédan ; si c’est pour le propre service du roi, je consens, sous condition… si c’est une affaire ministérielle, je refuse.

— C’est pour le propre service du roi. Ta condition ?

— Que la personne menacée ne soit pas mon ami…

— C’est ton ennemi !

— J’allais ajouter, cousin Malatesta, ni mon ennemi.

— Quand tu sauras son nom…

— Je le devine… Tu n’auras pas ma soeur, marquis Malatesta… Nous autres Doria, nous n’aimons point ceux qui combattent ainsi.

— J’ai combattu Fulvio Coriolani avec l’épée ! dit le Malatesta en se redressant.

— Bien, cela !… et tu as été vaincu… Peut-être aurai-je le même sort, cousin Malatesta… Mais, si Fulvio Coriolani est attaqué sous mon toit, je le défendrai avec l’épée.

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