L’Évolution religieuse
De récents travaux scientifiques ont merveilleusement mis en lumière la théorie du transformisme, cette théorie qui constate ce fait que, dans la nature, rien n’est immobile ou immuable, que tout évolue, se modifie, se transforme.
Il a paru intéressant à des esprits studieux de rechercher si cette loi d’évolution trouve son application dans le monde des idées et il semble d’ores et déjà établi que l’idée — comme la matière — traverse une incessante succession d’états et perpétuellement se métamorphose.
Si l’on admet que l’idée n’est en elle-même qu’un reflet interne de l’ambiance, qu’une adaptation au tempérament de chacun des sensations perçues, des impressions ressenties, dire que, dans la nature, tout se transforme, c’est, du même coup, avancer que l’idée — aussi bien que toute chose et de la même façon — est soumise aux lois du transformisme.
Mais comme, dans beaucoup d’esprits, il y a doute à l’égard des origines matérielles de toute idée, j’ai pensé qu’il y aurait utilité à contrôler l’exactitude de cette thèse qui assimile l’idée à l’être organisé, en appliquant à une idée donnée une rigoureuse observation et j’ai fait choix de l’idée religieuse, tant à cause du rôle considérable qu’elle a joué dans le passé, que de la place par elle occupée dans nos préoccupations, qu’en raison du réveil clérical auquel nous assistons.
Tout être organisé naît, se développe et meurt. Il s’agit de savoir si l’on rencontre dans l’idée religieuse ces trois phases : la naissance, le développement et la mort.
Ces trois périodes formeront la division de mon sujet ; en conséquence, mon étude comprendra trois parties : 1 naissance ; 2 développement ; 3 disparition de l’idée religieuse. J’y ajouterai quelques rapides considérations d’ordre général et d’actualité.