‹ Les Crimes de DieuChapitre 7 sur 19 · De l’absurdité criminelle des religions

De l’absurdité criminelle des religions

Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Et le monde qui nous entoure, d’où procède-t-il ? Le rigoureux enchaînement des faits dont la Nature nous donne l’incessant et régulier spectacle, est-il le résultat du hasard ou d’un plan magnifique sorti d’une intelligence infinie, servie par une volonté toute-puissante ?…

Ces questions, d’une importance capitale, il y a des siècles que l’humanité se les pose.

Suivant la réponse qu’on y fait, la vie est une quantité négligeable ou d’extrême importance.

Ces problèmes ne sont pas encore résolus et, peut-être, une certaine obscurité planera-t-elle toujours sur ces questions.

Toutefois, si la science n’est pas encore parvenue à dissiper toute hésitation sur ces points divers, elle a réussi à éliminer du nombre des conjectures que peut admettre la raison, l’hypothèse « Dieu » qu’avaient enfantée les époques reculées d’ignorance.

L’état actuel de la science ne permet plus qu’aux esprits bornés ou aux âmes crédules de se réfugier dans la foi pour y trouver les données nécessaires à la solution de ces problèmes redoutables.

Supposons que, par une de ces nuits superbes où le scintillement des étoiles ravit nos regards, deux personnages se promènent et échangent les impressions que leur suggère ce grandiose spectacle.

Supposons que nos deux personnages soient un enfant et un prêtre.

L’enfant est de cet âge où l’esprit tourmenté par la curiosité ne cesse de faire jaillir des lèvres mille et mille questions. Il interroge le prêtre sur le comment et pourquoi de ces splendeurs infinies qui roulent dans l’espace.

Le prêtre lui répond :

« Mon enfant, tous ces mondes qui provoquent justement votre admiration sont l’œuvre de l’Être suprême. C’est son infinie sagesse qui règle leur marche, sa toute-puissante volonté qui maintient l’ordre et assure l’harmonie dans l’univers. Nous aussi, nous sommes l’œuvre de ce Créateur. Il a daigné nous faire connaître, par l’intermédiaire des êtres qu’il a choisis, les voies dans lesquelles il lui plaît que nous marchions. Se conformer à ces voies, c’est le bien, la vertu. S’en éloigner, c’est le mal, le péché. La vertu nous prépare une éternelle béatitude, le péché un châtiment sans fin. Créateur, Révélateur et Providence, tel est ce Dieu à qui nous devons tout. »

Mais voici que survient un troisième promeneur. Celui-là est un matérialiste, un athée, un penseur libre. Il prend part à la conversation. Il réplique à l’enfant que l’ordre qui règne dans la nature est le résultat des forces qui régissent l’ensemble des êtres et des choses. Il affirme que Dieu n’est qu’une invention sortie de l’imagination ignorante de nos ancêtres ; qu’il n’y a pas de Providence, etc.

La discussion qui s’élève alors entre le croyant et l’athée n’est que le résumé des ardentes controverses que soulève depuis des siècles la question religieuse.

C’est cette discussion que ma conférence se propose de condenser en plaçant sous les yeux de mon auditoire toutes les pièces du litige.

Au cours de cette discussion, je m’efforcerai d’établir :

1 Que l’hypothèse « Dieu » n’est pas nécessaire ;

2 Qu’elle est inutile ;

3 Qu’elle est absurde ;

4 Qu’elle est criminelle.

Les deux premiers points se rattacheront plus spécialement au Dieu-Créateur ; le troisième au Dieu-Rédempteur, et le quatrième au Dieu-Providence.

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