‹ Les Délices libertinesChapitre 14 sur 14 · 14

14

es Lignon nous ont quittés il y a deux jours, emmenant avec eux dans leur propriété de la Tourraine, Monique sur qui ils ont certainement des desseins concertés.

Mme de Servannes part aujourd’hui pour Hendaye et nous enlève May et Fred qui, sans fortune, comptent, je crois bien, monnayer la folie qui la tient pour une queue souveraine qu’elle paiera son pesant d’or.

La nuit dernière fut donc celle de nos adieux. Clorinde en avait fait le programme à mon insu.

Àl’heure de nous coucher, elle m’avait emmenée dans sa chambre comme d’autres fois, et je pensais que c’était seulement pour y partager avec elle l’exaltation si douce des nuits de Mytilène. Nous étions langoureusement étendue sur le lit, nos ventres s’entre-baisant à l’endroit de leur fourrure, nos seins se chatouillant de leurs bouts rosés, nos lèvres s’affleurant en des frottis légers. En cette pose nonchalante, il fallait voir nos doigts aller et venir autour de nos petits minets, se jouer dans leurs boucles annelées, se poser enfin et de cent mignardises émouvoir une lente jouissance où nos jeunes corps s’étreignirent alors à pleins bras, vulve contre vulve.

— Ménageons nos forces pour tout à l’heure, me dit Clorinde, comme je me coulais le long de ses jambes pour butiner sa fleur humide.

Au même moment, mon frère et Fred entraient sans bruit, à ma grande surprise, aussi nus qu’un ver.

— Et May ?… demanda ma cousine.

— Madame de Servannes se l’est appropriée pour la nuit, répondit Fred. Nous sortons de leur chambre où nous avons assisté à un lever de rideau fort plaisant. Deux petites scènes qui se passent sur le lit. À la première, May entre les pattes de Rick lui suçait la queue pendant que Mme de Servannes la gougnottait. À la seconde, May, baisée en levrette par Rick, rendait à Camille sa politesse.

— Voilà de l’inédit pour moi, s’écria Clorinde, et j’aurais payé pour y être. Mais vous deux, pendant ce spectacle ?…

— À la première scène, nous avons tenu à constater que May consommait son sacrifice jusqu’au bout sans répugnance. À la seconde, agenouillés de chaque côté de Mme de Servannes, nous l’avons éclairée de nos cierges qu’elle a mouchés dans sa bouche à l’instant de jouir…

— Mais, observa mon frère, je ne vois pas le petit Servannes…

— Chut ! fit Clorinde ; j’ai tout ordonné, il est pour le bouquet. Tirons d’abord les premières pièces. Cela en fait quatre, si je compte bien. J’espère qu’aucune ne fera long feu…

Nos deux baiseurs avaient déjà sauté sur le lit, et sans se disputer leur premier choix, Fred avait saisit ma cousine et j’étais tombée dans les bras de mon frère.

— Ma foi, dit-il cyniquement, à être incestueux, ne le soyons pas à demi. Je t’ai baisée en bouche l’autre jour, il faut bien que je t’éprouve de l’autre manière. Suivons en tout les lois naturelles…

— Alors, suggéra Clorinde, faisons d’abord la bête à deux dos… Couchons-nous côte à côte, Licette, et donnons-nous l’agréable spectacle de nous voir baisées… Viens, Fred, monte sur moi… mais je t’en prie, vas-y plus doucement qu’hier avec ta queue de cheval… Laisse-moi l’introduire moi-même ; attends que d’abord je m’en frotte un peu le bouton…

Georges, de son côté, m’avait enjambée et tout en patinant et suçant mes seins rondelets, il s’était mis, lui aussi, à frictionner de son vit les bords émus de ma petite motte.

Nous nous étions tus… Dans le silence éclairé de la pièce, montait le bruissement de la douce frication, traversé des soupirs de nos délices…

— Ah ! que c’est suave, murmura enfin Clorinde… Mais je sens, Fred, que tu pousses, tu es impatient d’entrer… Va, chéri… tiens, je t’ouvre ma porte toute grande… Pénètre dans le sanctuaire…

— Fais-en autant, Jojo, suppliai-je tendrement ; passe le seuil sacré… Que j’ai hâte de te recevoir…

Àla seconde, nous poussâmes, elle et moi, une exclamation de béatitude. Les deux glands vigoureux, s’immisçant d’une poussée progressive entre les lèvres de nos bijoux, en avaient forcé en même temps le col étroit.

Ce fût un nouveau silence où nous n’entendîmes plus que les halètements de notre souffle. Notre plaisir cheminait d’un pas égal. Ma langue dans la bouche de Georges, mes bras en collier à son cou, mes cuisses repliées sur moi, jambes croisées haut sur son dos, mon arrière-train ramassé sous son ventre dans la posture la plus raccourcie, je voyageais d’un mouvement de haut en bas sur le vit qu’il me plongeait perpendiculairement. Dans l’alternance contrariée du retrait et de la poussée, nous le dégagions de son fourreau jusques au bord, et chaque fois j’avais l’ineffable sensation de la sortie et de la nouvelle intromission. Il ne me fallut que quelques plongées du beau membre pour m’élever au plus sublime transport. Pendant que j’y montais avec une fougue qui ne le cédait pas à celle de Georges, Clorinde, pour sa part, commençait à hennir sous l’éperon de son cavalier.

— Ça vient, Licette… et toi ?…

— J’approche aussi, Cloclo… c’est divin… Ah ! ah ! va, Georges, pilonne-le fort, le gentil conin de ta sœur… Ah ! je meurs…

— Va ! Fred, j’y suis, glapit alors ma cousine. Ah ! ah ! ton gland me crève, monstre… Je jouis… je jouis follement… ah ! toi aussi… quels jets de foutre tu me craches, sacripant… Tu m’inondes… va encore…

Je fus moi-même délicieusement arrosée à cette minute, mes flancs se trémoussèrent sous les derniers coups de reins de mon amant que je fixai sur moi dans une étreinte spasmodique. Il soupira sa jouissance en écho à celle de Fred, mordit mes lèvres au sang ; ses ongles se crispèrent dans mes fesses, et quand il eut, en une suprême tension de sa verge, lâché sa chaude décharge, il se raidit de tout son long, sa tête sur mon épaule.

Àdemi retournée vers Clorinde toute pantelante, je lui tendis mes bras et dans un mol enlacement de nos bustes, nous achevâmes de cuver notre jouissance.

Nous fîmes ensuite notre toilette avec une eau très chaude qui réveilla notre ardeur assoupie.

— Nous avons tiré les deux premières pièces, dit Clorinde : aux deux autres maintenant. Ces Messieurs font honneur à leur sexe et sont, j’imagine, de force chacun à le faire, sans peine, quatre fois dans la nuit…

De fait, les deux verges, en sortant du bidet, proclamaient la tête haute qu’elles étaient prêtes à de nouvelles prouesses en attendant l’arrivée de Servannes.

— Voyons que j’en juge, ajouta ma cousine.

Ils étaient debout, en vis-à-vis. Elle s’agenouilla entre eux, prit une queue dans chaque main, et de ses lèvres, de sa langue, de ses doigts leur prodigua alternativement toutes les mignardises.

Je m’excitai aux mêmes badinages et je disputai à Clorinde les joies du suçage. À un moment ma cousine s’essayait à la folle gageure d’engouler ensemble les deux queues. Lui arrachant alors la quille de Fred, je me mis à la pomper gloutonnement, tandis qu’elle s’acharnait sur celle de mon frère.

Nous ne poussâmes pas le jeu trop avant, afin de partager avec eux la jouissance dont nous sentions monter la sève dans le gonflement veineux de leurs vits.

— Baisons, dit Clorinde qui s’était relevée… Voyons, quelle jolie posture allons-nous prendre ?… Un peu de nouveau… Enfilez-nous dans la pose du soixante-neuf…

Nous nous couchâmes, toutes deux, en travers du lit, tête-bêche, elle prenant le dessous, jambes pendantes dehors, moi agenouillée par-dessus. Lorsque nous fûmes ainsi disposées, cuisses ouvertes et visages dans le manchon, Fred se posta pour me le faire en levrette. Quant à mon frère, ramenant sur ses bras les jambes de Clorinde, il se mit debout pour opérer, contre le bord du lit.

Nos langues étaient déjà engagées sur nos clitoris quand nos amants foncèrent ensemble avec vigueur sur notre chat. J’avoue que ce fut une des plus agréables sensations que j’aie éprouvées par cette pénétration du formidable membre en même temps que ma cousine branlait de sa langue ou pinçait de sa bouche le petit pois caché sous ma mousse blonde. Mon plaisir se doublait du spectacle de la queue de Georges travaillant la gentille fleur d’amour dont je mâchais voluptueusement la rouge corolle.

Nous courûmes cette double poste dans un ravissement sans arrêt. Dès le premier instant la jouissance s’empara de moi.

— Ah ! petite cochonne, se récriait sous moi Clorinde, tu perds déjà et m’emplis la bouche…

Elle n’était point en reste, la coquine, et je m’enivrais aussi de sa copieuse émission de mucus… Nous régalâmes-nous assez de cette libation réciproque au cours de notre délire !…

Le vertige nous saisit tous les quatre au même instant, et comme froufroutait soudain dans la chambre le pas d’une robe de soie : c’est Claude Servannes qui entrait.

Il fut témoin du commun bonheur qui, dans nos gémissements, étreignait nos corps sous l’assaut de la jouissance la plus âpre. Elle me terrassa de sa violence sous les suçons et les morsures de Clorinde, alors que l’énorme vit qui me semblait, en cette posture, avoir pénétré mes entrailles, déchargeait en moi sa sève à gros flocons.

Furieusement collés à nous, nos baiseurs nous tinrent enclouées un instant encore des suprêmes hoquets de leurs queues bavantes, et quand Georges eut enfin retiré la sienne, je l’embouchai avec volupté, et lui fis rendre, pour les boire, les dernières gouttes de sa liqueur alcaline. Entre mes fesses écartées de cavale saillie, Clorinde aspirait avidement l’excès ruisselant de la semence de Fred… La présence de Claude, qui ne s’expliquait que pour de nouvelles débauches, nous mit debout.

C’est à peine si, occupée comme je l’étais à mon plaisir, je l’avais reconnu quand il s’était approché de nous, tant le métamorphosait le travesti féminin qu’il avait revêtu. Une jolie fille de dix-huit ans n’eut pas donné le change mieux que lui sous la robe décolletée que lui avait prêtée ma cousine. Juliette, chargée de sa toilette, avait réussi une coiffure postiche et un maquillage des yeux qui accentuaient sa beauté sensuelle d’un rehaut affriolant.

Nous étions tous sous le charme d’une illusion plus exquise que la réalité. Notre lassitude momentanée nous en fit une longue délectation d’attouchements des mains et du regard, au cours d’un souper que Clorinde avait fait préparer dans le boudoir attenant à sa chambre. Et ce n’était pas la chose la moins savoureuse que ce qu’il y avait de libertin et de recherché dans le contraste scandaleux de notre nudité avec les élégances de cette jeune femme en parure de soirée. Ce fut une heure d’exquises folies et de délicates privautés dont nous aiguisâmes notre désir sur les jupes de Claude et le mirage séduisant de son sexe incertain.

Clorinde était très éméchée lorsque nous nous levâmes de table, et titubait de la belle manière.

— Allons, mon cœur, dit-elle à Servannes en l’entraînant vers le lit, viens, ma jolie petite gousse, que je te le mette au cul… Viens là, que je fasse un peu l’homme… tu vas voir si je sais bien baiser… Vite, un godemiché… Où est mon gode ?… Surtout, celui à deux nœuds !…

Je le lui attachai à la taille et par les sous-ventrières, pendant que Claude, lui aussi passablement gris, s’abandonnait cuisses ouvertes sur le lit.

— Ah ! fais voir cette raie… montre donc… Tourne-toi bien… Regardez-moi ce joli cul… Tiens ! que j’y fasse une langue fourrée…

Puis, se tournant vers nous :

— De quelle manière je le lui mets ?… Comme les chiens ?…

— Es-tu sotte, répliqua Claude, fais-le moi à la papa… Relève seulement mes cuisses sur tes épaules, et mon petit trou s’offrira ainsi qu’un conin à ton godemiché…

— T’as raison, ce sera bon comme ça… Voyons, que je me fourre d’abord la machine dans le con… Là… elle y est… Tiens, ajouta-t-elle en montrant à Claude le parfait simulacre qui se dressait au haut de ses cuisses, regarde, ma poulette, si j’en ai un morceau à te loger…

— J’ai l’hospitalité écossaise, chérie… Va… du moins, fais-le bien…

Alors elle se coucha sur lui. Elle prit ses jambes sur son cou où il les noua ; et dans l’orifice mignon qu’ainsi pelotonné il lui présentait en avant, elle plongea sans ménagement la queue postiche. Celle-ci était d’un beau calibre et, bien qu’ointe de vaseline, sa pénétration laborieuse arracha des plaintes à Servannes.

Clorinde y trouvait le plus vif des piments.

— Régale-toi, petite chatte, disait-elle en poussant à petits coups de ventre… Sens-tu comme ça pénètre… Je la voudrais trois fois plus grosse pour te pourfendre… Tiens ! va petite salope… Crie donc et fais la pucelle… Mais je m’y logerai jusqu’au fond…

— Oui, chérie, soupirait Claude, avec la langueur d’un plaisir réel… pousse… baise ta petite putain… car je veux être une putain… Ah ! fais bien…

Le beau vit de caoutchouc pénétra tout entier et nous vîmes alors la charmante croupe de ma cousine monter et descendre dans le rythme d’un coït dont le travesti de Claude dissimulait tout à fait l’inversion.

Assis sur un canapé que nous avions approché du lit, Georges, Fred et moi dégustions cette piquante scène de décadence. Enlacée dans leurs bras, j’avais pris en chaque main la queue bien en forme qui décalottait entre leurs cuisses et je les manipulais, les caressais, leur faisais mille chatteries, sans quitter des yeux le branle régulier du ventre de Clorinde sur le cul de sa monture. Les soupirs des deux amants se précipitèrent et c’est Claude qui donna les premiers signes du délire qui venait.

— Oh ! chérie, murmurait-il, les paupières à demi-closes, fourgonne plus fort… va, c’est pas du chiqué… je vais jouir… Ah ! pourquoi n’as-tu pas une vraie queue… Baise ta putain… active… pousse-le au fond… Va !… va !…

Je le vis soudain étreindre plus violemment de ses jambes la nuque de son cavalier, et sur cet appui piquer en l’air son entre-fesses et, en mouvements rapides d’une étroite accolade, limer éperdument la queue qui le chevillait… Il jeta un cri, eut des hoquets qui s’étranglèrent…

— Hein ! si je sais bien le faire… s’écriait Clorinde en se démenant du croupion comme une folle. Jouis… jouis, ma petite putain… sens ces coups de cul… Est-ce bien goupillonner ?…

Éperonnant encore sa course :

— Va ! va ! clamait-elle, les yeux hagards… remue tes fesses… Tiens, moi aussi je jouis… ah ! ah ! ça y est… Ah ! cochonne que tu baises bien… mais c’est du foutre qu’il me faut… Ah ! qui vient m’enconner… vite, une queue… un vit solidement bandant… Je meurs…

Jamais je ne vis pareil transport. Elle avait dégainé le godemiché du cul de Claude et, demeurée à genoux, le buste ployé en avant, continuait à jouir sur l’engin qu’elle se manœuvrait des deux mains avec une rage d’hystérique. Comme je le lui détachais de la taille, Fred se précipita sur le lit. Il la prit à cheval, et en deux temps il enconna jusqu’aux poils son épieu massif qui la fit hurler de la brutalité de son irruption, mais la tordit ensuite sous la montée des plus extravagantes délices.

Quand, dans la même pose, qui cambrait son fessier, Clorinde fut repartie pour une nouvelle poste, son buste couché sur celui de Fred, Claude, s’étant retroussé, l’assaillit par derrière.

— À mon tour, dit-il, de te sodomiser…

Et d’un léger coup de reins, sa petite verge entra sans effort. Mais je n’eus pas plutôt vu dans la fente de son pantalon son ravissant petit cul, que je m’agenouillai dans l’écartement de ses jambes pour le postillonner sous ses jupes où j’avais enfoui ma tête.

Àmon tour, j’étais en bonne posture pour mon frère. En un tournemain, il me planta sa verge dans l’anus. Ce fut si impétueux que le réflexe de la douleur me redressa sur les genoux. Dans ce mouvement je m’empalai tout à fait, et Georges m’ayant de nouveau courbée sur les fesses de Claude, j’y dardai ma langue et passionnément j’effeuillai sa rose. D’une main je tripotais ses guignes, de l’autre, glissée sur le côté, j’avais atteint le clitoris de Clorinde et je la branlais. De même manière, Georges, tout en labourant mon fondement à grandes saccades, me titillait d’un doigt le bouton et, de son autre main, manœuvrait le godemiché dans mon bijou.

Une triple jouissance, comme jamais, m’effondra en quelques secondes. La lenteur de mon amant, que j’avais devancé de beaucoup, m’en fit une béatitude sans nom quand, enfin, clamant son propre délire, sa verge répandit en mes entrailles son épaisse libation. Je m’écroulai sur les mollets de Servannes au moment même où nos partenaires touchaient, eux aussi, à l’agonie du plaisir…

Un long silence enveloppa nos corps enlacés. Dans la prostration de notre félicité, le râle plaintif d’une étreinte voisine traversant le calme de l’aurore, vint porter jusqu’à nous le dernier écho des mêmes orgies qui, toute cette nuit, avaient également fait râler May sous les assauts lubriques de Mme de Servannes.

FIN

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