‹ Les DésirsChapitre 22 sur 101 · MON CŒUR DEMEURE OBSCUR…

MON CŒUR DEMEURE OBSCUR…

À Jean Cocteau.

Mon cœur demeure obscur si ma phrase est limpide ;
J’aime que la clarté baigne mes flots sans ride ;
Que des chants ingénus s’élèvent de mes eaux
Et qu’une brise pure incline mes roseaux ;
Mais malheur au passant esclave de ces charmes
Qui sur ma rive dort sans prudence et sans armes,
La fièvre sourde et lente erre à travers les vents
Mon lit se creuse et change et mes bords sont mouvants.

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