MÊME QUAND JE LA FUIS, MA GRANDEUR ME TOURMENTE…
À Madame Aurel.
Même quand je la fuis, ma grandeur me tourmente ;
De la colline en vain je veux poser mes yeux
Sur les ruisseaux, les bois, les avoines dormantes,
Je m’évade aussitôt de ces modestes lieux :
Je respire, je vis et j’aime sur la terre ;
Je m’y veux attacher, je fais tout de mon mieux ;
Mais ce n’est point par là que se vit mon mystère ;
Il n’admet pour abri que des lieux désolés,
Reconnus seulement par des héros ailés
Et même si je veux je n’en pourrai parler,
Car le sort de quiconque y désire voler
Est d’abord de brûler ici-bas solitaire.