MES VERS NE CROYEZ PAS…
À Frédéric Lefèvre.
Mes vers, ne croyez pas que je vous abandonne :
Je souffre du silence où je suis condamné ;
Tout arrête ma plume et pourtant je suis né
Pour vous ; le temps toujours m’est dérobé ; l’automne
Va commencer demain, qu’ai-je fait de l’été ?
Je vais de soir en soir, poursuivant le silence ;
De soir en soir, il fuit, par les bruits écarté.
Devrai-je donc toujours, sans gloire et sans défense,
Poursuivre obscurément d’inutiles efforts,
Me serais-je trompé dès le seuil de l’enfance
Et dois-je à mon destin mêler l’ombre de la mort ?