‹ Les DésirsChapitre 41 sur 101 · Ô CAPTIVE SECRÈTE…

Ô CAPTIVE SECRÈTE…

À M. Pierre de Nolhac.

Ôcaptive secrète et douce dans tes larmes,
Mon âme, l’esclavage est le fardeau d’un jour ;
Courage, tu t’en vas vers la paix sans retour ;
L’ange des grands départs t’offre déjà ses charmes.
Par toi-même blessée et toujours par tes armes,
Tu crois répandre en vain le beau sang de l’amour ;
Tu fuis et crois fuir seule en tes mille détours,
La distance du ciel augmente tes alarmes ;

Mais ne vois-tu déjà derrière l’horizon
Émerger le soleil des amours éternelles
Qui vient blanchir les murs de la triste maison ?
N’entends-tu pas déjà parmi les étincelles
Gémir le vent du large aux souffles embaumés
Qui porte jusqu’à Dieu ceux qui ont trop aimé.

Page 1