‹ Les DésirsChapitre 50 sur 101 · II

II

J’ai vu les formes légères
Que le soleil du matin
Soulève entre la lumière
Et les brumes du lointain.

Filles d’une songerie
Que de l’aurore à la nuit
Toute l’étrange prairie
Dans le silence poursuit ;
Blanc cortège qui des arbres
Se déroule dans le pré,
Hésite autour des vieux marbres
Et fond dans le ciel doré.
À quel cœur pur et tranquille,
Ô fantômes effacés,
Demandez-vous un asile
Lorsque vous disparaissez ?
Vous y glissez, tels les feuilles
Sur un gazon jaune et doux,
À ce cœur qui vous accueille,
Fantômes, qu’apportez-vous ?
Au jeu de quelles images
Avez-vous su l’enchanter
Pour donner à son visage
Un tel air de fixité ?

De quelle famille d’anges
Êtes-vous, vous qui naîtrez
De ces doux brouillards que Pange
Voit mourir sur ses grands prés.

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