SI CEUX QUE NOUS AIMONS…
Si ceux que nous aimons songeaient combien leur voix
Leurs gestes, leurs silences même
Vont soulever en nous de surprise et d’émoi ;
S’ils savaient comme lorsqu’on aime
Un regard dur longtemps demeure dans le cœur ;
S’ils sentaient par quelle humble peine
Battent les yeux blessés pour contenir les pleurs,
Ils connaîtraient le prix de la tendresse humaine,
Ils souriraient avec douceur
À ceux qui marchent dans les chaînes
Et qu’un destin fatal entraîne
À l’inutile don du cœur.