‹ Les DésirsChapitre 67 sur 101 · J’ÉCRIS À MA FENÊTRE…

J’ÉCRIS À MA FENÊTRE…

J’écris à ma fenêtre et je vois le village
Sous l’averse ; déjà l’arc-en-ciel miroitant
Chasse l’ombre et le feu de ces jeunes orages
Qui montent si fougueux au début du printemps ;
Quel démon m’a poussé dans cette calme terre
Qui dès qu’elle aura bu cette belle eau,
Sur son placide sein bercera fraîche et fière
Ses grands champs de blé vert pleins de coquelicots.
Cette simplicité, cet azur, ce village
Irritent mon ennui plus qu’ils ne le soulagent ;

Je feins de les aimer ; je me dis leur ami,
Mais c’est faux, je ne puis me plaire que parmi
Vos lumières, ô bars, que je revois si douces,
Vos lourds fauteuils de cuir préférables aux mousses
Et plus que la clarté trop limpide des cieux,
J’aime un cerne d’amour qui grandit sous les yeux.

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