ON VOIT DE MA FENÊTRE UN ÉTROIT PAYSAGE…
À Marcel Augagneur.
On voit de ma fenêtre un étroit paysage ;
Des fourrés, puis un pin tout contre la maison ;
Une route, et plus loin les toits roux du village ;
Enfin des peupliers découpent l’horizon.
Le jour d’été sommeille en un demi-silence ;
On entend un ruisseau, dans des saules caché ;
Un coup de vent : le pin murmure et se balance ;
Dans un carré de choux parlent deux maraîchers.
D’avance, on connaît tout de cette simple terre ;
On le croit ; mais soudain, tout change, tout surprend :
De la simplicité naît un autre mystère
Et l’étroit horizon semble infiniment grand.