L’UN DES FILS, LES DERNIERS…
À François Lang.
L’un des fils, les derniers de l’ancienne Europe,
Perdu sur mon îlot,
Je vois la jeune mer qui monte et m’enveloppe
De son vivace flot.
Les arbres les plus beaux et les plus profitables,
Au choc des vents nouveaux,
Ainsi que des géants s’abattent sur le sable,
Effrayant les échos ;
Les plus secrètes fleurs et les plus lumineuses
Qu’au fond de nos jardins
Croisèrent lentement des mains ingénieuses,
Mourront sans lendemain,
Et toute âme amoureuse, à jamais exilée
De ces étranges lieux,
Ira porter ailleurs d’une sombre envolée
Sa lumière et ses dieux.