J’AI TOUJOURS SUR LA LÈVRE UN GOÛT SOURD DE DÉSIR…
J’ai toujours sur la lèvre un goût sourd de désir
Et mes yeux sont flottants sur des formes humaines ;
Dans mes cils obscurcis dort l’ombre du plaisir ;
Comme une plainte humide erre dans mon haleine ;
Les sourds aveux du corps ne me délivrent pas ;
Dans le silence, obscurs, glissent mes tristes bras
Dont la vaine douceur se referme sans proie ;
Je ne sais plus pourquoi, ni si je vis encor
Et je doute en songeant si le jour de ma mort
Ne sera pas le jour de ma première joie.