ASTRES IMPÉTUEUX…
Ah ! que je suis las d’être emprisonné sur terre
Dans les saisons, dans les orages, dans la chair,
Par des fleuves portant leurs vagues moutonnières
Entre de mêmes bords jusqu’à la même mer.
Aucun lait nourrissant pour mon âme affamée
N’a pu couler du sein des terrestres brebis ;
J’ai toujours mal dormi sous les chaudes ramées
Dans l’appel et la faim je consume mes nuits.
Jaillissez donc enfin de vos lentes ellipses,
Astres impétueux des résurrections,
Mon cœur n’aspire plus qu’aux jours d’Apocalypse
Où je verrai flamber les nouvelles Sions ;
Où les vents éternels se levant dans l’espace
Rouleront dans leurs plis les roses et les bois,
Où trouvant à mes pieds les longs liens de ma race,
J’entrerai dans des lieux assez larges pour moi.