SUR LA ROUTE DÉSERTE…
Sur la route déserte où s’élèvent les vents,
Dans le creux de mes mains j’enferme ma lumière ;
Le falot, dont la mèche brûle en s’activant
Charbonne, et se réduit dans l’ombre et les poussières ;
Je le veille attentif, je bute sur les pierres,
Mon œil anxieux suit le vacillant éclat ;
Mais si l’orage encor longtemps siffle autour d’elle,
La flamme qui se plaint, la flamme qui chancelle
Sous la pluie, aux parois suintant, s’éteindra,
Et seul, abandonné sur la route sonore,
Je courberai la tête en oubliant l’aurore.