‹ Les DésirsChapitre 9 sur 101 · EN REVOYANT TES YEUX SANS TREMBLER…

EN REVOYANT TES YEUX SANS TREMBLER…

En revoyant tes yeux sans trembler, j’ai compris
Ce que c’est que la vie humaine
Et sur quel flot rapide, en dépit de nos cris,
La sourde barque nous entraîne
Et glisse, en un élan qui ne peut s’attarder.
Les villes, les monts, les ramures
Échappent à nos yeux, à peine regardés ;
Un coup de rame, l’eau murmure ;
Et de nouveau, jaillis du fond de l’horizon
Flambent les hautes cathédrales,

Les jardins ombragés et les calmes maisons ;
La barque plus vite dévale,
Et déjà laisse au loin le rivage et le jour
Inondés de joyeux aromes
Où j’avais en passant désiré pour toujours
D’échouer mon vaisseau fantôme.

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