IV
A propos des traîneaux.--Remorquage par les hommes ou par les chiens.--Avantages et inconvénients.--Costume de travail.--Le Parisien se compare à un hanneton englué dans du goudron.--Traction mixte.--Hommes et chiens attelés simultanément.--Et la chaloupe?--Départ des numéros 1, 2 et 3.--Comment on se sert d'une ancre à jet.--«Qui veut aller loin ménage sa monture.»
Pendant les longues heures de l'hivernage, le capitaine et les membres de l'état-major avaient étudié, avec une sérieuse attention, les procédés les plus favorables à l'exploration de l'extrême Nord.
Ayant lu tout ce qui a été écrit à ce sujet par ses devanciers, notamment par Kane, Hayes, Mac-Clintock, Nares, Hall, Payer, Greely, pour ne citer que les plus récents, d'Ambrieux avait admis comme eux que le traîneau est l'organe essentiel, indispensable.
Mais, n'étant pas un homme à idées préconçues, comme le docteur Hayes et le commandant Nares et professant l'opinion du juste milieu émise par Greely, il avait songé dès le début à modifier l'application du principe universellement reconnu.
Tout d'abord, il devait chercher à gagner le pôle avec son navire. N'y réussissant pas, il hivernerait le plus près possible de l'axe terrestre, et sitôt la saison propice au traînage arrivée, il pousserait des pointes audacieuses dans cette direction.
Mais, fort de l'expérience si chèrement acquise par les lieutenants de Greely, Lockwood et le docteur Pavy, qui se trouvèrent arrêtés par les eaux vives, d'Ambrieux s'était dit, et c'était là le côté réellement original et pratique de son idée: il faut joindre le traînage à la navigation; pour cela, emmenons traîneaux et bateaux.
Quand nous trouverons les eaux vives, les embarcations du navire transporteront les traîneaux avec les hommes et les chiens. Et inversement, quand nous serons arrêtés par les glaces, on chargera, sur les traîneaux, les baleinières avec les provisions que les hommes et les chiens, devenus moteurs à leur tour, haleront à force de corps.
C'était là sans doute un énorme surcroît de poids mort, mais le capitaine, disposant d'un personnel robuste et vaillant, ne désespérait pas, bien au contraire, du succès.
Malheureusement la maladie groenlandaise avait creusé des vides nombreux dans les rangs de la meute, et les chiens sont, comme on le sait déjà, d'une utilité réellement absolue.
Quelques explorateurs ont cependant préconisé le remorquage au moyen de l'homme exclusivement, et cela dans le but d'éviter les risques d'accidents imprévus. Il est certain que l'intelligence humaine peut, dans nombre de cas, obvier à maint ou maint inconvénient, aider à la réparation de maint et maint dommage. Mais, d'autre part, le prodigieux instinct des chiens sur la glace est un facteur d'une telle importance, qu'il compense et au delà tout ce que peut produire l'ingéniosité de l'homme. Et cela sans compter la vigueur musculaire comme aussi l'endurance à la fatigue des intrépides animaux.
Car il faut savoir qu'un chien traînera toujours un fardeau sensiblement plus lourd que l'homme et cheminera aussi plus vite.
Ainsi, un traîneau remorqué par un nombre d'hommes quelconque, mettons six, parcourra avec des peines infinies huit à dix milles marins, c'est-à-dire de quatorze kilomètres et demi, à dix-huit environ. Encore la glace devra-t-elle être autant que possible exempte d'aspérités, de cristaux aigus et de dépressions remplies de neige pulvérulente dans laquelle on enfonce jusqu'à mi-corps.
Tandis que les chiens, attelés en nombre égal, pourront traîner un poids supérieur, et faire, sur une glace même mauvaise, de quinze à seize milles, soit de vingt-huit à trente kilomètres.
En outre, les hommes n'arrivent pas exténués au campement, ce qui permet d'allonger jusqu'à la limite du possible la durée de la marche.
Il va de soi qu'avec des attelages composés mi-partie d'hommes et de chiens, on gagne sur le premier cas, mais on perd sur le second. Cependant, la fatigue est infiniment moindre qu'avec le remorquage par l'homme seul, car les chiens ont toujours une tendance à vouloir dépasser l'homme dont la présence les excite. Ils sont francs du collier, et laissent à peine tirer leurs compagnons à deux pieds, dont l'intervention est surtout utile devant les obstacles ou dans les mauvais pas.
L'impossibilité dans laquelle se trouvait le capitaine de renouveler sa meute l'aurait décidé à adopter ce dernier procédé, quand bien même il n'eût pas été forcé de sacrifier son navire dans les circonstances douloureuses que l'on sait.
Privé désormais de son lieu d'hivernage, n'ayant plus de vivres que pour deux mois, réduit aux embarcations pour tout matériel, obligé de pointer en avant, sans espoir de retour, il devait forcer les étapes sous peine de périr infailliblement de faim.
On a vu comment la première partie de ce plan si sage s'était accomplie avec un bonheur exceptionnel, puisque l'officier français avait pu parcourir en bateau, sans fatigue et sans perte de temps, trois degrés et demi, près de quatre cents kilomètres en dix jours.
La tempête, le retour du froid, la mer gelée, l'interruption momentanée du voyage par eau, tout cela n'était que de simples incidents sur lesquels, ou plutôt avec lesquels il avait compté.
Maintenant, on allait cheminer à pied en remorquant péniblement le lourd matériel, jusqu'au jour où une débâcle se produisant, il serait possible de restituer les engins de navigation à leur élément naturel.
La question de subsistance était résolue pour un certain temps, grâce à la capture du morse qui permettait d'alimenter quinze jours de plus la colonne entière, hommes et chiens, et d'économiser l'alcool en lui substituant de temps en temps l'huile.
Donc les deux mois de vivres du départ se trouvaient par le fait intacts. En admettant que pendant soixante jours, les eaux vives, chose totalement invraisemblable, ne réapparaîtraient pas, on pouvait tabler sur une moyenne de douze milles par marche, on arrivait au total de treize cents kilomètres, plus une fraction.
On serait alors en plein été, avec la débâcle. Les embarcations rendues à leur destination, et approvisionnées par la chasse et la pêche, on verrait à se rapatrier.
Avant de donner le signal du départ, le capitaine fit endosser à ses hommes le costume de marche, différent du costume de nuit, en ce qu'il est plus léger, de façon à permettre l'évaporation du corps, sans quoi l'homme, astreint à un exercice violent, se trouverait dans un bain de sueur, et glacé à la première halte.
Que ce qualificatif de: plus léger ne fasse pas croire, cependant, que cet habillement soit comparable à ceux dont se couvrent, pendant les hivers les plus froids, les habitants des zones tempérées.
La nomenclature seule des pièces qui le composent nous ferait transpirer, sous notre latitude parisienne de 48° 50´.
D'abord, un épais gilet de flanelle, puis une ou deux chemises de laine selon la température et l'impressionnabilité de l'homme au froid, un long gilet de tricot ou jersey doublé de flanelle, plus une bonne casaque de laine, un ou deux caleçons, un solide pantalon de laine, deux paires de bas montant jusqu'au genou, et pour chaussure, des bottes norwégiennes en toile à voile doublées de flanelle et semelées de feutre, avec une tige assez large pour permettre d'y introduire le pantalon. Pour coiffure, une toque à oreillettes, et un capuchon ou bachelick avec une muserolle mobile qui peut être abaissée devant la bouche et le nez. Les mains sont protégées par une première paire de gants, recouvertes, quand le froid est très intense, par les mouffles en loutre de mer, montant jusqu'aux coudes.
Les bottes groenlandaises sont réservées pour la nuit ou le temps de dégel. De même les pelisses fourrées en peau d'élan qui servent pour monter la garde ou toute autre occupation exigeant peu de travail musculaire.
Enfin, ce costume est complété par un surtout en toile à voile quand la neige tombe. C'est le meilleur tissu pour la repousser et l'empêcher de se coller aux effets de laine.
On s'imaginerait volontiers que l'homme ainsi accoutré est presque incapable de mouvement, et que le moindre effort va le faire fondre en eau.
Telle paraît être l'opinion des marins qui, échauffés préalablement par ce rude labeur d'arrimage, exécuté avec une hâte fiévreuse, se trouvent lourds comme des phoques et se blaguent avec un entrain indiquant un état moral excellent.
Le docteur costumé à l'avenant, car chacun, quel que soit son grade, va s'atteler comme un simple mortel, entend les objections et riposte:
--Mais, sacrés mathurins, réfléchissez donc à la température de 30° au-dessous de zéro, qui, tout à l'heure, vous mordra d'autant plus que vous ne serez plus abrités par la falaise.
«Vous savez pourtant que le moindre souffle d'air suffit à rendre presque insupportable un froid qui n'a rien d'excessif.
--Faites excuse, monsieur le docteur, répond le Parisien qui s'en va les bras en anse de cruche, les jambes en manches de veste et en exagérant encore son attitude grotesque, mais je me sens si empoté, là-dessous, que je m'imagine être un gros hanneton englué dans une baille de goudron.
--Va toujours, failli bavard, et surveille ton nez!
--Merci du conseil, monsieur le docteur, mais je crois, sauf vot' respect, que mon nez et son heureux propriétaire se trouvent présentement acclimatés au point de ne plus rien craindre.
«Un peu plus, je me sentirais en veine de travailler en bras de chemise et de haler à moi tout seul un traîneau!
--Et surtout, ménage tes forces, car tu en auras besoin plus tard.
--Merci encore, monsieur le docteur, mais il me semble qu'après un si long repos, elles ont encore augmenté si c'est possible et que, d'autre part, je supporte le froid comme un véritable Esquimau!
--Allons, tant mieux!... quoique rationnellement la vigueur et l'aptitude à supporter le froid...
Un commandement proféré d'une voix forte lui coupe la parole.
--En haut le monde! s'écrie, comme à bord, le maître d'équipage.
--J'allais dire une bêtise, en apprenant à ce garçon que vigueur et résistance au froid diminuent au lieu d'augmenter à la longue.
«Ce brave Guénic vient de me l'épargner.»
Officiers et matelots se groupent autour du maître et du capitaine qui viennent de conférer depuis quelques minutes.
Guénic, sur un signe de son chef, transmet d'une voix rauque, son organe de commandement, l'ordre de service communiqué par l'officier.
Cet ordre comprend la désignation des traîneaux par numéro d'ordre et celle des hommes qui doivent être attachés--sans jeu de mot--à chacun d'eux.
Le traîneau numéro 1 comprend un officier, le second, Berchou, six hommes et huit chiens.
Les hommes sont: Oûgiouk, marchant le premier en tête, comme pilote des glaces, puis Guénic Trégastel, Le Guern, Jean Itourria, Michel Elimberri, Elisée Pontac.
En tout, sept hommes, plus huit chiens.
Le numéro 2 comprend Vasseur, lieutenant, Constant Guignard, Courapied dit Marche-à-Terre, Julien Montbartier, Chéri Bédarrides, Isidore Castelnau, Nick dit Bigorneau.
Sept hommes, aussi, avec huit chiens.
Le numéro 3, infiniment plus léger, est commandé par le docteur, avec Plume-au-Vent et Dumas comme auxiliaires, plus quatre chiens.
Chaque homme, à l'appel de son nom, rallie son traîneau qui se trouve placé, d'après son numéro d'ordre, sur une ligne, l'avant tourné vers le pôle. Officiers et matelots fraternellement mêlés, passent la bricole sur leur épaule, à côté des chiens qui se crispent sur leurs pattes, tout heureux de partir.
Tout est paré. On n'attend plus qu'un signal.
Mais, à propos, et la chaloupe! Malgré son volume, le vaisseau amiral, comme le dénomment parfois les marins, est en arrière de la ligne des traîneaux. Tout seul, dans une sorte d'isolement mystérieux. Trois hommes seulement sont à bord: le capitaine et les deux mécaniciens, Fritz Hermann et Justin Henriot.
Bien d'aplomb sur ses patins de bois, le gracieux bâtiment paraît ne plus attendre que son personnel de remorque. Mais où est-il, ce personnel, et quel sera-t-il? Le capitaine pense-t-il, quand les traîneaux auront parcouru une certaine distance, à faire revenir les équipes et à les atteler à la chaloupe pour faire progresser celle-ci d'une égale quantité? Mais une manoeuvre ainsi compliquée aurait pour résultat de faire doubler aux hommes et aux bêtes l'étape, et leur occasionnerait une fatigue écrasante, susceptible de briser, à courte échéance, leur vigueur et leur énergie.
Du reste, il semble impossible, à priori, que l'effort combiné des vingt hommes et des vingt chiens puisse même déplacer une telle masse.
Les matelots restent songeurs devant cette énigme, et naturellement n'en trouvent pas la solution.
Baste! après tout, pourquoi se galipoter la cervelle. Qui vivra verra...
Est-ce que le capitaine n'a pas son idée! A quoi lui servirait, sans cela, d'être capitaine.
Tout ce qu'on sait, pour l'instant, c'est que la barre du gouvernail a été retirée, comme aussi l'hélice de bronze, avant que la gracieuse petite _Gallia_ ait été ainsi capelée sur cette espèce de charrette, et transformée, elle si fine, si coquette, en une sorte de patachon d'eau salée, qu'un matelot ne la reconnaîtrait plus.
Enfin, de sa voix vibrante, le capitaine vient de proférer le sacramentel: En avant!
--Hisse là!... garçons! commande à son tour le second Berchou, en se cambrant sur la bricole dans laquelle est passée son épaule.
Oûgiouk fait claquer son fouet, anime ses chiens d'une vibration de la langue contre le palais et donne un solide coup d'épaule.
Bêtes et gens tirent à l'envi, et le lourd fardeau se déplace avec une facilité qui arrache aux derniers un cri de triomphe.
[Illustration: Bêtes et gens tirent à l'envi]
--Ma Doué!... Vivadiou!... Nom d'un d'là!...
Bretons, Basques et Normands trouvent la chose toute simple, presque amusante, et allongent le pas, au point que Berchou doit les modérer.
Le second traîneau s'ébranle aussi lestement et suit le premier, à distance réglementaire, puis le bateau plat que traînent le docteur, Dumas le Parisien et ses chiens savants!
Les hommes des deux premiers traîneaux, toujours excités par la curiosité, tournent la tête, croyant voir la chaloupe démarrer à son tour.
Pourquoi pas, après tout. Du moment qu'elle marche bien dans l'eau sans chaudière et sans charbon, avec une «machinerie» toujours en pression, toujours parée à faire tourner le tourne-broche!
Y a de si drôles de choses, dans le monde d'à présent, des inventions si tellement pas ordinaires, qu'y a de quoi déralinguer l'entendement d'un franc matelot, vieux de la cale ou gabier de beaupré.
La chaloupe, avec ses trois hommes à bord, demeure comme figée sur les bômes transformées en patins par le charpentier Jean Itourria.
Seulement, le bateau qui glisse, remorqué par le docteur et ses deux compagnons, file une amarre dont l'extrémité est fixée à l'avant de la chaloupe.
--Par exemple! c'est un peu plus fort que de jouer au bouchon avec des pièces de six liards dans la neige!
--Quoi?
--Dirait-on pas qu'à eux trois et leurs quatre cabots, y vont remorquer l'_amiral_.
--C'est pas faute que j'aie bourlingué sur terre et sur mer pour voir des choses... des choses que la tête vous en claque et que la couenne vous en fume, dit un sceptique.
«Foi de matelot, je voudrais être témoin de ça!
--Des lascars de ce poil-là!
--Le Parisien qu'est de Paris!...
--Dumas qu'est moko!...
--Les chiens qu'est savants!...
--Le docteur qu'est pus malin à lui tout seul que tous les gradés à cinq ou six galons de la sirugerie de l'Etat...
--Eh! cape de Diou!... s'écrie un Basque, est-ce que tu ne vois pas, les hommes qu'ils s'en vont simplement mouiller une ancre à jet[11].
[Note 11: Ce sont des ancres de moindres dimensions que celles de bossoir ou de veille. On les transporte dans des chaloupes et on les mouille au lieu indiqué pour procurer un point fixe sur lequel un navire peut se haler, se touer ou éviter.]
--C'est pardieu! vrai.»
L'amarre filée par le bateau mesure environ une encâblure, soit à peu près deux cents mètres. Donc l'avant de l'_Amiral_ est à pareille distance de l'arrière du bateau.
Dumas et le Parisien qui ont leurs instructions s'arrêtent, soulèvent un solide grappin croché à l'extrémité de l'amarre, engagent ses pattes dans un trou de glace et disent au docteur.
--C'est paré.
Celui-ci porte à sa bouche un sifflet de corne et en tire un son aigu. Sage précaution, car la peau de ses lèvres resterait collée à un sifflet métallique.
A ce signal, le câble, couché dans la neige comme un ver gigantesque, frissonne, s'allonge, se tend sous l'effort d'une traction énergique.
Il tient bon, cependant, comme aussi le grappin d'acier.
Et soudain, la chaloupe glissant d'un mouvement très doux, sans heurts, sans à-coups, s'approche à vue d'oeil en se halant sur l'amarre qui s'enroule sans bruit sur un treuil.
C'est tout simple!... et cependant, les hommes, enthousiasmés à la vue de cette jolie manoeuvre, lancent un hourra! prolongé.
Cinq minutes à peine ont suffi à opérer cette traction qui fait progresser la chaloupe de deux cents mètres et à l'approcher bord à bord du bateau.
L'essai est concluant et la réussite assurée.
La petite _Gallia_, malgré son poids et son volume, suivra les autres traîneaux et ne sera pas un «impedimentum» qu'il aurait fallu abandonner dès la première heure.
Après un mot de félicitation échangé entre le docteur et le capitaine, Dumas et le Parisien dégagent le grappin et le chargent à l'arrière du bateau.
Ce dernier se remet en marche en filant toujours son câble, puis arrivé au bout de la touée, s'arrête de nouveau. Le grappin est engagé dans un trou que le docteur creuse avec le couteau à glace.
Puis derechef la chaloupe se met en marche et ainsi de suite, progressant toujours d'encâblure en encâblure, c'est-à-dire de deux cents en deux cents mètres.
Les autres traîneaux, le numéro 1 et le numéro 2 ont pris de l'avance, naturellement. Mais pas autant qu'on le pourrait croire tout d'abord.
Vingt minutes viennent de s'écouler, et ils ont parcouru environ un kilomètre, ce qui est une allure un peu trop rapide, surtout au début. Une halte est ordonnée, car les hommes soufflent déjà.
La chaloupe, elle, forcée de s'arrêter pendant le transport de l'ancre à jet, n'a progressé que de quatre cents mètres ainsi que le bateau dont les haltes concordent avec les siennes.
Mais le docteur, Dumas et le Parisien, bien que chargés d'un surcroît de besogne, sont aussi frais qu'au départ grâce à la fréquence de ces haltes réparatrices.
C'est là un enseignement dont il faudra tenir compte afin d'éviter la courbature si fréquente au commencement des marches sur la glace.
En conséquence, de nouveaux ordres seront donnés à la grande halte, afin que chacun puisse se pénétrer de la vérité de ce dicton ainsi formulé ou à peu près par la sagesse des nations:
«Qui veut aller loin ménage sa monture.»