‹ Les Geôles de dentellesChapitre 1 sur 6 · 01

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Jérôme, tenez-vous droit, immobile devant moi ! C’est par vous qu’il me plaît de commencer mes mémoires de dominatrice redoutée autant qu’aimée.

Vous n’avez pas été le premier assujetti à ma passion fouailleuse. Avant vous, dans mon enfance, j’avais fessé et fouetté d’autres garçons que vous, Jérôme. Mais quel délicieux jeune homme de dix-huit ans vous étiez, à Deauville, dans la demeure somptueuse de Madame votre mère où je vivais en invitée pour la saison.

Dois-je vous rappeler pourquoi vous n’avez pas voulu accompagner votre mère désireuse d’aller prendre, pour une santé qui ne le réclamait guère, les eaux en Allemagne ?

Vous étiez follement amoureux de moi, Jérôme, et vous me le fîtes comprendre en termes de collégien si maladroit, si infatué de sa prestance de joli garçon, que je ne pus faire autrement que vous promettre en un sourire trompeur, à vous, libéré du joug maternel, que le lendemain je serais à vos ordres.

Et fort de cette promesse, vous avez passé une nuit de délicieuse attente, toute pleine des rêves de ce que vous désiriez tant.

Si voluptueuse en pensées que fut cette nuit, elle n’atteignit point cependant l’âpreté de la minute où j’allais entrer chez vous.

Ne l’aviez-vous point mis au coucher, ou l’aviez-vous avec hâte retiré dès votre réveil ? Mais votre pyjama gisait sur votre lit. Ce fut la première chose que je vis en pénétrant, matinale autant qu’une femme peut l’être, dans votre chambre. Ainsi, je sus en… quel manque de tenue vous m’attendiez. Vous faisiez mine, pour cacher votre impatience, de dormir encore. Avec un visage conventionnel et des gestes mesurés, je tirai hermétiquement les rideaux de la fenêtre. Ainsi trompé, avez-vous cru que votre rêve allait enfin prendre corps… lorsque la douche la plus… chaude tomba sur votre impertinence masculine.

Bondie sur vous, j’avais rejeté le drap brodé qui vous couvrait seul, et vous retournant sur le ventre avec une adresse que vous ne prévoyiez pas et d’ailleurs fort embarrassé de votre nudité, je vous octroyai la plus magistrale fessée que reçut jamais fils de famille.

Vous vous démeniez, mais sans pouvoir échapper à la poigne qui vous tenait allongé, vos rondeurs à découvert, bien en évidence et rougissantes. Vous hoquetiez tandis que les gifles sonores pleuvaient sur vos fesses. Combien envolés, vos rêves d’amour ! En fait de caresses tendrement féminines, c’était une fessée que vous receviez, et une fessée des plus généreusement appliquées… Ma main, que tant de fois vous m’aviez dit trouver si jolie, se levait et s’abattait sur votre chair frémissante, la cinglant, mortificatrice, et ne laissant nul répit à aucune partie de votre derrière bombé — nu comme tout le reste de votre corps.

Vous eussiez bien voulu pouvoir descendre du lit… ou pouvoir seulement aplatir vos fesses que je faisais bondir comme deux balles sous mes claques. Mais rien de ce que vous tentiez en ce sens ne semblait vouloir vous réussir. Vous étiez cloué au lit, et votre cible ronde toujours touchée.

Je prolongeais ma fessée crépitante, terriblement échauffante. Les claques résonnaient bruyamment dans la pièce, dans votre tête en même temps que sur vos fesses, honteusement châtiées par une main de femme.

Votre derrière vous semblait à vif.

Jamais, je le savais, vous n’aviez reçu la plus petite fessée. À l’âge où déjà moi j’aimais à donner aux garçons des corrections sur leur postérieur déculotté, le vôtre était vierge de tout châtiment corporel.

Jamais une gouvernante même ne vous avait levé la chemise.

Aussi, sans chemise, quelle était votre honte d’être traité comme je vous traitais !…

Le fessier écarlate, je vous laissai ruminer votre humiliation, et partis en emportant la clef de la penderie où se trouvaient tous vos habits.

Vous en souvenez-vous, Jérôme ?

Vous n’aviez plus rien sous la main pour vous vêtir…

⁂

Nu dans son lit, je le laissai se morfondre jusqu’à l’heure du déjeuner. Puis je revins à sa chambre que je remis en pleine clarté. Il n’avait pas bougé, ou presque ; à peine s’était-il recouvert.

Je pris ma voix la plus douce :

— Vous plairait-il, Jérôme, de vous lever, afin que nous fassions la dînette ici tous les deux ?

Cela lui fit tirer le drap jusqu’à son cou :

— De grâce ! rendez-moi mes habits !

Je souris avec ironie :

— Vos habits ? Non ! Mais je vais vous donner de quoi vous couvrir quand même avec décence.

Et je lui apportai une paire de mules, des bas de soie gris perle, des jarretières et un peignoir, qui le firent se fâcher :

— C’est ridicule ! Jamais je ne me déguiserai ainsi…

Fini le sourire ! disparue la voix douce !

— Vous plairait-il mieux alors, Jérôme, que je vous refesse et que je vous laisse toute la journée au pain sec et à l’eau ? Votre nudité vous met en mon pouvoir, et vous avez vu comment je sais mater de main maîtresse autant que claquante, les jeunes amoureux entreprenants,

Il réfléchit et fléchit.

Nous déjeunâmes en tête à tête. Lui dans le costume que je lui avais imposé et qui le gênait aussi fort que le souvenir de sa fessée.

Il n’avait point tout à fait l’air d’une vraie femme en tenue matinale, mais tout de même sa silhouette, ayant presque tout perdu de sa masculinité, était troublante. Et j’étais enfiévrée du désir de revoir sa croupe au-dessus de ses cuisses rendues féminines par l’adjonction des bas de soie et des jarretières qui les maintenaient bien tirés sur les mollets.

Aussi n’attendis-je point la fin de la dînette pour le bousculer vers le lit, sur lequel je le fis se plier en deux, tandis que je revenais à la tablette qui avait supporté nos deux couverts, pour mouiller d’abondance une serviette, la rouler et la nouer.

— Maintenant, Jérôme, je vais vous donner votre dessert.

— Oh !… protesta-t-il, vous n’allez pas encore me battre ?…

Le ton de sa question me prouvait suffisamment qu’il en était fini de sa volonté à l’égard de la mienne. Je le subjuguais entièrement, et je sentais bien que la passion de l’esclavage, de la soumission à la femme aimée était chez lui à l’état latent.

— Non, lui dis-je, je ne vais pas vous battre. Ce matin je vous aie fessé ; pour cette après-dînette, je vais vous fouetter avec un torchon mouillé.

Et pour le faire languir, j’entrepris un petit cours de flagellation pratique :

— C’est un instrument de correction bien connu des mères qui ont des galopins intraitables, Jérôme, le torchon mouillé. Sans valoir, certes, le martinet, je vous assure qu’il fouette et pince à merveille. Je l’ai vu plus d’une fois donner à des grands garçons, et leur derrière en le recevant faisait piteuse mine ! C’est une sorte de lanière de gros fouet qui rougit bien la chair sur laquelle il s’applique à nu. Aussi, Jérôme, allez-vous me faire le plaisir de retrousser votre peignoir sur vos reins afin de me bien découvrir votre impertinent derrière.

Je vois sur le drap blanc sa figure toute empourprée. Un étrange combat se livre en lui. Son obéissance sera le fruit de ma fermeté.

— Vous ne m’avez pas compris, Jérôme ?

C’est un soupir étouffé plutôt qu’une réponse :

— Si…

Et lentement, à deux mains maladroites, il remonte le peignoir dont il n’a pas l’habitude et le tient sur ses reins.

Le retroussage d’un sujet qui va se faire fesser est aussi une affaire d’habitude. Il convient que des conseils soient prodigués à Jérôme, encore ignorant de cet art. De la façon dont il tient le peignoir, aux premières cinglades il le lâchera, et il faudra interrompre la correction pour redécouvrir de nouveau la croupe.

— Mieux que cela, Jérôme, il faut amener le peignoir en plis réguliers au-dessus de vos reins et non en un gros paquet. Recommencez !

Il arrange, ainsi que je le lui ai indiqué, l’étoffe légère. Les plis du peignoir relevé pris entre le lit et son buste qui les écrase ne bougeront pas, à moins qu’il ne se redresse avec violence… Mais s’il faisait cela, il recevrait une telle correction que ça me paierait de ma peine.

Ses fesses sont encore un peu rosées de la fessée du matin, auprès de la chair blanche des cuisses, plus pâlies encore par les bas de soie montants à coquettes jarretelles fleuries. La pointe des pieds tout juste dans les mules, Jérôme, ainsi vu de dos, a toutes les apparences d’une jeune sportive à la nudité ferme. À petits coups de la serviette mouillée tournante, je commence à le cingler. La croupe se crispe et rougit sous ces caresses légèrement pinçantes. J’accentue le moulinet, faisant méthodiquement rougir la peau, l’écarlate presque atteint, sans qu’il ait fait autre chose que geindre sourdement. À grands coups séparés, je le fouette alors d’une hanche à l’autre. Ses reins se tordent sous la cuisson des coups. Sa bouche mord le drap, laissant, entre deux coups de dents nerveux, s’échapper des paroles incompréhensibles.

⁂

Je tins plusieurs jours Jérôme chambré, avec pour seul intermède des fessées sans complication. Des fessées telles qu’on les applique à des gamines rapidement troussées et mises en bonne posture de correction manuelle.

Je lui parlais insidieusement du martinet et de la verge, auxquels il ne tarderait pas de goûter.

Prisonnier, sans aucun rapport avec le monde extérieur, il s’était habitué non seulement aux mules et au peignoir, mais encore les portait avec grâce.

Cette tenue légère, qui facilitait mes flagellations, fut compliquée un matin de par ma propre volonté.

— En ma compagnie, Jérôme, ne vous plairait-il pas de faire un tour au jardin ?

Il me montra son peignoir :

— En cette tenue ?

— Que non pas ! elle est un peu trop légère. Ce n’est pas que vous auriez froid. Si vous aviez froid, je saurais bien vous réchauffer ! Mais ce n’est pas une tenue convenable pour une sortie. J’ai fureté dans les magasins pour vous ; vous allez être vêtu comme une petite princesse.

C’était bien l’expression qui convenait.

Les atours que j’allais mettre à sa disposition étaient des parures féminines. Pour réunir le tout à mon choix, j’avais dû beaucoup marcher, car je tenais pour les dessous à un pantalon non fermé et c’était déjà une pièce de lingerie que la culotte à fond clos avait bien supplantée partout.

Je dus essuyer les sourires narquois de bien des commerçants ; mais je parvins quand même au bout de mes peines.

Celles de Jérôme allaient commencer !

Il fit douloureusement la grimace, lorsque sur la courte et fine chemise féminine je lui laçai le corset. Et son émoi s’accentua quand je boutonnai à sa taille le pantalon de dentelle. Très vite je recouvris cela d’une combinaison et d’une petite robe noire à manches. Noirs également furent ses nouveaux bas, et je lui avais rapporté des vernis décolletés. Lorsque je le retrousserai pour le fouet, cela serait l’inégalable symphonie noire et blanche, si délectable aux regards.

Une fois vêtu, je l’entraînai au jardin ; j’avais en main des rubans dont il se demandait à quel emploi actif j’allais les destiner.

Cueillant de ci, de là, de menus branchages, lorsque Jérôme atteignit en ma compagnie le fond ombragé du jardin, j’avais en ma possession une souple poignée de vergettes liée des fameux rubans.

Un banc de pierre nous offrait son accueil, qui fut témoin d’une scène de pensionnaires.

Assise, j’avais couché mon jeune amoureux en travers de mes genoux et sans hâte, l’avais troussé comme une grande fillette. Son blanc pantalon tout à découvert, mes doigts écartèrent la fente, poussèrent la chemise sur les reins, et lorsque le derrière de Jérôme se trouva bien proéminent hors de la liliale batiste, je commençai par le faire se tortiller à pleines claques sous une fessée passionnément dure.

Ses fesses rougies, crispées, ses cuisses, barrées des jarretelles, frémissant encore, de la dentelle de son pantalon au bord des bas de soie, de la correction reçue plus haut, je fis siffler la verge ; cela produisit, par réflexe, une telle contraction de la croupe qu’elle sembla, n’ayant pas les amples proportions de rondeur d’une croupe féminine, disparaître tout entière dans le blanc inexpressible, bien féminin, lui.

Je déculottai alors complètement Jérôme par derrière, faisant tomber sur ses jarrets le pantalon déboutonné ; le pan de la chemise tenu levé d’une main, et de l’autre serrant la poignée enrubannée de ma verge, je cinglai ses rotondités postérieures jusqu’à ce que de crispées elles deviennent bondissantes.

Manuelle d’abord, à la verge ensuite, ce fut une excellente double fessée qui lui laissa des souvenirs… des mouchetures et des zébrures sur les fesses.

Ce fut notre jeu journalier répété, le matin ou l’après-midi. Parfois, la fente du pantalon simplement écartée ; d’autres fois, déboutonné et rabattu par derrière sur les cuisses. Quand j’en laissais le libre choix à Jérôme, en le faisant se préparer lui-même, il déboutonnait déjà son pantalon à la taille avant de se retrousser, et avec des gestes de plus en plus féminins. Surtout pour les fustigations debout, reins creusés et croupe saillante, il trouvait qu’il avait déjà bien assez de peine à tenir robes et bout de chemise à ses épaules, sans que s’ajoute encore le souci d’empêcher de se refermer la fente du pantalon que ses contorsions et ses soubresauts rendaient mobile.

Je le faisais se baigner en maillots extravagants. Des lorgnettes se braquaient souvent sur cette jeune fille imprécise. Si elles avaient pu découvrir qu’à l’endroit de la croupe le maillot était coupé et les deux bords du jersey maintenus par des pressions, avec quelle curiosité elles se fussent mieux braquées encore, dans l’attente d’un mouvement violent qui eût fait se détacher les pressions !

Nageant de compagnie, je me payais la fantaisie d’ouvrir dans l’eau la fente close, et d’obliger Jérôme à continuer ainsi à nager, mais moi seule voyait sa croupe rose émergeant de temps à autre. Lorsque cela se produisait, tout en nageant à ses côtés, d’une claque je faisais replonger les rondeurs jumelles. Et si nos exercices nautiques se prolongeaient, avant notre sortie du bain, je refermais les pressions du maillot sur une croupe presque fessée au rouge.

Je le fouettai peu en maillot, à peine une ou deux fois, malgré la commodité de l’ouverture pratiquée par mes soins. J’aimais mieux retarder cela jusqu’à ce qu’il ait remis ses atours féminins. Tirer simplement sur les pressions était par trop expéditif.

Le retour de ma vieille amie mit une fin momentanée au travesti, mais non aux corrections que j’avais pris l’habitude d’administrer autant que Jérôme avait pris celle de les recevoir.

Le premier matin qu’il descendit en pantalon et en veston, il avait à la fois un mélange de fierté et de gêne. Afin de lui montrer que moi je n’étais nullement gênée et que sa fierté allait vite tomber, prestement je l’entraînai au fameux banc de pierre dans le fond du jardin.

Le vêtement féminin n’était plus là avec ses commodités, certes ; mais je n’en eus pas moins vite fait, après avoir déboutonné les bretelles, de lui descendre son pantalon et son caleçon et de lui relever la chemise.

Sa croupe se serrait déjà dans la courte attente d’une fessée immédiate… Mais je n’avais point de verge prête, et il me fallait le temps d’en confectionner une, la matière première de jeunes pousses ne manquant pas autour de nous.

Assis le derrière nu sur la pierre froide, son caleçon retourné sur son pantalon et le tout à ses pieds, il fut aux premières loges pour me voir fabriquer ce qui allait le cingler.

Nous étions protégés par trop de verdure épaisse pour qu’on put nous voir du pavillon. Ma vieille amie était d’ailleurs trop occupée à ses malles pour mettre le nez à la fenêtre. En toute tranquillité je pus arranger une verge convenable, et lorsque la poignée en fut liée, terminant pour ma victime le supplice de l’attente, je la fis pirouetter, l’allongeai le ventre sur le banc et lui cinglai ses fesses, que le contact de la pierre avait glacées, ainsi qu’un frôlement de ma main gauche m’avait permis de m’en rendre compte.

— Ce pauvre derrière est tout gelé ? Nous allons bien vite le dégeler pour qu’il n’attrape pas du mal !

Pour ne pas attraper du mal, il attrapait le mal des cinglées ; c’était de l’homéopathie…

Ma verge ne faisait pas le bruit de claques qu’aurait fait une fessée manuelle sur cette chair dure de jeune homme bien portant — par prudence, elles m’allaient être défendues quelque temps, les bonnes fessées à la main nue — et longuement je pouvais cingler sans retenue. Avec elle je rougissais les hémisphères progressivement en swich ! swich ! légers, m’interrompant de fouetter pour constater que la croupe avait repris d’abord sa chaleur naturelle puis qu’elle s’échauffait au fur et à mesure que la rougeur s’intensifiait.

Avec Jérôme au fond du jardin, en flagellation et en entr’acte, j’en avais toujours pour vingt bonnes minutes. Je l’interrogeai : lui demandant s’il regrettait ses vêtements de femme, où il les avait rangés ; s’il ne trouvait pas le pantalon de lingerie, non fermé, plus pratique que le pantalon d’homme pour recevoir les fessées, les ardentes fessées que je lui avais données déjà à derrière nu, et que je continuerai à lui octroyer tout le temps de mon séjour. Lui prédisant que même après mon départ, il serait encore fouetté, car mon intention était de mettre la domestique au courant et de lui apprendre comment se traitait un jeune maître de son genre. Avant mon départ d’ailleurs, je lui ferais acheter un martinet, et par mes soins elle connaîtrait l’art d’assembler une verge, de nouer et de rouler un torchon mouillé, afin de pouvoir me remplacer en tous points.

Jérôme se tortillait autant sous ces paroles que sous la verge qui le fustigeait.

Je le fis se rasseoir, encore à nu, pour apaiser le feu de sa croupe sur la fraîcheur du banc de pierre, puis après l’avoir repantalonné, nous regagnâmes le pavillon, moi tranquille, l’air insouciante, comme si vraiment rien d’anormal ne s’était passé au fond du jardin.

Bien qu’il fût émancipé, ce qui l’avait rendu majeur avant les vingt et un ans réglementaires, ma vieille amie surveillait encore son fils comme un bambin, s’inquiétant à table de son appétit, ordonnant avant ses sorties en ville la bonne harmonie de ses costumes. En sa présence, alors qu’il était respectivement empressé auprès de moi, sous mes cils baissés il voyait luire mon regard railleur : moi, par la fessée, je le traitais encore bien plus en gamin. Il fallait que chaque jour m’apporte l’occasion de lui en administrer une au moins, et je m’ingéniais à faire naître les instants propices. Avec une jeune fille, la crainte d’une surprise intempestive eût pu être de beaucoup réduite. D’abord je lui aurais interdit de porter un pantalon, même ouvert ; des robes et une chemise sont aussi vite abaissées qu’elles ont été levées ; tandis qu’avec l’habit masculin, c’était le déculottage qui était embarrassant : en cas d’alerte brusque, tout cela était long à remonter, à remettre en place, à reboutonner… Mais ç’avait bien son charme aussi lorsque mon bras se serrait autour de sa taille sous son veston et que je le tenais ployé contre moi, cherchant sous le gilet les pattes des bretelles de soie qu’une à une je défaisais, débouclant la patte de la ceinture, déboutonnant les trois boutons de la braguette pour que, tout seul, le pantalon au pli toujours impeccable, glisse jusqu’à la courbe nerveuse des mollets. Je commençais à le fesser sur le fond étroit, et tendu encore par une de mes mains, du fin caleçon de zéphir, afin que ses deux rondeurs jumelles se présentassent d’un beau rose lorsqu’à son tour le caleçon descendrait le long des cuisses.

Jérôme, qui s’attendait à tout instant à avoir de ma part ou fouet ou fessée, y était toujours prêt, le pan de sa chemise blanche, le pan du dos, roulé sur ses reins. Il vivait dans la venue inévitable de sa correction avec la même grandeur d’anxiété que l’était la mienne de bondir sur lui à la minute propice.

Sous le fallacieux prétexte que c’était plus sportif, il abandonna bientôt ses bretelles, faisant tenir son pantalon de flanelle blanche à l’aide d’une ceinture de cuir à boucle de métal. De lui-même il abandonna aussi le caleçon — ce dont je le punis, pour s’être permis d’agir ainsi sans mon ordre, d’une sévère fouettée à l’aide d’une baguette verte qui lui coupa le derrière !

Mais, dès lors, lorsque je le croisais dans quelque pièce que ce fût du pavillon, sous le fond ténu du pantalon de flanelle, c’était tout de suite sa croupe que je palpais et que je sentais, comme à nu, se crisper sous mes doigts, qui pinçaient les rondeurs de chair durement élastiques.

Si ma vieille amie était hors de portée visuelle autant qu’auditive, je n’hésitais pas à lui allonger quelques bonnes claques par-dessus le pantalon, hors-d’œuvre de la plus substantielle fessée à venir, et qu’il recevait avec calme, debout devant moi, son veston relevé. C’était un excitant qui me faisait désirer au plus tôt d’être seule avec lui pour la bonne et vraie fessée, ainsi qu’on ne peut la donner qu’en ayant toutes ses aises et en prenant tout son temps.

Et pour le bien fesser, j’aimais prendre mon temps.

Pour les jours où il ne nous était pas possible d’être en solitaire tête-à-tête… (si je puis dire), j’avais heureusement trouvé la ressource du garage, fort éloigné du pavillon, au fond d’un cul-de-sac.

C’était dans le garage, pendu au mur avec les accessoires d’entretien et de réparation, que se trouvait le martinet. Je l’avais fait acheter par la domestique pour battre les coussins… de la voiture.

Jérôme, qui savait ce que voulaient signifier mes propositions d’une promenade en auto, me précédait au garage. Et je l’y trouvais ayant tiré du mur un long banc de bois. Dessus, je lui faisais disposer un coussin pour me faire un siège plus moelleux ; il en mettait également un autre à mes pieds, et un troisième dans un coin. Après avoir, en entrant, vérifié tous les préparatifs, je fermais la porte derrière moi et je décrochais le martinet. Lui, allumait les phares de la voiture, et quand je m’étais assise, commodément, le manche du martinet sur le banc, à ma main droite, ses lanières de peau blanche pendant dans le vide, je couchais mon jeune mâle en travers de moi, sur mes cuisses pas trop rapprochées.

La ceinture rapidement débouclée et enlevée me servait à lui lier les mains. Le devant et la braguette du pantalon déboutonnés, j’amenais le vêtement de flanelle jusqu’au double croissant des plis fessiers pour ne dénuder rien que la croupe. Jérôme ayant pris soin d’ôter son veston, ma main gauche n’avait qu’à s’appuyer sur le gilet pour maintenir sous lui le pan roulé de la chemise.

Une fessée lente, espacée, mais claquant fermement le sommet et les côtés de chaque fesse, jusqu’à ce que tout soit bien d’un beau rose vif, était le début de la séance. Puis il y avait une interruption.

Selon la promenade que nous avions projetée, je savais combien d’instants nous pouvions employer en flagellation. Et c’étaient, selon le cas, trois, quatre ou cinq fessées manuelles, bruyantes et cinglantes, intercalées de quelques minutes de repos.

Les fessées, au fur et à mesure de leur administration, devenaient de plus en plus rapides. La dernière était surtout très précipitée, jusqu’à ce que mon souffle en devienne court, et donnée avec l’extrémité des doigts, plus pinçante que la paume de la main, sur le sommet des fesses intensément rouges.

Après la dernière fessée à la main, le pantalon de Jérôme, que j’avais progressivement descendu à chaque claquée nouvelle, était tiré jusqu’aux mollets.

Combien de douzaines de claques sonores, intensives, la croupe avait-elle déjà reçues lorsque j’empoignais le manche noir du martinet pour lui faire jouer des lanières avec vigueur… Malgré les instants de repos, l’épiderme était luisant et brûlant et le martinet tournoyant violaçait la peau et la rendait plus chaude encore.

Cette correction aux lanières, c’était en deux fois que je l’appliquais. Quinze énergiques cinglées pour la première. Quinze autres pour la seconde, de même force, mais avec une variante dans la position. Jérôme allait s’agenouiller, veule, sur le coussin qu’il avait disposé dans un coin, je fixais à un clou du mur la ceinture qui lui liait les mains, je tournais les phares de l’auto pour qu’ils éclairassent cette nouvelle scène, et debout derrière lui je lui allongeais cinq cinglades furtives qui faisaient houler toute la masse de ses fesses rubicondes ; puis, lui soulevant la croupe en le prenant par le torse sous mon bras, je le fouettais d’une traite en comptant jusqu’à dix.

J’ouvrais alors la porte, j’éteignais les phares, et me mettant au volant, je sortais la voiture du garage pour m’aller griser de vitesse, après m’être grisée de flagellation ; laissant mon amant enfermé dans le noir, agenouillé, les fesses douloureuses et les poignets fixés au mur.

⁂

La chose était à ne pas croire, mais ma vieille amie se remaria (au fond, c’était peut-être pour cela qu’elle avait fait émanciper son fils) avec un Londonien : John Wiston, qui me fit la meilleure impression. Mon séjour à Deauville s’en trouva prolongé du fait qu’ils se mirent à voyager… sans Jérôme, il est inutile de le spécifier, le beau-fils étant trop âgé pour le beau-père pour qu’il s’en occupât. Je m’en payais, littéralement, avec ma victime soumise à mes caprices… les moins sentimentaux, quand un matin la domestique du pavillon non seulement ne répondit pas plus à mon second appel qu’au premier, mais encore me lassa de la sonner vainement. Je sortis, en tenue légère, et la trouvai à l’office, prostrée d’angoisse.

Àma vue, elle se dressa, rappelée subitement au respect, et se mit à hoqueter :

— Mademoiselle… Oh, mademoiselle !… Je ne sais… comment cela… a pu se faire… mais…

Et tout d’une traite, s’abîmant le visage dans ses bras :

— Je viens de battre monsieur !

— Monsieur ? Quel monsieur ? Jérôme ?!

Mon interrogation était nuancée d’une exclamation.

Elle répéta machinalement à ma suite :

— Jérôme.

Je l’entraînai dans ma chambre, me rejetai sur mon lit :

— Voyons, voyons ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Racontez-moi cela.

Mais elle était effondrée.

— Sûr que monsieur va me mettre à la porte…

— Monsieur encore ? Quel monsieur ? Jérôme ?

— Non… Monsieur John me chassera…

— Si vous êtes franche, ma petite, vous resterez ici. Seulement, j’exige toute la vérité. En l’absence de M. et Mme Wiston, vous savez que je suis seule maîtresse.

Si cela la surprit, en même temps ça lui donna de l’assurance :

— Je venais d’entrer dans sa chambre, il était en pyjama. Peut-être me suis-je trompé ; mais j’ai cru qu’il voulait… Alors je lui ai lancé une paire de gifles. J’étais à peine revenue de la surprise de ce que j’avais osé faire, qu’il était écroulé dans un fauteuil, le pantalon de son pyjama tombé. Il y avait une baguette sur sa table ; je l’ai prise et avec je l’ai battu jusqu’à ce qu’il gémisse… Je l’ai battu rageusement…

— Sur les fesses ?

Elle rougit :

— Oui. C’était cela… qu’il me montrait.

Je ne pus que réprimer mal une envie de sourire qui n’aurait pas convenu du tout à la justice que je devais rendre. J’assurai ma voix :

— C’est parfait, puisque vous m’avez tout dit (certes j’aurais aimé plus de détails, la brièveté du récit de la domestique ne m’empêchait pas cependant de reconstituer la scène. Mon amant, surpris par la paire de gifles, avait laissé tomber le pantalon de son pyjama ainsi qu’il le faisait avec moi, et mécaniquement, obéissant à une domination féminine maintenant plus forte en lui que tout : il s’était préparé pour le fouet) puisque vous m’avez tout dit, repris-je, M. et Mme Witson ne sauront jamais rien de cette histoire. Envoyez-moi Jérôme.

Soulagée d’un poids énorme, la domestique sortit. Jérôme, peu de temps après, lui succédait dans ma chambre. Sa gêne ne venait pas seulement de ce qu’il se présentait à moi encore en pyjama.

Je rompis les chiens dès son arrivée :

— Il paraît, mon cher, que vous vous êtes fait rosser par la domestique ?

— Je…, commença-t-il à balbutier.

— Allons ! ricanai-je, ne vous troublez pas ainsi ! Montrez-moi plutôt ça.

Et à deux mains, cassant la coulisse de la ceinture, je lui rabattis son pantalon. Sur ses fesses rouges, des stries plus foncées s’entrecroisaient en tous sens. Je tenais la veste du pyjama levée et je m’enthousiasmai sans jalousie :

— Oh, oh ! mais cette petite s’entend à fouetter comme moi-même. Voilà une fessée qui a porté ! Lorsque mon bras sera las de vous châtier, Jérôme, je ne manquerai pas de faire appel à la vigueur du sien.

— Oh !… soupira-t-il.

— Point de protestation, n’est-ce pas ? Retirez-moi plutôt complètement votre pantalon ; vous êtes ridicule avec ce vêtement autour de vos chevilles !

Ses jambes étaient nues. Je lui donnai une paire de bas, des jarretières, et pour remplacer son pantalon, une petite culotte à moi à ceinture élastique, courte… mais aussi à fond fermé. Puis à genoux, reins cambrés, sa croupe tendant le fond diaphane de la culotte comme s’il allait recevoir le fouet, il dut écouter mon admonestation :

— Ainsi mon petit, tu aimes les coups de baguette sur les fesses au point de t’en faire donner, à cul-nu, par les domestiques ? Comme je veux éviter le retour de pareil manque de pudeur avec un monsieur qui laisse tomber son pantalon à tout propos comme un jeune satyre, sous celui de ton pyjama comme sous tous les autres, tu porteras dorénavant une culotte de femme, close comme celle d’une chaste jeune fille, et les jours où tu l’oublieras, pour un dessein ou pour un autre, tu recevras une telle cravachée que tes fesses réclameront d’elles-mêmes la fraîcheur, sur leur fièvre affolante, du linge féminin. Maintenant, par-dessus celle de ce matin, vas t’habiller en homme. Garde les bas de soie ; voici une ceinture à jarretelles pour les faire tenir à la place des jarretières qui font un peu trop fille de joie, puisque je dois t’apprendre la pudeur. Après-demain après-midi, car je veux laisser à tes fesses le temps de recouvrer pour moi toute leur sensibilité, tu descendras à la cave. Là, je vais me payer le luxe de te flageller jusqu’à te faire hurler. Pour tout costume : ce lever de lit de tulle et de valenciennes, mis le devant derrière afin que je n’aie qu’à l’écarter de haut en bas dans le dos, sans l’enlever ni le retrousser. Dessous, le corset de satin noir avec les jarretelles de faille le reliant au même noir des bas de soie. Seule ta croupe blanche sera comme une crème au milieu de tout ça ; et je t’assure que ça sera une crème bien fouettée !

Je lui secouais la tête, enfonçant le pointu de mes ongles dans le lobe de ses oreilles cramoisies d’avoir été tirées.

— Ah, tu aimes les coups de baguette ! La cravache va te pincer bien autrement le derrière. La fessée, la verge, le martinet, c’était trop gamin pour monsieur ! Tu vas en avoir selon tes préférences, mon petit bonhomme ! tes poignets liés aux barreaux du soupirail, ton visage à la fraîcheur de l’air et ton derrière au feu des coups.

Et, excitée par mon verbiage, l’après-demain étant encore trop lointain, je l’allongeai à plat-ventre sur le tapis, tombai à genoux à ses côtés et ma fureur croissant toujours, je lui battis rageusement à main plate le derrière sans l’extirper de la frêle culotte féminine.

⁂

Cet après-midi dans la cave fut pour moi une flagellation mémorable. Jérôme, lié par les poignets aux barreaux du soupirail, et à ma vue, des épaules à ses talons, son corps nu — à l’exception de ce que moulaient le corset et les bas, si noirs sur le fond blanc du vaporeux repoussage, je le cravachai de forte manière. Sa croupe se tordait sous les cinglées balafrantes. Une pareille tournée l’eût corrigé de se faire fouetter derrière nu par une domestique… si mon idée n’avait pas été de faire entrer dans mon jeu la soubrette châtieuse.

Je lisais dans ses yeux, cependant toujours respectueusement baissés, qu’elle savait que je fouettais celui qui avait voulu devenir mon amant, et à qui il en cuisait à présent, et quel plaisir elle aurait à renouveler sa correction inattendue à la baguette.

Mon intention, au retour de ma vieille amie, était de lui proposer de prendre cette fille à mon service. Une fouetteuse a toujours besoin d’une bonne qui la comprenne et puisse lui faciliter des corrections. Laissant donc quelques jours de repos à Jérôme, après sa bonne et dure cravachée de la cave, je la fis venir à une heure propice dans la chambre où mon amant languissait sur un divan, en pantalon gris perle et en chemise blanche barrée d’une longue régate multicolore.

— Vous allez, lui dis-je sans autre explication, me fouetter cette nullité d’homme. Je ne sais pas à quoi il pense en dormant les yeux grands ouverts en ma présence, comme un malappris, mais je gage qu’une solide fessée le tirera efficacement de sa torpeur.

Àcet ordre, aussi étrange — et bien qu’en étrangeté il dût pourtant me connaître — qu’imprévu, Jérôme s’était dressé, pâle. Au contraire, un flot de sang avait monté au visage de la domestique, les ailes minces de son nez se mirent à palpiter sous le coup de cette trop violente émotion, et ses dents nacrées mordirent sa lèvre inférieure. Puis farouchement elle se ressaisit. À son souvenir était revenue la vision nette du jeune homme qui avait mystiquement tendu à sa baguette sa croupe entre la veste de son pyjama et le pantalon baissé : elle vit rouge, du beau rouge des fesses châtiées ; sa main gauche remontant déjà la manche de sa blouse de lingerie sur son avant-bras droit, puis reprit un calme seulement apparent :

— Comme chez nous, mademoiselle ?

Elle était de souche paysanne. D’elle-même elle compléta sa question :

— C’est que chez nous, aux gars que l’on étrille, on leur déboucle le pantalon…

— Jérôme sachant ce qui l’attend a dû déjà le faire.

— Et puis…

— Et puis ?

— … on prend des sarments, des orties, ou le battoir à lessive.

— Hélas ! m’apitoyai-je ironiquement, le chauffage par radiateurs ne permet plus les fagots de sarments dans les maisons ! Les jardiniers sont trop vigilants pour que l’ortie se glisse dans les propriétés ; et le linge étant donné aux blanchisseurs, les domestiques n’ont plus besoin d’un battoir à l’office…

— Il y a encore, dit-elle, une bonne corde que l’on plie en deux.

Cette petite avait l’imagination féconde. Je ne voulus point davantage retarder son désir d’entrer en action :

— Et la semelle d’une pantoufle de cuir, ne croyez-vous pas… ?

Elle opina que ce n’était pas mauvais non plus. Elle en avait dans sa chambre pour le matin, elle allait monter en chercher une.

Jérôme, que toutes ces recherches verbales de l’instrument qui allait le fouetter rendaient pleutre, n’avait pas fait un mouvement.

— Eh bien, lui fis-je remarquer, vous n’avez pas mis tout ce temps à profit pour vous préparer, vilain garçon ? Tu préfères que ce soit « elle » qui le fasse ? Méfie-toi ! J’augure qu’elle doit avoir la main dure pour les déculottages, et tes dessous auront à en souffrir.

Il blêmit davantage encore à ce rappel du linge féminin (bas, ceinture-jarretelles et petite culotte à volants de dentelle) qu’il portait sous la chemise et le pantalon de son sexe. Cela plus encore l’humiliait que les coups que j’allais lui faire donner servilement. Sans hâte, je tirai des liens d’un tiroir pour le ligoter sur une sorte de banquette, trop courte pour qu’il put allonger dessus son corps tout entier : mais agenouillé devant l’un des bouts tout son buste pouvait être bien fixé, étendu sur le siège. À tous ces préparatifs voyant que rien ne me ferait revenir sur ma décision, Jérôme n’attendit point le retour de la domestique pour se soumettre, et lorsqu’avant d’entrer celle-ci frappa, en chemise et en bas de soie montants, il avait déjà les cuisses liées à deux des pieds de la banquette et les poignets aux deux autres.

Marceline — c’était le nom de la domestique — ne tenait pas une pantoufle : mais la paire. En voyant la position dans laquelle celui qu’elle devait fouetter était attaché, elle jugea que le mieux pour elle serait de le chevaucher à rebours, et elle dégagea ses jambes de la jupe… en faisant tout purement et tout simplement remonter celle-ci jusqu’à ce qu’elle ne gênât plus en rien l’écartement nécessaire de ses cuisses. Elle eût pu tout aussi bien laisser tomber et abandonner cette jupe pour la posture cavalière qu’elle allait adopter, car ses dessous étaient décents : un maillot de jersey blanc à jarretières emprisonnant les bas.

Si elle se contenta de retrousser sa jupe, c’est parce qu’elle avait une raison ; et cette raison je la perçus lorsque, chevauchant Jérôme, elle se pencha pour relever la chemise de son partenaire : le maillot était fendu par derrière. Une fente minuscule, propice juste à l’assouvissement d’un petit besoin trop pressé, mais qui laissait quand même dépasser un tout petit bout de dentelle ocre d’une chemise mauve au-dessus du sillon des deux joues de son postérieur.

Sous la chemise d’homme, les volants du réduit inexpressible qui enculottait la croupe du ligoté dépassaient. En les remarquant, la fouetteuse eut un sourire sarcastique. Sans pudeur, elle leva le pan de la chemise qu’elle glissa sous ses assises et à deux mains déculotta Jérôme de sa parure féminine comme elle eût déculotté une fille, sans plus.

N’ayant plus aucun commandement à attendre de ma part — elle s’y prenait assez bien pour que je n’aie pas à la commander — des deux pantoufles à la fois, elle battit le derrière exhibé. La semelle de cuir mettait une large tache rouge sur la fesse qu’elle frappait. Sans émotion, je lui laissai pousser le derrière de Jérôme au violacé. À coups de semelles de cuir, il reçut une de ces fessées qui font peler la peau.

Je le détachai, la croupe gourde, gonflée, pour qu’il demandât pardon à la servante, sa culotte féminine aux cuisses comme une galopine qui vient d’être fouettée, et qu’il lui embrassât les genoux ; puis je le mis à la porte afin de rester seule avec Marceline :

— C’est très bien, lui dis-je, cependant, la prochaine fois, il faudra écarter la fente de votre maillot afin qu’il sente sur sa nuque la nudité de votre chair de façon tout à fait avilissante.

Elle ne s’offusqua point de la proposition. Après ce qu’elle venait de faire, c’eût été d’ailleurs convenablement ridicule. Et pour se faire fouetter les fesses, Jérôme fut plus d’une fois chevauché à chair nue sur sa nuque ainsi que je l’exigeais.

⁂

Le second mari de ma vieille amie était un fureteur. Et il devait sans doute aimer la flagellation, car il eut tôt fait de deviner à quoi j’employais la cravache qui était dans ma chambre, et le martinet que Marceline avait rapporté du garage à l’office, où peut-être elle l’avait pendu un peu trop en évidence.

Il était revenu seul. Son épouse se plaisait trop à Londres où la vie mondaine était toute nouvelle pour elle ; il n’avait pas voulu abréger son plaisir. D’un commun accord, du reste, ils avaient décidé de se défaire de la villa de Deauville, et il n’était guère revenu que pour faire cette opération le plus vite possible.

Il ne fut nullement surpris de mon offre d’achat. Et lorsque je lui dis que mon intention était aussi de garder Marceline, il trouva cela tout naturel. Il ne fallut que le temps de l’enregistrement des actes pour que je devinsse la maîtresse incontestée de la demeure.

— Je suis chez vous ! me dit-il alors avec un loyal sourire, et comme tel il m’est permis de vous adresser une légère réclamation. Mon gredin de beau-fils m’a encore dérobé ce matin un paquet de cigarettes. J’y tenais, car c’était le dernier paquet ; mes cigarettes sont spéciales et je ne puis en trouver de semblables en France. Jusqu’à mon retour à Londres, me voici condamné à ne plus fumer.

Je flairai le piège. La domestique m’avait conté les furetages de John Wiston par toute la maison. Mais je feignis de tomber dedans pour lui donner satisfaction, et je m’emportai :

— Je ne tolérerai pas ça chez moi ! C’est un larcin de gamin, mais qui mérite un châtiment. Et je sonnai Marceline :

— Veuillez m’amener Jérôme immédiatement, commandai-je.

Il accompagna la servante sans méfiance. Devant son beau-père, pouvait-il se douter que j’aurais cette audace ?

Et je l’eus !

John, dans un fauteuil, avait allumé un cigare — ce qui prouve qu’il ne devait pas subir le supplice de la privation jusqu’à son retour à Londres ! — et lançait de légères bouffées. Marceline me jetait des œillades interrogatives. Elle avait fouetté Jérôme le matin même, et elle ne demandait qu’à recommencer. C’était un sport pour lequel elle se passionnait. Je ne la fis pas languir :

— Administrez, lui dis-je, une bonne correction à ce monsieur ainsi que vous en avez l’habitude.

La domestique ne se troubla pas. Elle s’attendait à cet ordre. Ceinturant Jérôme malgré ses protestations, elle l’obligea à tendre sa croupe, moulée dans un blanc pantalon de toile sous lequel — elle le savait comme moi puisque Jérôme n’avait pas changé de costume depuis sa fouettée du matin

— il n’avait ni caleçon, ni culotte de femme, et à grandes gifles claquantes elle lui donna une fessée qui n’avait pour la différencier des fessées plus intimes, que d’être donnée par-dessus le pantalon.

Jérôme la sentit énergiquement quand même, car sa figure se contracta ; et lorsqu’il crut, après une quarantaine de claques qui avait fait à sa fesseuse la paume de la main très rouge, que c’était fini, Marceline sortit de dessous son court tablier blanc, le martinet qu’elle apportait toujours, caché là, lorsque je l’appelais. Il était tellement rare que ce ne fut pas pour une flagellation aux dépens de mon jeune amoureux !

Voyant l’objet, je lui vins en aide pour tenir Jérôme et bien tendre avec la plus indiscrète adhérence, le fond de son pantalon sur ses fesses.

Mon intention n’était pas de le déculotter devant son beau-père. Mais vraiment fût-ce ma faute si, dès les premières cinglades, la toile trop tirée d’une part, trop poussée d’autre part par la plénitude de la croupe — Marceline et moi lui faisions tendre le derrière avec force —, fût-ce ma faute si la toile se déchira et si un double croissant de chair écarlate parut par la déchirure ?

Jérôme rugit de honte. Et je verrai toujours le geste décisif de Marceline qui tira sur le fond du pantalon déchiré pour l’ouvrir comme on écarte la fente d’une culotte de lingerie, avant de reprendre, et sur les fesses nues cette fois, sa cinglante fouaillée.

En cramoisi apoplectique, le visage de John Witson à ce spectacle rivalisa avec le séant tuméfié du fouetté…

Ah, main agile et énergique de Marceline ! Main nue, ou serrée sur la poignée d’une verge, d’une cravache ou le manche en bois poli d’un martinet, quel admirable complément de la mienne ! Et combien il était plus étrangement humiliant pour mes amants qui de moi acceptaient tous les supplices, de courber encore le dos devant ma domestique inflexiblement fouailleuse.

Devant son beau-père, je cravachai une autre fois Jérôme, sans l’aide ni la présence de Marceline. Il portait ce jour-là sous une robe de chambre, des chaussettes de soie noire et le maillot fendu de la soubrette, et il eut sur ses mollets nus une stigmatisante cravachée avant la véritable correction « plus haut », maillot juste ouvert pour permettre de suivre les changements de carnation de son épiderme à la chauffante épreuve.

John Witson était assez gentleman pour conserver tout cela pour lui. Et n’avait-il pas lui-même assez souvent mêlé le fouet aux jeux de l’amour avec des girls dont c’était la spécialité d’offrir ce piment ?

Il crut mon Jérôme vraiment girl, le jour où je le fessai de verges vinaigrées en sa présence, dans un luxe de soie et de lingerie et après une coiffure et un maquillage qui avaient demandé une bonne heure à Marceline… et dont elle s’était dédommagée en dix minutes d’intermède de maniement du dos de la brosse à cheveux, mais pas au préjudice de la tête de son patient.

Vous n’avez pas oublié tout cela, Jérôme, mon cher ? pas plus que moi-même je ne l’ai oublié. Et si ces choses que je raconte sur vous vous troublent, je vais en raconter maintenant sur d’autres.

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