Chapitre 40 Colomban.
Le cœur du jeune Breton que nous avons appelé Colomban était un pur diamant à quatre facettes : la bonté, la douceur, l’innocence et la loyauté.
Quelques esprits forts du collège – cinq ou six de ces roués de dix-huit ans qui, à vingt ans, deviennent des lions chauves – l’avaient surnommé Colomban le Niais, en souvenir de certaines bonnes actions dont il avait été la dupe.
Sa force herculéenne lui eût bien permis de faire taire ces méchantes langues ; mais il avait, pour tous ces jappeurs, le même mépris qu’ont les chiens de Terre-Neuve et les molosses du Saint-Bernard pour un chien turc ou un king’s-charles.
Un jour, cependant, l’un des plus chétifs et des plus hargneux, jeune Créole de la Louisiane arrivé récemment au collège, voyant la patience inébranlable de Colomban, qui écoutait sans sourciller les épithètes injurieuses dont il l’accablait depuis quelques instants, imagina de venir, monté sur le dos d’un grand, tirer par derrière les boucles blondes de sa chevelure.
Si c’eût été un jeu, Colomban n’eût rien dit.
Ce fut une douleur.
C’était pendant la récréation du soir ; on se promenait dans la cour de la gymnastique.
En se sentant tiré aussi cruellement par les cheveux, aux éclats de rire de toute la récréation, en ressentant une vive douleur, Colomban se retourna, et, sans donner le moindre signe d’émotion ou de colère, il empoigna le Créole par le collet de son habit, l’arracha des épaules du grand, et le porta sous le trapèze d’où pendait une corde à nœuds.
Arrivé là, il lui attacha la corde autour du corps, et, après avoir exécuté très froidement cette opération, il le lança, la tête et les pieds ballants, dans l’espace, où il se balança avec une vélocité prodigieuse.
Les autres collégiens, qui ne riaient plus, protestèrent, mais ils protestèrent inutilement.
Le grand des épaules duquel Camille Rozan – c’était ainsi que l’on nommait le Créole –, le grand des épaules duquel, disons-nous, Camille Rozan avait été arraché, s’approcha, et somma Colomban de délivrer son camarade.
Mais Colomban se contenta de tirer sa montre, d’y regarder l’heure, et de dire en la remettant dans son gousset :
— Il en a encore pour cinq minutes !
Il y avait déjà cinq minutes que le supplice durait.
Le grand, qui avait la tête de plus que Colomban, sauta sur le Breton ; mais celui-ci prit son adversaire à bras-le-corps, l’enleva de terre, le serra à l’étouffer, comme on lui avait dit, dans son cours de mythologie, qu’Hercule avait fait pour Antée, et, finalement, le coucha sur le sol, aux applaudissements de tous les écoliers, qui apprennent, dès le collège, à se ranger toujours du côté du plus fort.
Colomban avait appuyé son genou sur la poitrine du grand ; celui-ci, ne pouvant plus respirer, demanda grâce ; mais l’entêté Breton tira de nouveau sa montre, et dit simplement :
— Encore deux minutes !
Ce fut un hourra de triomphe par toute la cour.
Pendant cette jubilation, le mouvement imprimé au corps de Camille de Rozan diminuait, mais néanmoins continuait toujours.
Les cinq minutes écoulées, Colomban, aussi religieux observateur de sa parole que son compatriote Duguesclin, rendit la respiration au grand, lequel n’eut garde de demander sa revanche, et détacha l’Américain hargneux, qui, de rage, s’en alla à l’infirmerie, où il resta un mois au lit avec transport au cerveau.
Les rires, comme on le comprend bien, accompagnèrent la retraite du Créole ; chacun s’empressa de féliciter Colomban ; mais Colomban ne fit pas semblant d’entendre ces éloges, et, reprenant tranquillement sa promenade, il tourna le dos à ses condisciples après leur avoir donné ce fraternel avertissement :
— Vous voyez ce que je sais faire ! Eh bien, la première fois que l’un de vous m’embêtera, il lui en arrivera autant.
Pendant un mois, on eut les plus vives craintes pour le petit Camille Rozan.
Mais celui dont l’inquiétude alla jusqu’au désespoir, ce fut le bon Colomban, qui, oubliant que la provocation l’avait mis dans le cas de légitime défense, se regardait comme la seule et unique cause de cette fièvre.
Son désespoir se changea tout naturellement en profonde amitié lors de la convalescence du jeune homme : il éprouva bientôt pour le petit Camille cette vive tendresse que les forts éprouvent pour les faibles, les vainqueurs pour les vaincus ; cette tendresse qui a sa source dans la plus tendre de toutes les vertus – dans la pitié.
Peu à peu cette tendresse accidentelle devint une affection véritable, une amitié protectrice, comme celle d’un frère aîné pour un frère plus jeune.
Camille Rozan, de son côté, parut s’attacher sincèrement à Colomban ; seulement, son affection, à lui, participait à la fois de la crainte et de la sympathie : sa faiblesse s’accommodait de se sentir protégée ; mais, en même temps, son orgueil révolté mettait une barrière infranchissable, quoique invisible, entre lui et son protecteur.
Débile et taquin, il se trouvait chaque jour en passe de recevoir de ses camarades des leçons semblables à celle que lui avait donnée Colomban ; mais celui-ci n’avait qu’à faire un pas, et à demander de sa voix calme : « Hein ! qu’y a-t-il ? » et la menace rebroussait chemin.
Comme le chêne, il lui suffisait d’étendre ses rameaux épais pour protéger le roseau contre l’orage 1.
En grandissant, Camille sembla avoir refoulé son orgueil et n’avoir conservé pour Colomban qu’une amitié sincère ; il la lui manifestait sous mille formes agréables ; confinés tous deux dans des dortoirs et dans des quartiers d’étude séparés, ils ne pouvaient se voir et se parler qu’aux heures de récréation ; mais le besoin d’épanchement était si vif chez le Créole, que, dès qu’il était loin de son ami, il ne pouvait s’empêcher de lui écrire ; une fois le commerce de lettres ouvert, il s’établit entre eux une correspondance active et suivie, presque aussi tendre que celle qui se fût établie entre deux amants.
Les jeunes amitiés qui se révèlent pour la première fois ont, en effet, toute l’effervescence d’un premier amour ; le cœur, comme une personne qui a jusque-là vécu solitaire, n’attend que l’heure de la liberté pour faire fleurir au soleil le trésor de ses pensées intimes ; il sort alors de deux jeunes cœurs dans la même situation un concert de causeries assez semblable au babillage des oiseaux pendant les premiers jours du printemps. Celui qui est entré de plain-pied dans la vie, et qui n’a pas connu les enchantements de cette jeune et chaste déesse qu’on appelle l’Amitié, celui-là est à plaindre ! car ni l’amour passionné de la femme ni l’affection égoïste de l’homme ne lui révéleront les pures joies que donnent les confidences mystérieuses échangées entre deux cœurs de seize ans.
À partir de ce moment, les deux jeunes gens furent donc étroitement liés ; et, Camille étant passé, l’année suivante, dans le même quartier que Colomban, ils devinrent copains, selon l’expression technique du collège – c’est-à-dire qu’ils mirent en commun tout ce qu’ils possédaient l’un et l’autre, depuis les plumes et le papier jusqu’au linge et à l’argent.
Si la famille de l’Américain envoyait des confitures de goyaves et des conserves d’ananas, Camille en fourrait la moitié dans la baraque de Colomban ; si le comte de Penhoël envoyait quelques salaisons des côtes de Bretagne, Colomban en déposait la moitié dans le pupitre de Camille Rozan.
Cette amitié, que chaque jour rendait plus tendre, fut tout à coup brisée par le départ de Camille, que ses parents rappelèrent à la Louisiane au moment où il allait finir sa philosophie. On se sépara en s’embrassant tendrement et en se promettant de s’écrire une fois au moins par quinzaine.
Les trois premiers mois, Camille tint la parole donnée ; puis ses lettres n’arrivèrent plus que de mois en mois ; puis enfin, que de trois en trois mois.
Quant au fidèle Breton, il exécutait religieusement sa promesse, et jamais une quinzaine ne s’était passée sans qu’il écrivît à son ami.
Le lendemain de la nuit de printemps que nous avons essayé de décrire dans le chapitre précédent, à dix heures du matin, la vieille concierge monta au jeune homme une lettre dont il reconnut aussitôt le timbre bien-aimé.
La lettre était de Camille.
Il revenait en France !
Sa lettre ne le précédait que de quelques jours.
Camille demandait à Colomban de recommencer dans le monde la même vie commune qu’ils avaient menée au collège.
« Tu as trois chambres et une cuisine, écrivait-il : à moi la moitié de ta cuisine ! à moi la moitié de tes trois chambres ! »
— Parbleu ! je crois bien ! répondit tout haut le Breton, vivement ému du retour inattendu et inespéré du jeune homme.
Puis il pensa tout à coup que, si son cher Camille arrivait, il fallait un lit, une toilette, une table et surtout un canapé où l’indolent Créole pût s’étendre pour fumer ces beaux cigares qu’il rapportait sans doute du golfe du Mexique ; et il s’élança hors de son appartement, avec les deux ou trois cents francs d’économies qu’il possédait, pour se procurer toutes ces choses de première nécessité.
Dans l’escalier, il rencontra Carmélite.
— Oh ! mon Dieu ! comme vous avez l’air heureux, ce matin, monsieur Colomban ! dit Carmélite en voyant rayonner la joie sur la figure de son voisin.
— Oui, mademoiselle, je suis heureux, bien heureux ! répondit Colomban : il m’arrive un ami de l’Amérique, du Mexique, de la Louisiane ! un ami de collège, le plus cher de tous mes amis !
— Tant mieux ! dit la jeune fille. Et quand cela arrive-t-il ?
— Je ne puis vous donner la date précise ; mais je voudrais déjà qu’il fût ici !
Carmélite sourit.
— Oh ! je voudrais qu’il fût déjà ici, je vous le répète ; car, j’en suis sûr, il vous ferait plaisir à voir et plaisir à entendre : c’est la beauté et la gaieté vivantes ; je n’ai jamais vu, même dans les rêves des peintres, un visage plus beau… un peu efféminé peut-être, voilà tout – ajouta-t-il, non pour amoindrir la beauté de l’ami dont il venait de faire le portrait avec tant de franchise, mais uniquement pour rester dans les limites de la vérité –, un peu efféminé ; mais cet air même sied admirablement à toute sa personne ! Les princes des contes de fées n’ont pas une plus gracieuse tête ; les bacheliers de Salamanque, une allure plus cavalière, et nos étudiants de Paris, une plus insouciante légèreté ! En outre… ah ! tenez, voilà pour vous qui aimez la musique : en outre, il a une ravissante voix de ténor, et il s’en sert merveilleusement ! Oh ! vous entendrez les vieux duos que nous chantions au collège… Et, à propos de musique, j’ai pensé, cette nuit, en vous quittant, à vous faire une proposition : vous m’avez dit qu’à Saint-Denis vous aviez étudié la musique ?
— Oui, je solfiais passablement, et j’avais, disait-on, une belle voix de contralto. Ce que j’ai regretté en quittant Saint-Denis, c’est, d’abord, trois bonnes amies à moi, que me rappelle votre amitié pour Camille Rozan ; puis ce sont mes études musicales, que je n’ai pu continuer ; il me semble qu’avec du travail, j’aurais pu arriver à être d’une certaine force.
— Eh bien, si vous voulez, reprit Colomban, je ne dis pas que je vous donnerai des leçons, je ne suis pas assez fat pour cela ; mais je vous ferai étudier : sans être de très grande force moi-même, j’ai reçu au collège d’excellents principes d’un vieux maître allemand, nommé M. Müller : j’ai beaucoup étudié depuis, et je mets à votre disposition le résultat de mes connaissances.
Colomban s’arrêta avec effroi : il n’en avait jamais tant dit ; mais le fait, extraordinaire dans sa vie paisible, de l’arrivée de son ami Camille, l’avait mis en quelque sorte hors de lui ; il était transporté, rayonnant, enivré, et c’est ce qui lui avait donné cette hardiesse et cette prolixité.
Carmélite accepta avec une grande reconnaissance ; l’offre d’une fortune ne lui eût pas été plus agréable que cette proposition de son jeune voisin, et elle allait le remercier, quand elle aperçut, montant les premières marches de l’escalier, le moine dominicain qui avait passé la veillée funèbre près de sa mère, et qu’elle avait vu plusieurs fois déjà, depuis ce jour néfaste, venir chez son ami.
Elle rentra chez elle en rougissant.
Colomban, de son côté, parut tout embarrassé.
Le moine regarda Colomban avec un œil étonné et plein de reproches. Ce regard voulait dire : « Je croyais savoir tous vos secrets, puisque je vous ai donné toute mon amitié ; cependant, voici un secret assez important dont vous ne m’avez pas fait la confidence ! »
Colomban rougit comme la jeune fille, et, remettant à plus tard l’achat des meubles, il fit entrer chez lui le jeune moine.
Au bout de cinq minutes, Dominique voyait plus profondément dans le cœur de son ami que celui-ci n’y voyait lui-même.
Au reste, Colomban lui avait tout raconté ; tout, jusqu’à cette dernière nuit aux détails charmants dont son cœur était encore tout enivré.
En blâmant Colomban de cet amour honnête et chaste, le jeune moine eût été en contradiction avec ses théories sur l’amour universel ; car il appelait l’amour des sens pour les autres, sous quelque forme qu’il se révélât, le nœud de la vie, comparant ainsi la vie à un arbre, l’amour au nœud d’où naît la feuille, et l’humanité aux fruits qui le couronnent.
Frère Dominique ne vit donc dans cette naissante passion, inconnue jusque-là au jeune homme, qu’une fièvre vivifiante dont les symptômes étaient plus rassurants que terribles.
D’un autre côté, il pardonnait à Colomban de ne lui avoir point parlé de son amour, puisque Colomban ignorait lui-même l’état de son cœur.
Au moment où il sut qu’il aimait, le jeune Breton en fut presque effrayé.
Le moine sourit, et, lui prenant la main :
— Vous avez besoin de cet amour, mon ami, dit-il : autrement, votre jeunesse se consumerait dans une indolence apathique. Une passion noble, comme celle que doit concevoir votre cœur loyal, ne peut que vous donner des forces et vous régénérer. Voyez ces jardins, ajouta le moine en désignant la pépinière : hier, à cette heure, la terre était desséchée ; les plantes semblaient appauvries, la végétation en suspens ; eh bien ! l’orage a éclaté, et les embroisies sont sortis de la terre, les racines sont devenues des tiges, les bourgeons sont devenus des feuilles, les boutons sont devenus des fleurs ! Aime donc, jeune homme ! Fleuris et fructifie, jeune arbre ! jamais fleurs éclatantes, jamais fruits mûrs n’auront germé sur un tronc plus vert et plus vigoureux !
— Ainsi, dit Colomban, loin de me blâmer, vous m’engagez à écouter les conseils de mon cœur ?
— Je vous loue d’aimer, Colomban ! je vous blâmais de me cacher votre amour, parce que, d’habitude, l’amour que l’on cache est un amour coupable. Je ne connais rien de plus beau chez un homme libre que de dépendre de son cœur ; car autant la passion, dans une âme basse, peut avilir et dégrader l’homme, autant, dans un noble cœur, elle élève et sanctifie l’humanité. Tournez les yeux vers tous les points de la terre, et vous verrez, mon ami, que ce sont les forces vivaces de la passion, bien plus que les combinaisons du génie, qui ont fait mouvoir les ressorts des empires, et ébranlé ou raffermi le monde ; si vaste que soit la raison, elle est timide, inquiète, endormie et prête à suspendre sa marche devant les premiers obstacles du chemin : le cœur, au contraire, agité sans cesse, est prompt dans ses desseins, ferme dans ses décisions, et nulle digue ne saurait s’opposer à l’impétuosité de son cours. La raison, c’est le repos ; le cœur, c’est la vie ; or, le repos, à votre âge, Colomban, c’est une oisiveté dangereuse, et, plutôt que de consumer mes forces dans l’oisiveté, plutôt que de ne pas occuper cette activité précieuse qui bouillonne en moi, j’ébranlerais, comme Samson, les colonnes du temple, dussé-je être écrasé sous ses ruines 2 ?
— Et cependant, vous, mon frère, vous ne pouvez pas aimer, dit Colomban.
Le jeune moine sourit avec tristesse.
— Non, dit-il, je ne puis pas aimer de votre amour terrestre et charnel, car Dieu m’a pris pour lui, mais, en m’enlevant aux amours individuels, il m’a donné un amour bien autrement puissant : l’amour de tous ! Vous aimez une femme avec ardeur, mon ami ; moi, j’aime l’humanité avec passion ! Pour que vous soyez amoureux, il faut que l’objet de votre amour soit jeune, riche et vous paie de retour ; moi, j’aime, au contraire, par-dessus tout les pauvres, les infirmes, les souffrants, et, si je n’ai pas la force d’aimer ceux qui me haïssent, au moins je les plains… Oh ! vous vous trompez, Colomban, en me disant qu’il m’est défendu d’aimer ; le Dieu auquel je me suis donné est, au contraire, la source de tout amour, et il y a des moments où, comme sainte Thérèse, je suis prêt à pleurer sur Satan parce qu’il est la seule créature à laquelle il ne soit pas permis d’aimer !
La conversation continua longtemps sur ce terrain fertile où venait de l’amener frère Dominique ; on passa en revue toutes les conquêtes que l’homme devait aux nobles passions du cœur ; et Colomban, pensif, commença de soupçonner que le moine venait seulement à cette heure de soulever à ses yeux un pan du voile de la vie : sous cette parole fécondante comme les larges gouttes d’une pluie d’été, il se sentit meilleur et plus digne d’être aimé.
L’idée que la jeune fille ne partageait peut-être point son amour ne se présenta même pas à son esprit ; sous ce souffle de vérité, il sentit ses poumons plus à l’aise, et, dépouillant le Breton sérieux et songeur, il apparut au moine comme un jeune homme enthousiaste et passionné ; on l’eût pris pour un poète ou pour un peintre : pour un poète, tant ses expressions empruntaient d’images à la grande poésie universelle ; pour un peintre, tant il peignait plutôt qu’il ne racontait sa passion avec les chaudes couleurs qu’il puisait à son cœur enflammé.
Et sans doute eussent-ils passé la journée ensemble à presser les mamelles de cette féconde Isis qu’on appelle l’Amour, si le nom de Colomban, deux fois répété par une voix fraîche, n’eût retenti dans l’escalier.
— Oh ! s’écria Colomban, c’est la voix de Camille !
Le pieux Breton n’avait pas entendu cette voix depuis trois ans, et, cependant, il l’avait reconnue.
— Colomban ! Colomban ! répétait la voix joyeuse.
Jamais aveugle, le prenant pour un ami, ne pressa le Malheur d’une plus fraternelle étreinte !
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