‹ Les Mohicans de Paris Tome VIChapitre 1 sur 50 · Chapitre 286 Ce que M. Gérard trouva, ou plutôt ne trouva pas, en arrivant à Vanves.

Chapitre 286 Ce que M. Gérard trouva, ou plutôt ne trouva pas, en arrivant à Vanves.

Resté seul et condamné à l’allure mélancolique de deux rosses éreintées, M. Gérard se lança dans une mer de conjectures.
Sa première idée avait été de pousser jusque chez M. Jackal et de lui demander satisfaction de la mauvaise plaisanterie que lui avait faite son agent.

Mais M. Jackal avait, d’habitude, lorsqu’il parlait au digne M. Gérard, un ton narquois qui mettait celui-ci si mal à son aise, que les instants qu’il passait avec le chef de la police de sûreté étaient, en général, les instants les plus pénibles de sa vie.

Puis de quoi aurait-il l’air ? D’un écolier boudeur qui vient faire au maître un rapport contre son camarade.

Car, si loin que M. Gérard repoussât de lui ce titre de camarade appliqué à Gibassier, il n’en était pas moins obligé de s’avouer à lui-même que plus il repoussait ce titre loin et haut, de plus loin et de plus haut, pareil au rocher de Sisyphe, ce titre retombait sur lui.

Il n’avait donc point tardé à prendre la résolution de retourner à Vanves.

Il avait vu M. Jackal la veille, et le moment arriverait toujours assez vite de revoir M. Jackal, chez lequel, comme le lui avait rappelé Gibassier, il était forcé de se présenter deux fois la semaine.

Puis une vague inquiétude lui disait que c’était à Vanves qu’il était menacé.

Si spécieuses que fussent les raisons données par Gibassier, M. Gérard n’admettait pas que Gibassier se fût jamais assez cru son ami pour se blesser aussi profondément d’un oubli des plus naturels.

Quelque chose d’étrange restait donc caché au fond de ce mystère.

Or, dans la situation où se trouvait M. Gérard, à la veille de l’exécution d’un homme qui allait payer de sa tête le crime que lui, Gérard, avait commis, tout ce qui est obscur est dangereux.

Aussi désirait-il et craignait-il tout à la fois d’être de retour à Vanves.

Mais les chevaux, qui avaient fait le chemin de Vanves à la barrière d’Enfer en une heure et un quart, prétextèrent naturellement de leur fatigue, et mirent une heure et demie pour revenir de la barrière d’Enfer à Vanves.

En vain l’orage menaçait-il de plus en plus ; en vain, malgré le roulement du fiacre, le grondement du tonnerre arrivait-il jusqu’à M. Gérard ; en vain, à la lueur des éclairs, le paysage perdu dans les ténèbres s’illuminait-il tout à coup d’une flamme livide, le cocher n’en donna pas un coup de fouet de plus, et les chevaux n’en firent pas un pas plus vite.

Au moment où dix heures sonnaient, M. Gérard descendait devant sa maison et réglait son compte avec le cocher.

M. Gérard attendit patiemment que celui-ci eût fait minutieusement son calcul et eût remis ses chevaux au pas dans la direction de Paris.

Seulement alors, il se retourna du côté de sa maison.

Elle était perdue dans la plus profonde obscurité.

Quoique pas un volet ne fût fermé, on ne voyait de lumière à aucune fenêtre. Ce n’était pas étonnant : il était tard ; les convives devaient être retirés, et les domestiques se tenaient probablement à l’office. Or, l’office faisait partie des communs et donnait sur le jardin.

M. Gérard monta les escaliers qui conduisaient de la rue à la porte d’entrée. À mesure qu’il montait les escaliers, il lui semblait voir, au milieu de l’obscurité, que la porte était ouverte. Il étendit la main ; la porte était ouverte, en effet. C’était une bien grande imprudence aux domestiques que d’avoir, par une pareille nuit où le ciel s’apprêtait à livrer un si violent combat à la terre, laissé la porte ouverte et les volets non fermés.

M. Gérard se promit de les tancer d’importance. Il entra, ferma la porte, et se trouva dans les ténèbres les plus épaisses. Il s’approcha à tâtons de la loge du concierge. La porte en était ouverte.

M. Gérard appela le concierge ; personne ne répondit.

M. Gérard fit quelques pas, tâta du pied, trouva le premier degré de l’escalier, et, levant la tête, appela le valet de chambre. Il ne reçut pas de réponse.

— Tout cela mange aux cuisines, se dit tout haut M. Gérard, comme si, en disant tout haut la chose, la probabilité en devenait plus grande.

En ce moment, un violent coup de tonnerre se fit entendre, un éclair brilla, et M. Gérard vit que la porte du perron donnant sur le jardin était toute grande ouverte comme celle de la rue.

— Oh ! oh ! murmura-t-il, qu’est-ce que cela signifie ? On dirait d’une maison abandonnée.

Il gagna en tâtonnant l’extrémité du vestibule, car on y voyait seulement pendant la courte durée des éclairs, et, de là, il aperçut dans l’office une lumière qui brûlait.

— Ah ! dit-il, je l’avais bien pensé, mes drôles sont là !

Et, tout en grommelant, il s’avança vers la cuisine.

Mais, sur le seuil de l’office, il s’arrêta ; le couvert était mis comme pour le souper des gens ; seulement, les gens avaient disparu.

— Oh ! fit M. Gérard, il se passe ici quelque chose d’étrange.

Il prit la lumière, rentra, par le corridor de la cuisine, dans la salle à manger.

La salle à manger était vide. Il parcourut tout le rez-de-chaussée.

Le rez-de-chaussée était désert.

Du rez-de-chaussée, il passa au premier étage : le premier étage était désert comme le rez-de-chaussée ; il monta au second : le second était désert comme le premier.

Il appela de nouveau ; un écho lugubre répondit seul.

En passant devant une glace, M. Gérard recula d’effroi. Il avait eu peur de lui-même, tant il était pâle.

Il redescendit les escaliers lentement et se tenant à la rampe ; ses jambes pliaient à chaque marche. Enfin il se retrouva dans le vestibule et s’avança sur le perron en levant sa lumière pour regarder sur la pelouse.

Mais, au moment où il levait sa lumière, une bouffée de vent passa qui éteignit la bougie.

M. Gérard se retrouva dans l’obscurité.

Une terreur dont il ne pouvait pas se rendre compte, mais invincible, comme si elle eût eu sa raison d’être, s’empara de lui. Il eut un instant l’idée de remonter dans sa chambre et de s’y barricader, quand, tout à coup, il jeta un cri d’effroi et s’arrêta comme si ses pieds eussent été enracinés aux dalles du perron.

Le ciel s’était ouvert pour donner passage à un éclair, et, à la lueur de cet éclair, M. Gérard avait vu la table renversée et la nappe flottant comme un linceul.

Qui avait pu renverser la table sur le gazon ?

Mais peut-être M. Gérard avait-il mal vu ; l’éclair avait été si rapide.

Il descendit le perron marche à marche, en s’appuyant le front, et s’achemina vers la table, qu’à peine distinguait-on comme une masse sans forme au milieu de l’obscurité.

Au moment où il étendait la main pour substituer le sens du toucher à celui de la vue, il lui sembla que la terre allait manquer sous lui.

Il fit vivement un bond en arrière.

Au même instant, le ciel s’illumina, et M. Gérard vit à ses pieds un trou ayant la forme d’une fosse.

Quelque chose de pareil à un cri sortit de sa poitrine ; mais ce n’était pas un cri humain ; c’était tout à la fois quelque chose d’épouvanté et d’épouvantable.

— Mais non ! mais non ! murmura M. Gérard ; c’est impossible, je rêve !

Puis, comme l’éclair qui pouvait seul le tirer d’incertitude tardait à briller de nouveau, il se mit à genoux. Il lui sembla que ses genoux entraient dans la terre fraîchement remuée.

Il tâta avec la main.

Son œil ne l’avait pas trompé : près de cette terre fraîchement remuée, il y avait un trou fraîchement creusé. Ses dents claquèrent de terreur.

— Oh ! dit-il, je suis perdu ! en mon absence, on a découvert la fosse, on l’a creusée !…

Il étendit le bras dans toute sa longueur sans en pouvoir sentir le fond.

— Et l’on a enlevé le cadavre ! s’écria-t-il.

Puis il se mit à lui-même la main sur la bouche comme pour s’empêcher de parler. Et, à travers ses doigts, sa voix comprimée fit entendre comme un lugubre sanglot. Il se redressa sur ses pieds en murmurant :

— Que faire, mon Dieu ? que faire ?

Il ne pouvait s’empêcher de parler haut.

— Fuir, fuir, fuir ! balbutia-t-il.

Puis, éperdu, haletant, trempé de sueur, il s’élança devant lui sans savoir où il allait. Au bout de dix pas, il trébucha sur un objet qu’il ne pouvait voir dans l’obscurité, et, dix pas plus loin, il roula lui-même à terre.

Quelque chose comme un grognement se fit entendre. M. Gérard, qui s’était relevé et qui allait continuer de fuir, s’arrêta court.

Ce grognement, c’était la plainte d’un homme.

Il y avait un homme là. Qui était-il ? qu’y faisait-il ?

Du moment où un homme était là, c’était un ennemi.

Le premier mouvement de M. Gérard fut de se débarrasser de cet homme.

Il chercha sur lui une arme quelconque. Il n’en avait point.

L’appentis aux outils du jardinage était là.

M. Gérard s’y élança d’un bond, s’arma d’une bêche, et revint sur l’homme, terrible comme Caïn prêt à tuer Abel.

Un éclair le guida. L’esprit complètement perdu, il leva sa bêche.

— C’est cela, mon bon monsieur Gérard, dit une voix avinée ; chassez-les, ces coquines de mouches.

M. Gérard s’arrêta court. La voix dénotait l’ébriété la plus complète.

— Oh ! fit M. Gérard, c’est un malheureux ivre-mort !

Et il laissa tomber sa bêche.

— Imaginez-vous ces gueux de Turcs ! dit l’homme en se soulevant sur un genou et en s’accrochant aux habits de M. Gérard frissonnant des pieds à la tête ; figurez-vous que, pour un mauvais gamin de dix ans que j’ai tué, et encore je n’en suis pas bien sûr, imaginez-vous qu’ils m’ont enterré vivant, qu’ils m’ont frotté de miel et qu’ils me font manger par leurs coquines de mouches. Heureusement que vous êtes arrivé là, mon bon monsieur Gérard, continua l’ivrogne, qui embrouillait la réalité avec le rêve. Heureusement que vous êtes venu là avec votre bêche et que vous m’avez tiré de ma fosse. Ah ! m’en voilà donc enfin dehors ; morbleu ! ce n’est pas sans peine. Monsieur Gérard, mon bon monsieur Gérard, mon honnête monsieur Gérard, je vivrais cent ans, que je n’oublierais jamais le service que vous m’avez rendu !

Au milieu de ces oscillations incessantes et de ce langage aviné, M. Gérard reconnut l’un de ses convives.

C’était l’agriculteur.

Que savait-il ? qu’avait-il vu ? de quoi pouvait-il se souvenir ?

La vie tout entière du misérable était là-dedans.

— Ah çà ! demanda l’agriculteur, où diable sont donc les autres ?

— Je vous le demande, dit M. Gérard.

— Non pas, faites excuse, insista l’agriculteur ; c’est moi qui vous le demande, à vous. Où sont-ils ?

— Vous devez le savoir. Voyons, tâchez de rappeler vos souvenirs ; qu’avez-vous fait depuis mon départ ?

— Je vous l’ai dit, honnête monsieur Gérard, j’ai été mangé par les mouches !

— Mais, avant d’être mangé par les mouches, ne vous souvenez-vous de rien ?

— Il paraît que j’avais tué un enfant.

M. Gérard chancela ; il se sentit près de défaillir.

— Voyons, dit l’ivrogne, est-ce vous ou moi qui ne peut pas se tenir sur ses jambes ?

— C’est vous, dit M. Gérard ; mais soyez tranquille, je vais vous donner mon bras pour sortir quand vous m’aurez raconté ce qui s’est passé après mon départ.

— Ah ! oui, c’est vrai, dit l’agriculteur ; je me rappelle… attendez donc… On est venu vous chercher de la part de M. Jackal pour aller voir couper le cou de cet infâme M. Sarranti.

— Oui, dit M. Gérard en faisant un effort suprême pour tirer quelque chose de cette brute ; mais après mon départ ?

— Après votre départ ?… Attendez, attendez, attendez donc… Ah ! il est venu… le jeune homme que vous avez envoyé.

— Moi, fit M. Gérard s’accrochant à ce fil, j’ai envoyé un jeune homme ?

— Oui, un beau garçon à cheveux noirs, cravate blanche, habit noir, mis comme un notaire, encore mieux mis.

— Et il était seul ?

— Je n’ai pas dit cela, qu’il était seul ; il était avec un chien ; en voilà un enragé chien ! C’est en ce moment-là que je me suis sauvé ; mais la terre tremblait, tant le damné chien la grattait.

— Où cela ? demanda M. Gérard.

— Sous la table, fit l’agriculteur ; alors, comme la terre tremblait, je suis tombé. C’est alors que j’ai commencé à être mangé par les mouches.

— Et vous ne vous souvenez de rien autre chose ? demanda M. Gérard avec anxiété.

— D’autre chose ? Vous croyez qu’on peut se souvenir de quelque chose quand les mouches vous mangent ? Ah ! vous êtes bon là, vous !

— Voyons, dit M. Gérard presque suppliant, tâchez de vous souvenir, mon bon ami.

L’ivrogne se mit à chercher, tout en comptant sur ses doigts.

— Non, dit-il, c’est bien cela : M. Sarranti, M. Jackal, le jeune homme noir à la cravate blanche, le chien Brésil.

— Brésil ! Brésil ! s’écria M. Gérard en sautant à la gorge de l’agriculteur. Vous dites que le chien s’appelait Brésil ?

— Mais faites donc attention à ce que vous faites, vous ! vous m’étranglez. À la garde ! à la garde !

— Malheureux ! malheureux ! fit M. Gérard en tombant à genoux, ne criez pas ! ne criez pas !

— Mais alors, laissez-moi, lâchez-moi, je veux m’en aller.

— Oui, oui, allez-vous-en, dit M. Gérard ; je vais vous reconduire.

— À la bonne heure ! dit l’ivrogne. Ah çà ! mais vous êtes donc ivre ?

— Comment cela ?

— Vous ne pouvez pas vous tenir sur vos jambes.

C’était vrai ; au lieu de soutenir l’agriculteur, c’était M. Gérard qui eût eu besoin d’être soutenu. Avec des efforts et des angoisses effroyables, M. Gérard arriva à traîner l’agriculteur de l’autre côté de la rue ; mais il ne fut tranquille que lorsqu’il l’eut vu s’éloigner, bronchant à chaque pas, mais cependant demeurant debout et balbutiant à chaque oscillation :

— Maudites mouches !

Puis, lorsque l’ivrogne se fût perdu dans l’obscurité, que sa voix se fut éteinte dans l’éloignement, M. Gérard revint à sa maison comme la première fois ; il referma derrière lui la porte de la rue ; puis, aguerri peu à peu par les émotions successives et croissantes qu’il avait éprouvées depuis sa première découverte, il marcha vers la fosse, et, puisant son courage dans un dernier espoir, il descendit dans le trou, tâta de tous côtés avec ses mains.

Ce trou était vide au toucher.

Un éclair qui brilla, accompagné d’un coup de tonnerre terrible et de larges gouttes de pluie, lui montra qu’il était vide aussi à la vue.

M. Gérard n’entendit pas le tonnerre, ne sentit pas la pluie, et ne vit que la fosse béante qui avait lâché sa proie. Il s’assit sur le bord, les pieds pendant dans le trou, comme le fossoyeur d’Hamlet.Il croisa les bras, courba la tête, et essaya de juger, d’apprécier la situation.

Ainsi, pendant cette absence de deux heures qui avait pour prétexte une plaisanterie frivole, venaient de s’envoler ses plus chères espérances de repos et de tranquillité ; de toutes les tortures qu’il avait subies pour cacher son crime, il ne lui restait, nous ne dirons pas que le remords, mais que le souvenir d’avoir été assassin et la crainte de monter à l’échafaud ! Et à quel moment la catastrophe éclatait-elle ? Au moment où il se croyait arrivé au faîte des honneurs, à l’apogée de l’ambition ! Le matin, en pensée, il se voyait assis sur son banc de la chambre des députés ; le soir, les pieds pendants dans cette fosse, il se voyait assis sur le banc de la cour d’assises, coudoyant un gendarme de chaque bras et courbant la tête pour échapper aux regards railleurs de cette foule qui, à toute force, voulait voir M. Gérard l’honnête homme ; puis, dans le lointain, au milieu d’une place dominée par un édifice aux clochetons aigus, s’élevant au milieu de la foule, les deux bras rouges et hideux de la terrible machine qui poursuit les assassins dans leurs songes...

Par bonheur, c’était un homme rudement trempé que ce philanthrope de Vanves. Comme on l’a vu tout à l’heure, lorsqu’il a levé sa bêche sur l’agriculteur, il n’eût pas reculé devant un second assassinat pour se tirer du premier ; mais il ne nous tombe pas tous les jours sous la main quelqu’un à assassiner pour nous tirer d’affaire.

Et il eut beau chercher, il lui fallut trouver un moyen de se tirer d’affaire sans un nouveau crime.

Il y en avait, non pas un, mais deux.

Fuir, fuir en toute hâte, fuir sans regarder en arrière, fuir sans dire adieu à personne – comme avaient fui les convives, comme avaient fui les domestiques – ; ne s’arrêter qu’à vingt lieues, quand le cheval crèverait, en prendre un autre, en changer à chaque poste, passer le détroit, passer la mer, ne s’arrêter qu’en Amérique.

Oui ; mais comment faire cela sans passeport ?

À la première poste, le maître de poste refuserait un cheval et enverrait chercher la gendarmerie.

C’était d’aller trouver M. Jackal, de lui raconter l’affaire et de lui demander conseil.

Onze heures sonnaient. Avec un cheval bon coureur – et M. Gérard avait deux bons coureurs dans son écurie –, on pouvait être à onze heures et demie dans la cour de la préfecture.

Décidément, c’était là le meilleur moyen.

M. Gérard se releva, courut à l’écurie, sella lui-même le meilleur de ses chevaux, le fit sortir par la porte des communs, referma soigneusement cette porte, sauta en selle avec l’agilité d’un jeune homme, enfonça les éperons dans le ventre de son cheval, et, partant sans chapeau, sans s’inquiéter du vent et de la pluie qui fouettaient son crâne nu, il prit à fond de train le chemin de Paris.

Laissons l’assassin chevauchant au triple galop, et suivons Salvator, qui emporte en triomphe les ossements de la victime.

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