XLVII
LA BONNE ÉTAPE
Il pouvait être sept heures du soir. Le soleil descendait vers l'horizon et ses rayons obliques nuançaient de pourpre les fumées qui roulaient lourdement sur Paris. Dans les rues, dans les carrefours, dans les maisons, on tuait toujours.
Pardaillan, sur son cheval sans selle, rapière au poing, passait à travers ces horreurs. Il ne voyait plus rien. Il n'entendait plus rien. Dans sa tête, une seule idée fixe: gagner l'une des portes de Paris! Sortir de cet enfer! Comment? Il ne savait pas...
Toutes ces hordes sanglantes, ces victimes qui bondissaient, ces feux de bûchers et d'incendies, ces houles humaines qui déferlaient à grand fracas lui apparaissaient dans un brouillard rouge, comme les ombres d'une fantasmagorie géante...
Soudain, la halte!...
Où est-il? Devant une porte.
En avant de la porte, vingt soldats, vingt arquebuses. Un officier.
D'un bond sauvage, Pardaillan est sur l'officier: un cri rauque, bref:
--Ouvrez!...
--On ne sort pas!...
De la voiture, Loïse a sauté. A l'officier, elle présente un papier tout ouvert, et elle se rejette dans la voiture...
L'officier jette un regard étonné sur Pardaillan et crie:
--Ouvrez la porte!... Messagers du roi!...
--Messagers du roi! ricane le vieux routier qui, dans le fond de la voiture, s'est soulevé un instant et retombe pantelant, un sourire étrange au coin de sa moustache hérissée...
--Messagers du roi! murmure Pardaillan.
Il ne comprend pas! Il ne sait pas! Il rêve! C'est la suite du rêve fabuleux qui se poursuit depuis le matin, partant de l'apparition de Catho dans la mécanique infernale du Temple, pour aboutir à la catastrophe de l'hôtel Montmorency!...
Voici la porte ouverte! Voici le pont baissé!
Il s'élance! Il passe! La voiture roule. Ils sont au-delà du pont-levis qui déjà se relève. Ils sont hors Paris!...
Et, comme ils viennent de franchir la porte, comme la porte, déjà, s'est refermée, voici qu'arrivent une quinzaine de cavaliers, chevaux blancs d'écume, flancs éventrés par les éperons, faces humaines convulsées par la haine, la rage, la fureur...
C'est Damville! C'est Maurevert! Ils accourent, haletants. Le cheval de Damville s'abat, fourbu. Ensemble, ils vocifèrent:
--Ouvrez! Ouvrez! Ce sont des parpaillots!...
--Ce sont des messagers du roi! répond l'officier. Voici l'ordre!
--Ouvre! rugit Damville. Ouvre, ou par le sang du Christ...
--Gardes! tonne l'officier. Apprêtez vos armes!...
Damville recule... Maurevert s'élance, un papier à la main:
--Messager de la reine! gronde-t-il. Ouvrez, officier!
--Passez, monsieur! Mais vous passerez seul! Arrière. les autres!...
Maurevert franchit la porte.
Damville lève ses deux poings au ciel, vomit une affreuse imprécation et tombe comme une masse...
Maurevert n'a pas menti; il est bien le messager de Catherine de Médicis. Après avoir cherché les Pardaillan partout où il pense les trouver, il s'est rendu au Louvre, il a été introduit aussitôt dans l'oratoire, où il a trouvé la reine à genoux, au pied du grand Christ massif.
--Vous voyez, a dit Catherine en se relevant, je prie pour l'âme de tous ceux qui meurent en ce jour...
--Priez-vous aussi pour celui-ci, madame?
Rudement, il a posé la tête de Coligny sur la table. Catherine n'a pas eu un frisson. Dans un souffle, elle a interrogé:
--Bême?...
--Mort!
--Maurevert, portez cette tête à Rome et racontez là-bas ce que nous faisons ici!
--Je pars!...
--Voici un laissez-passer. Voici de l'or. Courez. Volez. Pas un instant à perdre... Ah! prenez encore ceci!...
«Ceci» c'est un petit poignard qu'elle tend à Maurevert. Celui-ci secoue la tête en montrant sa forte dague:
--Je suis armé!
--Oui, mais ceci ne pardonne jamais!... jamais!...
Maurevert a tressailli. Il saisit l'arme qu'on lui offre... et qui, sans doute, sort de la fameuse vitrine de Ruggieri, le savant manipulateur de poisons!...
Il est parti!... Il a attaché la tête de Coligny à l'arçon de sa selle... Il est parti... rêvant de faire sa fortune à Rome, puis de revenir en France frapper Pardaillan avec le petit poignard qui jamais ne pardonne... Il a traversé la Seine... Et, comme il se dirige vers la porte du faubourg de Grenelle, des hommes d'armes passent près de lui, dans le tumulte de la tuerie... des hommes qui fuient! Il les a reconnus. Ce sont des gens de Damville!...
Damville! Montmorency! Pardaillan!
Les trois noms se heurtent dans sa tête! Il se rue vers l'hôtel Montmorency! Impuissant, ivre de rage, il assiste à l'explosion, à la retraite épique de Pardaillan jetant son père sur ses épaules comme Enée autrefois Anchise, et l'emportant à travers la fournaise...
Puis il a rassemblé quelques cavaliers, il a secoué Damville, tous ont fait le tour de la forteresse embrasée, se sont lancés sur les traces de la voiture qui vole devant eux, parmi les cadavres.
Maurevert, enfin, a franchi la même porte que Pardaillan...
En même temps que Maurevert, un être s'est glissé, s'est précipité, que nul n'a songé à retenir: ce n'est qu'un chien!
Pipeau!...
Pipeau, qui a suivi son maître à la piste, et qui, maintenant, s'élance.
Hors la porte, Maurevert s'est arrêté un instant. Où sont-ils passés? Par où ont-ils fui? Oh! il les retrouvera! Il les suivra jusqu'en enfer!...
Ah! ce chien qui s'élance!... Mais c'est son chien! Le chien de Pardaillan!... Le nez à terre, il cherche, souffle... Il a trouvé la piste!...
Pipeau est parti comme un trait...
Et Maurevert, enfonçant ses éperons dans le ventre de son cheval, a bondi sur les traces de Pipeau!...
Une fois hors Paris, Pardaillan a poussé son cheval droit devant lui. La voiture le suit. Ils traversent une plaine. Ils montent une côte. Une colline boisée par places de hêtres et de châtaigniers. Puis des champs, de larges champs couverts d'épis dorés.
En haut de la côte, Pardaillan s'est arrêté, il a sauté à bas de son cheval.
Montmorency, de son côté, met pied à terre.
Où sont-ils?... Sur le haut de la colline de Montmartre Quelle heure? Le soleil, à l'horizon, plonge dans un océan de nuées écarlates... A leurs pieds, Paris!...
A peine a-t-il sauté à terre que Pardaillan, ayant constaté qu'on ne le poursuit pas, s'est élancé, a ouvert la voiture; Loïse en est descendue; Jeanne de Piennes demeure à sa place, indifférente.
Le chevalier a pris son père dans ses bras et, avec des précautions infinies, l'a descendu, l'a étendu sur le gazon... Il est encore persuadé que le vieux routier est seulement blessé aux jambes. Il se penche sur lui... sur ce pauvre visage couvert de contusions, balafré d'éraflures sanguinolentes, noir de poudre...
M. de Pardaillan vient de perdre connaissance.
Il a eu un sourire pour son fils, puis, avec un douloureux soupir, il a fermé les yeux...
--De l'eau! De l'eau!
De l'eau? Une source murmure là, tout près. Le chevalier s'est redressé. Il aperçoit la source. Il va s'élancer.
A ce moment, du milieu d'un épais buisson, surgit un homme...
Maurevert!...
Maurevert a suivi à la piste Pipeau qui, maintenant, se roule sur le gazon, saute, bondit, gémit, prouve l'allégresse de son âme par les exorbitantes gambades qui sont sa façon de parler.
Maurevert, à trois cents pas de la voiture qu'il a aperçue, est descendu de cheval, a attaché sa bête sous le couvert d'un bouquet de hêtres et s'est avancé en rampant parmi les buissons...
Il a vu le chevalier descendre son père de la voiture...
Il l'a vu se baisser...
C'est le moment!...
Il frappera le chevalier encore baissé, dans le dos!...
Le chevalier se relève... les deux hommes sont presque face à face... le chevalier désarmé, Maurevert, son poignard à la main... le poignard que lui a donné la reine!
L'élan emporte Maurevert...
--Meurs! hurle-t-il dans un râle de joie sauvage! Voici ma réponse à ton coup de cravache!...
Un cri terrible, un cri de femme retentit...
Le poignard s'est levé!...
Et, avant qu'il ne soit retombé, Loïse s'est jetée en avant... Elle a reçu au sein le coup destiné à Pardaillan!... Elle tombe dans les bras du chevalier!...
Toute cette scène a duré moins d'une seconde.
Déjà Maurevert a bondi en arrière, il court, il vole vers son cheval...
Pardaillan a déposé Loïse sur le gazon et, terrible, convulsé, rugissant de douleur, il a fait un saut effrayant sur la pente raide de la colline.
Vain effort...
Maurevert a atteint son cheval!
Et, avant de disparaître, il se retourne sur sa selle et vocifère:
Au revoir! Bientôt ton tour!»
Ces paroles se perdent au vent. Elles n'arrivent pas jusqu'à Pardaillan.
Alors, la sueur de l'angoisse au front, les dents claquant de terreur, Pardaillan se retourne vers le groupe de Loïse et Montmorency; il n'ose faire un pas; il râle:
--Morte! Morte peut-être!
--Ce n'est rien! rugit de loin Montmorency, dans une clameur de joie folle. Ce n'est rien, chevalier!... ce n'est qu'une piqûre au sein!
Au même instant, le chevalier voit Loïse se relever et lui sourire.
Le chevalier, à pas tremblants, vacillant de la secousse qu'il vient d'éprouver, s'approche vers Loïse qui lui tend les deux mains. Près de la gorge, il voit la blessure: une légère éraflure... Sans aucun doute, le mouvement violent de Loïse a fait dévier l'arme de l'assassin...
Le chevalier, laissant Loïse aux soins du maréchal, se retourna vers son père. Et, à ce moment, il oublia qu'il existât une Loïse au monde; les effroyables dangers qui l'avaient harcelé comme une nuée de fantômes, son amour même, il oublia tout, il fut comme submergé par une douleur qu'il ne connaissait pas. Que se passait-il?...
Le sire de Pardaillan se mourait!...
En ces quelques secondes qui venaient de s'écouler, un terrible bouleversement s'était accompli sur le visage du vieux lutteur abattu, du titan écrasé, du sire de Pardaillan étendu sur le gazon de la colline de Montmartre.
Le masque de l'aventurier, de l'intrépide coureur de routes, ce masque si vivant, si narquois, déjà se détournait, les joues tirées, le nez aminci; ce profil si fin et si hardi semblait se pétrifier...
--Seigneur! Seigneur! gronda le chevalier tout au fond de lui-même, mon père agonise!...
Intrépide et fort devant la douleur, il refoula ses sanglots et parvint, oui, il parvint à sourire; doucement, sans une secousse, il souleva le blessé dans ses bras, le porta au bord de la source...
--Comment êtes-vous, monsieur?... Ce sont vos jambes, n'est-ce pas?... mais nous allons nous installer dans une maison de ce village... et je vous guérirai, moi...
Héroïquement, il souriait; ni sa voix ni son geste ne tremblaient tandis qu'il mouillait son mouchoir dans la source et lavait le visage noir de poudre.
Et, soudain, il s'arrêta épouvanté; ce visage, à mesure qu'il le lavait, apparaissait d'une lividité de cadavre!
Pipeau, couché au long de la source, gémissait doucement, remuant son moignon de queue, et il léchait les mains du blessé, les pauvres mains à demi brûlées, toutes tailladées de longues plaies...
Un frisson glacial secoua le chevalier; il lui parut que la terre allait s'effondrer sous lui...
Le vieux souleva à demi la tête; il eut un geste de caresse pour le chien, qui le regarda de ses yeux noirs et profonds, humides de douleur humaine.
--Ah! ah! murmura le sire de Pardaillan. tu as compris, toi? Et tu me dis adieu, hein? Chevalier, où est donc... le maréchal? Et Loïse, Loison?...
--Me voici, monsieur, dit François de Montmorency en se penchant.
--Me voici, mon père, dit Loïse en s'agenouillant.
Le chevalier étouffa le rugissement qui montait à sa gorge, et, de ses ongles, laboura sa poitrine...
--Maréchal, reprit le blessé, vous allez... donc... marier... nos enfants?... Dites-le-moi... je partirai... tranquille...
--Je vous le jure! dit gravement Montmorency.
--Bon!... Eh bien, chevalier... tu n'es pas à plaindre... Mais, dites-moi, maréchal.. vous aviez parlé... d'un certain comte de Margency...
A qui je destinais ma fille, parce que je ne connaissais personne de plus digne d'elle... monsieur...
--Eh bien?...
--Le voici! dit Montmorency en désignant le chevalier. Le comté de Margency m'appartient: je le donne au chevalier de Pardaillan... c'est la dot de Loïse...
Le vieux routier eut un pâle sourire. Il murmura:
Ta main, chevalier!...
Le chevalier, à bout de forces, s'abattit à genoux, saisit la main de son père, y colla ses lèvres et s'abandonna aux sanglots.
--Tu pleures?... enfant!... Donc te voilà... comte de Margency... Va, mon fils, tu seras heureux.. Et vous aussi, ma chère enfant... Vos deux visages... près du mien... jamais je n'eusse osé... rêver... une aussi belle.... mort!...
--Tu ne mourras pas! bégaya le chevalier. Mon père!...
--C'est ici... ma dernière étape, chevalier, la bonne étape... de l'éternel repos!... Et tu voudrais que je ne meure pas?... Adieu, maréchal... adieu, Loïse... Loïsette... Loïson... je vous bénis, chère petite... adieu, chevalier...
Les mains du vieux routier devenaient glacées... Le sire de Pardaillan ferma un instant les yeux.
Il les rouvrit bientôt, jeta un regard autour de lui et dit:
--Chevalier... je veux reposer... ici... l'endroit est charmant... près de cette source... sous ce grand hêtre... Moi qui ai couru... tant d'auberges... ce sera là ma dernière auberge...
Une plainte déchirante jaillit des lèvres du chevalier
Le vieux routier l'entendit... Un étrange sourire passa sur ses lèvres blanches. Il eut quelque chose comme un éclat de rire de suprême ironie et il dit:
--A propos d'auberge... chevalier... n'oublie pas de payer.... notre dette... à Huguette!...
Presque aussitôt, il leva les yeux vers la sérénité du ciel ou les premières étoiles du soir s'allumaient une à une, pales et douces.
Les mains du vieux Pardaillan étreignirent la main de son fils et celle de Loïse.
Il eut encore un murmure, presque un souffle les yeux fixes sur une étoile qui souriait au fond de l'immensité bleuâtre.
Une légère secousse l'agita.
Il demeura immobile, un sourire figé sur les lèvres les yeux ouverts sur l'immensité du ciel crépusculaire au fond duquel les douces et pâles constellations s'éveillaient...
Le sire de Pardaillan, celui que notre grand historien national Henri Martin, si réservé dans ses admirations a appelé L'HÉROÏQUE PARDAILLAN... le vieux routier était mort...
Le chevalier de Pardaillan se retrouva vers minuit dans les bras du maréchal de Montmorency, Loïse soutenait sa tête et pleurait; Pipeau se lamentait à ses pieds.
--Mon fils, dit le maréchal, soyez homme jusqu'au bout... songez que votre fiancée n'est pas en sûreté tant que nous n'aurons pas gagné Montmorency...
--Ah! râla le jeune homme, j'ai perdu le meilleur de moi-même.»
Il retomba à genoux près du corps de son père et, la tête dans les mains, se prit à pleurer... Une heure se passa... Lorsque le chevalier regarda autour de lui, il vit que quelques paysans du village s'étaient approchés, avec une torche, des bêches... sans doute le maréchal les avait appelés pendant sa longue défaillance.
Il colla ses lèvres sur le front glacé du vieux routier et murmura un adieu suprême...
Alors il se releva et, comme les paysans commençaient à creuser une fosse sous le grand hêtre, près de la source, le chevalier les écarta doucement, saisit lui-même la bêche, et, tandis que de grosses larmes traçaient leur sillon le long de ses joues, il se mit, de ses mains, à creuser la tombe de son père... la dernière auberge du vieux coureur de routes!...
Un des paysans, de sa torche, l'éclairait de reflets rouges.
Les autres, le bonnet à la main, regardaient en silence... Au-dessus de cette scène tragique, le ciel déroulait ses splendeurs paisibles et là-bas, au-delà des plaines qui s'étendaient au bas de la colline, Paris rougeoyait comme une fournaise immense, et il semblait que toutes les cloches sonnaient le glas de l'héroïque Pardaillan...
Vers deux heures du matin, la fosse fut assez profonde.
Le chevalier de Pardaillan ne pleurait plus; mais une pâleur terrible avait envahi son visage; il prit son père dans ses bras et le coucha au fond de la fosse.
A ses côtés il plaça le tronçon de rapière qui, n'avait pas quitté le vieux lutteur.
Puis il le couvrit soigneusement, et lui-même, doucement, commença à ramener du gazon, des feuillages, puis de la terre; alors, il sortit de la fosse qu'il commença à combler... Au bout d'une demi-heure, tout était fini!...
Le maréchal et les paysans s'approchèrent de cette tombe et s'inclinèrent profondément.
Loïse et le chevalier s'agenouillèrent, leurs mains s'unirent...
Et, comme Loïse cherchait ce que, dans sa naïve croyance, elle pourrait dire qui fût bien venu du vieux père couché sous la terre, elle murmura:
--O mon père, je te jure d'aimer toujours celui que tu aimais tant!...
Bientôt, ils se relevèrent. Loïse, de deux branches coupées par un paysan, fit une croix et la planta dans la terre fraîchement remuée...
Alors, elle remonta dans la voiture; le maréchal se remit en selle, le chevalier sauta sur son cheval et ils prirent le chemin de Montmorency.
Comme le soleil se levait, ils pénétraient dans l'antique château féodal...
Quant à la fosse creusée par le chevalier, voici ce qui arriva: la croix plantée par Loïse fut remplacée, par les paysans qui avaient assisté à la scène, par une grande croix mieux faite.
Enfin, l'humble croix paysanne fut remplacée par un crucifix immense, qu'on appela le Calvaire.
Le souvenir de ces choses s'est perpétué jusqu'à nos temps, et aujourd'hui encore, à l'endroit où le vieux routier rendit le dernier soupir, il y a une petite place qu'on appelle la place du Calvaire de Montmartre.