CHAPITRE XIV,
COMPOSÉ DE 47 ARTICLES.
1. _Hien_[17] demanda ce que c'était que la honte. Le Philosophe dit: Quand l'État est gouverné par les principes de la droite raison, recevoir des émoluments[18]; quand l'État n'est pas gouverné par les principes de la droite raison, recevoir également des émoluments: c'est là de la honte.
2.--Aimer à dompter son désir de combattre, et ne pas satisfaire ses ressentiments, ni ses penchants avides; cela ne peut-il pas être considéré comme la vertu de l'humanité?
Le Philosophe dit: Si cela peut être considéré comme difficile, comme la vertu de l'humanité, c'est ce que je ne sais pas.
3. Le Philosophe dit: Si un lettré aime trop l'oisiveté et le repos de sa demeure, il n'est pas digne d'être considéré comme lettré.
4. Le Philosophe dit: Si l'État est gouverné par les principes de la droite raison, parlez hautement et dignement, agissez hautement et dignement. Si l'État n'est pas gouverné par les principes de la droite raison, agissez toujours hautement et dignement, mais parlez avec mesure et précaution.
5. Le Philosophe dit: Celui qui a des vertus doit avoir la faculté de s'exprimer facilement; celui qui a la faculté de s'exprimer facilement ne doit pas nécessairement posséder ces vertus. Celui qui est doué de la vertu de l'humanité doit posséder le courage viril; celui qui est doué du courage viril ne possède pas nécessairement la vertu de l'humanité.
6. _Nan-koung-kouo_ questionna KHOUNG-TSEU en ces termes: _Y_ savait parfaitement tirer de l'arc; _Ngao_ savait parfaitement conduire un navire, même dans un bassin à sec. L'un et l'autre cependant ne trouvèrent-ils pas la mort? _Yu_ et _Tsie_ labouraient la terre de leur propre personne, et cependant ils obtinrent l'empire. Le maître ne répondit point. _Nan-koung-kouo_ sortit. Le Philosophe dit: C'est un homme supérieur que cet homme-là! comme il sait admirablement rehausser la vertu!
7. Le Philosophe dit: Il y a eu des hommes supérieurs qui n'étaient pas doués de la vertu de l'humanité; mais il n'y a pas encore eu d'homme sans mérite qui fût doué de la vertu de l'humanité.
8. Le Philosophe dit: Si l'on aime bien, ne peut-on pas aussi bien châtier[19]? Si l'on a de la droiture et de la fidélité, ne peut-on pas faire des remontrances?
9. Le Philosophe dit: S'il fallait rédiger les documents d'une mission officielle, _Pi-chin_ en traçait le plan et les esquissait; _Chi-chou_ les examinait attentivement et y plaçait les dits des anciens; l'ambassadeur chargé de remplir la mission, _Tseu-yu_, corrigeait le tout; _Tseu-tchan_, de _Thoung-li_, y ajoutait les divers ornements du style.
10. Quelqu'un demanda quel était _Tseu-tchan?_ Le Philosophe dit: C'était un homme bienfaisant.
On demanda aussi quel était _Tseu-si?_ [Le Philosophe] dit: Celui-là? celui-là? [cette question est déplacée].
On demanda quel était _Kouan-tchoung?_ Il dit: C'est un homme qui avait enlevé à _Pe-chi_[20] un fief de trois cents familles. [Cependant ce dernier] se nourrissant d'aliments grossiers, ne laissa échapper jusqu'à la fin de ses jours aucune parole de ressentiment ou d'indignation.
11. Le Philosophe dit: Il est difficile d'être pauvre, et de n'éprouver aucun ressentiment; il est facile en comparaison d'être riche, et de ne pas s'en enorgueillir.
12. Le Philosophe dit: _Meng-kong-tcho_ (grand fonctionnaire du royaume de _Lou_) est très-propre à être le premier intendant des familles _Tchao_ et _Weï_[21]; mais il n'est pas capable d'être grand fonctionnaire des petits États de _Ting_ et de _Sie_.
13. _Tseu-lou_ demanda en quoi consistait l'homme accompli. Le Philosophe répondit: S'il réunit la science de _Wou-tchoung_[22], la modération de _Kong-tcho_[22b], la force virile de _Tchouang-tseu_ de Pian[23], l'habileté dans les arts de _Jen-khieou_; si, outre cela, il est versé dans la connaissance des rites et de la musique, il peut être considéré comme un homme accompli.
Il ajouta: Qu'est-il besoin que l'homme accompli de nos jours soit tel qu'il vient d'être décrit? Si, en voyant un profit à obtenir, il pense à la justice; si, en voyant un danger, il dévoue sa vie; si, lorsqu'il s'agit d'anciens engagements, il n'oublie pas les paroles de ses jours d'autrefois, il pourra aussi être considéré comme un homme accompli.
14. Le Philosophe questionna _Kong-ming_, surnommé _Kia_[24], sur _Kong-tcho-wen-tseu_[25], en ces termes: Faut-il le croire? on dit que votre maître ne parle pas, ne rit pas, et n'accepte rien de personne?
_Kong-ming-kia_ répondit avec respect: Ceux qui ont rapporté cela vont trop loin. Mon maître parle en temps opportun; il ne fatigue pas les autres de ses discours. Quand il faut être joyeux, il rit; mais il ne fatigue pas les autres de sa gaîté. Quand cela est juste, il reçoit ce qu'on lui offre; mais on n'est pas fatigué de sa facilité à recevoir. Le Philosophe dit: Il se comporte ainsi! commeut se peut-il comporter ainsi!
15. Le Philosophe dit: _Tsang-wou-tchoung_ cherchait à obtenir du prince de _Lou_ que sa postérité eût toujours la terre de _Fang_ en sa possession. Quoiqu'il eût dit qu'il ne voulait pas l'exiger de son prince, je n'ajoute pas foi à ses paroles.
16. Le Philosophe dit: _Wen-kong_, prince de _Tçin_, était un fourbe sans droiture; _Wan-kong_, prince de _Thsi_, était un homme droit sans fourberie.
17. _Tseu-lou_ dit: _Wan-kong_ tua _Kong-tseu-kieou. Tchao-hoü_ mourut avec lui; _Kouan-tchoung_ ne mourut pas: ne doit-on pas dire qu'il a manqué de la vertu de l'humanité?
Le Philosophe dit: _Wan-kong_ réunit et pacifia tous les grands de l'État, sans recourir à la force des armes; ce résultat fut dû à l'habileté de _Kouan-tchoung_: quel est celui dont l'humanité peut égaler la sienne!
18. _Tseu-koung_ dit: _Kouan-tchoung_ n'était pas dénué de la vertu de l'humanité. Lorsque _Wan-kong_ tua _Kong-tseu-kieou_, [_Kouan-tchoung_, son ministre] ne sut pas mourir; mais il aida le meurtrier dans ses entreprises.
Le Philosophe dit: _Kouan-tchoung_ aida _Wan-kong_ à soumettre les grands de tous les ordres, à remettre de l'unité et de l'ordre dans l'empire. Le peuple, jusqu'à nos jours, a conservé les bienfaits de son administration. Sans _Kouan-tchoung_ j'aurais les cheveux rasés, et ma robe suspendue en nœuds à mon côté gauche [selon la coutume des barbares][26].
Pourquoi [_Kouan-tchoung_], comme un homme ou une femme vulgaire, aurait-il accompli le devoir d'une médiocre fidélité, en s'étranglant ou en se jetant dans un fossé plein d'eau, sans laisser un souvenir dans la mémoire des hommes[27]!
19. L'intendant de _Kong-tcho-wen-tseu_, étant devenu ministre par le choix et avec l'appui de ce grand dignitaire, se rendit avec lui à la cour du prince. Le Philosophe ayant appris ce fait, dit: Il était digne par ses vertus et ses connaissances d'être considéré comme _paré des ornements de l'éducation_ (wen).
20. Le Philosophe ayant dit que _Ling-kong_, prince de _Weï_, était sans principes, _Khang-tseu_ observa que s'il en était ainsi, pourquoi n'avait-il pas été privé de sa dignité?
KHOUNG-TSEU dit: _Tchoung-cho-yu_ préside à la réception des hôles et des étrangers; _Chou-to_ préside aux cérémonies du temple des ancêtres; _Wang-sun-kia_ préside aux affaires militaires: cela étant ainsi, pourquoi l'aurait-on privé de sa dignité?
21. Le Philosophe dit: Celui qui parle sans modération et sans retenue met difficilement ses paroles en pratique.
22. _Tchin-tching-tseu_ (grand de l'État de _Thsi_) mit à mort _Kien-kong_ (prince de _Thsi_).
KHOUNG-TSEU se purifia le corps par un bain, et se rendit à la cour (de _Lou_), où il annonça l'événement à _Ngai-kong_ (prince de _Lou_) en ces termes: _Tchin-heng_ a tué son prince, je viens demander qu'il soit puni.
Le prince dit: Exposez l'affaire à mes trois grands dignitaires.
KHOUNG-TSEU dit: Comme je marche immédiatement après les grands dignitaires, je n'ai pas cru devoir me dispenser de vous faire connaître l'événement. Le prince dit: C'est à mes trois grands dignitaires qu'il faut exposer le fait.
Il exposa le fait aux trois grands dignitaires, qui jugèrent que cette démarche ne convenait pas. KHOUNG-TSEU ajouta: Comme je marche immédiatement après les grands dignitaires, je n'ai pas cru devoir me dispenser de vous faire connaître le fait.
23. _Tseu-lou_ demanda comment il fallait servir le prince. Le Philosophe dit: Ne l'abusez pas, et résistez-lui dans l'occasion.
24. Le Philosophe dit: L'homme supérieur s'élève continuellement en intelligence et en pénétration; l'homme sans mérites descend continuellement dans l'ignorance et le vice.
25. Le Philosophe dit: Dans l'antiquité, ceux qui se livraient à l'étude le faisaient pour eux-mêmes; maintenant, ceux qui se livrent à l'étude le font pour les autres [pour paraître instruits aux yeux des autres][28].
26. _Kieou-pe-yu_ (grand dignitaire de l'État de _Weï_) envoya un homme à KHOUNG-TSEU pour savoir de ses nouvelles. KHOUNG-TSEU fit asseoir l'envoyé près de lui, et lui fit une question en ces termes: Que fait votre maître? L'envoyé repondit avec respect: Mon maître désire diminuer le nombre de ses défauts, mais il ne peut en venir à bout. L'envoyé étant sorti, le Philosophe dit: Quel digne envoyé! quel digne envoyé!
27. Le Philosophe dit: Que lorsqu'une chose ne rentrait pas dans ses fonctions, il ne fallait pas se mêler de la diriger.
28. THSÊNG-TSEU dit: «Quand l'homme supérieur médite sur une chose, il ne sort pas de ses fonctions.» (_Y-King_.)
29. Le Philosophe dit: L'homme supérieur rougit de la crainte que ses paroles ne dépassent ses actions.
30. Le Philosophe dit: Les voies droites, ou vertus principales de l'homme supérieur, sont au nombre de trois, que je n'ai pas encore pu complètement atteindre: la _vertu de l'humanité_, qui dissipe les tristesses; la _science_, qui dissipe les doutes de l'esprit; et le _courage viril_, qui dissipe les craintes.
_Tseu-koung_ dit: Notre maître parle de lui-même avec trop d'humilité.
31. _Tseu-koung_ s'occupait à comparer entre eux les hommes des diverses contrées. Le Philosophe dit: _Sse_, vous êtes sans doute un sage très-éclairé; quant à moi, je n'ai pas assez de loisir pour m'occuper de ces choses.
32. Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent point; mais affligez-vous plutôt de ce que vous n'avez pas encore pu mériter d'être connu.
33. Le Philosophe dit: Ne pas se révolter d'être trompé par les hommes, ne pas se prémunir contre leur manque de foi, lorsque cependant on l'a prévu d'avance, n'est-ce pas là être sage?
34. _Weï-seng_, surnommé _Mèou_, s'adressant à KHOUNG-TSEU, lui dit: KHIEOU [petit nom du Philosophe], pourquoi êtes-vous toujours par voies et par chemins pour propager votre doctrine? N'aimez-vous pas un peu trop à en parler?
KHOUNG-TSEU dit: Je n'oserais me permettre d'aimer trop à persuader par la parole; mais je hais l'obstination à s'attacher à une idée fixe.
35. Le Philosophe dit: Quand on voit le beau cheval nommé _Ki_, on ne loue pas en lui la force, mais les qualités supérieures.
36. Quelqu'un dit: Que doit-on penser de celui qui rend bienfaits pour injures[29]?
Le Philosophe dit: [Si l'on agit ainsi], avec quoi payera-t-on les bienfaits mêmes?
Il faut payer par l'équité la haine et les injures, et les bienfaits par des bienfaits.
37. Le Philosophe dit: Je ne suis connu de personne.
_Tseu-koung_ dit: Comment se fait-il que personne ne vous connaisse? Le Philosophe dit: Je n'en veux pas au ciel, je n'en accuse pas les hommes. Humble et simple étudiant, je suis arrivé par moi-même à pénétrer les choses. Si quelqu'un me connaît, c'est le ciel!
38. _Kong-pe-liao_ calomniait _Tseu-lou_ près de _Ki-sun. Tseu-fou, king-pe_ (grand de l'État de _Lou_) en informa le Philosophe en ces termes: Son supérieur [_Ki-sun_] a certainement une pensée de doute d'après le rapport de _Kong-pe-liao_. Je suis assez fort pour châtier [le calomniateur], et exposer son cadavre dans la cour du marché.
Le Philosophe dit: Si la voie de la droite raison doit être suivie, c'est le décret du ciel; si la voie de la droite raison doit être abandonnée, c'est le décret du ciel. Comment _Kong-pe-liao_ arrêterait-il les décrets du ciel?
39. Le Philosophe dit: Les sages fuient le siècle.
Ceux qui les suivent immédiatement fuient leur patrie.
Ceux qui suivent immédiatement ces derniers fuient les plaisirs.
Ceux qui viennent après fuient les paroles trompeuses.
40. Le Philosophe dit: Ceux qui ont agi ainsi sont au nombre de sept.
41. _Tseu-lou_ passa la nuit à _Chi-men_. Le gardien de la porte lui dit: D'où venez-vous? _Tseu-lou_ lui dit: Je viens de près de KHOUNG-TSEU. Le gardien ajouta: Il doit savoir sans doute qu'il ne peut pas faire prévaloir ses doctrines, et cependant il s'applique toujours activement à les propager.
42. Le Philosophe étant un jour occupé à jouer de son instrument de pierre nommé _king_, dans l'État de _Weï_, un homme, portant un panier sur ses épaules, vint à passer devant la porte de KHOUNG-TSEU, et s'écria: Oh! qu'il a de cœur celui qui joue ainsi du _king!_
Après un instant de silence, il ajouta: O les hommes vils! quelle harmonie! _king! king!_ personne ne sait l'apprécier. Il a cessé de jouer; c'est fini.
«Si l'eau est profonde, alors ils la passent sans relever leur robe;
Si elle n'est pas profonde, alors ils la relèvent[30].»
Le Philosophe dit: Pour celui qui est persévérant et ferme, il n'est rien de difficile.
43. _Tseu-tchang_ dit: Le _Chou-king_ rapporte que _Kao-tsoung_ passa dans le _Lyang-yn_[31] trois années sans parler; quel est le sens de ce passage?
Le Philosophe dit: Pourquoi citer seulement _Kao-tsoung?_ Tous les hommes de l'antiquité agissaient ainsi. Lorsque le prince avait cessé de vivre, tous les magistrats ou fonctionnaires publics qui continuaient leurs fonctions recevaient du premier ministre leurs instructions pendant trois années.
44. Le Philosophe dit: Si celui qui occupe le premier rang dans l'État aime à se conformer aux rites, alors le peuple se laisse facilement gouverner.
45. _Tseu-lou_ demanda ce qu'était l'homme supérieur. Le Philosophe répondit: Il s'efforce constamment d'améliorer sa personne pour s'attirer le respect.--C'est là tout ce qu'il fait?--Il améliore constamment sa personne pour procurer aux autres du repos et de la tranquillité.--C'est là tout ce qu'il fait?--Il améliore constamment sa personne pour rendre heureuses toutes les populations. Il améliore constamment sa personne pour rendre heureuses toutes les populations: _Yao_ et _Chun_ eux-mêmes agirent ainsi.
46. _Youan-jang_ (un ancien ami du Philosophe), plus âgé que lui, était assis sur le chemin les jambes croisées. Le Philosophe lui dit: Étant enfant, n'avoir pas eu de déférence fraternelle; dans l'âge mûr, n'avoir rien fait de louable; parvenu à la vieillesse, ne pas mourir: c'est être un vaurien. Et il lui frappa les jambes avec son bâton [pour le faire relever].
47. Un jeune homme du village de _Kiouë-thang_ était chargé par le Philosophe de recevoir les personnes qui le visitaient. Quelqu'un lui demanda s'il avait fait de grands progrès dans l'étude.
Le Philosophe dit: J'ai vu ce jeune homme s'asseoir sur le siège[32]; je l'ai vu marchant de pair avec ses maîtres[33]; je ne cherche pas à lui faire faire des progrès dans l'étude, je désire seulement qu'il devienne un homme distingué.
[17] Petit nom de _Youan-sse_.
[18] Pour des fonctions que l'on ne remplit pas, ou que l'on n'a pas besoin de remplir.
«L'État étant bien gouverné, ne pas remplir activement ses fonctions; l'État étant mal gouverné, ne pas avoir le courage d'être seul vertueux, et cependant savoir consommer ses émoluments; dans l'un et l'autre cas on doit éprouver de la honte.» (TCHOU-HI)
[19] «Qui aime bien, châtie bien,» dit aussi un proverbe français.
[20] Grand de l'État de _Thsi_.
[21] Familles de l'État de _Tçin_, ayant le rang de _king_, donné aux premiers dignitaires.
[22] Grand fonctionnaire de _Lou_.
[23] Grand fonctionnaire de la ville de _Pian_, dans l'État de _Lou_.
[24] De l'État de _Weï_.
[25] Grand dignitaire de l'État de _Weï_.
[26] _Commentaire_.
[27] Ces paroles éloquentes du philosophe chinois sont une admirable leçon pour ceux qui placent la loi du devoir dans de vaines et stériles doctrines. Oh! sans doute il vaut cent fois mieux consacrer sa vie au service de son pays, au bonheur de l'humanité tout entière, que de la jeter en holocauste à une vaine poussière! Si, comme le dit le grand philosophe que nous traduisons, _Kouan-tchoung_ s'était suicidé, comme des esprits étroits l'auraient voulu, pour ne pas survivre à la défaite et à la mort du prince dont il était le ministre, il n'aurait pas accompli les grandes réformes populaires qu'il accomplit, et, par suite de l'état de barbarie où serait tombée la Chine, KHOUNG-TSEU n'aurait été lui-même qu'un barbare!
[28] _Commentaire_.
[29] Voyez _l'Évangile_ et le _Koran_. L'_Évangile_ dit qu'il faut rendre le bien pour le mal; le _Koran_, qu'il faut rendre le mal pour le mal. Le précepte du Philosophe chinois nous parait moins sublime que celui de Jésus, mais peut-être plus conforme aux lois équitables de la nature humaine. _Tchou-hi_, sur cette phrase, renvoie au livre de _Lao-tseu_, où le caractère _té_, ordinairement _vertu_, est expliqué par _Ngan-hoeï, bienfaisant, bienfaits_.
[30] Citation du _Livre des Vers. Weï-foung_, ode _Pao-yéou-kou._
[31] Demeure pour passer les années de deuil.
[32] Au lieu de se tenir à un angle de l'appartement, comme il convenait à un jeune homme.
[33] Au lieu de marcher à leur suite.