‹ Les SourcesChapitre 52 sur 96 · IV

IV

Et, après tout cela, les amis de l’humanité, les cœurs altérés de justice, ceux qui contemplent la charité humaine, et qui, comme Jésus-Christ lui-même, pleurent à la vue de ses souffrances, ces âmes généreuses, lumineuses entre toutes, ne soupçonneraient pas que là aussi, je veux dire dans l’ordre social, d’innombrables biens sont donnés, et que de puissantes et saintes lois vivent et travaillent pour le riche développement de ces biens! Ils ne soupçonneraient pas que le mal, que l’obstacle, c’est notre aveugle ingratitude qui ne voit pas les biens, n’en comprend pas les germes, et foule aux pieds les lois! Ils n’auraient pas la joie de découvrir que notre tâche est simple: anéantir l’obstacle de l’injustice, c’est-à-dire pratiquer simplement, d’homme à homme, de peuple à peuple, de gouvernant à gouverné, les grandes lois morales nécessaires, éternellement connues, sensibles à toute conscience, visibles à toute raison! Ils ne comprendraient pas enfin qu’en cherchant la justice toute seule, tout est donné ou vous sera donné!

O ami! entendez donc bien, avec la sainte et pleine logique du cœur, avec la sainte raison de la nature non mutilée, que, puisque vous avez trouvé dans ce monde, en y venant, cette merveilleuse création de Dieu, la famille, et, par l’amour paternel et la providence maternelle, la vie donnée à ce qui n’était pas, entretenue et suppléée en ce qui ne pouvait pas, par cela seul il est certain qu’il y a une éternelle et toute-puissante paternité, pour tous les hommes unis, aussi bien que pour l’homme isolé.

Il y a une paternité, une famille, une patrie invisible qui veille sur nous, nous, c’est-à-dire toute l’humanité; famille qui d’abord nous donne tout, sans nous, et qui développe tout ensuite, avec nous et par nous, si nous n’y mettons pas d’obstacle et si nous voulons travailler.

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