‹ Les Œuvres de François RabelaisChapitre 61 sur 409 · Pantagruel

Pantagruel

Pantagruel,

Roy des Dipsodes, restitue

a son naturel, auec ses faictz

& prouesses espouenta

bles : cõposez par feu

M. Alcofribas

abstracteur

de quinte

essence.

Ie vien de la grande cité
De paris [et] y ay eſté
Toute nuit. Onquez tel painne neu.
A cez galanz qui auoyent beu
Hier au ſuer juſqua hebreoz
Tandis qu’ilz eſtoyent au repos
Ie leur ay par ſoutille touche
Bouté du ſel dedenz la bouche
Doucement ſans lez eſueiller.

Mais par ma ſoy au reſueiller
Ilz ont eu plus ſoef la mitié
Que deuant.

Comme nom commun il désigne un violent mal de gorge, une sorte d’angine, qui suffoque et empêche presque absolument de parler. L’auteur du Vergier d’honneur dit en parlant d’un homme parvenu à une extrême vieillesse :

… le Panthagruel le grate
Si tres fort dehors & dedans,
Que parler ne peult…

… il a le lempas.
— Non vrayement, il ne l’a pas ;
Tu ſcès bien qu’il n’eſt pas cheual.
— Il a donc quelque aultre mal.
A-il point le Panthagruel ?
— On ne l’a iamais ſi cruel
Qu’il garde de parler aux gens.

(Ancien Théâtre françois, t. II, p. 235 : Sottie nouvelle à ſix perſonnaiges)