‹ Les Véritables Entretiens de SocrateChapitre 374 sur 376 · Livre II · SOCRATE

Livre II · SOCRATE

Apprends, mon Antisthène, à sacrifier aux grâces et à parler moins pompeusement, surtout quand tu parles de toi.

Mon admiration pour Socrate m’empêcha de répliquer. Mais j’ai besoin de mon orgueil. Il fait partie de ma force.

Socrate m’était supérieur, qui était fort sans orgueil. Mais il n’y eut qu’un Socrate et il n’y aura jamais beaucoup d’Antisthènes.

J’enseigne à mes disciples cet orgueil que Socrate voulait imprudemment me désapprendre et qui est nécessaire à la vertu de tous les hommes, le seul Socrate excepté.

Conserver mon orgueil, c’est protéger ma sagesse et obéir au grand précepte : Connais-toi toi-même. Oui, Socrate se trompait en me voulant plus parfait que je ne puis être et en essayant de m’arracher l’outil de la perfection que je puis réaliser. Si je ne craignais de paraître trop subtil, moi que Sathon accuse de manquer de subtilité, j’ajouterais qu’il y a quelque louable modestie à reconnaître que j’ai besoin de mon orgueil pour me soutenir.

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