‹ Les vies enclosesChapitre 57 sur 90 · IV.

IV.

Quelques femmes, dans leurs prunelles sensitives, Ont des ombres et des lueurs alternatives; Il y fait noir ou clair à leur guise; on dirait Derrière la cloison transparente des tempes Qu'on baisse tour à tour et qu'on monte des lampes. Au fil des yeux dormants quelle est cette forêt Dont les arbres, qu'on ne voit pas, mirent leurs palmes Et leurs cimes, une minute, en frissons calmes? Dentelle obscure dont ils sont passementés, Franges, ombre qui vient de quelque rive adverse, Ô regards par cette ombre éphémère éventés! Une autre fois, quel ciel intime s'y renverse Dont les soucis, que nul ne connaît, font pourtant Une tache de grands nuages pleins de pluie? Nuit et soleil, en un dosage intermittent! Puis assombrissement total, lumière enfuie... Tout s'y brouille, rien ne survit à leur niveau Comme quand un grand vent a couru sur une eau!

Page 1