‹ Les voyageurs français dans l'Orient européenChapitre 5 sur 7 · II.

II.

[134] État présent des nations et églises grecque, arménienne et maronite en Turquie, Paris, 1715 (données d’environ 1673; familles nobles grecques, p. 7). Cf. le ms. 4.438 et le ms. 10.528 de la Bibliothèque nationale de Paris («Mémoires du sieur de la Croix..., contenant l’estat présent de l’église grecque et les révolutions du royaume de Tunis»). Cf. nos Actes et fragments, I-II.

[135] Mss. 681, 682, 6.ioi de la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris.

[136] Memoires du sieur de la Croix, cy-devant secretaire de l’ambassade de Constantinople, contenans diverses relations tres curieuses de l’Empire Othoman, 2 vol., Paris, 1684.

Se targuant des dix ans passés à l’ambassade, ce qui lui permet de regarder de haut les voyageurs qui fondent leur récit sur des témoignages étrangers, il veut montrer par son exposé que Louis XIV peut «réprimer l’orgueil othoman», comme «fils aîné de l’Église et protecteur du christianisme dans l’Orient»: «l’Archipel est ouvert..., toute la côte de Syrie n’est pas mieux deffendue», le courant seul défend les détroits. «Je desire seulement détromper ceux qui ont conçu des idées de l’Empire Othoman plus grandes qu’il ne faut, en leur faisant connoistre qu’il est beaucoup déchû», de sorte que dans bref il faudra que les Turcs «implorent la clémence» du roi et «luy demandent son amitié».

Suivant les traces de l’ambassade de son maître, l’ancien secrétaire parlera des îles de l’Archipel, avec leurs festivités latines. Il exposera la façon dont Nointel a été accueilli à Constantinople et dont il a fait, au début de l’année 1671, son entrée dans l’ancienne capitale d’Andrinople, où l’attend le vieux Mohammed Keupruli, rouge de visage, marqué de la petite vérole, la figure féroce ombragée d’une barbe noire, puis l’audience au sultan errant, la marche de l’armée ottomane, qui ne peut pas rivaliser de luxe et de splendeur avec celle du roi, les négociations pour le nouveau traité. Toute une partie est consacrée à l’analyse de la société turque, qu’il juge de la façon qui sera présentée un peu plus loin.

Et n’oublions pas, pour la même époque, qui diffère assez de la précédente, ce «Miroir de l’Empire ottoman ou l’état présent de la cour et de la milice de (sic) Grand Seigneur», qui a été publié à Paris en 1678[137]. C’est un livre imprimé, mais, cependant, on peut le considérer comme absolument inédit, car personne n’a recouru à ces deux petits volumes qui dépassent de beaucoup toute la littérature contemporaine concernant l’Orient.

[137] La seconde édition corrigée par un Français, la première ayant paru, comme le révèle la préface, «dans un païs étranger».

On y trouve l’expérience de quelqu’un qui a passé des années dans le milieu musulman; il cache son nom, de sorte que je crois qu’il s’agit d’un renégat qui ne voulait pas indiquer la situation malheureuse et humiliante dans laquelle il a passé. Mais lorsqu’il dit qu’il a été, «pendant cinq ans et demy, esclave des volontez» du sultan, lorsqu’il se montre ayant le privilège d’apporter du vin, lorsqu’il se présente comme malade du froid qu’il a senti lorsqu’il a passé la «Toundscha», près d’Andrinople, d’après l’ordre du même, lorsqu’il mentionne son lévrier que ledit sultan lui avait demandé, lorsqu’il dit même qu’il «eut l’honneur, en 1674, de recevoir un présent de la main du Sultan», on peut se rendre compte combien était rare l’information de ce commensal du maître[138].

[138] I, p. 181, 192, 197, 198, 212.

Sans aucune attache avec ce monde diplomatique, un anonyme qui est Grelot décrit d’une large façon magistrale la société turque avant 1680, quand parut à Paris la Relation nouvelle d’un voyage à Constantinople, dédiée elle aussi au roi, avec une pointe contre ceux qui ne rapportent de l’Orient, comme Tavernier, que «des perles et des diamants». S’il a recueilli de ses pérégrinations des dessins, dont il parle dans sa préface, il en a ramené surtout les impressions d’un homme qui, sous l’habit des Turcs, a traversé une grande partie de leur Empire, «feignant estre du pays et d’avoir esté en France à la suite de Mustapha-Aga, qui en estoit de retour il y avoit près d’un an». Il n’exagère pas les splendeurs de Constantinople, où il a vécu en indigène, prenant son café dans des «flingeans», et affirme que les jardins du sérail ne valent pas «celuy des Thuilleries, de Versailles, de Fontainebleau, ou mesme des jardins de plusieurs particuliers de France», que les palais n’ont rien «de semblable au Louvre ou à l’Escurial». Il ne prétend pas avoir vu le sérail, car il lui «auroit coûté ce qu’il estimoit beaucoup davantage que tout l’Empire du Grand Seigneur», ainsi qu’il l’a dit en guise de plaisanterie à Louis XIV lui-même pour expliquer ensuite à la reine qu’il s’agit de la «religion chrétienne que l’on fait abjurer à ceux qui entrent en cet endroit du Serrail», ajoutant néanmoins qu’il y aurait eu aussi «le dommage irreparable qu’une precaution aussi cruelle qu’infame leur fait souffrir auparavant». Mais la Sublime Porte, qui est visible, «n’a rien de magnifique et elle ressemble plutost aux portes de quelques monasteres anciens et eloignez des villes ou à celles de quelque métairie». Un pourboire discrètement glissé lui permet de voir Sainte-Sophie et même d’y prendre des esquisses, tout en se nourrissant de saucisson de Boulogne et en l’arrosant de vin. Il a connu aussi les îles, avec leurs églises grecques où pendant l’office le prêtre traite ses bruyantes ouailles de «maudits» et de «gibier de potence», en les invitant à se taire (les imprécations sont en grec), avec leurs danses, leurs chansons populaires, avec les rondes des enfants, les exorcismes contre puces et punaises. Il est allé avec un Vaillant, un Bellocier de Saint-Sauveur et deux autres Français à Brousse et il préparait un nouveau voyage d’Orient. On pourra apprécier sa liberté d’esprit par les jugements qu’il porte sur ce monde étranger dont il connaît les langues.

Le récit est plus sec dans le récit de l’ambassade de Guilleragues et de Girardin, dont le voyage a été publié dans Le Mercure d’août 1687[139]. On y assiste à la conclusion des capitulations nouvelles entre les mains du premier de ces ministres et au départ, en 1685, de l’autre. Les renseignements tirés sont des mémoires d’«un homme d’esprit qui par curiosité fit le voyage de Constantinople avec feu Mr. de Guilleragues» et y «a demeuré pendant trois années», donc 1680[140].

[139] P. 286, 292. Voy. Ambassades de M. le comte de Guilleragues et de M. de Girardin auprès du Grand Seigneur, Paris, 1687.

[140] Voyages en divers États d’Europe et d’Asie, entrepris pour découvrir un nouveau chemin à la Chine, Paris, 1692.

Si le jésuite d’Avril, cherchant le chemin de la Chine[141], parti en 1685, a vu Chypre, Alep, Diarbekr, Etschmiazin, résidence du patriarche arménien, la Géorgie et la Tatarie, Astrakhan et Moscou, il n’a traversé, avec le P. Beauvollier, des provinces européennes, que la Moldavie, qu’il qualifie d’«une des plus belles et des plus agréables provinces de l’empire», malgré l’effroi des paysans cachés dans des taudis souterrains, et il est émerveillé de s’entendre traiter par le prince moldave inculte qui est Constantin Cantemir comme «deux sujets et deux mathématiciens du plus grand monarque de l’univers». Il est délivré par Girardin de l’arrestation dans le camp du séraskier qui «sçavoit un peu de géométrie et d’astronomie»; il passe par les embouchures du Danube avec le vaisseau qui porte la femme de l’ambassadeur.

[141] Le jésuite Villote, auteur des Voyages d’un missionnaire de la Compagnie de Jésus en Turquie, en Perse, en Arménie, en Arabie et en Barbarie (Paris, 1730), qui n’a passé que trois semaines à Constantinople, mais qui dès le début admire la langue turque, «douce, énergique et plus facile à apprendre qu’aucune autre de nos langues d’Europe» (p. 17-18), paraît appartenir à cette époque, car il présente les vaisseaux anglais et hollandais fêtant à Constantinople la naissance du fils de Jacques II (p. 19).

Enfin Du Mont, auteur des Voyages en France, en Italie, en Allemagne, à Malte et en Turquie (2 vol., La Haye, 1699) a assisté à l’audience du nouvel ambassadeur Châteauneuf. Il a vu l’entrée solennelle du sultan. Il a fait le parcours des îles. Son exposition est plus riche en détails historiques modernes qu’en souvenirs de l’antiquité[142].

[142] Le volume II est celui qui regarde ces régions.

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Tous ces voyageurs constatent que l’Empire conservait encore les plus essentielles de ses anciennes vertus.

Dans Galland, on voit les villages grecs vivant dans une parfaite autonomie, sous leurs prêtres, sous leurs anciens protogères ou kéhaïas, les «vecchiardi» d’Athènes, les représentants du sultan, les sousbachis, se bornant à demander des grains, de l’argent et le prêtre ayant le «quillet de bled» annuel, la taxe sur «les confessions, les mariages et les signatures»[143]. «Les hommes», dit-il ailleurs, parlant d’un village de la Turquie d’Europe, «estoient tous proprement habillés et les femmes surtout, qui avoient des vestes fourrées, des coeffures brodées, des ceintures enrichies d’argent et des vestes de satin, de sorte qu’il estoit aisé de juger que les habitants du village estoient assés commodément»[144].

[143] P. 105.

[144] I, p. 174.

Donc, il n’y a guère le village appauvri, le village persécuté, cette pauvre vie chrétienne toujours à la disposition de n’importe quel agent du pouvoir, qu’on s’imagine trop facilement.

Dans les îles surtout, la prospérité des Grecs continue. D. C. «la constate à Chios, à Samos, qui a aussi ses belles femmes»[145]. Seulement les hommes paraissent, à Constantinople, «glorieux, paillards et ils abhorrent le travail au-dessus de tous les hommes», les femmes, «assez enjouées avec leurs amans» n’ayant pas «la propreté des Turques»[146]. Delacroix décrit les sujets orthodoxes du sultan à Péra ne nourrissant leurs gens «que d’un peu de pain mal cuit, de ris, de lait aigre, d’oignons, d’ail et très rarement de viande», alors que leurs femmes babillardes envahissent les églises comme «un bureau d’adresse où se distribuë tous les dimanches les nouvelles de ce qui s’est passé pendant la semaine chez les unes et les autres»[147]. On voyait même du côté de la Bulgarie de beaux costumes anciens, des chemises «brodées à l’entour des fentes de fil de diverses couleurs»[148].

[145] P. 108.

[146] P. 313-314, La Boullaye-le-Gouz, p. 394.

[147] D. C., ouvr. cité, p. 73-74.

[148] «Quant à la personne du Grand Seigneur, il faut convenir que des émeraudes, des rubis, des diamans sales et le pierotage dont les queues de ses boutons sont garnies ne répondent point à l’ornement que pourroit avoir un si grand empereur. Adjoutez... qu’il n’a point de gardes, ny de cavalerie qui le suive et que toute sa Cour consiste en six personnes qui ont chacun douze ou quinze valets plus ou moins»; I, p. 107. Il parle ailleurs des «revendeurs, chinquelliers, merciers, tailleurs, trouppe risible..., Louvre ambulant», p. 271, 293.

La société militaire ottomane conservait l’ordre admirable que Galland constate et qu’un autre des voyageurs de cette époque, Delacroix, conteste uniquement pour faire mieux valoir la richesse et la splendeur de la force militaire française à cette époque et de la cour de Louis XIV. «Ils estoient», dit Galland (les janissaires), «assés proches l’un de l’autre, dans un très grand silence et dans une modestie qu’on auroit peine à rencontrer parmy la soldatesque de Sa Majesté.»

Sa Majesté, ce n’est pas, bien entendu, Louis XIV, mais encore le sultan. La discipline, la soumission à l’égard du sultan se conservent encore, et c’est ce qui a contribué à rendre capable de défense cette société ottomane, menacée par tant d’ennemis.

Ailleurs, le même Galland décrit ainsi le cortège impérial: «Je n’avois rien veu qui approchât de la beauté, de l’éclat et de l’apparence surprenante de la sortie hors d’Andrinople que Sa Hautesse fit en ce jour pour se mettre en campagne. Toutes les descriptions d’entrées, de triomphes, de tournois, de carouzels, de macareades et des jeux faits à plaisir que je me souviens avoir leues dans les romans n’ont rien qui doive les faire entrer en comparaison avec la pompe de celle effective que je considéray exactement avec tous les estrangers chrestiens qui s’y trouvèrent... J’ay de la peine à croire que, dans aucune cour de l’Europe, si on excepte celle de France, on puisse rien entreprendre de plus beau. Il n’y a point d’éloquence assés forte ni d’arrangement de paroles assés bien ordonné qui la puisse faire concevoir à l’esprit humain... Il faut l’avoir veu soy-mesme pour le pouvoir comprendre[149].»

[149] P. 123.

L’ancienne vertu de tolérance se conserve intacte et les porteurs de chapeau sont acceptés comme des étrangers auxquels on témoigne toute la «condescendance souhaitée»[150]. «Bien souvent, dit Grelot, dans les caravanes c’estoit à qui me feroit le present de quelques fruits, de quelques tassées de café ou de sorbet, et je me souviens mesme de n’avoir jamais guère mieux passé le tems que durant les quinze jours de caravane que je mis au voyage depuis Alep jusqu’à Dierbeker[151].» On chante en turc, en arabe; on rit sans malice lorsque le voyageur, prié, entonne une chanson française[152]. La «netteté» se conserve aussi: «On ne voit point dans l’Orient ce qui arrive et qui se souffre dans toutes nos villes, sçavoir les dehors des temples infectez de l’urine et des autres excremens de ceux qui ne devroient s’en approcher qu’avec crainte et respect[153].» On mange peu et l’«épargne qu’ils font sur leur bouche enrichit les familles». La religiosité ancienne se maintient: «Il seroit à souhaiter», écrit le même voyageur, «que tous les chrétiens qui manquent de respect pour les temples et qui n’ont aucune attention aux prieres qu’ils y font pûssent quelquefois observer de quelle maniere les Turcs s’acquittent de l’étroite obligation que tous les hommes ont de prier Dieu avec beaucoup d’humilité et d’attention[154].»

[150] P. 144.

[151] P. 225.

[152] Ibid., p. 225-226.

[153] Ibid., p. 241-242 (avec des détails curieux sur les précautions d’hygiène des Turcs).

[154] P. 253.

Un noble français, vivant dans la suite de l’ambassadeur d’Angleterre, trouve en 1687 que les Turcs, «generalement, sont bons, droits, affables, inviolables dans leur parole, intéressez veritablement, mais non assez pour mériter le nom d’avares, dont on les qualifie ordinairement». Il constate qu’«ils se rendent exactement les uns aux autres ce qu’ils se doivent». Et ailleurs: «Ils ne sçavent ce que c’est que des dez, des cartes, de jouer pour de l’argent, etc..., jeux qui gâtent, disent-ils, l’amitié ou la société. Les jeux de coquille ou d’une espèce d’échecs sont leurs innocents passe-temps[155].»

[155] Le Mottraye, Voyages (voy. plus loin), p. 92-93, 228, 259-260.

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Il est vrai cependant que, depuis longtemps déjà, comme nous l’avons déjà signalé, la défense de cet énorme empire est considérée, malgré les succès de la guerre de Crète, comme insuffisante. Dès la moitié du siècle, D. C. constate que la paix est tellement goûtée qu’on ne veut plus aller aux armées. Dans telle expédition de Pologne, «il sembloit que l’on y trainast les capitaines et les soldats, tant ils y alloient contre leur volonté. Quelques-uns des plus grands d’entre eux offroient de l’argent pour en estre exempts, les autres faisoient voir qu’ils rendroient plus de service demeurant dans le païs que s’ils alloient à l’armée». Les janissaires sont devenus des rebelles qu’il a fallu massacrer[156]. En Chypre, on promène les troupes, on leur fait faire du bruit pour cacher le défaut des hommes[157]. A Constantinople même, en 1619, des Français, des marchands durent collaborer à défendre la capitale contre les pirates cosaques. Et cet écrivain croit qu’après une victoire aux frontières on pourrait marcher à la tête d’un soulèvement des chrétiens jusqu’aux murs délabrés de Constantinople[158].

[156] P. 253-254.

[157] Loc. cit., p. 340.

[158] Ibid., p. 199-200.

Aussi l’idée de la croisade, sous les auspices de laquelle le siècle avait commencé en France, est-elle très vivace dans les premières années de la majorité de Louis XIV. Il y a eu, sans doute, vers 1660, pendant le siège de Crète, et plus tard même, lorsque les vaisseaux français ont paru devant les Détroits, à l’époque où les Turcs n’étaient guère aimables à l’égard de certains ambassadeurs français un courant de croisade, qui était lui-même en relation avec l’idée qu’a eue, au commencement du siècle, le duc de Nevers de ressusciter pour lui l’empire byzantin[159], et en même temps avec la participation très fréquente et enthousiaste des cadets de familles de France à ces entreprises de piraterie dans la mer Méditerranée, qui avaient un caractère officiel, puisque c’était le grand-duc de Toscane et les chevaliers de Malte qui les organisaient. On peut faire une longue liste de chevaliers français, descendant d’assez grandes lignées de province, qui s’inscrivaient parmi les croisés pirates et certains d’entre eux, plus tard, se sont fait porter sur les registres de la marine officielle française.

[159] Cf. Les Mémoires de M. le duc de Nevers, prince de Mantoue, pair de France, enrichis de plusieurs pièces du temps, Paris, 1665, 2 vol.

Dans les notes ajoutées à l’édition définitive du voyage de Choiseul-Gouffier, dont il sera question, dans la suite, il est fait mention d’un travail qui se conserve à la Bibliothèque nationale et dont le titre dira combien les préoccupations de croisade étaient sérieuses pour les ministres de Louis XIV, même à une époque assez éloignée: «Estat des places que les princes mahométans possedent sur les costes de la mer Méditerranée, et dont les plans ont esté levez par ordre du Roy à la faveur de la visitte des eschelles du Levant, que Sa Majesté a fait faire les années 1685, 1686 et 1687, avec les projets pour y faire descente et s’en rendre maistres[160].» Il est dû vraisemblablement à la mission officielle d’Otières et de Plantier, à un moment où des Couches envoyait son Voyage au Levant (1686), avec des notes sur les Détroits[161].

[160] Laborde, ouvr. cité, p. 58, note, et 59, note 1.

[161] IV, p. 33 et suiv. Le ms. porte la cote Suppl. français, nº 19.

Le siècle finissait donc par des croisades en l’air, mais sur la terre il y avait un commerce rémunérateur qui les empêchait de se déclencher.

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